ÉCOLES D-ART
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Bologne, Acadéni, des beaui-arls
Carrare, Idem.
Florence, Institut des beaux-arls-
Lucques, Idem. Massa, Établissement théorique et pratique des beaux-arts.. .
Modène, Idem.
Naples, Institut des beaui-arls.
Parme, Académie des beaui-arts
Ravenae, Idem.
nome. Institut des beaux-arts. .
Reggio-Emilia, Ëcole dos beaux-
Turin, Académie des beaui-arls.
Urbiao, loslilut des beaux-arts.
Venise, Académie des beaux-arts.
tôt
Il D'y a pas de pays qui soit mieux outillé que l'Ital point de vue de l'enseignement artistique. On n'y coc
en effet, pas moins de 15 académies, instituts ou écoles des beaux-arts dépendant du gouvernement. Le tableau ci-dessus donnera une idée de l'importance de chacun de ces établissements, des cadres du personnel enseignant et du nombre des jeunes gens qui suivent les cours. Ce dernier chiffre varie naturellement d'un exercice sur l'autre; aussi croyons-nous bien faire en relevant dans la statistique des dix dernières années le nombre maximum et le nombre minimum des élèves inscrits pour une année scolaire.
Le nombre total des professeurs, en 1867, s'élève à 185. Quant aux élèves, leur nombre, qui était au-dessous de 3,000 en 1862, n'a cessé de s'élever depuis cette époque. En 1876, il était déjà de 4,096, en 1879, il a dépassé 5,000.
En plus de ces établissements officiels, il y a des académies et des instituts des beaux-arts à Gènes, Bergame, Vérone, Sienne, Pise et Pérouse.
Mais ce n'est pas tant le nombre des écoles, des élèves et des professeurs qui constitue la valeur artistique d'un pays. L'Italie le prouve malheureusement. Avec des moyens d'action aussi multipliés, elle ne parvient pas à ramener ses peintres aux traditions de goût qu'ils ont abandonnées, ni à arracher les sculpteurs au maniérisme qui les envahit de plus en plus.
LES GRANDS TRAVAUX. ~ Décoration des édifices. — Le paUis des poste» et télégraphes. — Le palais du ministre des finances. — La restauration du palais des Doges, à Venise. — Monuments nouveaux. — Statues décoratives. — Les musées. — Vol au musée de Turin. — La vente de Pie IX. — La collection do San Donato. — L'exposition d'objets d*art italiens à Paris.
Un premier concours a été ouvert pour la décoration du fronton du palais du ministère des finances, à Rome.
Vingt sculpteurs y oot pris part. Leurs œuvres, exposées dans la grande salle du ministère des travaux publics, ont été très regardées et très discutées. Cette afiluence de visi* teuTS, cette discussion de la foule qui donne son avis avant le jury sont de nature à exciter Tanaour-propre des artistes et & leur faire produire des œuvres meilleures. Ce premier essai a réussi en somme, et le gouvernement n'a pas à regretter la somme de 35,000 fr. qu'il a consacrée au fronton de son palais des finances.
Je n'en dirai pas autant de l'argent qui a été dépensé pour la décoration extérieure et intérieure de l'hôtel des postes et des télégraphes. Les allégories, en général, si elles offrent aux artistes des moyens commodes et multiples d'expression, sont, par contre, de véritables pièges et pré* sentent une infinité d'embûches au goût pur et élevé. Elles sont d'une réalisation encore plus difficile quand elles s'appliquent à des inventions aussi modernes que la poste ou le télégraphe. Or les murs de l'ancien couvent de San Sylvestro in capite, transformé en ministère, disparaissent littéralement sous les allégories peintes. Dès le vestibule, une femme en costume de Ciocciara vous apparaît, assise sur une borne, tenant d'une main une trompette et de l'autre laissant tomber des journaux, des revues, des lettres. Il parait que c'est la Poste que M. Zona a voulu représenter. Pour expliquer sa figure, il a placé derrière la jeune fille une cheminée de locomotive qui crache une fumée abon* dante. Dessin satisfaisant, coloris lourd.
En face de la Poste, une jeune fille blonde, suspendue dans les airs, s'agite au milieu des zigzags lumineux de la foudre. Cette femme de feu, dont la main nerveuse se crispe sur un faisceau de fils de fer, c'est le Télégraphe.
