MUSÉE DU LUXEMBOURG
Ce musée a été fermé durant plusieurs mois de Tannée 1879, d'abord à cause du départ pour l'exposition internationale de Munich d'un certain nombre* de tableaux et du remaniement occasionné dans les galeries, ensuite en raison de la réinstallation du Sénat dans le palais du Luxembourg. La réouverture n'a pu se faire que le 14 janvier 1880. Encore ce jour-là même le bureau du Sénat, qui avait déjà repris au musée une grande salle pour ses services admi* nistralifs et ses commissions, porta-t-il à la connaissance du conservateur qu'il se proposait d'occuper entièrement le local des galeries. C'était un congé brutal donné aux tableaux et aux statues. Une grande agilatiou se produisit aussitôt parmi les artistes et dans la presse. Il s'agissait de trouver un asile aux œuvres des artistes contemporains, et de le trouver immédiatement.
Nous n'avons pas à insister sur cette grave question, qui n'est pas encore tranchée à l'heure où nous écrivons et qui d'ailleurs appartient entièrement à notre Annuaire de 1880. Nous ne pouvons ici qu'émettre l'espoir de voir les pouvoirs publics s'intéresser, avec l'intelligence et la promptitude qui conviennent, à la cause de l'art, si violemment compromise en cette affaire par la politique. Le musée du Luxembourg où u musée des artistes vivants », est un musée nécessaire, attestant la vitalité incessante du génie national et proclamant sa gloire : il lui faut un palais digne de lui !
Quel que soit le local qui sera définitivement affecté l'an prochain à nos collections d'œuvres d*art contemporaines,
22 I/ANNÉE ARTISTIQDE.
Dous devoDs enregistrer les tableaux et les sculptures dont se sont enrichies les galeries en 1879. Il faut mentionner :
1^ Les œuvres prêtées à divers ministères, appartenant à l'État, et irrégulièrement di'^posées dans des bureaux depuis un certain nombre d'années. M. Etienne Arago est parvenu, non sans peine, à rentrer en leur possession. Plusieurs conservateurs, ses prédécesseurs, avaient échoué dans cette tâche ardue. Les toiles restituées se trouvaient principalement au ministère de l'intérieur; ce sont : Diaz : la Fée aux perles, provenant des ventes H Didier et A. Demidoff, et achetée récemment, à la demande de M. Arago;— Du même : la Descente des Bohémiens; — Du même : l'Amour désarmé; — Ghintreuil : Soleil couchant; — Théod. Rousseau : Bords de rivière; — Du môme : E/fet dorage; — Hamon : la Comédie antique : le théâtre de Guignol; — Roqueplan : la Fontaine du grand mûrier datis les Pyrénées; — Pils : la Marseillaise; — Du môme : la Soupe des soldats; — Ziem : Vue de Venise, très important tableau; — Français : Paysage; — Lami : Prise du mamelon Vtrt.
2® Œuvres achetées par l'État au Salon de 1879 : Duez : Saint Cuthbert, tryplyque; — Lucien Mélingue : le Prévôt des marchands Etienne Marcel et le Dauphin Chnrles; — Mosler : le Retour; — de La Boulaye : le Sermon; — Salmson : rArrestation; — Aimé Perret : le Viatique; — Guillaumet : Oasis de Laghouat; — Pelouza : un Coin de Cemay; — Hagborg : la grande Marée; — Damoye : le Moulin de Merlimont; — Jeannin : xme Charretée de fleurs; — Demont : VAoût; — Leclaire : Fleurs, — En outre, V Apothéose de M. Thiers, tableau de M. Vibert qui avait été acheté au Salon de 1878, et placé au palais Bourbon, dans la salle Casimir Perier, a été envoyée au Luxembourg.
Les trois marbres suivants, achetés également au Salon
de 1879, ont été placés dans les galeries de sculpture : Génie gardant le secret de la tombe, par Saint-Marceaux ; Mercure inventant le caducée, d'Idrac, et Au matin de Schœoewerk.