‹ L'année Chrétienne; ou, Une parole sainte; méditée pour chaque jourChapitre 13 sur 28 · II MARS. [LXXI · texte numérisé non relu

II MARS. [LXXI

Je pais tout par Christ qui me fortifie. (Phil. iv, 13.)

Faisons d*abord rexpérience que hors de Jésus-Chrût nous ne pouvons rien faire, et cette expérience nous conduira à celle-ci : c'est que nous pouvons tout par Christ s'il nous fortifie. Ne mesurons jamais notre propre faiblesse, quand nous sommes en présence d'un sacrifice que Dieu nous demande, ou d'un combat que nous avons à soutenir. Les forces que Dieu a réparties dans la nature, ne sont qu'une faible image de V infinie grandeur de la puissance de Dieu envers ceux q^ croient. Au moment où nos propres forces nous échap- ■ peront, Dieu interviendra. Laissons arriver ce moment, et la force d'en haut s'accomplira dans notre faiblesse- Tout ce qui s'est fait de grand dans le monde chrétien» s'est accompli dans un état de pauvreté et de misère. B y a des chrétiens qui n'ont pas un jour de santé, d'autres qui sont d'un caractère timide, d'autres qui croien* toujours qu'ils rétrogradent, et c'est d'eux que le Seigneur se sert de préférence pour accomplir ses dessein 3 • Je ne vous laisserai point orphelins, a-t-il dit, je tner»* drai à vous; et il tient parole. Ne nous mettons poi^ï»^ en souci des difficultés qui nous entourent; donnons ^ nos rapports avec le Seigneur plus de clarté et de dév^' loppement, et nous pourrons tout par Celui qui now^ fortifie.

LXXII ET LXXIIl] 12 ET 13 MARS. 81

Soyez toujours joyeux, (i Thess. v, 16.)

La joie chrétienne a un côté intérieur et un côté extérieur. Elle n'est pas toujours un bonheur qui rayonne m dehors, elle est plus souvent un bon dépôt que le Saint-Esprit surveille et que personne n'aperçoit. Il peut même arriver que nous n'ayons pas conscience de ce dépôt, que nous ne sentions rien de la joie de TÉvangile, mais le fond de notre âme n'en est pas moins un fond de joie. La possession du salut est aussi la possession de la joie, et comme notre salut est un salut éternel, il n'est pas étonnant que saint Paul dise : Soyez toujours joyeux. Il faut souvent qu'on nous rappelle que nous devons être des enfants joyeux. Il y a tant de choses qui nous empêchent de croire à notre propre bonheur ! Mai? de même que les heureux du monde sont plus tristes qu'ils ne le savent, les affligés de Dieu sont plus joyeux qu'ils ne le croient. Les joies mondaines ont toutes quelque chose de creux et d'inquiétant ; les tribulations chrétiennes, toutamères qu'elles paraissent, n'en sont. pas moins tempérées par un élément céleste qui est la joie. Laissez venir les grands moments, ceux où le monde entier pèse sur vous , et vous sentirez que wnw avez vaincu le monde ; si pourtant V Esprit de Celui V^i a ressuscité Jésus d* entre les morts, habite en vous.

II m'a serré dans son carquois. (Esaïe xlix, 2.)

Le corps vit de mouvement et de repos, \tov^ «vi&'^\.

82 13 MARS. [lxîiii]

