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BouGDEREAU. — La Naîssaîice de Vénus, « Peut-être dans cet ouvrage le caractère des formes est-il trop généralement agréable », dit M. Eug. Guillaume*, et cette impression est la môme pour toute la critique qu'irrite la constante fadeur de cet académique artiste. « La Naissance de Vénus montre dans tout son éclat l'étonnante dextérité de son pinceau et l'insigniûance banale de sa conception », ajoute M. Lafenestre*. Pour M. Paul de Saint-Victor', ce tableau est son comble, comme on dit en argot du jour. « C'est d'une mer de sirop ou d'un aquarium de Salon que sort sa Vénus, acclamée à sa naissance par la fashion de la mer... Nul esprit sur tout cela et nulle grâce :1e joli même n'y est plus. Une niaise extase fait sourire à l'unisson ces têtes bellâtres et douceâtres, tournées vers cette Vénus Farina qui pivote sur sa coquille comme une poupée de coiffeur. Fausse élégance, trompe-l'œil de dessin, absence recherchée de caractère et de style. » — Enfin M. About*, qui connaît le surnom de Raphaël du Bon Marché attribué à M. Bouguercâu, donne le coup de grâce : « La Naissance de Vénus est une fête de famille célébrée en pleine eau par trois heureux ménages véritablement distingués. Autour de la conque natale où Vénus fait sa première toilette, le triton, les naïades et leurs petits manifestent leur joie de l'heureux événement par des sourires adorables et des physionomies discrètement expressives. La journée promet d'être charo^ante. Dès que Vénus sera coiffée, on ira dans les magasins, on se montrera en Sorbonne au cours de M. Caro... Mais toute cette viande est un peu creuse ».