Journal des Débats, 4 août
mobilier à peu près comme nos ci-devant chapeaux de sénateurs s'adaptent au type de leurs têtes mongoles. Ces porcelaines, ces. bronzes, ces* laques, qu'on trouve maintenant en Europe plus facilement qu'au Japon même, où le stock en est presque épuisé, n'en méritent pas moins là faveur dont ils jouissent auprès des collectionneurs et des artistes, n En très peu de jours tous les objets de la section japonaise se sont vendus, à des prix d'une cherté fabuleuse ; c'était un véritable engouement, en grande partie justifié, d'ailleurs, par la magnificence décorative de ces objets. Les amateurs européens achètent les porcelaines, les bronzes, les laques du Japon, de même que nos industries d'art imitent l'art décoratif japonais.
« Japonisme ! s'écriait M. Adrien Dubouché dans son étude sur la céramique à l'Exposition universelle * ; rage désordonnée qui a tout envahi, tout commandé, tout désorganisé, dans notre art, nos modes, nos goûts, même notre raison ! Il y a eu perversion générale, et c'est peutêtre par un sentiment bien naturel de réciprocité qu'à leur tour les Japonais se montrent si friands de nos costumes qui les habillent mal. Avec leurs yeux bridés et doux, leurs dents blanches, leur air intelligent, fin et tout à fait bonhomme, ces civilisés de l'Orient devraient nous faire les honneurs de leurs belles robes comme ils nous font les honneurs de leurs porcelaines superbes. Les décrire est chose impossible ; ils sont cent exposants de plus de dix provinces. Ise, Kisen, Mino, Kaga, Owari, et Setzu, voilà les départements ; Kato, Tokio, Kioto, Kakato,