Dieu seul connaît la juste mesure d'activité et de repos nécessaire pour tempérer la vie chrétienne. Ce mélange, Dieu ne le fait pas toujours selon nos désirs. Les uns voudraient du repos, et il leur survient du trouble ; d'autres voudraient s'élancer dans un beau champ d'activité, et Dieu les tient serrés dans son carquois. Ce sont des flèches qui voleront plus tard, quand l'heure de l'Éternel sera venue. Souvent aussi, quand ces flèches ont déjà volé, le Seigneur les reprend et les remet dans son carquois. Il y a des serviteurs de Dieu qui voudraient continuer un ministère béni, et qui sont forcés de se retirer dans quelque coin tranquille et de renoncer à leur activité. Pourquoi? Voici, dit l'Éternel, je Ta^^trcrai, après que je V aurai fait aller dans le désert, et je parlerai selon son cœur. Dieu n'a pas besoin de nous ; il reprend souvent brusquement ceux qui nous semblent les instruments les plus nécessaires. Il les attire dans une atmosphère de silence, et ils n'y perdent rien, si l'Éternel leur parle selon son coeur. Le règne de Dieu n'y perd rien non plus. Nous donnons si volontiers la gloire aux hommes, qu'il faut que le Seigneur nous enseigne par des faits que c'est lui qui paît ses brebis et qui les fait reposer. Si nous voyions partout des serviteurs éminents à qui Dieu multipliât les années et les bénédictions, nous trouverions tout naturel l'avancement du règne de Dieu. Mais dans ce règne tout est grâce, tout est miracle. Dieu lance en bon nombre des flèches qui semblent manquer leur but, tandis que les vraies flèches, il les tient serrées dans son carquois. Quand nous aurons d'autres yeux, nous jugerons autrement; en attendant, adorons et croyons queDÎQu fait tout ici-bas pour sa gloire.

[LSXIV] . U MARS. 83

On donnera à celui qui a déjà, et il aura encore davantage; mais pour celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce qu'il a. (Matth. xui,

Uexcrcice, comme on dit, faille maître. Une charrue qu'on n'emploie pas, se rouille ; celle qui trace de profonds sillons, devient luisante comme un miroir. U en est de même des dons, des occasions, de toutes les grâces de Dieu. Soyons fidèles dans l'emploi des talents qu'il nous confie, el ils se multiplieront ; l'incurie, au contraire, nous fait perdre le peu d'habileté que nous avons. S'il y a des millionnaires qui ont commencé par un petit commerce, el des fortunes colossales qui se fondues entre les mains de leurs possesseurs, il y a de même des emplois obscurs qui sont devenus une source de bénédictions, et des champs de travail magnifiques qui se sont couverts de ronces et d'épines, selon ceux qui jr travaillaient. Ne regardons pas aux choses, ne regardons qu'à l'esprit qui nous anime. Suivons cette règle d'or : Quoi que vous fassiez, faites tout de bon ^r, comme pour le Seigneur et non pour les hom- »i««. Tavailler ainsi, c'est s'édifier soi-même, et c'est être en édification aux autres. Dieu fait croître le fro- Wï«n^ après qu'il Va ainsi préparé. Au lieu du buisson, ^^oît le sapin, et au lieu de V épine, croît le myrte. Mais ^« souhait du paresseux le tue, parce que ses mains refusent de travailler. Oit sera le corps mort, les aigles «'y assembleront.

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Soyez remplis de la connaissance de sa volonté, avec tonte la sagesse et toute TintelUgence spirituelle. (Col. i, 9.)

La force du chrétien est dans la connaissance de la volonté de Dieu, mais comment faire pour la connaître? Il faut distinguer Jes cas ordinaires des cas extraordinaires. L'homme du monde croit, en suivant ses propres impulsions, avoir toute la sagesse et toute lintelligence spirituelle nécessaires. Mais quand Dieu lui ouvre les yeux, et qu'avec cette lumière nouvelle ce même homme considère son passé , il s'écrie : Oh I (\\i alors j* étais abruti! Je n avais aucune connaissance; fêtais devant Dieu comme les bêtes. Désormais ce sera d'une autre manière qu'il sera rempli de la connaissance de la volonté de Dieu. Il renoncera à sa propre sagesse et suivra cette Parole qui est une lampe à nos pieds et une lumière dans nos sentiers. Si, sur quelque point, il lui reste quelque obscurité, il se rappelle que Dieu a promis que si quelqu'un manque de sagesse, il doit la demander à Dieu, qui la donne à tous libéralement, sans rien reprocher ; et elle lui sera donnée. Après cela, je vous accorde qu'il y a des cas extraordinaires, où il n'est pas si facile d'être mis au clair sur la volonté de Dieu. Il y a des perplexités de position, des situations délicates où Ton craint de se déterminer soi-même, et où le pour et le contre sont également embarrassants. Que faire alors? Consulter le sort? Ce doit être la dernière ressource d'un enfant de Dieu. Ce moyen rentre dans la défense : Il ne se trouvera

