FRANGE
Peinture. — Membres du jury : Paul Baudry, Hébert, Robert-Fleury, Bonnat, Breton, Delaunay, Jalabert, M. Cottier, J.-P. Laurens, Reiset, Hes$e, vicomte de Tauzia, Gruyer. — Médailles dhonneur (rappels) : Gabanel, Gérôme, Meissonier. — Médailles d'honneur: Bouguereau, Français. — Médailles de 1'' classe : Bida, Emile Breton, Busson, Delaunay, P. Dubois, L. Glaize, Henner, J. Lefebvre, E. Levj% H. Levy, Tony, Robert-Fleury, Philippe Rousseau,' Van Marcke, VoUon. — Médailles de 2* classe : G. Bernier, P.-J. Blanc, G. Boulanger, Cot, De Gurzon, Ed. Dubufe, Garolus Duran, J. Goupil, Harpignies, !!"• N. Jacquemart, L. Leloir, Machard, G. Moreau, Pelouse, Thirion. — Médailles de 3« dasse: Bastien-Lepage, Berchère, Berne-Bellecour, J. Bertrand, B. Constant, Cormon, Guillaumet, Humbert, J; Jacquet, Eug. Lambert, Parrot, Protais, Ribot, Sautai, Segé, Toulmouche, Vibert, Worms. — Mentions honorables : Becker, E. Blanchard, J.-M. Claude, Biaise Desgoffe, Dupain, G. Ferrier, Feyen-Perrin, Gaillard, Giacomotti, Firmin Girard, Hanoteau, Herpin, le comte Du Nouy, Lematte, Maignan, Adrien Moreau, Perrault, RoU, J.-E. Saintin. ;— Diplômes à la mémoire d'artistes décédés : L. Belly, Corot,
EXPOSITIOIS. UNIVERSELLE. — FRANCE. 167
Daubigny, Diaz, Fromentin, Millet, Pils, Regnault, Ricard, Théodore Rousseau.
ScxjLPTURE, — Membres du jury ; Gbapu, Cavelier, A. Millet. — Médaille cT/wnn^wr (rappel) : Eugène Guillaume. — Médailles d'honneur : Paul Dubois, Hiolle, A. Mercié. — Médailles de 1" classe (rappels) : Crauk, Falguière, A. Millet, N. Ponscarme, 6.-J. Thomas. ^ Médailles de V* classe : Allar, Ë. Rarrias, Chapelain, Delaplanche, Lafrance, Mathurin Moreau, Schœnewerk. — Médailles de 2* classe : Aizelin, J. Rècquet, Gain, Degeorge, J.-P. Gérôme, Alfred Lenoir, Lepère, Et. Leroux, Marqueste, Tony Noël, Sanson, Tournois. — Médailles de 3* classe : Aube, Raujault, baron Gh.-A. Rourgeois, Gaille, Damé, D. Dupuis, Gautherin, Moreau-Vautier, Morice, Moulin, La Vingtrie. — • Mentions homrables : Rarthélemy, M"' L. Rertaux, Gorbd, Oustave Doré, François, Idrac. — Diplômes à lamévmre d'artistes décédés : Rarye, Gabet, Garpeaux, Perraud, L. Rochet.
Voici en quels termes M. Gharles Tardieu, rédacteur en chef de rArt, a commencé dans ce recueil ses très savantes et très complètes études sur la Peinture à l'Expo^ tition universelle : « Si vous consultez les étrangers, vous recueillerez pour TÉcole française de peinture une abondante moisson d'éloges et de témoignages d'admiration. Ils n'attendent pas qu'on les interroge, et s'il leur plaît de rendre hommage à la primauté artistique de la France, ce n'est point par courtoisie d'invités. Ils sont sincères, et la galanterie internationale n'a rien à faire ici. Tâchez de surprendre leurs conversations intimes, lisez leurs journaux publiés loin du Ghamp de Mars,
et VOUS constaterez, non sans un légitime orgueil, que tous,, les Allemands comme les Belges et les Hollandais, les Italiens comme les Espagnols, les Autrichiens et les Hongrois comme les Russes, les Danois, et les Suédois- Norvégiens comme les Suisses et les Grecs, les Américains comme les Anglais eux-mêmes, dont l'École à pourtant le rare attrait d'un particularisme local et d'une
homogénéité personnelle, tous enfin sont d'accord pour proclamer que l'exposition française des beaux-arts est. la plus belle, et. que notre école de peinture est la plus forte. » ...
