L'Art, 20 et 27 octobre
Kakamoto, Koumagaya et Takassou, voilà les provinces. * C'est pourquoi nous ne parlerons que des gros bonnets, la Compagnie dite Ko-ran-sha, par exemple. Arita est \in des centres de fabrication de la porcelaine les plus florissants du Japon-. La manufacture d'Arita, qui remonte à plus de trois siècles, et qui jouissait d'une grande célébrité, avait presque complètenuent perdu son ancienne réputation quand M. Foukagawa, un des plus grands industriels d'Arita, se mit en mesure de relever la fabrique. 11 y avait alors à Arita trois manufactures : la première dirigée par Foukagawa, la seconde par Foukami, la troisième par Fouzi. Foukagawa eut l'heureuse idée de réu- v nir les trois fabriques en une seule, et donna à l'association le nom de Ko-ran-sha. L'association nomma Foukagawa- directeur général. Le résultat de la réunion de ces trois centres, qui avaient chacun une spécialité, a été de fournir des produits de tous genres, de toutes dimensions, et de rendre puissante cette compagnie. Enfin, la porcelaine d'Arita a repris sa splendeur, la preuve en est dans les deux potiches colossales placées devant l'exposition dé Ko-ran^sha. Cette association fait merveille. En vérité, les Japonais sont exceptionnellement doués ; ils se jouent de toutes les difficultés... Nous aurons autant de peine à nous dégager de' l'influence que ces fascinateurs exercent sur nous, que nous avons mis de temps à comprendre leur art dont nous avons vainement cherché à établir les lois... Un autre gros industriel, Schippo Kaïcha, de la province d'()wari,fabriqjùie des émaux cloisonnés, des faïences et des porcelaines. Tous ces produits bien équilibrés se recommandent et s'imposent. Sur les grandes potiches exposées par Hio-
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* tigen, tous les personnages sont historiques... Que dire encore qui ne soit cent fois répété I L'imagination de ce peuple est sans cesse en ébullition et nous montre ce que . peut enfanter cette gymnastique de l'œil qui perçoit par^ tout l'élément constitutif d'un art fertile en surprises, quoi qu'il exprime. »
M. Dubouché ne parle pas du vieux satzuma, dont tout le monde pourtant a entendu parler. « Hélas! dit M. Bousquet, le vieux satzuma, cette faïence teintée d'un blanc jaunâtre si doux à l'œil des amateurs et diaprée d'enjolivures si délicates, le vieux satzuma n'est plus. Quelques échantillons prêtés par la province originaire, et placés sous une vitrine, semblent destinés à faire res7 sortir l'infériorité des produits actuels. Les vases modernes, d'une pâte moins belle et d'un craquelé moins régulier, diffèrent aussi par les sujets. Ce sont aujourd'hui des personnages légendaires, les dieux, surtout les saints du bouddhisme, les Djin-Rokku-Bakkan, qui dé^ frayent l'imagination des peintres. Ce n'est pas à eux qu'il faut s'en prendre de la laideur grimaçante de leurs modèles : eUe est de tradition ; mais, à ne juger que le fini du travail, comparez ces petits brûle-parfums d'un galbe si plein, si ramassé, aux grands vases allongés d'aujourd'hui, ces Heurs aux calices dorés, aux couleurs brillantes et si bien assorties, jetées en gerbes élégantes, sans monotonie comme sans désordre, avec le dessin incorrect et tourmenté, les couleurs épaisses du nouveau satzuma, et surtout la légèreté de pâte et la perfection ^ des anciens vases avec les inégalités des modernes, et leur pesanteur presque sensible à l'œil, vous mesurerez ainsi toute la distance qui sépare l'ancienne céramique
de la nouvelle, Tune raffinée dans ses procédés et modeste dans ses prétentions, Tautre* dissipant ses moyens et ses efforts en témérités ambitieuses. Qu'ils traitent la porcelaine ou le bronze, les Japonais sont des décorateurs de premier ordre tant qu'ils n'attaquent d'autres motifs que les végétaux, les oiseaux, les poissons et les insectes. Aussi s'en tenaient-ils là jadis, . à part quelques figures hiératiques de dieux. Depuis qu'ils se sont mis en tète de sculpter des bas-reliefs entiers sur leurs vases et de peindre des tableaux complets sur leurs plats, ils ont cessé d'être eux-mêmes et sont .entrés dans une période de décadence et de tâtonnements. » .
Suivant M. Ernest Chesneau, il n'y a dans notre industrie décorative que les grands céramistes qui aient su s'affranchir sans réserve de l'imitation japonaise, tout en s'inspirant ouvertement du Japon. Le même critique ajoute, en parlant de l'industrie des bronzes^ : « Ici les prétentieux et indigents pastiches sont à lia fois plus réguliers et plus maladroits : plus réguliers, comme dans ces réseaux de cloisonnés qui sont tracés avec une correction géouyétrique infaillible trahissant l'insensibilité de la machine ; — plus maladroits dans le travail dé l'incrustation des métaux sur métaux, qui est opérée sans netteté et. conserve aux contours des traces de bavochure ; — indigents et prétentieux par l'aspect ciré, luisant, verni, battant neuf, des alliages composés à un titre unique et au plus pauvre. Rencontrerons-nous dans nos bronzes rien de comparable au shakoudo et au sibouitsi du Japon, ces admirables métaux formés par l'alliage