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personne parmi ioiy ni qui soit devin et qui se mêle de deviner; ni pronostiqueur de temps, ni aucun qui fasse des prédictions, ni qui fasse des prestiges. Le meilleur moyen de sortir d'embarras, c'est de céder à la force des circonstances. Si nous sommes jetés hors d'une position, sans qu'il y ait de notre faute,, ou forcés de preedre une résolution à laquelle nous n'aurions point pensé en dehors de la nécessité, prenons cela pour la volonté de Dieu. Rarement nous nous tromperons. Mais s'il y a devant nous deux portes ouvertes et que nous ayons la liberté du choix, attendons ; ne faisons rien avec précipitation ; différons de nous prononcer aussi longtemps que nous pourrons. Dans le doute, dit-on, ahstiens-toi. Cependant, continuons à prier et à mettre fidèlement notre volonté aux pieds du Seigneur. Peutêtre que la force des circonstances qui ne nous pressait point d'abord, se manifestera enfin. Le Seigneur peut aussi, pendant que durent ces combats et ces prières, Dous donner les clartés directes ou la joie qui nous Dïanquait. Notre voie se trouvera ainsi tracée. Il nous a promis de nous rendre intelligents, de nous enseigner fe chemin par lequel nom devons marcher, de nous y guider lui-ménie. La lumière se lève souvent dans les libres pour ceux qui sont droits de cœur.

^'«appris à être content de l'état où je me trouve. (Phil. iv, 11.)

C'est bien ici un des signes les plus sûrs d'une bonne conversion. Si le cœur est gagné, il reçoit aussi de la fUnitude du Seigneur grâce sur grâce. Saint Paul, en

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possession par la foi des richesses incompréhensibles de Christ se plaisait dans la faiblesse^ dans les opprobres, dans les misères, dans les persécutions, dans les afflictions extrêmes pour Christ. Le Seigneur peut entrer dans tous ces états, et faire que malgré eux notre possession nou>s soit échue dans les lieux agréables. Si la position dans laquelle nous nous trouvons est celle où le Seigneur nous a mis, et que nous n'ayons point de signe certain qu'il veuille nous en faire sortir, n'en cherchons point d'autre. On paie souvent bien cher, quand on Ta obtenu, ce qu'on veut avoir avec passion. Au lieu d'améliorer notre sort de cette manière, nous le rendons quelquefois plus insupportable ou plus dangereux pour notre âme. Si nous devenons plus malheureux, nous sommes obligés de nous dire que nous avons été les artisans de notre malheur; si nous nous endormons dans un faux bonheur, c'est un véritable jugement de Dieu, puisqu'il ne peut durer que jusqu'au moment où les écailles tomberont de nos yeux. Dieu connaît mieux que nous les situations qui nous conviennent. Notre bonheur ne dépend pas d'un changement d'état, mais d'un changement d'esprit; dites- vous que la terre est partout la terre, et que notre pauvre cœur nous suivra partout. Entrez dans les voies du Seigneur, elles sont droites ; les justes y marcheront, mais les rebelles y tomberont.

^Si

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Yoas demandez, et vous ne recevez point, parce que vous demandez mal. (Jaq. iv, 3.)

Dieu seul lit au fond de la prière. Les exaucements dépendent toujours de nos rapports habituels avec lui. On ne peut point prier d'une manière et vivre de l'autre : ce qui nous prive presque toujours des grâces de Dieuj c'est notre duplicité. Il n'y a que deux directions dévie possibles : l'une est celle de l'égoïsme, l'autre est celle de l'abandon filial à Dieu. Si vous demandez dans un esprit opiniâtre et, comme dit saint Jaques, i(ins la vue de fournir à vos voluptés, vous ne recevez rien, car vous êtes alors l'enfant à qui son père ne veut donner ni pierre ni serpent. Dieu ne veut pas que nous changions ses grâces en dissolution, et c'est dans notre propre intérêt qu'il ne nous exauce point. Mais si notre . 4nie sait entrer dans la volonté du Seigneur, et que nous demandions dans un esprit d'humilité, nous ne recevrons pas toujours ce que nous demandions, mais quelque chose de mieux. Dieu exauce souvent l'intention et Je fond, quoiqu'il n'exauce pas toujours les paroles. Le hut final de toute prière chrétienne est la glorification ^unom de Dieu et l'avancement de son règne. Notre pï'opre cause gagne avec celle de Dieu, tandis que nos intérêts propres, si nous les détachons des intérêts de I^icu, ne concourent qu'à notre perte. Notre âme bien '^ndée dans la foi en Jésus-Christ est toujours unie à la P^i^sonne du Sauveur et se présente amsV Aç^n^wW^^kw. ^^ns cette attitude on a toujours une confiance -çUwe

