‹ L'année Chrétienne; ou, Une parole sainte; méditée pour chaque jourChapitre 15 sur 28 · H MAL · texte numérisé non relu

H MAL

La force et la joie sont an lieu où il habite, (i Chron. xvi, 27.)

Le fond de notre âme déchue est l'incapacité et la tristesse même. Nous traînons avec nous une nature stérile d'où nous ne pouvons tirer ni une bonne pensée, ni un sentiment d'amour, ni une seule détermination <iui soit pour Dieu. Le fonds de tristesse qui nous accompagne est augmenté par nos joies eUes-mèm^^, ÔlOT^V^

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caractère est si décevant. Asseyez-vous aux banquets da monde ou à votre table de famille : choisissez-vous qm surprise, un de ces agréables bonheurs qui semblent couronner nos vœux, ou faites le philanthrope, semei à pleines mains sur votre route les œuvres et les vertus: Dieu viendra avec la lumière, et vous dira denouveaa: Tu es un homme sans force et sans joie. Mais cette Aine creuse et dénuée, Dieu veut la remplir au lieu oûUhê' biie. Cherchez ce lieu dans la prière, dans la Parole sainte ou dans vos situations, quand le terrain de ^ÉIe^ nel sera trouvé, la force et la joie y abonderont. Voos regarderez votre existence d'une autre manière. Quel prodige d'amour, que nous soyons des créatures (fi puissent recevoir et contenir la force et la joie de VÈUr* nel! Ce qui fait la vie, c'est la force et la joie, et c'est cela même que nous pouvons recueillir à pleines maias au lieu oà il habite, lui qui nous a créés. Cette nature délabrée est encore le temple du Dieu vivant; les promesses de force et de joie sont pour les plus pauvres et les plus misérables; faites valoir ces promesses, montrez à Dieu son Fils, par ce moyen vous serez rendu partid' pant de la nature divine, mais fuyez la corruption ^ règne dans le monde par la convoitise.

Pendant les joars qu'il rechercha rÉtemel» Dieu le fit prospère! (S Chron. xxvi, K.)

Il est ici question du roi Hozias. Rien n'est aussi sot vent recommandé dans l'Écriture que dô chercher Vh kernel; toute prospérité déçeuàd^Xk, CKeTcKe^rÉCern'

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pendant qu*il se trouve; invoquez-le tandis qu'il est prêt. Recherchez V Éternel et sa force; cherchez continuellement sa face. Approchez-vous de Dieu et il s'approchera de vous. Nos plus mauvais jours sont ceux où nous ne nous approchons point de Dieu. En revanche, quand nous nous sommes vraiment approchés de lui, quand nous Tavons sérieusement cherché, nous pouvons dire : J*ai cherché V Éternel et il m'a répondu^ il via délivré de toutes mes frayeurs. Que le cœur de ceux qui cherchent VÉternel se réjouisse. Votre cœur vivra, à vous qui cherchez Dieu. Mais jamais nous ne chercherions TÉternel, s'il ne commençait par nous chercher lui-même. Ce n'est pas nous qui l'avons choisi, c'est lui pi nous a choisis. Je t'ai appelé par ton nom, et je (ai désigné, bien que tu ne me connusses point. Ayons la conviction que le Seigneur nous cherche, et nous le chercherons. Croyons à notre appel, à notre élection en iéms'Christ avant la fondation du monde, et nous sentirons une merveilleuse ardeur de rechercher VÉternel noire Dieu pour prospérer. Croyons que nous sommes diraés, et nous aimerons celui qui est connu de Dieu et recherche Dieu. L'aiguille cherche l'aimant, et l'enfant cherche sa mère; l'un a été créé pour l'autre, et la vie et la prospérité ne commencent qu'avec le besoin de ^^chercher l'Éternel, de se donner à lui et de demeurer enlui. C'est dans cette recherche que sont renfermées toutes les autres; c'est celle aussi qui les sanctifie

t^O 13 haï. [axxff]

Il les mena ensuite hors de la ville, jusqu'à Béthanie; puis élevant ses mains, il les bénit. Et il arriva, comme il les bénissait, qo'il se sépara d'avec eux, et fui élevé au ciel. (Luc xxiT, 50, Si]

