Dans l'Estafette
Lal'rens (J.-P.)« — La Délivrance des emmurés de Carcassonne. — Pour le grand ouvrage qu'il expose, M. J.-P. Laurens s'est inspiré d'un épisode de l'histoire de l'Inquisition albigeoise au commencement duxiv* siècle. C'est dans un savant ouvrage de M. Hauréau qu'il a étudié les faits et c'est avec une complète autorité qu'il a exécuté son œuvre... Son tableau est pour ainsi dire partagé en deux épisodes. A droite du spectateur, des ouvriers, en présence de Picquignyet de l'un des consuls de la ville, sont occupés à démolir le mur qui ferme la porte de la prison. A gauche, Bernard Délicieux parle à la foule, qu'un autre consul maintient aussi du geste. Des femmes et des enfants s'avancent, en pleurant de joie, du côté des ouvriers et relient par leur mouvement pathétique la double action que présente le tableau. Dans son ensemble le sujet est exprimé simplement, sans emphase. La perspective est bien observée, sans quesa profondeur soit trop accusée; tout est un peu ramené sur le plan du tableau, qui est par cela même dans de bonnes conditions décoratives, presque dans les conditions de la fresque. L'artiste a employé les tons, forts et sourds à la fois, dont il dispose et qui le caractérisent. [Eug. Guillaume.) — L'absence du mouvement est le caractère principal de la scène que M. Laurens a représentée... Cette immobilité dans le geste et dans l'allure compromet un peu la valeur morale du tableau.... (Pau/ Mantz,) — La composition a un certain aspect. Beau dessin, bonne couleur, ensemble grandiose. Est-ce cependant un Laurens très éclatant, un Laurens de premier ordre? Non. La vie est absente, le mouvement fait défaut. {Castagnary.)^ il n'est pas dans l'immense périmètre du musée créé par le roi Louis-Philippe, ce musée dont on a tant fait de gorges chaudes, il n'est pas un tableau historique, je dis le plus médiocre, qui ne soit
supérieur par le goût de la composition pittoresque, par riutelligeoce de l'action et par la conscience du dessin, à Pœuvre prétentieuse et creuse de M. Jean-Paul Laurens. Dans les précédents tableaux de ce peintre, on pouvait reconnaître une certaine puissance de facture, une entente vulgaire de la couleur; la puissance n'est plus que Tenflure; ce qui n'était que vulgaire devient grossier, la couleur tourne au charivari. {Ernest Cfiesneau.)
Le Blant (Julien). — ffenri de La Roche jaquelein. — On allait se battre : Si j'avance, suivez-moi ; si je recule, tuezmoi; si je meurs, vengez-moi, s'écrie La Rochejaquelein. M. Le Blant nous a montré Théroïque jeune homme, le sabre au poing, levant son chapeau sans emphase devant ses paysans électrisés. On peut désirer une facture pins grasse, un coloris plus chaud; on ne désire pas une vie plus intense. {Fourcaud^). — Beaucoup d'élan, de souffle ^t d'ardeur... Le chef marche, en avant, tête nue, et Tépôe au poing, d'un pas qui entraîne. Trop de bouches ouvertes par des cris, dans ces files de têtes farouches et furieuses. {Paul de Saint-Victor.)
Lecomte-Dunouy. — Saint Vincent de Paul secourant les Alsaciens et les Lorrains après leur annexion à la France, — L'auteur des charmantes et poétiques fantaisies archéologiques que nous avons si fort admirées autrefois fait aujourd'hui du Lahire, et du mauvais Laliire. Il imite avec une habileté stupéfiante sa manière lourde, froide, incolore et monotone. {Marias Vachon.) — Le tableau entier fait l'efTel d'une immense lithographie coloriée. M. Lecomte- Dunouy force évidemment son talent en calligraphiant de