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LE SALON (GENRE

Molière, la Douvelle école « a changé tout cela... » Ceci dit, je recoDQdltrai volontiers dans ce tableau si surfait de bons morceaux d'exécution, le sentiment bien rendu du plein air et de la saison. ^Paul de Saint-Victor, ) — Voilà encore une peinture où l'on respire, où les poumons se sentent à l'aise. M. Bastien Lepage n'est pas de ceux qui font du paysage en chambre. Un peu plus de perspective, un peu plus de discipline dans le placement des figures, et le tableau serait parfait. Après les illustres faiseurs de paysanneries et lorsque le motif champêtre semblait difficile à renouveler, M. Bastien Lepage retrouve un accent original. Et ici se vérifie l'exactitude d'une loi souvent observée. Pour peu qu'on regarde un instant son tableau, il se fixe immédiatement dans la mémoire et il n'en sort plus. C'est un critérium presque infaillible. On ne se rappelle que ce qui est bien. [Paul Mantz. ) — Je n'aurais pas hésité à donner à un pareil tableau la médaille d'honneur de peinture... {Castagnary,) — La Saisan d'octobre fait pendant à ses Foins de l'an passé; c'est le même parti pris, la même platitude sous couleur de réalisme ; les deux font la paire. La vie rustique y est vue sans grandeur, les femmes de la Meuse, calomniées dans le choix des types, dans la recherche systématique de la laideur et de l'abrutissement. Au point de vue du tableau, l'œuvre o'est même pas tempérée; il n'y a aucune raison pour que dans la toile vide le groupe des deux femmes soit ici plutôt que là. De suffisantes qualités de détail, une main bien dessinée ne compensent pas le défaut capital de Tœuvre, l'attitude de la figure principale. Ployée sur les jarrets, le buste penché en avant, la fille raidissant les doigts vide une bannette de pommes de terre dans un sac qu'elle étaye sur son genou. Le mouvement est juste, bien observé, mais essentiellement

lU L*ANNÉE ARTISTIQUE.

passager. L'errear est singulière d'avoir à jamais immobilisé cette femme dans un geste qu'il lui serait impossible de prolonger. {Ernest Chesmau,)

Butin (Ulysse). — LaFemme ^ii'marin,deM, Ulysse Butin, hardiment campée sur Tarant de son bateau maraîcher, rame à la godille vers le spectateur avec une brave assurance... Le mouvement de la rameuse inclinée par Tobliquité du bateau, est d'une justesse surprenante ; l'impression est une sympathie qui pénètre. {Paul de Saint-Victor.) — M. Ulysse Butin est un peintre qu'il faut louer hautement. Je le vois marcher depuis plusieurs années : il çst en progrès constant sur lui-même. {Castagnary,)

DupRAY. — Le Capitaliste, c'est le titre d'un vaudeville de garnison, drôlement mis en scène par M. Dupray. Dumanet sort d'un estaminet où il a payé la consommation. Le dragon et l'artilleur qu'il vient d'abreuver, suivent du regard le porte-monnaie ouvert où il remet ses piécettes. Ils additionnent du coin de l'œil le budget de leur camarade, se proposant sans doute de le liquider k fond, au café prochain. L'esprit de la touche rehausse le comique de la situation dans celte petite pièce qui tournerait à la charge si elle était moins finement rendue et spirituellement observée.

{Paul de Saint-Victor. )

Feyen-Perrin. — les Tricoteuses, de M. Feyen-Perrin, nous emportent en pleine mer dans la région des vents et des tempêtes... Les scènes de la vie maritime ont un pittoresque si varié, une saveur si pénétrante, que le grand public y a pris goût... M. Feyen-Perrin, qui a ouvert la voie, est resté le maître du genre, ce qui tient à ce qu'il est un peintre complet et qu'il excelle aussi bien dans l'histoire et le portrait que dans le paysage de mer. {Castagnary.)

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