CHAPITRE VI
ANGLETERRE
ADMLMSTRATION. — BUDGET. — MUSÉES : La National Gallery; le South Kensington Muséum; musées de Bethnal-Green, d'Edimbourg, de Dublin, musée Ruskin. — Les écoles de dessin.
La somme totale du budget pour riostructioD , les Sciences et TArt, pour rannée, se compose de £ 4.152,6^1. Dans cette somme se trouvent comprises :
i^ Département de la Science et de TArt. 3ti,409
Dont pour l'acbat d'objets d'art. ... £ 6,000
Pour la reproduction d'objets d'art. . . 4,500
Pour faire faire des photographies et des eaux-fortes 750
Pour l'achat de tableaux à l'huile et d'aquarelles de l'École nationale 4 ,000
Pour l'échange de reproductions 500
Pour la Bibliothèque des arts 2,000
Pour l'achat d'objets pour le Musée géoiologique, Jermyn Slreet 4,500
Pour l'achat d'objets pour le Musée d'Edimbourg 2,000
Pour l'achat d'objets pour le Musée de Dublin 40,000
2^ Le Musée Britannique 440 949
Dont pour i*achat de manuscrits. . . . 2,000 Pour rachat d'antiquités drientales. . . 500 Pour fouilles en Assyrie et en Mésopotamie, l'ancienne ville de Karchemish y comprise 3,000
Pour l'achat d'antiquités nationales, objets d'art du moyen âge, et pour l'ethnographie. . 500
Pour l'achat d'antiquités grecques et romaines 2,000
Pour l'achat de médailles et de pièces d'argent 800
3<» La Galerie Nationale 47,274
Dont pour l'achat de tableaux et de dessins 40,000
4*" La Galerie de portraits nationaux. . . 2,440
Dont pour l'achat de tableaux^ bustes, etc. 750
5"* La Galerie nationale de l'Ecosse, Edimbourg. (Ce payement est annuel et sans variation.) 2,400
6® La Galerie nationale de Tlrlande, Dublin 2,339
Dont pour l'achat de tableaux 4,000
'j» Académie Royale de l'Irlande. . . . 2,000
Dont pour l'achat d'antiquités 400
Les Musées de South-KensingtOD et de Bethnal-Green, l'an à l'ouest, l'autre à l'est de Londres, font partie du département, ainsi que le Musée de Jermyn Street et ceux d'Edimbourg et de Dublin.
* Galerie Nationale. — La Galerie Nationale a été visitée cette année par 902,162 personnes.
Le Musée Britannique a été visité cette année par 611,612 personnes. Il a fait plusieurs importantes acquisitions, parmi lesquelles nous citerons les suivantes :
Département d'antiquités grecques et romaines. — Un plat en bronze, portant une inscription latine : Q. Carminius Optatus Laribus ; il a été trouvé près de Milan et faisait autrefois partie de la collection Biondelli. — Une petite collection d'ornements en or, contenant plusieurs spécimens provenant de la cité de Tortosa en Phénicie.
M. Jean Henderson a légué au musée une belle collection comprenant 70 œuvres de W. MùUer, entre autres plusieurs paysages en aquarelle du Nil et du pays qui l'environne, admirablement peints; 19 dessins de Girten, dont plusieurs sont des copies de Ganaletto. Ajoutons qu'il y a 13 œuvres de Turner, 5 de Cousin, plusieurs paysages de David Cox et k dessins de Ganaletto.
Un nouveau Guide du musée a paru vers le milieu de l'année, renfermant beaucoup de détails intéressants et utiles. L'introduction contient le récit de la fondation du musée, en 1753, et ses progrès jusqu'à ce jour.
Sodth-Kensington MUSEUM. — Le musée de South-Kensington a été visitédurant l'année par 88^,502 personnes» le maximum en un jour, le lundi de Pâques, étant de 23,Sl\2. II s'est enrichi de 739 objets parmi lesquels se trouvent : de nombreux et excellents spécimens des détails architecturaux italiens du xiv* siècle, provenant du château de Mondolâ, dans l'ancien duché d'Urbino, achetés pour 5,000 fr.;3basreliefs en marbre des écoles de Donatello et de Mino da Fiesole, payés 17,500 fr., ainsi qu'un groupé remarquable en noyer sculpté par Georges Syrlin, d'Ulm, payé 5,000 fr. Les modèles originaux du sarcophage, de la bière et des groupes latéraux du monument du duc de Wellington, œuvres de feu Alfred Stevens; l'achat et les frais d'érection de ces modèles dans la grande cour architecturale se
montent à 3,750 fr. Divers spécimens de fer forgé, d'émaox, de faïence, de meubles, etc., ont été acquis à l'Exposition universelle de Paris au prix de 18,750 fr.
Feu M. Georges Mitchell a légué au musée une collection de 121 tabatières, de l'argenterie et 15 tableaux de maîtres anciens. M. le ministre de l'agriculture et du commerce, de la France, a fait don au musée d'une série de .modèles de tapisseries des Gobelins et de Beauvais. Une reproduction du monument du comte Borgnival, dans l'église de Bréda, sculpture néerlandaise du xn« siècle, présentée par M. l'architecte Guypers de Ruremonde, est le seul objet ajouté à la collection de moulages.
