Voy. à l'Appendice, pages
s'agit plus seulement de fournir à la jeunesse un exercice intellectuel et moral. Il s'agit, en outre, de donner aux jeunes gens un gagne-pain en les préparant, par un fonds commun de notions professionnelles, aux carrières d'art et d'industrie. « L'art est un, dit M. de Ghennevières, son principe s'étend des plus hautes conceptions des grands maîtres au plus infime produit de la main de l'artisan ; aussi le goût et l'intelligence de l'art sontils devenus, dans tous les pays civilisés, la condition première de leur industrie, la meilleure raison de leur richesse ^ » Il faut le dire, l'application de ce principe n'a jamais été plus nécessaire qu'aujourd'hui. Les heureuses facultés d'invention que possède notre race, le goût qui semble inné et qu'on remarque dans toutes les créations de nos ouvriers, de nos industriels, menaceraient de s'épuiser dans une immobilité affadissante, si l'on ne tentait de les stimuler. Or, la spécialisation à outrance, qui est le vice de notre époque, pousse fatalement nos artistes dans une voie de décadence. On dédaigne, on ignore tout ce qui ne concourt pas directement et immédiatement au but restreint que l'on se propose ; on s'imagine que pour être peintre, il suffit de savoir copier des formes et des couleurs ; que pour être ciseleur, il suffit de bien manier un outil ; que pour être dessinateur d'ornements, il suffît de savoir combiner les vieux modèles choisis laborieusement dans les cabinets d'estampes! Est-ce ainsi que firent les divins ouvriers de la Renaissance ? Par cette méthode, on ne songe guère à fortifier sa pensée, à échauffer sa sensibilité, à stimuler ses fa-