L'ascension de Jésiis-Christ mil la dernière pierre à l'édifice de potre salut. Le Sauveur monta au ciel d'oi il était venu; son histoire ne pouvait finir autrement. S'il eût disparu subitement après sa résurrection, l'Église eût été dans la crainte ou dans le vague sur la réalité de la résurrection de son chef. L'ascension confirme d'une manière permanente le triomphe du Seigneursur la mort et le sépulcre. Nous savons désormais où cher* cher celui qui nous a aimés. Son œuvre ici-bas est fini^ il peut la faire valoir devant son Père. C'est comme l'héritier de toutes choses et le dispensateur des biens celestes qu'il est désormais assis à la droite du Père, dans l'intérêt de l'Église. Les mains qu'il avait étendues sur les disciples en les quittant, sont encore étendues sur nous. C'est la bénédiction sous laquelle nous vivons et sous laquelle nous combattons, jusqu'au moment de notre propre glorification. Une âme quia l'assurance qu'elle est à Christ, et que Christ a commencé son œuvre en elle, est une âme gardée par la puissance de son Rédempteur. Où est le chef, là sontaussi, en espérance, les membres ; leur place est dans la maison du Pirtf leur ascension est accomplie d'avance dans celle de lefli' avant-coureur. H est impossible que nos ennemis actuels nous arrachent des mains de Celui qui est au ciel. Nouî possédons notre héritage pat \a lo\, iiou^ ^xi ^vons I^*

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arrhes dans V Esprit d'adoption, et nous l'aurons d'une manière complète quand, aujourd'hui ou demain, nous monterons du désert appuyés sur le bras de nôtre bienaimé,

Je ne voas laisserai point orphelins, je viendrai à vous. (Jean xiv, 18.)

La vie humaine, sans Jésus-Christ, est celle d'un orphelin. Cela est vrai dans le sens le plus étendu du mot. Nos biens, notre santé, nos affections domestiques, tout nous quitte, et plus nous avançons en âge, plus les rangs s'éclaircissent. Il y a même des hommes qui, au milieu de leurs biens, de leur prospérité matérielle et de leurs nombreuses relations sont seuls et éloignés du vrai bonheur. 11 y a plus de ces orphelins que nous ne l'imaginons, et si nous regardons à l'Église de Christ, isoû abandon au milieu du monde et dans des siècles de luttes et de persécutions, nous verrons encore mieux ce que nous sommes sans le Seigneur. Mais toute pauvre 4me vit de la promesse : Je ne vous laisserai point orfhslin, je viendrai à vous. Christ est vivant^ et depuis qu'il est monté au ciel sous une forme visible, il peut retenir à nous dans sa puissance invisible, par l'efficace de son Saint-Esprit. C'est de cette vie intime qu'il remplit nos vides, nos heures d'isolement et ce cœur qui est détaché forcément des choses de ce monde, s'il ne veut pas s'en détacher volontairement. C'est dans l'intérêt des orphelins que Jésus-Christ est monté au ciel. Nous ayons désormais un ami, un compagnon àe rou.V<è^ uw %\và&

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et un protecteur qui se lient h nos côlés, et qui sera élc^ nellement en nous. Ce que Jésus-Christ est pour le plus abandonné des pécheurs, il Test pour toute son Église. Il viendra à elle, quand elle sera seule à combattre et que toufes les vagues et les dois la couvriront. Ne crains point, petit troupeau, car il a plu au Père de te donner le royaume. Nous sommes pressés^ dil sainl Paul, de touUs les manières^ mais nous ne sommes pas réduits à f extrémité; nous sommes en perplexité, mais nous ne sommes pas sans espérance; nous sommes persécutés^ mais nous ne sommes pas abandonnés; nms sommes abattus y mais nous ne sommes pas entièrement perdus; nous portons toujours, partout, dans notre corps, te mort du Seigneur Jésus, afin que la vie de Jésus soi^ aussi manifestée dans notre corps.

Tu es monté en hnnt, (u as mené cnpiif^ les prisonniers, tu appris des (Ions pour le< distribner entre les hommes, et même entre les rebelle:*. (Ps. Lxviir, 18.)

L'ascension de Jésus-Christ fut un triomphe complet sur lous nos ennemis 11 les a emmenés captifs; il a brisé leurs forces et leur a enlevé leur armure. Si donc éU«nt ressuscites avec lui, nous sommes aussi montés avec lui : si nous avons mis le trésor de nos cœurs là où il est assis, nous n*avons plus rien h craindre ; notre triomphe sera aussi complet que celui du Fils de Dieu. Jésus- Christ est notre représentant, et la gloire de son ascefl' sion est celle que Dieu nous a gratuitement accordée ^ son Fils bien-aimé. Le Sauveur auraitpu, le même jour élever avec lui son Église àatvs\aL ^ovc^^ \si^Ss\Ve^

