‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 60 sur 218 · SALON. — SCULPTURE · texte numérisé non relu

SALON. — SCULPTURE

toujours par une saveur particulière de correction, de grâce florentine, et par une poésie pénétrante. Cet éminent artiste est un des rares, des très rares sculpteurs qui sachent allier à la forme dite idéale et classique je ne sais quelle émotion intime et supérieure; ses œuvres rappellent l'antiquité et sont agitées en même temps par un sentiment moderne, d'un charme doux et quelque peu sévère. Son Orphée, dont le modèle en plâtre teinté a été exposé ou Salon, a fait évoquer le souvenir dejs premières années du xvi* siècle. « Debout, la naain droite élevée au-dessus de la tête, la main gauche soutenant une lyre aux dimensions volontairement agrandies, il vient d'interrompre son chant et il écoute l'écho lointain qui le répète. La sauvagerie environnante est tout à coup apprivoisée. Un animal aux oreilles pointues,. qui doit avoir des lynx dans sa famille, mais auquel la fantaisie du sculpteur a donné un .caractère plus général, vient lécher les pieds du charmeur. La tête apparaît, féminine et douce, sous une chevelure qui, écartée des tempes et formant saillie, détermine des ombres légères ; le torse aminci, les cuisses allongées sont entièrement jeunes, et tout à fait à la mode italienne de 1505. La maiii élevée au-dessus de la tête paraît un peu virile et forte. Mais l'ensemble de la statue de M. Guillaunte, véritable fleur de lailenaissance, présente dans sa longue ligne élégante tous les raffinements de la grâce la plus rare*. »

Le xvi* siècle est aujourd'hui très en vogue, et il rie faut pas s'en plaindre. Mais ils sont bien peu nombreux

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