M. Zona a pris sa revanche de ces deux erreurs en
peignant les fresques des arceaux de la grande cour. É?idemment son œuvre ne fera pas pâlir les loges de Raphaël; mais Fensembie, quoique un peu trop ab!»ndant, est d'un bel effet.
A Venise, la réparation du palais des Doges va bon train.
Ce vieux palais a eu bien des aventures. Édifié pour la première fois au ix» siècle pour le doge Âgnello Parteciplato, reconstruit par l'architecte Philippe Calendario vers 1350. brûlé au xvi« siècle et réédifié en 1577 par Antonio da Ponte, il menaçait ruine il y a quelques années. En 1876, le gouvernement se résolut & entreprendre les réparations indispensables, et confia cette tâche artistique à M. Annibal Forcellini, en lui ouvrant un crédit de 578,000 fr. Le pilier d'angle a été repris en sous-œuvre avec ses statues. La façade, heureusement restaurée, vient d'être débarrassée de ses échafaudages qui nuisaient tant à l'effet de la Piazzetta. Ce n'est pas tout; on songerait à rétablir Tintérieur du palais dans sa disposition historique. Cette idée est excellente, il faut espérer qu'elle sera mise à exécution.
Parmi les monuments nouveaux dont l'Italie s'est enrichie, il faut citer celui qui a été élevé à Parme en l'honneur du Parmegianino.
L'arsenal royal a coulé en bronze une statue haute de h mètres qui doit couronner le monument élevé à Turin, place du Statuto, en souvenirldu percement des Alpes. Cette figure représente le Génie de la Science qui tient encore dans sa main droite le stylet avec lequel il a tracé sur un bloc de rocher les noms des Ingénieurs Grattoni, Grandis et Sommeiller. Il va prendre son vol sans se soucier des géants qui, grimpant le long des rochers sans pouvoir atteindre au sommet, symbolisent la force brutale vaincue et domptée par l'esprit.
Tandis que l'Italie accroît d'un côté ses richesses d'art, elle les voit diminuer, d'autre part, par des ventes continuelles, quelquefois aussi par des vols.
C'est ainsi que des coupes en argent arec bas-reliefs d'un grand prix ont été dérobées au Musée d'antiquités de Turin. Heureusement, après d'activés recherches, on est parvenu à retrouver ces objets d'art chez un amateur parisien à qui un inconnu les avait vendus.
A titre de simple curiosité, nous signalerons la vente qui s'est faite dans l'un des onze mille appartements du Vatican d'un certain nombre d'objets ayant appartenu & S. S. Pie IX. II y avait du reste peu d'œuvres d'art.
Une vente. autrement importante est celle de la galerie de San Donato dont le prince Demidoff a résolu de se défaire. Elle a été annoncée en 1879, mais elle ne doit s'effecter qu'en 1880. Il en sera longuement question dans l'annuaire artistique de Tannée prochaine.
Une exposition des beaux-arts a été inaugurée le 1^ septembre à Milan dans le palais Prera. Les critiques s'accordent à reconnaître que si le nombre des exposants était relativement considérable, la valeur des œuvres présentées laissait généralement & désirer.
Florence, qui s'est endettée pour acheter une parure de capitale qu'elle a portée depuis 1865 jusqu'en 1871, et dont les événements l'ont dépossédée, Florence, qui s'est ruinée pour l'honneur de l'Italie, a conçu le plan d'une exposition rétrospective où toutes les merveilles d'art de la Toscane pourraient être rassemblées. En attendant que la question soit tranchée de savoir si l'État prendra à sa charge les dettes que la ville a contractées pour l'intérêt national, Florence a pensé qu'elle devait s'aider elle-même en appelante son secours les grandes ombres de Giotto et d'Orcagna,
de Donatello et de Ghiberti, de Luca Signorelli et de Michel-Ange.
Ld comité s'est aussitôt formé. II compte dans son sein le prince Demidoff, le marquis Torrigiani, le marquis Ginori, le prince Strozzi, HM. Fabbroni, StiLbert, etc., etc., tous les grands amateurs et tous les grands artistes. Sur leur demande, le roi et la reine se sont empressés de mettre à la disposition du comité de Teiposition leurs vastes appartements du palais Pitti, c'est-à-dire tout ce qui est indépendant de la galerie, de sorte qu'on pourrait exhiber dans le palais les morceaux les plus précieux et les plus célèbres de Fart toscan sans rien enlever aux autres écoles du local qui leur est consacré.