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monlé au ciel pour nous préparer le lieu. Après s'en être allé, après nous avoir préparé le lieu, il reviendra et nous prendra avec lui, afin que là où il sera nous y soyons aussi. En attendant, il a pris des dons pour les dtslribuer aux hommes, et même aux rebelles. Ce sont les dons du Sainl-Kspril, ceux qui ouvrent rinlelligenee, qui fléchissent la volonl(^, qui amènent captives les pensées et font entrer nos pas dans le chemin de la paix. Cesgrâces sont m^rae faites aux rebelles. Il y a quelque chose de plus fort que nos résistances, ce sont les puissances du siècle avenir. Jésus-Christ triomphant de nos ennemis, est entouré de ces puissances, il les répand à pleines mains ^ libéralement et sans rien reproclier. Monirez vos chaînes, et il les fera tomber. Saul do Tarse devient un apôtre, ce n'est pas le seul ennemi qui soit deveim un ami ; mais il n*a point regimbé contre Vaijuillon. Rendons-nous comme lui si nous voulons recevoir comme lui les c/ow« nécessaires pour persévérer jusqu'à la On. *

Encore im peu de temps, et le inonde ne me verra plus, mais vous me verrez: parce que je \is, vous vivrez aussi. [Jean xiv, 19.)

Le monde vit de ce qui est visible, le chrétien de ce qui est invisible. Jésus-Christ a disparu aux yeux du monde, mais depuis qu'il est abseni, sa face n'a cessé de briller sur les siens 11 avait dit h Marie-Magdeleine : Ne Retouche point, car je ne suis pas encore monté vers ^on Père ; désormais nous pouvons le toucher, car il est ^ntivers son Père. Vous me verrez^ aNsÀXAV à[\W^^:§*

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(liiiri|)l(*!«. Commont Tont-ils vu? Dans la puissanceii n»Ur vie qui ne doit poiril finir. Un ami da Sauveur (loiitoniit pliiUM do la lumière dj soleil que de la prértiMHM* (lo HOU inatiro. Examinez-vous votis-mimes, dit H/iitit Paul aux (lorinlhions; ne reconnaissez-fwmpa» voun-m^mrs que Ji^sus-Christ est en vous? Parce qu'il vit, uoiîn vivrons aussi. La vie se répand du chef dans l(*fi nu'nihros. Il y a un chemin nouveau qui mène à «'.nlld vio. I/asccnsion de Jôsus-Chrisl et son entrée dans la giniro nous inrtionton communicationorfc/apl^mhêih (1rs dons de Dieu. Il nous a donné la gloire que h Phe lui a donnée, vi son désir est que là oà t7 est, ceux que h Pt^rr lui a donnés y soient aussi avec lui. Défendez h un rlu'élirn. pour un jour seulement, tout rapport avMf Jésus -Obrist, c\\sl lui fermer la source de la vie. Quand il nous arrivo, au milieu de la multiplicité des alfain'sdo V{\ monde, de n*avoir pu trouver un moment pour va(|U(T h la prière, no sentons-nous pas le besoin d(< nous trouver soûls avec le Seigneur ; notre âme n'estellc^ pas altérée des eaux vives? Aurions-nous ce besoin, s*il n'y avait rien qui y répondît?- Et quand la prièrfr nous soulage et nous place comme dans un lieu de rafrakliissement , n'est- ce pas comme si le Sauveur nous disait personnellement : Parce que je vis^ vous vivrez ?

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si nous avons connu Christ selon la chair, nous ne le connaissons plusdo coue inanièro. (â Cor, v, 16.)

Saint Paul avait- il connu Christ personnellement /n'âiJl son ascension'^ On pourmlY^ ç,tovc^ A!^^tè.s cette

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parole adressée aux Corinthiens. Mais connaître Christ selon la chair ^ r/est aussi connaître Christ avec des jeux charnels, se méprendre à son sujet, le connaître m^letdans Tétai naturel. C'est ainsi que la plupart de SOS contemporains Tavaient connu. Une connaissance extérieure nVst pas la connaissance qui sauve ; celle-ci vient de la puissance de Dieu pour sauver tous ceux qui croient. Si Jésus-Christ nous a retiré sa présence corporelle, c'est que la chair ne sert de rien, cest V Esprit qui vivifie. Nous aurions fait du corps de Jésus-Christ une idole; nous aurions fait des pèlerinages pour chercher au loin ce que nous pouvons trouver aujourd'hui fout près. L'ascension du Seigneur nous a tous mis à égale distance de lui. Il nous assure (\\ïil est avec nous tous les jours jusquà la fin du mondCj et si nous le cherchons soigneusement, nous pouvons comme le toucher de la main et le trouver, car il nest pas loin de chacun de nous. Il ne faut que nous mettre dans la situation d'un pauvre pécheur, pour avoir Jésus-Christ à nos côtés. Ouvrons les yeux suc notre état de chute, et tiuand nous en aurons assez souffert, nous saurons que le Fils de Dieu est venu et quil nous a donné rintelli^ gence pour connaître le vrai Dieu ; nous serons en ce vrai Dieu par son Fils Jésus-Christ. C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle.