Parmi les œuvres principales reçues en échange, citons une série de photographies et de gravures de l'Hôtel de Ville de Paris, tel qu'il était avant l'incendie, des tableaux des musées de la Haye et d'Amsterdam.
Le musée a prêté, durant l'année, 7,261 objets d'art industriel, tableaux et dessins à neuf musées permanents et à onze expositions temporaires. En outre, il a prêté 636 tableaux, dessins et objets divers à iiti écoles pour servir de modèles aux élèves.
Nous ne pouvons passer sous silence quelques augmentations importantes^ faites aux collections des beaux-arts à South-Kensington. De nombreuses aquarelles et une peinture à l'huile par Van Dyck ont été achetées pour être prêtées comme modèles dans différentes écoles; le tableau de Van Dyck, qui est inachevé, est une figure de saint Sébastien grandeur naturelle. Aux séries historiques d'aquarelles et de peintures à l'huile exposées dans la galerie du musée, ont été ajoutées une peinture à l'huile de Wilson, avec figures par Gipriani, et une esquisse à l'huile, de Gainsborough, pour un tableau des trois filles de George III. Une série d'aquarelles,
œuvre des Stephanofls et de Charles Wild, représentant les cérémonies du couronnement de George IV et les costumes portés à cette occasion, ont aussi été acquis. Les collections se sont enrichies, en tout, de 97 peintures à l'huile, miniatures et aquarelles, dont 6 par^don, 15 par legs, et 76 par achat.
La bibliothèque d'art du musée a été fréquentée cette année par 23,821 lecteurs. Les constructions de la nouTelle bibliothèque et des salles de lecture ont été] commencées en été ; les travaux avancent rapidement
La galerie de portraits nationaux à South-Kensington a été visitée par 70,105 personnes. Elle s'est enrichie d'un très grand nombre de portraits peints , dont 78 par don et 16 par achat, de sorte que le musée possède aujourd'hui 243 portraits donnés, et 3lib portraits achetés. Parmi les acquisitions de Tannée, nous mentionnerons ud portrait du peintre B. R. Haydon, peint par son élève M'^"^ Zornlin ; un beau portrait du chancelier Bacon, malheureusement très endommagé; un intéressant portrait à mi-corps de Thomas Granmer, archevêque de Gantorbéry, signé : Gerlacus Flicus Germanus faciebat; deux portraits delà reine Elisabeth, trois d'Olivier Gromwell, un de la princesse palatine, Elisabeth (1618-1680), un de Marie Stuart, dont le dessin original par Janet (Jean Glouet) est conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève; et un de la belle Hamilton , comtesse de Gramont, acquis au prix de 2,100 fr. A cause du peu d'espace, les tableaux ne sont pas fort bien placés, et il est à espérer que le musée pourra être bientôt agrandi.
Musée de Belhnal-Gieen. — Le musée de Bethnal-Oreen a été visité, cette année, par 499,381 personnes. Quelques
augmentatioDS ont été faites à la galerie de tableaux et d'aquarelles, ainsi qu'à l'importante collection de porcelaines orientales prêtée par M. Franks.
Mvsèe d'Edimbourg. — Le musée d'Edimbourg a été yisité par 398,183 personnes, et a fait d'importantes acquisitions, provenant surtout de l'Exposition de Paris, en 1878. Une collection de /i60 aquarelles et de 269 éventails, qui ont tous été prêtés, a constitué une exposition fort intéressante.
Musée de Dublin. — Le musée .de Dublin a acheté pour 25,000 fr. de spécimens provenant de TExposition de Paris. De nombreux moulages et des modèles de feu M. Foley R. A.
ont été ajoutés aux collections d'art.
Galerie Walker. — La galerie Walker s'est enrichie entre autres œuvres d'un tableau de Sir Frederick Leighton, Elisée dans k désert, offert par M. À.-J. Kurtz.
Musée Rushin. — Un nouveau musée d'art à Walkley ShefQeld, appartenant à M. Ruskin, a été ouvert cette année. Il contient entre autres un grand tableau représentant la Vierge et P Enfant, œuvre de Verrochio, le maître de Léonard de Vinci, et des manuscrits anglais illustrés de la Vulgate.
ÉCOLES DE DESSIN. — Il exlste en Angleterre 147 écoles d'art, et le nombre d'étudiants dans ces écoles et dans les classes annexées se monte à 29,415. De nouvelles écoles ont éié ouvertes à Newcastle-oii-Tyne, à Morpeth, à Bromley, à Falkirk et à Longsight. Le montant des honoraires payés par les étudiants est de 865,750 fr. Outre les écoles, il y a £71 classes d'art, comptant 27,152 élèves.
tu Expositions : Expositions de TAcadémie royale. —Exposition à la galerio Grosvenor, à la galerie Dudley, exposition en noir et en blanc. — Exposition des artistes britanniques.— Exposition de Fine iirto Club,eic.
