LXX] 10 MARS
tirer la paix de leur propre fonds ; ils font un singulier mélange de foi et de propre justice; le uïystère de la grâce leur est encore voilé. D'autres encore se fondent sur la paix qu'ils ont une fois sentie, mais qui présentement leur échappe ; ils s'appuient sur ce qu'ils éprouvent, et parce qu'ils n'éprouvent plus rien, ils ne croient plus à rien. D'autres enfin font dépendre leur paix du degré de leur sanctification : quand ils voient qu'ils n'avancent pas, ou, quand ils en voient d'autres qui les dépassent, ils s'attristent, et cette tristesse leur ôte la paix. Nous voudrions graver dans le cœur de toutes ces personnes la parole de l'Apôtre : Cegt lui qui est notre faix. Notre paix n'est pas premièrement un état, elle est premièrement une personne. Cest Jésus-Christ ^ c'est son corps crucifié qui est notre paix. Cherchez votre paix sur la croix, et personne ne vous la prendra. C'est le grand fait du Calvaire qui est le contenu et la proclamation de votre paix. Ce qui vient de nous, ne peut jamais nous servir de fondement, car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé, et qui est Jésus-Christ. Une fois fondé sur le rocher des siècles, nous ne regardons plus à notre nature; elle nous crée tous les jours des embarras, mais c'est pour ces embarras mêmes que Jésus-Christ est venu, afin qu'une fois pour toujours nous regardions à lui , à son sang, à sa justice, à sa parole et à ses promesses; c'est là le Jésus-Christ qui demeure éternellement, et c*e8t lui qui est notre paix.