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École nationale des arts dëcoratift

Le crédit ouvert en faveur de cette école pour l*année 1879 était de 80,380 fr., le crédit demandé pour l'année 1880 est de 86,500 fr.

La plus importante des exhibitions de dessins de Paris à rExposition de 1878 a été celle de TÉcole nationale des arts décoratifs. « Cette école, dit le rapport sur renseignement dudessinàrExposition universelle rédigé par M. Ottin, inspecteur de dessin dans les écoles de la Seine, a exposé de très beaux dessins diaprés des vases mauresques, chinois et renaissance, d'asseï intéressantes compositions de vases, aiguières, orfèvrerie, bijoux et de remarquables esquisses modelées de portes architecturées et très ornées. Une seule observation qui peut avoir son importance : tout cela est trop inspiré de tout ce qui est connu ; on serait heureux dy rencontrer une originalité quelconque; copie^, posticher, ce n'est pas créer; le praticien copie, il peut devenir très habile, mais Tœuvre n*est pas de lui ; l'artiste, le créateur, est seul maître de son œu\Te. Le devoir rigoureux du professeur n'est pas de communiquer son goût ni sa manière aux élèves, mais bien de les aider à trouver les leurs et à les développer. Il doit les prémunir contre cette paresse intellectuelle qui recourt de suite à la mé> moire et non pas à l'intelligence pour répondre à un programme dolmé. •

Si nous reproduisons ce passage du rapport de M. Ottin, ce n'est pas pour adresser une critique au très actif et très intelligent directeur de rÉcole, M. Louvrier de Lajolais, mais c'est pour montrer combien il nous reste d*efrorts à faire pour donner un enseignement véritablement conforme aux besoins de nos industries dans nos établissements les mieux organisés et les mieux dirigés.

Votre commission vous propose donc d'allouer les 3,000 fr. d'augmentation destinés à développer l'enseignement du dessin dans l'École nationale des arts décoratifs, ainsi que les 120 fir. demandés pour l'augmentation du traitement d'un commis.

Le crédit de ce paragraphe se trouverait ainsi porté à 83,500 fr.

5 4. — École spéciale de desûn pour les jeunes filles.

Le crédit accordé pour 1879 était de 22,200 francs.

Le crédit demandé pour 1880 est de 25,370 francs.

Le rapport sur l'enseignement du dessin à l'Exposition universelle de Paris reproche à l'École spéciale de dessin pour les ^unes filles d'abuser des modèles estampes qui produisent des dessilis fades, transparents et sans relief, trop peu modelés, ce |qui démontre que l'enseignement initial est défectueux.

DOCOMENTS OFFICIELS (BUDGET). 509

Votre Commission tous propose d*accorder les 2,000 fr. destinés à développer l^enseignement du dessin et de la peinture et elle appelle Tattention du ministre des beaux-arts sur la nécessité de pourvoir Técole des jeunes llUes de moulages, ainsi que des spécimens de vases et de tapisseries, de façon à éviter Tabus des leçons données d*après les dessins estampes.

Le crédit pour ce paragraphe se trouverait ainsi fixé à 24,200 francs.

S 5. — Écoles des départements.

1" Subvention à TÉcole des beaux-arts de Lyon, 16,000 francs.

Même crédit qu'en 1879.

2* Subvention à TÉcole des beaux-arts de Dijon, 16,000 francs.

Même crédit qu'en 1879.

3* Subvention à l'École des beaux-arts de Toulouse, 16,000 francs.

Même crédit qu'en 1879.

4* Subventions à diverses écoles de beaux-arts et de dessin, 30,000 fr.

5* Achat de modèles de moulages, 20,000 francs.

Votre Commission^ avait tout d*abord eu la pensée d*élever de 30 à 40,000 francs la subvention destinée à venir en aide aux écoles de dessin des départements, subvention qui avait été en 1876 portée au chiffre de 30,000 francs, sur la proposition de MM. Richard Waddington et Antonin Proust. Votre Commission avait été en effet impressionnée par les observations présentées l'année dernière, à ce même sujet, dans le rapport sur le budget des beaux-arts. Elle avait reconnu qu'il était regrettable que, depuis le commencement de ce siècle, les différents gouvernements, qui se sont succédé en France, n'eussent pas repris Tœuvre de la Révolution en matière d'éducation artistique et n'eussent pas encouragé renseignement nécessaire au développement des arts professionnels, qui, se ramifiant à l'infini, embrassent et vivifient toute l'industrie française. Elle s'était montrée disposée à seconder, comme vous l'avez fait précédemment, les efforts de l'initiative privée, qui ont amené à Paris la création et le développement de VUnion centrale des beaux-arts appliqtêés à Vindustrie et dans nos départements Tinstitution de nombreuses écoles de dessin, malheureusement découragées par l'indifférence de l'État.

Mais son rapporteur ayant déposé, le 4 mars dernier, sur le bureau de la Chambre, une proposition de loi tendant à une organisation complète des écoles et des musées d'art industriel, votre Commission a pensé qu'il était préférable d'attendre que vous eussiez statué sur cette proposition.