L'expositioD annuelle d'œavres d'anciens maîtres à TAcadémie Royale a été fort intéressante cette année, les tableaux ayant été judicieusement placés et le catalogue soigneusement rédigé. On a réuni 258 peintures à l'huile prêtées par 68 personnes; 320 miniatures, dont 15 ont été envoyées par la reine» et les autres par onze prêteurs, parmi lesquels le duc deBuccleugh tient la première place. Les dessins d'anciens maîtres occupaient la plus grande partie de quatre galeries, dont deux étaient presque exclusivement réservées pour Michel-Ange, Raphaël, Léonard de Vinci et Holbein. Les œuvres de Durer, du Titien, de Rembrandt, de Rubens et de Claude, quoique peu nombreuses, étaient toutes de qualité supérieure. Parmi les dessins, trois surtout méritent d'être remarqués : le carton de la Sainte Famille, de Léonard de Vinci; le carton des portraits en pied d'Henn YII, et d'Henn YIII, de Holbein, et la grisaille du carton de Pise, de Michel-Ange.
Au nombre des peintures à l'huile, il en est une fort curieuse, intitulée le Jugement dernier. Ce tableau byzantin, prêté par M. Warner Ottley, est dû à un artiste grec, probablement du xin* siècle. L'école vénitienne du xv* et du xvi* siècle était fort bien représentée ; la Vierge et VEnfant, avec saint Pierre et deux anges, prêt de M. W. Graham, est un fort beau tableau, incontestablement l'œuvre de Giambellino, et peint vers l'année 1500; le Portement de croix, de Cima de Conegliano mérite aussi d'être mentionné.
Parmi les tableaux les plus importants se trouvait rEnlèvement de Proserpine; cette peinture est attribuée au Titien; le dessin en est gracieux et le coloris riche et attrayant, quoique le ton soit un peu brunâtre. Ce tableau était auparayant à la galerie du Palais-Royal à Paris, et était alors considéré comme étant l'œuTre de Suster. Quoique cet artiste soit hollandais, il est bien possible qu'il soit l'auteur de ce tableau, car il étudia à Venise dans Tatelier du Titien. Parmezianino et Bronzino étaient représentés Tun par une5ainteFamtYfe, prêtée par M"' Morrison, l'autre parle grand portrait de 11 MarchesaSalviatî, ^rèi deM.W. Graham.
Les œuvres espagnoles étaient peu nombreuses ; mentionnons toutefois un tableau de Zurbaran, intitulé Sainte Elisabeth de Hongrie, mais qui n'est autre chose que le portrait d'une jeune et noble Espagnole nommée Elisabeth.
Sur quatorze peintures que le catalogue attribuait à d'anciens maîtres néerlandais et hollandais, trois appartenaient à des écoles du Midi, savoir : le portrait ûeDatia Maria de Portugal, qui est ou de Âlonzo Sanchez Godlo, élève de De Moer, ou d'après lui ; un portrait d'homme à mi-corps, de l'école italienne; enfin un Portrait en buste d'une femme, admirablement peint, attribué à Durer, mais qui est certainement d'un artiste du nord de l'Italie. Des onze autres, le premier selon l'ordre chronologique est probablement un Saint Jérôme, peint vers le milieu du xv« siècle et signé en lettres cursives : a van Swilre pin*; » spécimen fort intéressant d'un artiste de l'école néerlandaise qui n'avait pas subi l'influence des Van Eyck et de leurs disciples. Venaient ensuite une figure à mi-corps d'un vieillard revêtu d'une robe rouge, attribuée à Jean an yck, mais certainement de date plus récente ; puis un petit diptyque, que l'on croit être de Jean Mostaert de Haarlem. La plus belle
et la plus iotéressante œuvre de cette série était incoDtestablemeut une peinture à l'huile, sur yelin collé sur bois, prétéepar M. le capitaine Dawson, les portraits en buste d'an vieux couple, personnages peu attrayants mais peints avec une vérité et une force extraordinaires; le catalogue les attribue à Quentin Matsys; mais il est presque certain que ce sont des œuvres de Holbein.
Le duc de Newcastle a prêté un petit tableau admirablement âni, représentant ^ Fter^e avec le divin Enfant dans ses bras, debout sous le portique d'une église; à sa droite sont deux anges jouant de la musique, à sa gauche, un troisième présente joyeusement un œillet à l'enfant. Il est hors de doute que ce tableau est dû au pinceau d'un artiste demeurant à Bruges au commencement du xvi* siècle, et nous sommes portés à croire que ce peintre est Adrien Ysenbrant qui fut admis à la Gilde de Bruges en 1510 et mourut en 1551. La Vierge et VEnfant, entre sainte Catherine et sainte Marguerite, estl'œuvre d'un contemporain de Quentin Matsys ; le chiffre d'or ADR, peint sur l'iris que tient l'enfant, fait croire que nous sommes redevables de cette charmante petite peinture, à maître Adrien Van Overbeke.
Dix œuvres de Rubens étaient à l'exposition, toutes peintes vers la an de sa vie, excepté un portrait à micorps d'un homme en noir, portant un large col en dentelle et un grand chapeau noir; il est debout, tourné vers la gauche, la main droite appuyée sur sa hanche. Parmi les tableaux de Van Dyck, il y en avait un qui faisait autrefois partie de la collection de Charles II; c'est une représentation de VEnfant Jésus, presque nu, avec un manteau rouge flottant sur ses épaules; il se Uent debout et embrasse saint Jean qui s'approche de lui, les bras croisés sur sa poitrine. De Teniers, il y avait, cette
année, cinq paysages et deax tableaux d'intérieur; le plus .beau de tous, prêté par le duc de Newcastle, est remarquable par sou ton argenté; deux autres, prêtés par M"* Morrison, représentent, l'un la Kermesse du village de Sempst, en 1665, l'autre, les Sept Œuvres de miséricorde corporelle.