Cette exposition, unique au monde, renfermerait des tableaux, des statues, des dessins de maîtres, des médailles antiques et modernes, des intailles, des camées, des vitraux peints; des orfèvreries, des verreries, des émaux, des meubles, des mosaïques, des marqueteries, des modèles en cire, des ivoires, des terres cuites, des terres émaillées de Luca della Robbia, des majoliques, des étoffes de soie et de velours, des brocarts, des tapisseries, des dentelles, des instruments de musique, des livres, des manuscrits, des reliures, des coussins brodés, des carrosses, des chaises à porteurs, des coffres ornés de peintures, des instruments d'optique et de précision, des montres, des nielles, des tabatières, des curiosités,'enfln, de tout genre.
Comme M. Charles Blanc Ta très justement fait remarquer, depuis la fin du xm« siècle jusqu'au milieu du xv*, l'histoire de la Renaissance italienne se passe presque tout entière à Florence ou du moins en Toscane. C'est assez dire quel intérêt devait offrir l'exposition rétrospective de Florence, dont l'ouverture avait été primitivement fixée
aa 1<' novembre 1879. Halheureusemeat des difficultés financières ont ajourné cette inauguration si ardemment désirée, et l'année s'est écoulée sans que Florence pût convier à cette fête solennelle de Tart ancien ses amis et ses admirateurs des deux mondes.
Toutes les fois que l'Italie s'arrache & la banalité du présent et qu'elle évoque son passé, elle dépasse en grandeur artistique tous les peuples de la terre, elle triomphe sans conteste^ elle étonne, elle séduit. Ces éloges ne paraîtront pas exagérés quand on. saura qu'ils sont inspirés parla célébration du dix-huit centième anniversaire séculaire de l'enfouissement de Pompei, le 28 septembre 1879. Dans la ville déterrée, au milieu de son décor archaïque, une fête a été donnée aux savants venus de toutes parts. A cette occasion, des fouill es ont été faites, qui ont mis à découvert la maison d'un grainetier. On y a trouvé des sacs, des balances et une multitude de bijoux artistiques. Les squelettes des proprié-^ taires de la maison, ceux d'un chat et d^un oiseau familier ont été, pour un moment, rendus à la lumière.
Parmi les visiteurs attirés à Pompéi par cette solennité, se trouvait, dans un groupe de philosophes et d'artistes, M. Renan, qui a écrit à cette occasion, pour le Journal des Débats^ une de ses plus belles pages.
La commission chargée de surveiller Texploration du lit du Tibre, ce tombeau normal des Césars de bronze et de marbre, a demandé et obtenu la création d'un Musée du Tibre {Museo Tiberino) au château Saint-Ange. Aussi bien, on ne savait plus où loger les trésors que le fleuve rendait chaque jour. Dans le cours de l'année, on en a tiré notamment des fragments d'unestatue colossale de bronze, de For, des monnaies. D'autre part, des mosaïques sont sorties de terre près des jardins Golonna. En démolissant
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UD mar de rEsqnilio, la pioche a mis à jour six stataes antiqaes; malheureosement elles sont toutes brisées. On s'en était servi pour fabriquer des moellons. On espère pourtant pouvoir en reconstruire deux. Les travaux pratiqués sur la rive droite du Tibre, en avant de la Famésine, en Tue d'un élargissement du lit du fleuve, ont fait découvrir des chambres admirablement peintes par des artistes supérieurs, ce semble, & ceux de l'école que nous a fait connaître Pompéi. Elles sont entourées d'une ornementation aux couleurs vives, aux dessins élégants; des médaillons offrent des scènes de genre dont le fini n'est pas ordinaire. Les meilleurs de ces médaillons ont tout de suite été déta-
chés pour être placés dans un musée.
Dans le même terrain, un peu en aval, on a trouvé aussi quelques-uns des énormes dolia rappelant le CoUegium Vinariorum, consacré à Mercure, que nous a révélé l'inscription découverte au commencement de l'année dernière.