Dans une entrevue que votre Commission a eue récemment avec le sous-secrétaire d'État au ministère de l'instruction publique et des beauxarts, le gouvernement lui a proposé par l'organe de Thonorable M. Tnr- 1879. 38

quet de diatraire de la proposition de loi pi*ë8eBtée par Yotre rapporteur, proposition de loi à laquelle le gouvernement donne d^aiUeurs son approbation, tout ce qui intéresse les écoles d*art industriel, en ajournant l'institution des musées. Le désir qu'exprimait ainsi le gouvernement aurait entraîné au chapitre qui nous occupe en ce moment Tinscription ferme d*un crédit de 350,000 francs, au lieu de Tinscription conditionnelle d*un crédit de 800,000 francs, demandé par i*auteur de la proposition de loi sur les écoles et musées d'art industriel.

Votre Commission a persisté dans sa première décision, tout en se félicitant de voir le gouvernement entrer dans une voie qui a été si profitable aux nations étrangères et dans laquelle la France aurait dû entrer depuis longtemps, si elle avait tenu compte des avertissements donnés à nos industries d'art par une concurrence qui devient de plus en plus redoutable.

Sous le bénéfice de ces observations, votre Commission vous propose donc de maintenir à la somme de 30,000 fr. le crédit inscrit sous la rubrique Stibvention d diver$es écoles de beaux-arts et de dessin^ et d^accorder les 20,000 fr. demandés pour achats de modèles et de moulages.

Total du chapitre : 659,310 fr.

Chapitre xliii. — Travaux d'art et décoration d*édi(iees publics : 769,640 fr.

$i, — Décorations des monuments publics et des places publiques.

Travaux de peinture et de sculpture.

En 1876, le crédit pour la décoration des monuments publics et des places publiques éuit de 500,000 fr. Ce crédit fut dimmué de 100,000 fr. par la Commission du budget de 1817 qui reporta ces 100,000 fr. au chapitre suivant : Exposition des osuvres des artistes vivants.

Le Gouvernement demande que pour 1880 ce crédit soit porté à 480,000 francs.

Votre Commission n'a pas cru devoir accepter cette augmentation qui ne taisait cependant que rétablir, à 20,000 franc» près, le crédit antérieur. A propos des commandes, votre Commission s'est préoccupée, comme celle qui l'avait précédée, de l'état des travaux du Panthéon. Elle s'est demandée tout d'abord, si, au lieu de laisser se poursuivre la décoration à l'aide de sujets religieux d'un édifice qui n'est pas, évidemment, voué au culte catholique, il ne conviendrait pas : 1* d'indemniser les artistes qui ont reçu des commandes qu'ils n'ont pas encore exécutées, mais dont ils ont fait les esquisses ; 2^ de donner k ces mêmes artistes des commandes de valeii^r équivalente, mais faites dans un ordre d'idées diffèrent de celui qui a îkispiré la décoration du Panthéon ; 3** enfin, de transporter dans les èdi-

fices ayant vraiment un caractère religieux les toiles ou les statues qui ont été placées au Panthéon.

Cette première proposition qui est la plus radicale entraînerait la res-tltution au Panthéon de la destination que lui avait attribuée TAssemblée constituante.

Une seconde proposition a été faite, qui consisterait à maintenir : 1* dans le Panthéon, toujours rendu à la destination que lui avait assignée le décret du 2 avril 1791 , les toiles et statues qui y sont placées; 2** à modifier les sujets des commandes qui ne sont pas encore exécutées, toujours en indemnisant les artistes pour les esquisses qu'ils ont préparées.

Votre Commission vous laisse le soin de trancher cette question.

S 2. — Acquisitions et commandes de copies pour les mairies, écoles , palais de justice, maisons de refuge, églises, etc. : 30,140 fir..

Même crédit que pour 1879.

S 3. — Acquittions et commandes d'objets d*art originaux pour les musées et édifices publics : 137,000 fir.

Même crédit que pour 1879.

S 4. — Moulages pour les musées et établissements publics : 30,000 fir. Même crédit que pour 1879.

S 5. — Achats de marbres français et étrangers : 50.000 ft*. Même crédit que pour 1879.

S 6. — Travaux de gravure en taille-douce, eaux-fortes,

lithographie, etc. : 45,000 fir.

Même crédit que pour 1879.

S 7. — Travaux de gravures en médailles et pierres fines : 35,000 tr.

Même crédit que pour 1879.

S S* — Frais de missions : 7,500 fr.

Même crédit que pour 1879.

[$ 9. — Encadrements, emballages, transports : 25,000 fr. Même crédit que pour 1879.

S 10. — Subventions aux Sociétés de beaux-arts dans les départements : 10,000 fr.

Le gouvernement avait demandé pour cet objet d'inscrire au budget de

1880 un crédit de 20,000 francs; votre Commission vous propose de rëdaire cette augmentation à 10,000 francs,

En sorte que le crédit' fiië pour le chapitre s'élèverait à la somme totale de 7©9,640 fr.

Chapitre iliv. — Exposition des œuvres des artistes vivants : 502,300 fr.

Même chiffre que pour 1879.

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