Il n'y avait à l'exposition aucun tableau de Rembrandt; mais les nombreux et excellents artistes de son école y étaient magnifiquement représentés. De Barthélémy van der Helst, il y avait un portrait d'une dame hollandaise, peint en 1647. Le comte Gadogan a prêté un grand tableau, ayant pour titre : Ruth et Booz, l'une des meilleures œuvres de Gerbrandt van Eeckhout, M. S. H. de Zoete, le portrait d'un homme, par Frans Hais, vrai chef-d'œuvre. Mentionnons aussi deux vues de mer de 6. Van de Velde flls; un paysage italien de Du Jardin, vrai petit bijou; deux tableaux de Gerrit Berck-Heyde; une rue d'Utrecht, de Jean Van der Heyde, étoffée probablement par G. Van de Velde; la Cascadôf rOrage, le Champ de blé, et le Paysage boisé, œuvres de Ruysdael, réunissent tout ce que la nature possède de plus charmant; l'Hôtellerie, d'Hobbema, peut être considérée comme étant une de ses meilleures peintures; il y avait en outre, de lui, un paysage d'une rare beauté, prêté par le musée Fitz-William. Terminons cette série en citant un grand paysage peint par Van Goyen, à l'âge de trente-quatre ans.
L'exposition d'hiver, à la galerie Grosvenor, comptait cette fois-ci environ 800 dessins d'anciens maîtres, et 364 aquarelles de Fécole anglaise. 213 collections y étaient représentées, parmi lesquelles on a remarqué avec plaisir plusieurs collections étrangères, telles que celles de MM. Reiset, Duplessis, Burty, de M"*^ Ingres et Flandrin. M. J. Malcolm a prêté 119 œuvres anciennes, et M. W. Russell, 98; les autres
prêts les plus importants étaient ceux de Christ-Church, Oxford; MM. R. P. Roapell et J. G. Robinson; lord Warwick; MM. R. S. Holford, J. Knowles, et E. Gheney. M. Prescott Hewett a prêté kl aquarelles, et M. Humphrey Roberts, 19. Gîtons parmi les maîtres anciens : A. Mantegna, Pérugin, Filippino Lippi, Lorenzo di Gredi, Léonard de Vinci, le Titien, Giorgione, Fra Bartolomeo, Baroccio et Michel-Ange; entre autres œuvres de ce dernier artiste, il y avait un carton à la craie noire sur papier brun, représentation emblématique de la charité. Rubens et Van Dyck étaient chacun représentés par 16 œuvres. Rembrandt et son école formaient Tune des sections les plus intéressantes de l'exposition ; il y avait de fort belles œuvres de Rembrandt, Philippe Koninck, Jacques Ruysdael, Adrien Van Ostade, Gorneille Dusart, Jacques de Bray, Frans Hais, Paul Potter, Albert Guyp, A. Van de Velde, Nicholas Berchem, Backhuisen et Van Goyen; 27 œuvres de Glaude, quelques portraits de François Glouet, de Nicholas l'Agneau, de Pierre et Daniel du Houstier, et plusieurs études de Watteau* Durer et Holbein y étaient aussi fort bien représentés.
Disons un mot des dessins. Nous avons déjà mentionné le carton de la Sainte Famille, de Léonard de Vinci, qui est d'une grande valeur artistique. Les études préparatoires pour la Statue de Lodovico Sforza, par le même artiste, sont les documents les plus importants qui existent, concernant Porigine et l'histoire de ce monument qui fut détruit en l/(99. Un dessin de Loup dans un bateau et un Aigle sur un globe est, d'après le catalogue, une allégorie représentant la lutte entre la Papauté et l'Empire.
Une esquisse pour le carton de la Charge de saint Pierre, qui est au musée de South -Kensington, est une œuvre de Raphaël prêtée par Sa Majesté la Reine; les figures sont
presque de même que dans le carton; celle du Christ est gracieuse, mais sans noblesse; les costumes prouvent que Raphaël se servait de modèles, non seulement pour les figures séparées, mais aussi pour les différents groupes. Le duc de Devonshire a prêté un dessin préparatoire, de Raphaël, pour son tableau de la Vierge au baldaquin. Il y ayait en outre, de cet artiste, plusieurs études de soldats romains, faites sans doute avant de commencer la peinture de la Transfiguration pour le cardinal Giulio de' Medîci.