On a enfin trouvé à la Gucumella ce célèbre monument étrusque, voisin de Vulcia, qu'ont étudié Noél Desvergers et Alessandro François, une tombe où un cadavre a été entouré de toutes parts par les infiltrations des eaux de la Flora. On espère avoir ainsi un moule dans lequel on pourra couler
le plâtre comme on a fait à Pompéi.
Hais la grande mine d'art antique exploitée en ce moment avec le plus de succès, c'est la Famesina, d'où l'on a retiré des fresques remarquables^ des médaillons, des frises représentant des scènes étranges, des sacrifices, des supplices de prisonniers et même des paysages du genre de ceux de Pompéi. M. Geflroy, qui suit attentivement ces travaux, en rend compte régulièrement k l'Académie des Inscriptions.
C'est par lui aussi que nous avons eu connaissance des
trouTailles faites dans la nécropole de Vulci. Parmi les antiquités recueillies dans ces derniers temps, il faut citer un beau sarcophage sculpté. Sur la face antérieure on remarque le Charon étrusque portant le double marteau, puis une femme debout ayant devant elle un char monté par trois hommes ; ceux-ci ont un long yétement retenu sur l'épaule gauche par une ûbule. Le cocher dirige deux chevaux fougueux. Un autre bige vient à la rencontre ; il est monté par un personnage à barbe frisée et taillée en rond.
Deux cavaliers semblent suivre. Un arbre termine la scène. Sur le côté gauche du sarcophage, on voit un cavalier et une figure ailée; sur la paroi droite, un griffon est représenté déchirant un serpent. Le couvercle est très remarquable; sur toute sa longueur s'étend en demi-relief la grandiose statue d'un génie de la Mort ou du Sommeil, au vêtement flottant, aux vastes ailes déployées; sa tête est rejetée en arrière, comme celle des bacchantes dans un mouvement de mol abandon.
M. Geffroy mentionne encore : 1^ une terre cuite peinte avec dessins très variés; elle a la forme d'un sacellum (petite chapelle oratoire). Au milieu sont assis deux personnages : l'un tient une corne d'abondance et passe son bras sur l'épaule du second, qui tieot une patène; — 2<> un ouvrage en cuivre repoussé : à gauche, Pan cornu, ayant des jambes de bouc et appuyé sur un bâton noueux; à droite, un génie viril, avec deux grandes ailes étendues; le génie dirige vers Pan sa main droite feri^ée sauf les deux premiers doigts qui sont dressés; le pouce est abaissé sur les deux derniers doigts; — S*" des vases nombreux, les uns entiers» les autres par fragments; 4» des strigiles (racloirs pour le bain); — 5*> des miroirs: sur l'un on voit les Dioscures; sur
Pautre, cinq belles figures qui sont nommées Priam» Hélène, Hector, etc.
La Cacumella, grand tumnlos de U à 15 mètres, après les trois tentatives d'investigation auxquelles elle a résisté, attend, pour livrer ses secrets, un explorateur plus patient et plus habile. Cette entreprise serait digne du prince Torlonia.
M. François Lenormant a, de son c6té, visité la belle vallée où s'élevèrent successivement Sybaris et Thnrium et où le gouvernement italien a ordonné des recherches- Jusqu'ici on n'a rien retrouvé de Sybaris; le site même en reste inconnu. Dans le plus grand tumulus de la vallée, on a recueilli deux petites lames d'or chargées de caractères grecs : l'une porte quelques vers curieux par le mélange des formes ioniques et doriques, et exprimant la doctrine éleusinienne suivant laquelle le mort initié devient dans les enfers l'époux de Perséphoné. Sur l'autre est une invocation à une série de divinités de l'orphisme. Le personnage qui reposait là était un habitant de Thurium initié aux Éleusinies et aux mystères orphiques.
Cette rapide énumération est loin de comprendre toutes les découvertes de Tannée. Il faudrait un volume pour enregistrer seulement les mille et un trésors que le sol italien livre, au jour le jour, à ceux qui le fouillent.