Nous n'entreprendrons pas de justifier par des apprédations motivées ces hommages rendus à notre supé^ riorité; il pous faudrait refaire ici la plupart des dissertations que nous avons infligées aux lecteurs dans le précédent chapitre consacré à la revue du Salon. Ce que nous devons dire toutefois, c'est que le succès remporté par nos artistes à l'Exposition universelle ne peut être considéré que comme un succès très relatif et ne signifie pas que nous soyons en progrès, ni que l'école française n'ait plus qu'à se reposer sur ses lauriers. Son glorieux passé, les incessantes études de ses rivales cohtempo^ raines, sa propre dignité, tout l'oblige à marcher en* avant sous peine de décadence. Dans les grandes luttes de l'art, le triomphe ne consiste pas à être au premier rang, il consiste à atteindre au plus haut sommet. Telles sont les réflexions qui résultent de l'examen comparatif des diverses écoles d'art actuelles et qui ont^ été exprimées avec peu de variantes par la plupart dea écrivains.
M. Charles Blanc, dans son livre sur les Beaux-Arts à ÏExposition universelle de 1878, conclut en ces termes.: « Ce que révèle à nos yeux ce concours universel, le voici : Part se réveille en Grèce et en Italie, il se transforme en Espagne, il s'endort en Portugal ; l'Angleterre le particularise curieusement, la Belgique le cultive av.ec succès et avec amour, et FAllemagne en soutient rhonneur ; mais il s'attriste en Hollande, il végète en Danemark, il vit petitement en Suède, il grelotte en Russie. La Suisse n'en a que des fragments. Seule, rAutriche-Hongrie semble avoir conçu la noble ambition de primer un jour, au moins en peinture, et la chose n'est pas impossible, s'il est vrai, comme le dit Fourier, que les attractions soient proportionnelles aux destinées. ».
ANGLETERRE
Peinture. — Membres du jury : Armitage, Leighton, Dobson. — Médailles d'honneur : Herkomef, Millais. — Médailles de 1" classe (rappels) : P.-H. Calderon, sir Francis Grant. — Médailles de 1" classe : Aima Tadema, G.-F. Watts. — Médaille de 2* classe r W. Ouless. -— Médailles de 3* classe : sir John Gilbert, W.-Q. Orchardson, B. Rivière. — Mentions honorables : G. Green, î^slie, J. Pettie. — Diplômes à la mémx)ire d'artistes décédés : sir Edwin Landseer, J.-F. Lewis, 6.-H. Mason, J. Philip, F. Walker. .
Sculpture. — Membre c?w ywn/ : Calder Marshall. —
Médaille lie 1»'« c/fl556 ; Leigh ton. — Médaille de 2"" classe: Bœhm.
Gravure. — Membre dujui^y : Gibson Graig.
Arghitegture. — Membre du jui*y: M.-C. Barry. — Médaille d^honmur (rappel) : A.-F. Waterhouse. — Médaille d^honmur É.-M. Barry. — l'«* médailles : J.-L. Pearson, G.-E. Street. — 2^^' médailles : N. Schaw, J. Wyatt. — S"" médailles : H. Jones, Sedon. — Men^ lion honorable : T.-G. Jackson.