Passons maintenant à Michel-Ange et mentionnons d'abord plusieurs de ses études pour la Résurrection : dans la première, un dessin à la craie noire, prêt de la Reine ; l'énorme pierre tombale semble être soulevée par la puissance du ressuscité; dans une seconde, prêtée par M. H. Vaughan, le Christ est debout sur la tombe, tenant la bannière de victoire à la main, tandis que dans une troisième il est SUT le point de monter au ciel. Il y avait aussi un fragment d'un carton représentant la tête et les épaules d'une figure de grandeur colossale; voici ce qu'en dit M. J. C. Robinson : « Il semble presque certain que ce noble dessin est réellement de la main de Michel-Ange, mais il ne parait pas anssi sûr qu'il était destiné pour la fresque du Jugeirmnt dernier. »
Ensuite venaient 28 dessins de Hans Holbein; tous sont des portraits ; de Tintoretto, une magnifique étude pour le Jugement demies' qui se trouve dans le chœur de Santa Maria deir Orto; deux petits dessins soigneusement finis, de Fra Rartolomeo, l'un est une charmante représentation de la Madone avec l'Enfant-Dieu et un ange agenouillé, prêté par M. K. J. Poynter, l'autre, prêté par M. J. P. Heseltine, représente des anges couronnant la Vierge; une fort belle Communion de saint Jérôme, d'Agostino Garacci; enfin le Mas-
sacre des Innocents, de Baccio Bandinelli : cet artiste, quoique ennemi acharné de Michel-Ange, a reproduit dans cette composition plusieurs figures du carton de Pise. Bandinelli parait ici comme le précurseur de Téclectisme qui caractérise l'art italien du xvir siècle. Burkhardt le nomme, avec raison, un michel-angéliste malgré lui.
La 111* exposition de l'Académie Royale a marqué l'ouverture d'une nouvelle ère. Depuis la mort de son premier président, sir Joshua Reynolds, jusqu'à nos jours, le choix du président paratt avoir été influencé par le rang social plutôt que par le mérite artistique. Il n'en est plus ainsi, car sir Frédéric Leighton, qui occupe maintenant ce poste honorable, s'est distingué tout à la fois comme peintre, sculpteur, poète et savant. L'exposition était meilleure que celle de l'année dernière, quoiqu'il y eût encore un certain nombre de peintures qui ne méritaient pas le nom « d'œuvres d'art »; malheureusement il est impossible de les exclure, car elles sont pour la plupart les tableaux de membres de l'Académie, qui ont le droit d'en exposer huit chacun.
Tableaux d'histoire. — Les tableaux les plus marquants étaient deux toiles peintes par M. Edwin Long, qui avait fait choix de sujets tirés de l'Ancien Testament. La première de ces peintures représentait la blonde Yashti, assise sur un trône recouvert d'une peau de lion. Cette reine majestueuse vient de recevoir, de la part de son royal époux, l'ordre de paraître au festin. Les larmes d'indignation qui brillent dans ses yeux nous révèlent ses sentiments. Autour d'elle se pressent ses suivantes, consternées du refus dans lequel leur reine s'obstine ; elles forment avec celle-ci un charmant contraste. Dans le fond on voit les deux messagers qui partent après avoir reçu la réponse définitive de Vashti. La figure principale est si frappante, que ce n'est que
pea à peu qu'on s'aperçoit du soin avec lequel M. Edwin Long a traité les moindres détails. Esther, pendant de Yashti, était certes la plus belle œuvre exposée. L'artiste a choisi le moment où Esther, ayant revêtu ses plus beaux ornements, se prépare à paraître devant Assuérus; elle est assise, et derrière elle se tient une jeune fllle déployant un châle dont elle va revêtir sa souveraine; une' autre ouvre un écrin rempli de bijoux magnifiques. La physionomie d'Esther est d'une beauté ravissante; son épaisse chevelure noire et ses grands yeux doux et rêveurs sont admirablement peints. Les détails sont traités avec la même délicatesse et le même soin que dans le tableau précédent. Parmi les autres tableaux historiques, les plus remarquables étaient les Émeutes anticatholiques de 1780 : cette scène dramatique était fort bien rendue ; rArrêt de mort, œuvre de M. Jean Pettie; et deux tableaux de W^ Elisabeth Thompson, née Butler. Le premier repré* sentait deux paysans irlandais nouvellement enrôlés, partant entre un sous-ofiicier et un jeune tambour, et suivis de deux autres soldats. L'un des paysans suit sa route, fumant avec insouciance, tandis que l'autre jette un dernier regard sur son humble chaumière. La deuxième œuvre était intitulée : les Ruines dune armée. L'unique survivant d'une armée de 16,000 hommes se dirige à cheval vers la ville de Jellalabad ; le cavalier — le docteur Brydon — est placé presque au centre du tableau; il tombe presque de fatigue et d'épuisement, et sa monture est dans un état pitoyable. A gauche, dans le lointain, se voit la ville, d'où sortent quelques soldats venant à la rencontre de leur compagnon d'armes. Cette peinture est vraiment un chef-d'œuvre. M"" E. Butler a le talent de représenter avec une grande vérité les divers mouvements des personnes
et des animaux, mais elle n'est pas coloriste, quoique sous ce rapport ce tableau-ci montre qu'elle fait des progrès. Traversant la Sarda mérite d'être mentionné, car ce n'était pas chose facile de bien traiter un pareil sujet; néanmoins H. H. Johnson a dépeint cette scèoe avec une force et un talent remarquables. Il cite le passage soiyant extrait du Timesi 20 mars 1873. « Les amusements de Taprès-midi furent inaugurés par un spectacle qu'il est donné à peu de contempler : une procession de sept cents éléphants; le prince, assis dans son hourdah, passa trois quarts d'heure à regarder cette troupe merveilleuse traversant un bras de la Sarda. »
Portraits. — Le meilleur portrait à l'exposition, celui de M. Gladstone, est l'œuvre de J.-E. Millais; c'est un fort beau tableau et d'une ressemblance parfaite. Le duc de Westminster l'a acquis au prix de 52,500 fr. Mentionnons ensuite un excellent Portrait du professeur Costa, peint par sir J. Leighton; ceux de M. /. Bright et de sir Thomas Gladstone, œuvres de M. W. Ouless, et celui de lord Cadogan, peint par M. G. F. Watts.