ROYAUME DE GRÈCE
La Grèce^ qui fut la patrie des arts avant l'Italie, la Grèce, à qui TEurope civilisée doit ses plus admirables chefs* d'œuvre, la Grèce d'Apelles et de Praxitèle, occupe une bien petite place aujourd'hui parmi les nations qui cultivent
les beaux-arts. Il serait superflu de rappeler les causes douloureuses de sa déchéance artistique. Le joug brutal des Turcs a si longtemps pesé sur les Hellènes, qu'il aurait pu étouffer complètement en eux le culte du beau. Il n'en a pas été ainsi heureusement. Quand ce peuple opprimé eut reconquis son indépendance, il retrouva du même coup ses traditionnelles aspirations pour tout ce qui est noble et grand. En ce moment on peut dire que des symptômes de renaissance^artistique s'accusent de toutes parts en Grèce. Remontant aux sources pures de l'art antique, les Grecs modernes cherchent dans l'archéologie principalement, dans les trésors que les ruines de leurs vieilles cités détruites recèlent encore, les éléments de haut enseignement, les exemples salutaires, les modèles excellents qui pourront leur permettre de reconquérir un rang digne d'eux-mêmes et digne de leurs traditions.
Il ne faut donc pas s'étonner si l'art moderne est encore peu florissant en Grèce et si, au contraire, les études archéologiques y sont poussées avec autant d'activité que de bonheur.
Dès 1837, une association archéologique a été fondée dans ce pays. Elle a pour but principal de contribuer à la découverte, au collectionnement, à la restauration et aux fouilles scientifiques des antiquités. Cette société, qui a fait des travaux remarquables, entrepris des fouilles considérables et restauré plusieurs monuments antiques, publie aussi périodiquement un journal archéologique. Son patrimoine s'élève à 300,000 drachmes. Pour augmenter ses ressources, elle a institué, depuis quelques années, une loterie dont les billets se placent avec facilité.
L'État vient aussi en aide aux efforts de la société par une subvention annuelle d'environ 80,000 drachmes et il
entretient, au ministère de Tinstruction publique, un bureau spécial qui est composé d'un inspecteur général, de deux inspecteurs, d'un membre adjoint et d'un conservateur. C'est l'embryon de l'administration des beaux-arts de l'ayenir.
Les musées existant en Grèce aujourd'hui sont les suivants ':
1<> Le musée archéologique central, admirablement installé dans un palais dont les libéralités de généreux citoyens ont fait les frais ;
2** Le musée archéologique spécial établi dans l'intérieur même de l'acropole pour y réunir les antiquités recueillies dans cet endroit même ;
3*> Le musée archéologique du lycée Varvakian ;
k"" Le musée de l'Association archéologique d'Athènes ;
5° Le musée archéologique de TÉcole polytechnique qui renferme les antiquités précieuses découvertes dernièrement à Mycènes et à Spata.
6"* Le inusée, ou pour mieux dire, le dépôt du ministère de l'instruction publique. Ce dépôt, placé dans les chambres de l'inspecteur général des antiquités, comprend, entre autres trésors, la plus complète copie de marbre qui existe de la Minerve en or et ivoire de Phidias, en miniature. Outre ces musées athéniens, il y a encore des musées à Thèbes, à Sparte, à Olympie. N'oublions pas dans cette nomenclature le musée du Pirée; installé dans le Gymnase, le musée de Myconos, qui renferme les antiquités de Délos, et enfin le musée de Skimitari, où sont les adorables statuettes de Tanagra.
A côté de ces musées archéologiques, nous signalerons aussi le musée numismatique, qui comprend près de 43,000 monnaies anciennes en or, en argent, en bronze, en fer et en terre cuite.
Uenseignemeiit des beaux-arts a réalisé en Grèce un immense progrès en 1878. La loi du 11 janvier 1878, réglant le programme de l'instruction élémentaire ou primaire, qui est obligatoire, y a fait entrer le dessin parmi les connaissances nécessaires. C'est là le point de départ d'une ère nouvelle et l'on ne saurait trop louer |la mesure intelligente grâce à laquelle les générations d'écoliers qui vont se succéder dans les écoles seront initiées au dessin, qui est l'élément primitif, la base même de tous les arts.
Malheureusenient le programme de l'enseignement secondaire et celui de l'enseignement supérieur ne comprennent pas encore des cours de dessin. C'est une lacune qui sera, nous l'espérons, très prochainement comblée.