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et parfaite^ car Dieu ne peut rien refuser à son Fils, et notre prière a une garantie que ne donne aucune autre manière de prier.

Je sais qae tu es revèche et que ton coa est comme une barre de fer, et que ta as un front d'airain. (Ésaïe XLViii, 4.)

La disposition revéche du peuple d'Israël n'était en grand que ce que le cœur déchu est en petit. Mém® dans la vie chrétienne, ce qui fait souffrir le plus, c'est la dureté du cœur. On veut le briser, et Ton ne pet^^ pas ; on veut se donner de la contrition, et c'est ^n vain qu'on frappe le rocher, l'eau n'en découle poid^* II est plus facile de donner ce qu'on a que ce qu'o^ est. Le brisement du cœur exige une force plus puî^" santé que notre force naturelle. Quoiqu'il en soit, coatibattons toujours, et montrons au Seigneur ce cœur C^^ pierre qui nous fait souffrir. Je vous donnerai un nom^" veau cœur y a-t-il dit, et je mettrai en vous un espr^^ nouveau, fôterai le cœur de pierre de votre chair, ^ ^ je vous donnerai un comr de chair. Il y a dans la grâc?^ du Seigneur une force toute-puissante; mais cett^ grâce est libre. Attendez-la sous la croix, et celui gt^^ doit venir viendra. Il y a de ces influences subites qa ^ inclinent le cœur sans effort. Dussiez-vous attendre de^ années, vous aurez certainement la joie de voir vo--^ tre cœur changé. Plus la chose vous est impossible^ plus vous pouvez être sûr qu'elle vous sera donnée. No^ impossibilités, au lieu de nous abattre, doivent au con- ^râ/re nous rassurer. La plus grande da^ im^^^ibilités

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a'ëtait-elle pas celle de nous sauver nous-mêmes ? Dieu I*a pourtant levée en envoyant son propre Fils dans une chair semblable à celle des hommes pécheurs. Au prix de cette grâce, les autres grâces de Dieu sont comparativement peu de chose. Demandons dans un esprit sincère, car souvent on prie d'être délivré d'un mal qu'on ï'etient des deux mains. Nous ne serons délivrés de Qotre coBur de pierre que quand il sera devenu notre supplice,

^ous n'avons point ici de cité permanente, mais nous cherchons celle qoi est à venir. (Héb. xiii, 14.)

Le sentiment qui dans notre vie devrait dominer tous l^s autres, c'est le sentiment de l'éternité. Nous nous envolons y dit l'Ecriture. Plus on avance en âge, plus cela est vrai; ce qui est devant nous, de notre ili- ^^raire terrestre, passera infiniment plus vite que ce qui ^st derrière nous. Chaque jour nous dit : Détache-toi ; i^Ue tes reins soient ceints, que ta lampe soit allumée ! Quand on voit de ces hommes qui entassent projets sur Pï*ojets et espérances sur espérances, sans penser au moulent où Dieu leur dira : Insensé^ cette même nuit ton âme ^ sera redemandée^ on ne conçoit point une telle folie. Mais êtes- vous moins attaché à la terre, vous qui jouez si bien le chrétien? Si vous n'aviez plus que deux heures à vivre, seriez-vous prêt? Votre cœur est-il enfin un ^ur détaché? Ah! ils sont rares les chrétiens qui ont outrais sous la croix et qui se sont donnés une fois» J^ïir toujours. Le plus grand nombre Tieç^w?>^^XVA.4-

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loger, pour être avec Christ^ que dans leurs mauvais moments. Dès que la vie leur sourit de nouveau, ils chérissent de nouveau leur vigne et leur figuier. Et qu'est-ce que tout cela à côté de la Cité permanente ? Demandons que Téternité nous domine, et nos chaînes tomberont. Notre vie terrestre ne perdra point en intérêt. Nous rachèterons le temps, semant notre semence dès le matin, et ne laissant point reposer notre main le soir. On peut attendre avec patience et pourtant se hâter audevant de la venue du jour de Dieu.