Tableaux de genre. — In manuf tuas Domine, de M. Bri ton- Rivière, fait penser à quelque légende du moyen âge. Un jeune chevalier revêtu d'une armure brillante se dirige à cheval vers l'entrée d'une caverne enchantée. Sa physionomie est calme et belle quoiqu'un peu efféminée. Les chiens sont parfaits et l'ensemble est excellent. Frère et Sœur, de M. E. Frère, représente un petit garçon tenant un écheveau que sa sœur dévide. Une Histoire d hiver, de Briton-Rivière, montre un enfant découvert dans la neige par un chien. l<a neige est très habilement peinte, et l'ex* pression de la figure de l'enfant est excellente. Du temps de Constantin, d'Alma-Tadema, est une gentille composition;
deux sénateurs romains s'amusent dans un jardin en apprenant à mendier à un petit chien. Gil Bios et Varchevtque de Grenade, de W. E. Lockhart, bien peint, mais manquant de force. M. J. Ballantyne a exposé une jolie petite œuvre: Que dirai-jef Une jeune fille tenant une lettre qu'elle vient d'ouvrir, se pose cette question. Nous pourrions aussi ranger parmi les tableaux de genre quatre charmantes petites œuvres de sir F. Leighton, intitulées : Catarina, Biondina, Amarilla et Neruccia; ce sont quatre têtes de jeunes Italien nés, extrêmement belles.
Paysages. — 11 y avait une assez grande quantité de paysages, dont quelques-uns d'une poésie exquise, surtout ceux de MM. Vicat Cole, Ernest Parton, A. W. Hunt, G. E. Hering, Joseph Knight, F. Walton et autres. Urquhart Castle, de Ittillais, paysage plein de vigueur, mais pas très agréable.
Terminons par les œuvres architecturales; on en avait réuni une centaine environ qui formaient une collection, nous ne dirons pas brillante, mais au moins intéressante et fort satisfaisante. M. Street a envoyé 6 œuvres, toutes fort bien dessinées; de M. Norman Shaw, on admirait surtout une grande n^aison dont tous les détails étaient traités avec le plus grand soin, et sans la moindre exagération. Plusieurs dessins pour la nouvelle église des Pères de l'Oratoire, à Brompton, ont été envoyés à l'exposition; le projet qui a été accepté par ces Pères est l'œuvre de M. H. Gribble, style Renaissance; Parmi les autres exposants, mentionnons MM. Waterhouse, Edis, Jean Kobinson, Gilbert Redgrave, Tavener Perry, E. Clarke, Emerson et George Aitchinson; ce dernier, le plus habile peintre décorateur de l'Angleterre, a exposé un dessin pour la décoration d'un escalier qui est une des meilleures œuvres qu'il ait jamais envoyées à une exposition; ce n'est pas peu dire.
Parmi les sculptures il s'en trouvait une intitulée : le Dernier Appel, de E. B. Birch; cette œuvre est Tadmiration de tous ceux qui Font vue. On remarquait aussi quelques bustes, entre autres celui du Cardinal Manning, œuvre de M. Raggi, et celui de Hubert Herhomer, par E. 0. Ford.
L'exposition d'été à la galerie Grosvenor se composait de 306 œuvres. M. Burne Jones exposait un grand tableau de V Annonciation et une série d'œuvres illustrant l'histoire de Pygmalion, qui montrent bien son génie artistique. L'envoi superbe de M. Watts comprenait un gracieux portrait d'enfant, intitulé Dorothée, un portrait de lui-même, Paolo et Francesca, Orphée et Eurydice, et plusieurs autres, qui dénotent une vigueur et une imagination peu ordinaires. Le Songe de Jacob, dû au pinceau de M. Legros, justifiait les louanges que ses admirateurs lui prodiguent. Parmi les tableaux de M. W. B. Richmond, il se trouvait un portrait en pied d'une petite fille; cette charmante composition portait pour titre : la Fin de rhistoire. M . J. M. Whistler a exposé, de même que l'année dernière, des Arrangements et des Harmonies, ainsi que deux Nocturnes. M. Cecil Lawson a exposé 7 œuvres, dont l'une est la représentation des Houblonnières du comté de Kent. M. Herkomer avait envoyé à l'exposition une fort belle aquarelle intitulée : Lumière, Vie et Mélodie. Les Sirènes, de M. Walter Grane, et la Fontaine, de M. T. Armstrong, étaient très bien peintes, mais d'un dessin un peu défectueux. Au nombre des autres exposants, mentionnons M. P. Morris et M. Boughton; ainsi que MM. Linton et Tissot, qui excellent dans leurs tableaux de genre. Parmi les sculpteurs, M. W. B. Richmond se distinguait par sa statue en bronze d'un athlète.
