NÉCROLOGIE (DURAND-BRAGER
DURAND-BRAGER (Jean-Baptiste-Henri), peintre français, né à Doi (Ille-et-Vilaine) en 1814. Gomme un grand nombre de Bretons, il s'était destiné d'abord à la marine ; il avait fait quelques voyages au long cours, pendant lesquels il avait commencé à dessiner et à peindre; c'est là que sa vocation de peintre s'était révélée, et il avait passé dans les ateliers de Tb. Gudin et d'Eugène Isabey pour se perfectionner dans son métier. Attaché an ministère de la marine comme dessinateur, depuis 1840,. il avait pris part à tous les hauts faits de notre marine: il était sur VOreste, quand le prince de Joinville alla chercher à. Sain te- Hélène le corps de Napoléon.
Durand-Brager fit partie de toutes tîos expéditions maritimes; attaché à l'état-major comme dessinateur, il était au blocus de la Plata, à Tanger, à Mogador. Pendant la campagne de Grimée, pendant la campagne d'Italie, il fut autorisé à suivre nos armées; dessinant heure par heure, à la meilleure place, — c'est-à-dire à la plus dangereuse, dit avec raison un de ses biographes, — les hauts faits de notre armée. Les dessins qu'il fit pendant ces campagnes sont des plus remarquables; enlevés avec une crânerie surprenante, ils sont non moins précieux par le fini et le précis du détail. Ge sont des documents historiques en même temps que des œuvres d'art.
Dans la campagne de Grimée, Durand-Brager avait été chargé spécialement de la première reconnaissance des forts russes de Gircassie, Mingrélie et Abasîe, et il s'en était tiré à la grande satisfaction de l'amiral Hamelin. Le dépôt de la marine et celui de la guerre possèdent dans leurs carions des collections de croquis de Durand-Brager, faits pendant les expéditions, auxquelles l'artiste a participé.
Durand-Brager a, en outre, accompagné Temperenr dans ses voyages en Normandie, en Bretagne en 1861, en Algérie en I86/1, et les récits de ces voyages contiennent de nombreuses illustrations qui ont contribué surtout à populariser le npni de l'artiste.
11 laissa aussi un grand nombre de tableaux de marine, appréciés des amateurs. Durand Brager n'exposait point régulièrement aux Salons annuels, ce qui explique pourquoi il était moins populaire comme peintre qu'il ne Ta été comme illustrateur. Il serait à désirer qu'une exposition de ses œuvres peintes et surtout de ses dessins fût organisée par ses amis.
Médaillé de S'' classe en 184&, il avait été décoré de la Légion d'honneur la même année ; en 1865, il avait été fait officier.
Quelques musées de province possèdent des œuvres de M. Durand-Brager: nous citerons le Combat dt la frégate le Niémen contre les frégates anglaises .\Tethusa et Amethyl, au musée de Bordeaux, le Bombardement et la prhe de Mogmior, au musée de Versailles. Le musée de Nantes possède aussi une belle marine de cet artiste.
.M. Durand-Brager a publié le récit de quelques-uns de ses voyages :5am(e-fré/è/i€ (1841), dont il fit une seconde édition en collaboration avec le général Gourgaud, sous le tilre de : Histoires et vues pittoresques de tous les sites de file (1843-184/1), in-folioavec planches. Enfin, sous les auspices de l'amiral Hamelin, il a publié un récit officiel des opérations de la flotte de la mer Noire, lors de la campagne de Crimée. Il est mort le 25 avril 1879.
EDWABDS (II.tEdwi!«), mort en septembre 1879. Il était surtout connu par ses gravures à l'eaa-forte. En outre, il
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peignit quelques tableaux ; mais daos ce genre il n'eut pas grand succès.
FACRE {Eugène), peintre français, mort en février 1879. Il était né en 1822 à Seyssinet, près de Grenoble. En 18U. ii Tint à Paris et entra d'abord dans l'atelier de David d'Angers, qu'il quitta bientôt pour celtii de Rude. Après trois ans d'études, de 13f|3 à 18^6, il retourna en Dauphiné et débuta k l'Exposition de 18fi7 par un paysage qui figure aujourd'bui au musée de Grenoble. En 18ii9, il partit pour Rome où il travailla beaucoup. Quelques années plus tard, il Ût un séjour à Florence et h Venise ; mais, à psrt quelques excursions en province, où il était très recherché comme portraitiste, il demeura à Paris de 1351 jusqu'à sa mort.
En 1857, Faure exposa une allégorie : les Rêves de la jeunesse, en 1859 ; l'Éducation de l'Amour, aujourd'hui en Russie, et le Découplé, grand tableau de chasse qui représente la meute an moment où te piqneur délache les chiens ; en 1861, les Premiers Pas de P Amour, au musée de -Grenoble ; eniln, en 186!i, l'Eve. Dès l'ouverture de l'Expo sillon, ce tableau eut un assez vif succès. Il obtint une médaille et fut acheté par M. de Morny. Enfin Faure avait exécuté tout récemment une 5ource, que l'on avue à l'Exposition universelle. < Il n'avait pas, dit M. Clément*, une de ces réputations bruyantes qui ne s'expliquent souvent que par la violence et l'exagération du parti pris... Il faisait partie de cette école sérieuse et poétique, bien réduite aujourd'hui, qui se tient à' égale distance du naturalis outrance et de l'académisme glacé. Il excellait dan portraits de femmes. »
i.VMi» le Journal da D^tt du 3! février 1879.
FRIES (Bernard) , peintre de paysage alIemaDd, né à Hcidelberg le 16 mai 1820, mort à Munich le 20 mai 1879. En 1835 il commença ses études à l'académie de Munich et les poursuivit en 1838 à Rome, où il entretenais de$ relations intimes avec les artistes français séjournant dans la Ville Éternelle. Ea 1845 il retourna en Allemagne et fixa son domicile à Munich, d'oùil fut expulsée cause deses opinions politiques en 1852. Plus tard 11 y revint et montra une grande activité comme peintre de paysage. Il prenait ses motifs de prédilection à la Suisse, à l'Italie, à la Sicile, et savait communiquer à ses paysages un caractère romantique et poétique, sans négliger la vérité dans les détails. Ses compositions ont de la grandeur, comme on peut en juger surtout dans la suite de tableaux, œuvre la plus importante de sa vie,' comprenant quarante paysages italiens.
GARNIER (Auguste), peintre (t graveur français, né en 1805, mort le 23 juin 1879. Il était peu connu. Nous citerons, parmi ses œuvres, les frontispices des belles éditions illustrées de Déranger et de Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris,
HÉREAU (Jules), peintre français, né en 1829, mort d'un accident de chemin de fer, le 26 juin 1879. Il avait commencé par étudier Tarchitecture, était entré dajQS l'atelier de Lebas, avait suivi les cours de PÉcole des beaux-arts. En collaboration avecnin camarade d'école, il a même concouru pour le grand Opéra, et, dans ce projet classé, M. Garnier a peut-être puisé quelque idée.
Jules Héreau s'adonna à la peinture vers 1855. Son premier tableau remarqué fut un Berger et la mer, au Salon de 1865. Le tableau fut médaillé, acheté et envoyé au musée