Il n'est pas d'école sur laquelle les critiques français soient plus divisés que sur Técole anglaise de peinture. Beproduisons d'abord le jugement, d'une extrême sévérité, de M. Charles Clément* : « J'avoue, dit-il, que j'éprouve un véritable embarras à parler de la section anglaise des beaux-arts... Mais il faut pourtant bien dire un mot de vérité, et je crains que l'art anglais ne se perde étouffé par une idée systématique, qui s'est peut-être modifiée légèrement depuis dix ans, mais à laquelle il faudrait complètement renoncer. Comment des artistes savants, zélés, encouragés par un public qui leur jette l'or à pleines mains, doués certainement, sur tout autre terrain, du sens droit, du jugement sain particulier à leur race, peuvent-ils s'égarer dans de pareilles chimères et s'y obstiner ?... Il est parfaitement légitime et régulier que les artistes anglais restent Anglais, et, sur ce point, leur exposition ne laisse rien à désirer. Mais il me paraît évident que l'Exposition actuelle prouve, au même degré ou à peu près que celle de 1867, que de
i. Journal des DébtUs.
parti pris ils rejettent les qualités spéciales à leur race et qu'ils ont complètement renoncé à suivre les traditions tout à fait nationales cependant de leurs illustres peintres du siècle dernier et du commencement de celui-ci. Je ne veux pas parler de la peinture d'histoire bien entendu ; les Anglais en achètent, mais n'en font pas et n'en ont jamais fait... Sans vouloir dire que l'Angleterre ait une école nationale très importante, elle a possédé un nombre assez considérable d'artistes d'un très grand talent, portraitistes, peintres de genre, paysagistes : les Lawrence, les Reynolds, les Gainsborough, les Wilkie, les Stanfleld, les Calcott, les Turner. Tous ces artistes ont des droits bien marqués... Ce sont ces qualités distinctives des plus éminents artistes anglais que je ne retrouve que bien exagérées ou bien amoindries chez les peintres contemporains. L'imagination tourne au fantastique, la verve comique à la charge grossière, les motifs familiers à la niaiserie. La préoccupation de la couleur existe toujours, mais elle ne s'exprime plus que par des tons heurtés, violents, ou par des teintes affaiblies qui donnent aux tableaux une apparence de chromolithographies atténuées et comme délavées. Le dessin est très souvent correct, mais il manque de caractère et de distinction; le modelé n'a pas de force, le parti pris de lumière est incompréhensible : les têtes, éclairées de l'intérieur, ont l'air de lanternes. Il y a des exceptions, et j'aurai soin de les noter ; mais, en sommée, c'est ainsi, et voilà ce qu'a pror duit la belle invention de M. Ruskin, à quoi aboutit cette révolution annoncée avec tant de fracas, et par quoi l'on remplace ce que l'apôtre du préraphaélisme
nommait si plaisamment « les beautés écœurantes. de Raphaël ».
Voici, par contre, les paroles enthousiastes d'un autre critique, qui ne voit point- d'égale à Técole anglaise, M. Duranty * : « Par-dessus tout culmine Part anglais, si original, si délicat, si intime et si audacieux dans la vérité, toujours expressif et significatif, plein d'un haut dandysme intellectuel... un art où la mélancolie se joint à l'éclat, et la singularité à la réalité précise, et qui, sans faire de pastiches, a su transfuser la gravité ou la candeur des xv* et xvi« siècles dans ses duchesses, ses bourgeois, ses marins, ses clergymen et ses babies. »
Moins lyrique dans son admiration que M. Duranty, mais ne s'arrêtant pas, comme M. Charles Clément, à regretter le passé et à vouloir le reproduire dans le présent, M. Paul Mantz nous semble se placer à un point de vue plus juste et mieux fait pour être accepté de tous. « Il est une école, dit-iF, qui reste obstinément fidèle à la loi du génie national, et qui a toujours refusé de compromettre, par des mélanges suspects, sa forte originalité. Les Anglais sont admirablement informés des inquiétudes de l'art moderne ; ils visitent toutes les expositions et tous les musées ; ils sauront ce soir quelle était la mode de ce matin ; ils regardent passer les choses changeantes et ils demeurent inébranlables dans leur culte pour l'idéal britannique. Sans doute, cet idéal ne reste pas toujours le même, et quelques-uns d'entre nous ont déjà pu le voir se renouveler. Les maîtres dont