L'exposition printanière à la galerie Dudley se composait principalement de paysages, dont les plus remarquables
étaient les œuvres de MM. Grane, Addison, H. Moore, WalterField, Arthur Severn et de M"« Hayers. W^ Elisabeth Walker a exposé un beau tableau : Yanity Fair, remarquable pour son maguifique coloris; cette œuvre montre l'influence de Millais. M. Marks et H. Leslie ont envoyé à cette exposition plusieurs dessins d'un fini admirable.
L'exposition d'hiver était plus intéressante que celles des années précédentes, quoiqu'il n'y eût pas de tableaux fort remarquables. Citons parmi les meilleurs : un Confident sûr, de M. Alma-Tadema; Offrandes^ de M. Waterhouse; la Fille du guerrier, de M. Tissot, et Cave canem! de M. Briton- Rivière. H. F. Hunt exposa un charmant paysage anglais. Les autres œuvres provenaient de MM. Val Prinsep, J. Collier, P. R. Morris, Storey et Aumônier, ainsi que de M""* Alma- Tadema, M"« Béatrice Meijer, M»« Huxley, M"« E. Hipkins, etc., etc.
Sous certains rapports, l'exposition d'œuvres en noir et blanc était plus intéressante que celles des années précédentes; elle contenait quelques œuvres de l'école française, entre autres la HaUe aux poissons de Saint-Malo, et la Visite pastorale, exposées par M. Lhermitte; M. Burne Jones, H. Poynter, M. Charles Keene, M. du Maurier et M. W. Small étaient au nombre des exposants les plus distingués. M. Holiday avait envoyé des figures d'un carton décoratif qui dénotent un travail assidu; et M. Goodall, une étude de VEnfant Moue. Les meilleures eaux-fortes provenaient d'artistes étrangers, mais néanmoins celles d'artistes anglais prouvaient qu'il existe le fondement d'une école anglaise de gravure à l'eau-forte; plusieurs de ces dernières portent l'empreinte de l'influence de M. Legros.
L'exposition des artistes britanniques a eu lieu au mois de décembre; elle se composait de 900 œuvres, la plupart
petites et fades; parmi les exceptions citons : le Quiller, de M. Yeend King; Vieillesse paisible, de M. Wyltie; Près d Anvers, admirable peinture de M. Hamlet-Bannermann; une charmante petite œuvre de M'^** Béatrice Meijer, intitulée :/?oi2^<7 Capricioso, et de la même artiste, un Intérieur» Fontainebleau. Dans le courant de Tannée, il y a eu encore un certain nombre d'expositions intéressantes dont rénumération serait trop longue; nous ne pouvons cependant passer sous silence les suivantes: Art chinois et japonais; celle-ci eut lieu au mois de février au Burlington Fine Arts Club; elle consistait principalement en dessins, sculptures en bois et ivoire, œuvres japonaises; les objets d'ajt chinois étaient moins nojnbreux et moins intéressants; au même club on exposa, au mois de mai, une collection d'ivoires et de bronzes européens; on y admirait, entre autres choses, un crucifix eii bronze monté sur ébène, attribué à Jean de Bologne. Ce crucifix appartenait autrefois au cardinal Pandolfini; plus tard, il fut acheté à la comtesse Vencini, née Pandolfini (la dernière de cette famille), pour la reine de France Marie-Amélie, et arriva en France le 24 février 1848, le jour même où la famille d'Orléans dut fuir devant la révolution. Ce fut à cette époque que le bras droit fut légèrement endommagé.
Encore au Burlington Fine Arts Club eut lieu, en novembre, une exposition d'œuvres de Charles Méryon, qui procura l'occasion de mieux connaître et apprécier ce malheureux artiste.
Les villes de Liverpool et de Manchester ont aussi eu des expositions dans le courant de cette année.
Mentionnons, en dernier lieu, l'exposition de peintures sur porcelaine, qui montrait un véritable progrès dans cette branche de l'art.
Les XExns de tableaux et d*oiijbts d*art. — Collection J.-S. Virtue. — Collection de lord Londadale. — Vente de feu M. J. Flemingf. -- Vente des œuvres de Georges Cruikshauk. — Collections J. Arden, J. Nieid, G. Tenton, J. Wardell, Taulkner, Maillaud, Andecdon.
La saison des ventes n'a réellement été de quelque importance qu'à partir du mois de février ; à ce moment, chez Ghristie, Hanson et Woods, s'est vendue une collection de gravures, comprenant des mezzotinti par Mcardel,' les Watson, J. Raphaël Smith et Dickenson; ensuite la collection d'objets d'art appartenant à H. Marks; celle-ci a rapporté la somme de 61 ,625 francs.
