AFRIQUE ORIENTALE — ETHIOPIE
Dans l’Afrique Orientale anglaise, il faut citer la reconnaissance du Khor Félons, un affluent de gauche du Sobal, effectuée par le capitaine H. Wilson, en avril 1902 et la publication, par le Geographical Journal d'une carte de ta province du Nil (Protectorat de l’Ouganda), au 1/50909, levée en 1899-1900 par le major Delmë Radcliffe et dont nous reproduisons une réduction. Cette carte fait ressortir, pour la première fois l'aspect lacustre si caractéristique que présente le cours du Nil entre le lac Albert et Doublé.
Il faut signaler comme une acquisition capitale pour la cartographie africaine, la publication a l'échelle du 1/1 090 000 des beaux levés exécutés par la mission Marchand (voir Ann* Gartog. fase. 8 et 9).
C'est dans la région du Bahr cl Ghazal principalement, que la mission Marchanda déconcentrer tous ses efforts, et si malheureusement l’énorme labeur accompli n'a pas eu, pour notre politique coloniale, les résultats que Ton était en droit d'en attendre, du moins n'aura-t-il pas été perdu pour la science.
Pour cette région nous donnons, à l'échelle du 1/5000 090 une réduclion de la carte de la mission qui modifie très sensiblement les cartes antérieures. Les cours du Soueh, du Ouaou, du Bahr el Ghazal, notamment, y figurent pour la première fois avec leur tracé exact, soigneusement repéré par de nombreuses et excellentes positions astronomiques ducs aux observations de MM. Germain et Dyé.
Le cours du Bahr cl Djebel est une réduction du tracé de ce fleuve extrait du rapport de Sir W, Garstin et reproduit par le Geographical Journal en 1901,
En Ethiopie, la mission Duchesne-Fournet(voir Ann, Gartog., fasc. 12) a continué, en 1902, le cours de ses explorations. Partie de Djibouti en 1901, elle a gagné Addis-Ababa, en passant par llarar, puis, se dirigeant vers le nord, elle a franchi le Nil Bleu, visité la région montagneuse de Tchoké et contourné les rives du lac Tana pour revenir à Addis-Ababa pa r u n i 1 i n ë ra î re n ou ve au .
M. Duchesne-Fournet, avec l'aide de ses compagnons, le lieutenant Collât, le \)‘ GoMn, MM, Laimre et Fonteneau, a rapporté de son beau voyage de nombreux renseignements scientifiques, et, en Lie autres, un itinéraire détaillé de la route entre la cote et Addis-Ababa, une carte du Godjam et un levé au J/GO 00,0 du lac Tana.
L’importante mission scientifique de M. du Bourg de Bozas, dont nous avons signalé, dans notre dernier supplément, les premières éLapes à travers la région qui s’étend an sud de la ligne llarar-Addis-Àbaba, a poursuivi brillamment son œuvre dans le courant de l’année 1902;
Après avoir séjourné deux mois à Addis-Ababa, la mission se dirigeait au sud vers le lac Rodolphe, par le pays Goura gué, le pays des Sidamo et le Oualamo, visitant en route les lacs Challa, A Lassa, Abbay, qui ne sont nullement, comme on le croyait, des vestiges d’une ancienne nappe lacustre et dont l’alignement est dû simplement à l'orientation des montagnes qui les enserrent.
Après avoir franchi l’Omo, la mission laissait a gauche un massif montagneux et traversait la grande plaine alors sans eau qui semble s'étendre jusqu’au Nil, parcourant une région jusqu'alors inconnue, habitée parles Tourkana, elle visitait le riche pays Karamodjo, celui des Chouli, pour atteindre le Nil; à Nimoulc, le 7 octobre 1902. Se dirigeant ensuite vers l'ouest M. du Bourg de Bozas et. scs compagnons ne tardaient pas à atteindre Dongou, au confluent de la rivière de ce nom et du Kibalï. La, le chef de l'expédition fut pris d'une première attaque de fièvre pernicieuse, et quelques jours plus tard, le 25 décembre 1902, il succombait au poste des AmacU à une seconde attaque, au moment ou it allait recueillir le fruit de ses longs et pénibles travaux. Le voyage accompli par la mission de M, du Bourg de Bozas est un des plus beaux et des plus fertiles en résultats scientifiques qui nient été exécutés dans ces dernières années.