Il n'y a point en Grèce d'école des beaux-arts jusqu'à présent, et, faute de mieux, l'École polytechnique en tient lieu. Cette école, instituée en 1837 à titre d'établissement d'instruction professionnelle, devait former des artisans, donner aux industriels certaines notions élémentaires, et enfin enseigner le dessin. Plus tard, en 1843, elle a été divisée en trois sections, savoir : une école des dimanches et des autres jours fériés pour perfectionner ceux qui exercent différents métiers; une école quotidienne pour les jeunes gens qui se destinent à diverses professions, et enfin une école supérieure pour l'enseignement quotidien des beaux-arts.
En 1863, son organisation a été de nouveau modifiée. Aujourd'hui l'École polytechnique se divise en deux sections : 1« L'école dite quotidienne ; 2® l'école des beaux-arts.
La première comprend l'architecture, l'arpentage et la mécanique.
Dans la seconde section sont compris le dessin, la plastique, la xylographie, la chalcographie, la sculpture sur
bois et la calligraphie. Le nombre total des professeui^ et des maîtres de Pécole s'élève à 23, et celui des élèves à près de 600.
La dépense annuelle de l'enseignement est évaluée à environ 70,000 drachmes.
L'École polytechnique est établie dans un magnifique édifice, construit à l'antique, et ce sont les legs et les libéralités de trois généreux enfants de la Grèce, MM.Stournari, Tossitza ei Averoff qui en ont fait les frais.
La bibliothèque nationale, réunie administrativement à celle de l'université, compte aujourd'hui 120,000 volumes, dont 1,387 volumes formant 732 ouvrages relatifs aux beauxarts, et 2,456 volumes traitant d'archéologie.
Le grand événement archéologique de l'année a été la continuation des fouilles d'Olympie et l'heureuse découverte d'un édifice circulaire dans lequel on croft reconnaître le Philippéion, construit par Philippe de Macédoine après la
bataille de Chéronée',
En fouillant ce sol si riche en antiquités, on a mis à jour aussi une statue d'Hermès, que, dès les premiers jours, on a cru pouvoir attribuer à Praxitèle. Nous rapportons cette opinion avec les réserves qu'elle comporte. Quoi qu'il en soit, ces fouilles, dirigées et exécutées par des Allemands, ont fait découvrir, après les trois hivers consacrés à cette campagne archéologique, 904 marbres, 3,734 bromes, 905 terres cuites, 429 inscriptions et 1,270 médailles ou monnaies. Toutes les ruines de quelque importance ont été photographiées. Les moulages des objets trouvés seront, paratt-il, exposés à Berlin.
En ce qui concerne les travaux nouveaux, nous avons à signaler une décision du conseil municipal d'Athènes. Il s'agit de l'érection d'une colonne commémorative qui sera
placée à rentrée de l'Acropole. Sur les côtés de ce monument on gravera les noms de tous ceux qui, soit par leurs discours, soit par leurs écrits, soit de toute autre manière, ont témoigné de leur sympathie aux Hellènes. Ce monument de reconnaissance nationale honorera la ville d'Athènes et la Grèce tout entière.
Avant la lutte de l'indépendance, le mouvement littéraire était pour ainsi dire nul en Grèce. Il n'y avait alors que deux imprimeries dans tout le pays, l'une à Corfou, l'autre à Zante. Les provinces sounûses au joug des Turcs n'en possédaient pas une seule. Aujourd'hui on en compte 10/i, dont tik à Athènes. Il se publie actuellement 57 journaux et 15 revues périodiques dans le royaume hellénique. Les renseignements nous manquent sur le nombre de livres publiés en 1878.; mais nous savons que de 1868 à 1872, il a paru 675 ouvrages et que, de 1873 à 1877, il en a été publié 80/t.
De 1868 à 1872, le nombre d'ouvrages publiés sur l'archéologie a été de 9, et le nombre d'ouvrages sur les beauxarts de 7. Pendant la période suivante, c'est-à-dire de 1873 à 1877, il a paru 12 ouvrages d'archéologie et 11 ouvrages de beaux-arts. Sur ce point comme sur les autres, il y a un progrès sensible. On peut, on doit beaucoup espérer du peuple grec, qui, suivant l'expression de l'illustre professeur de l'université d'Athènes, Philippi Joannou, a soif d'instruction comme le moissonneur a soif de l'eau dans la canicule..