Nous connattroDs rEternel, et nous continuerons toujours à le connaître; son lever se prépare comme celui de l'aurore, et il viendra à nous comme la pluie, comme la pluie de rarrière-saison, qui arrose la terre. (Osée vi, 3.)

La connaissance de V Éternel est notre bien suprême. Et quand on a savouré combien le Seigneur est bon, on ne demande plus qu'une chose, c'est de continuer à le connaître. C'est une connaissance qui ne s'épuise point. Les esprits bienheureux qui sont devant le trône de Dieu et qui le servent jour et nuit dans son temple, ne sont point encore à la fin de cette connaissance. Ici-bas nos communications avec Dieu n'ont fait que commencer; son lever se prépare comme celui de V aurore. Mais quelque pauvre que soit ce commencement, c'est déjà la vie éternelle. Nous le sentons quand en cette terre déserte, où nous sommes altérés et sans eau, l'Éternel vient à nous comme la pluie, comme la pluie de Varnérâ'saùonf qui arrose la terre. î^ous leçT^xiow^ alors

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conscience de notre vraie destination. Ce cœur flétri et assujetti à la vanité a un bien vivant et qui n'est point comme les autres ; connaître ï Éternel et continuer à le connailrCy c'est secouer la poussière du monde, triompher des choses visibles et se nourrir de la plénitude des dons de Dieu.

21 MAÏIS.

Sachez qae vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre qae Yous aviez apprise de vos pères^ non par des choses périssables, comme l'argent ou Tor, mais par le précieux sang de Christ, comme de T Agneau sans défaut et sans tache, (i Pierre i, > d8, 19.)

L'œuvre souveraine de Dieu est celle de notre rédemption. Notre paix, notre liberté, notre éternelle joie sont dans l'assurance que nous avons été rachetés. Les titres et les décorations du monde n'ont rien qui approche du titre de racheté de V Éternel. Si vous aviez gémi dans un bagne ou dans une sombre prison, et que quelqu'un vous eût ouvert la porte après bien des années, ^nvous disant : Tu es libre, tu as été racheté ; vous comprendriez, n'est-ce pas? Comprendre serait alors ti*essaillir de joie et vivre pour votre libérateur. Pourquoi le grand rachat par le précieux sang du Fils de Dieu ne nous fait-il pas tressaillir de la même manière? Cette joie est pourtant offerte aux maudits de Dieu, aux ^f tifs du péché y aux misérables qui gémissent dans un ^sde mort. C'est aux cœurs assujettis à la vanité, aux consciences chargées d'accusations, aux âmes incapa- Mes de se vivifier, aux volontés enchatnées dMv&\fe\!ûsX> ^^"à appartient de se réjouir à cette TùOXiti^ wwxs^^*

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lions ni ce qui pari de nous-mêmes. Nous ne sommes jiimais sûrs de nous, pas môme dans nos meilleurs moments. La foi seule nous libère, la foi en celui qui a porté nos liens. Si nous souffrons de notre endurcissement, sans pouvoir rompre nos chaînes, regardons à Jésus, il a porté ces liens. Il s'est substitué à notre personne et à tout ce que notre vie renferme. Ces liens visibles du Sauveur sont aussi les liens invisibles de nos péchés. Croyez que, quoiqu'il vous soit arrivé, et quelque enchaînée que soit voire volonté, voire délivrance estaccomphe; non point par vous, mais par Tœuvre de réparation de Christ. Cette foi, quand le Saint-Esprit nous l'applique, a aussi une force sanctifiante. Dès que nous croyons à ce que Christ a fait pour nous, il le fait aussi en nous : Ceux qu*il appelle y il les justifie, et ceux quil justifie, il les glorifie. Que dirons-nom donc à tout cela? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?

