PAYS-BAS
Peinture. — Membres du jury : W. Rœlefs, Stortentenbecker. — Médaille de 1'* classe : J. Israëls. — Médailles de 2* classe : Bischop, C.-H. Van Haanen. — Médaille de 3* classe : H.-W. Mesdag. — Mentian honorable : J. Maris. — Diplômes a la mémoire d'artistes décédés: L. Meyer, L. Veroeer, A. Waldorp.
Sculpture. — Médaille de S'' classe : B. Van Hove.
Gravure. — Membre du jury : Burgers.
Architecture. — Membre du jury : le chevalier de Stuers. — 2« médaille : P.-J.-H. Guypers.
Nous dirons volontiers avecM. Paul Mantz : «La Hollande a trop oublié. » Le même critique ajoute : « La Hollande garde dans la représentation des scènes intimes un sentiment voilé et délicat; elle semble se ressouvenir parfois des transparences de la lumière, mais c'est à peine si elle a Pair de savoir peindre ; Timperfection de Foutillage, l'incertitude de la manœuvre, empêchent les artistes des Pays-Bas d'exprimer clairement leur pensée. » Voyez, par exemple, M. Joseph Israëls, dont le talent, si bien doué au point de vue intellectuel, est si imparfait dans le domaine technique. « M. Israëls s'est résolument constitué le poète de la vie hollandaise, et particulièrement de la vie des déshérités, des malheureux, des braves ouvriers de la mer qui partent le matin pour la pêche et qui ne reviennent pas le soir... Il eût été volontiers le Rembrandt des pauvres. » L'exposition du Champ de Mars
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avait de lui trois tableaux. Seule au monde représente une femme qui pleure dans une chambre où vient d'entrer le deuil irréparable ; « l'impression de tristesse est bien rendue, mais le tableau, absolument décoloré, n'est guère qu'un fusain estompé et gris. » Dans rAnniversaire, une mère, debout, devant le poêle, prépare une friandise pour célébrer la fête d'une petite fille. « La pensée est excellente, mais le pinceau ne dit pas courageusement ce qu'il veut dire ; les figures, les étoflfes, les accessoires, sont traités d'une façon par trop pareilles ; une sorte de brume se répand dans les intérieurs trop fermés. » Dans les Pauvres de la plage, un groupe de mendiants qui demandent l'aumône à des pêcheilrs, on peut noter le même défaut, mais aussi cette tendresse émue, cette chaleur de cœur, qui font aimer les œuvres de M. Israëls.
L'influence de M. Israëls se fait sentir en Hollande chez un assez grand nombre d'artistes; on la voyait clairement dans le tableau de M, Adolphe Artz, Sur /es dunes; on la retrouvait dans Sais sage, de M. Mélis. Elle existe aussi, mais plus éloignée, chez M. Verweer, dont les œuvres sont très recherchées en Angleterre. Citons encore, parmi les tableaux de genre de l'école hollandaise : la Maîtresse de tricot, par M. Henkes ; les Amis de la maison et V Auditoire complaisant, par M. David Blés ; VHiver en Frise, par M. Bischop, qui a étudié, en France, chez Gleyre et surtout chez M. Comte ; les Ouvrières en perles, par M. Cecil van Haanen, qui travaille à Venise.
L'un des meilleurs peintres de marine contemporains est Hollandais, M. Mesdag; il avait exposé une très vaste peinture, pleine de mouvement, la Levée de V ancre.
Dans le groupe nombreux des paysagistes, il faut nommer d'abord M. Roêlofs, célèbre à la fois en Hollande et en Belgique, et dont les critiques du Nord ont vanté souvent le savoir-faire, mais dont, selon M. Mantz, la manière facile et expéditive ne précise pas assez le dessin, n'insiste pas suffisamment sur le caractère local. A côté des paysages de M. Roëlofs, nous trouvons : la Vue des environs de Leyde, par M. van de Sande Bakhuyzen ; ht Porte de Sneek et la RuedeDelft,pdLr}ll. Klinkenberg; les toiles de MM. Mauve, Maris, Metzelaar, Poggenbeck, de M^'« van Bosse, de M. Apol,etc. N'oublions pas non plus les Fleurs de M"« Rosenboon, et les Chats de M™« Ronner.
Le seul peintre hollandais qui soit resté véritablement fidèle aux leçons des aïeux, qui cherche la couleur et la lumière, qui sache le secret des limpidités et des transparences, M. Aima Tadema, est en Angleterre, où il s'est fait naturaliser ; il est membre associé de la Royal Academy, et il expose avec les Anglais.