Au mois de mars, la collection de M. J.-S. Virtue a été dispersée ; elle consistait principalement en œuvres d'artistes vivants ou qui vivaient il y a une vingtaine d'années ; cette vente a réalisé une somme de 2/f4,700 francs. Vers le milieu du mois se vendirent les collections de lord Lonsdale ; les meubles seuls rapportèrent /»82,/i00 francs. Parmi les tableaux de cette collection une œuvre importante de Moucheron fut acquise pour 26,250 francs ; deux de sir Joshua Reynolds, l'une pour 34,125 francs, l'autre, intitulée Robinetta, pour 26,250 francs. Vers la an du mois, les collections d'aquarelles et de tableaux modernes de feu M. Jean Fleming furent vendues chez Christie, Manson et Woods; entre autres œuvres il s'en trouvait de E.-M. Ward, Birket Foster,;Glarksoo-Stanfleld,sir J. Gilbert, Goodall, etc. ; les tableaux atteignirent des prix assez élevés.
Une vente assez intéressante se fit au mois d'avril chez Sotheby, Wilkinson et Hodge, celle d'une collection de gravures — portraits de musiciens et de dramatistes, dont quelques-uns extrêmement rares. Un peu plus tard les tré-
sors artistiques de feu M. Sam. Bough furent dispersés ; cette vente produisit 250,000 francs.
En mai les œuvres de George Gruikshank passèrent aux enchères ; une caricature du prince régent rapporta 128 fr. 10 c. ; un dessin au crayon — portrait de Dickens — se vendit 512 fr. 50 c. Les tableaux, dessins et sculptures appartenant à feu H. J. Arden furent dispersés durant ce mois ; entre autres œuvres on en remarquait deux de E.-W. Gooke : Venise : La Riva dei Schiavoni, 5,250 francs, et Venise, 21,250 francs; un . tableau de Hillaisse vendit 70,875 francs ; il y avait d'autres tableaux importants par David Roberts, Glarkson-Stanfield et E.-M. Ward. Parmi les dessins, il s'en est trouvé un par J.-J. Lewis qui réalisa la somme de 18,100 francs. Trois collections assez intéressantes, celles de HM. Jonathan Nield, Guillaume Fenton, «t de Joseph Fenton. La première renfermait les œuvres de HH. Galderon, de G. Gollins, J. Gonstable et autres ; la «econde était surtout remarquable pour le Pot pourri de M. George Leslie, acheté pour 28,750 francs, et un bel ouvrage de Joseph Israêls, vendu à 40,250 francs;. la troisième contenait des tableaux de Ansdell, Gooper, Greswich, Linnell, etc. La collection du feu H. J. Wardell fut vendue vers le milieu du mois ; le Duo de Gonzales Coques fut vendu pour 4,068 francs ; un Intérieur d église, par Delorme, pour 10,500 francs; le Jouevr de guitare, par Mieris, pour 12,862 fr. 50 c. ; il y avait en outre un magnifique portrait attribué à Rembrandt, vendu pour 16,668 fr. 75 c. On vendit le même jour quelques peintures appartenant à feu M. George Faulkner, entre autres des œuvres par Adrien van Ostade, Karel du Jardin, et Jan Wynants. La collection du feu M. Fuller Maitland fut dispersée vers la môme époque; parmi les œuvres étrangères il se trouvait un
grand paysage de Rubens, qui avait été beaucoup admiré à Burlington House en 1875, et qui fut rendu pour 21,000 francs; un paysage par Van dër Gapelle, 5,250 francs; un autre par J. Ruysdael , 9,712 fr. 50 c. ; les autres n'atteignirent pas des prix aussi élevés.
Parmi les ventes du mois de juin, la plus importante fut celle des tableaux laissés par feu M. Anderdon, dont la partie essentielle consistait eu œuvres anglaises, telles que celles de Guillaume Collins, Constable, Grome, David Gox, etc. Mentionnons quelques bons petits modèles de Horland et un beau paysage de W.-J. MQIler ; les portraits de jeunes femmes par Romney formaient une riche collection, et atteignirent des prix assez élevés.
Une vente d'aquarelles et de quelques peintures & Thuile, eut lieu au commencement du mois de juillet; deux belles aquarelles de Gopley Fielding et de S. Prout étaient parmi les meilleures œuvres de cette collection. Le même jour furent vendues : une Esquisse du cimetière de Bethos-y-boed, par David Cox ; une Vue de Cologne, par Turner ; et des œuvres de G. Hunt, de Wint, Frédéric Taylor, et Frédéric Walker. Chez Sotheby, Wilkinson et Hodge, une collection d'eaux-fortes modernes fut mise en vente, pendant ce mois ; le prix moyen atteint par la plupart était 100 francs; il y en avait bon nombre par A. Legros, par les Slocombe, par Flameng et par Bracquemond. Des aquarelles et d'autres œuvres de George Cruikshank furent vendues durant ce mois ; on y admirait entre autres quelques-uns de ses meilleurs dessins; une grande caricature, fe If oZ de mer, rapporta 337 fr. 50 c, la meilleure aquarelle, fe Meurtrier et son chien, fut vendue pour 525 francs. Une collection de faïences japonaises qui fut vendue vers la fin de juillet réalisa des sommes assez considérables.
Les ventes peu importantes du mois d'août terminèrent cette saison. La dernière collection dispersée se composait de gravures françaises par Watteau, Boucher, Chardin, Fragonard, Oreuze, Lancret, etc.