Alors Pilate fit prendre Jésus et le fit fouetter. (Jean xix, i.)

La chair flagellée de Jésus est l'expiation des péchés de la chair. Cet état de souffrances du Seigneur est un baume consolateur pour tous ceux qui sentent combien les convoitises de la chair les onl perdus. C'est de tous les péchés celui qui fait le plus de ravages et dont les suites sont les plus déplorables. Même dans la vie chrétienne, la chair peut être ou peut redevenir un interdit. Et où la chair règne, Tesprit est asservi cl avec l'esprit la vie ; car la chair a des désirs contraires à ceux de /'^Ji/7r//, eê rEsprit en a de contraires à ceux de la

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si Dous enlevions, ne fût-ce que pour un jour, la croix du Calvaire. Ne vous étonnez point si, telle étant notre condition, quand nous serions livrés à nous-mêmes , saint Paul ne juge point qu* il doive savoir autre chose ici'Jm que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.

Si QOQs marchoQs dans la lumière, comme il est lui-même dans la lainière, nous avons une communion mutuelle, et le $ang de son Fils Jésus-Christ nous purifie de tout péché, (i Jean i, 7.)

Les hommes vont si rarement à la racine des choses ! Ils errent dans des tâtonnements, dans des excursions dans le vague, ils bandent leurs plaies à la légère, ils ont des religions qui reposent on ne sait sur quoi. Examinons-nous plus sérieusement, allons au cœur de no- ^ vie. Avons-nous quelque chose de ferme, sur quoi Bous appuyer si nous devions mourir cette nuit même ? Sommes-nous heureux, ou bien y a-t-il en nous quelque chose qui cloche? Ce qui nous rend Tesprit inquiet, c'est le sentiment secret de notre état de péché. Nous parlons de Jésus-Christ, mais de quel Jésus-Christ î Ce- W que vous invoquez comme Sauveur ne serait-il peut- *lrepas un être vaporeux au lieu d'être un Sauveur vivant? Nous ne connaissons point notre ennemi mortel, ^1 c'est pourtant pour détruire ses œuvres que Jésus- Christest venu. Il est venu pour détruire ce vieil homme N se corrompt par les convoitises qui séduisent, et que ^us ne pouvons ni guérir ni remplacer par un homme Nouveau. Il y a des maladies corporelles qui sont dans ^ sanjr, JepoisoD qui nous mine esl au^sv ^\5l ^^\« ^^

102 31 MARS. [xci]

il a fallu qu'il fût fait malédiction pour nous. C'est le bois maudit qui est pour nous Tarbre de vie ; sans ce maudit qui est pendu au bois et qui y expire, notre délivrance eût été vaine. Il était nécessaire que la mort du testateur intervînt, parce qu*un testament n'a son effk qu'aprèslamort du testateur, n'ayant point de force tant qu'il est en vie. Il a été enlevé par la force de l'angoisse et de la condamnat{on.\oilh ce qui a tout accompli ; si nous avions moins, nous n'aurions rien. Aujourd'hui il peut descendre de la croix, mais c'est pour nous montrer ses mains et son côté percés, et pour nous dire : La paix soit avec vousl 11 a fallu qu'il fût élevé de la terre pour attirer tous les hommes à lui et pour les arroser du sang de l'aspersion qui prononce de meilleures choses que le sang d'Abel.

Puis il disait à Jésus *. Seigneur, souviens-toi de moi, quand tu seras entré dans ton règne. Et Jésus lui dit : Je te dis en vérité, que tu seras aujourd'hui avec moi dans le paradis. (Luc xxni, 48, 43.)

Quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé, La première âme que la croix de Christ a sauvée fut celle d'un larron. Mais Christ peut toujours sauver ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux. Crier des lieux profonds, crier vers la croix, comme un crucifié du péché, c'est recevoir entrée dans le paradis, fût-ce à la onzième heure. 11 est vrai, il y a crier et crier. Le cri qui sauve n'est point celui du désespoir. II y a des cris qui frappent Montre des rochers ou qui se petdenV àïx\\'à\î^>\m^.Çift

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