Nous donnons encontre, d’après la carte provisoire publiée par la Géographie, une réduction d'une des parties les plus intéressantes de Fitinéraire de M. du Bourg de Bozas, celle qui s'étend d'Àddis-Àhnbn au Nil. La première section de son itinéraire entre la côte et Àddis-Ababa avait déjà été incorporée (voir Ann. Gartog., Disc. 12) dans notre carte de ['Ethiopie méridionale et région de la frontière soudanaise à l’échelle du 1/5 000 000.
FAITS POLITIQUES
Le 25 mars 1902, la Chambre des députés a voté lé projet do loi déposé par le Gouvernement portant organisation des Territoire B du sud de l’Algérie el instituant un budget autonome et spécial pour ces régions. Le Sahara algérien est donc aujourd'hui divisé en quatre territoires dénommés : (POuargla, au sud de la province do Constant i ne, de Laghoual, au sud do la province d’Alger, d'Aïn-Sefra, au sud de la province d’Oran, et des Oasis, au-dessous du précédent.
Les territoires, placés sous le commandement supérieur du général en chef du corps d’armée de l'Algérie, sont dotés de la personnalité civile.
Nous donnons, ci-cou Ire, le tracé des nouvelles divisions territoriales du sud algérien qui ne peuvent être limitées avec précision jusqu’à présent que dans le Nord.
In décret présidentiel du l tr octobre 1903, a réorganisé le Gouvernement général de l'Afrique occidentale française.
Dorénavant, le siège du Gouverneur général esL transféré de Saint- Louis à Dakar.
Le Gouvernement général de l'Afrique occidentale française comprend : 1° la colonie du Sénégal, à laquelle cessent d’être rattachés les pays de protectorat; 2° la colonie de la Guinée française; 5° la colonie tic la Côte d'ivoire ; 4* la colonie du Dahomey.
Ces colonies sont administrées chacune, sous la haute autorité du Gouverneur général, par un gouverneur de colonies portant le titre de lieu tenant-gouverneur et assisté par un secrétaire général; 5° les pays de protectorat, dépendant auparavant du Sénégal et les territoires du Haut-Sénégal et du Moyen-Niger, qui sont désormais réunis en une unité administrative eL financière nouvelle sous le nom de « Territoires de la Sénégambie et du Niger ».
Ces a Territoires )> sont administrés directement par le Gouverneur général on par son secrétaire général spécialement délégué, avec l'aide d'un conseil d'administration.
Ti a ité ang lo-ital o- éthiopien.— Le 15 m aï 1902 u n Ira i t é a é t é s i gn é à Addis-Ababa entre le gouvernement anglo-égyptien et le gouvernement élhopien pour fixer les frontières qui devront désormais séparer les possessions des deux puissances signataires. Gomme annexe à ce traité, un accord a été signé à la même date entre l’Ethiopie, l'Italie et l’Angleterre pour modifier le texte du traité de délimitation itaio-éthiopîcu du 10 juillet 1901 et anglo-italien du 10 avril 1901.
Nous avons indiqué ci-contre, sur une carte spéciale, les nouvelles frontières auglo-italo-élhiopiennes. On remarquera que les limites méridionales de l'Ethiopie, vers les possessions anglaises de l'Afrique Orientale, restenL encore à déterminer. De même, pour les frontières orientales de l'empire du Négus, contiguës aux possessions italiennes, aucun accord définitif n'étant encore intervenu, nous avons simplement tracé comme ligne de démarcation la frontière proposée par l'Ethiopie en
A Madagascar, par arrêté du Gouverneur général, les trois cercles militaires de Tulléar, de Mandritsara el de la Grande-Terre onL été transformés en provinces, et placés, le 15 décembre 1902, sous l’administration civile.
Dans l'Afrique du Sud le plus grand événement politique de l'année 1902 a été la signature du traité anglo-boer qui a mis lin, le 31 mai, à la guerre sanglante qui durait depuis près de trois ans dans ces contrées.
Les deux républiques boers du Transvaal et de l’Orange ont été déclarées colonies anglaises et les districts des trois villes boers de NVakkcstroom, Utrecht et Yrjheid ont été annexés au Natal,
M. Ciiesseaü.
ASIE