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faites h vos pieds un chemin droit, afm que ce qui cloche ne se d^oie pas tout à fait, mais que plutôt il se rétablisse. (Hébr. xii, i3.)

Vne chose qu'on néglige malheureusemexi\\.t^^> ^ ^'s^

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la repenlance journalière. A côté de ceux qui n*ont jamais rien à se reprocher et de ceux qui ont été fortement frappés dans leur conscience, à Theure du réveil, se trouve la classe nombreuse de ceux qui s'habituent à certains défauts et qui, pour être infldèles dans les petites choses, craignent de grandir dans la connaissance d'eux-mêmes. Ils ont été autrefois touchés de la grâce, mais ils ne se sont pas mis sérieusement sous la discipline du Saint-Esprit, et entre un réveil mal entretenu et la vie simple du monde il n'y a finalement plus guère de différence. Certains chrétiens pourtant se connaissent mieux que nous ne le pensons ; mais ce qui leur manque , c'est la volonté de changer. (Is remplacent la repentance journalière par des lamentations sur leurs misères, et ils finissent par s'habituer à ces lamentations comme à tout le reste. Cet état conduit à une indolence spirituelle où le péché cesse d'être péché, où la conscience est à moitié tuée, et où l'on n'a plus que k ^ réputation de vivre qu4ind en réalité on est mort. Ne soyons pas si tendre pour notre chair ; épluchons mieux notre journée, et cherchons chaque soir quelques bons moments de sérieux examen. Christ est la lumière du monde; il allumera pour nous la vraie chandelle; mais faisons en sorte qu'on ne puisse pas dire de nous : k lumière a lui dans les ténèbres, mais les ténèbres ne Vont point reçue. Si nous la repoussions , notre chemin ne serait point droit; au lieu d'avancer nous clocherions^ et il serait à craindre que ce qui cloche ne se dévoyât tout à fait. Il faut rétablir sans délai ce qui peut devenir une mauvaise pente; travaillons-y par la prière. Si nous sommes sérieux dans la çvvfere, xvows savons sérieux

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dans la ropentance» et toute notre vie chrétienne y

gagnera.

Ta m'environnes, soit que je mnrclie. soit que je m'arrête, et tu as une parfaite connaissance de toutes mes voies. [Ps. cxxxix, 3.]

C'est une vérité bien reconnue que Dieu est partout, pourquoi donc le sentiment de la présence de Dieu nous domine-t-il si peu? Ce qui nous domine naturellement, c'est la vanité ou Tincrédulité. Les impressions divines de la présence de Dieu ne nous viennent qu'avec le réveil de Tâme , et même il faut vivre bien longtemps dans la vérité avant de pouvoir dire : Tu m* environnes ^ soit que je marche, soit que je m'arrête. La domination du monde visible pèse encore sur tant de christianismes! David, dans sa vie si remplie d'adversités, avait fini par trouver Dieu partout. Il se sentait continuellement en sa présence. La. vie devient tout autre chose quand ja présence du Seigneur la domine. Puisque nous n'avons personne d'autre que lui dans le ciely ne prenons plaisir sur la terre qu'en lui. C'est par nos besoins spirituels, par nos misères, même que la proximité de Dieu nous devient sensible et vivante. C'est dftj<\ un bien grand bonheur de savoir que Dieu prend intérêt à toutes nos positions; qu'i7 a une parfaite connaissance de toutes nos voies; mais qu'il est doux surtout de le sentir à ses côtés dans ces moments où le pédié semble revivre, où Ton en est presque surmonté et où les forces naturelles ne suffisewV. \iV>\s ^qv« V^ raiacrel Alors, plus que jamais, \\ tawX c^tvivc^ q^^\^

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Seigneur nous environne, et que quelque désespéré que , soil noire état, quelque obstinée que soit notre nature déchue, nous sommes gardés à vue d'œil, un bras toutpuissant est étendu sur nous. Les humiliations par lesquelles nous passerons alors, donneront une nouvelle vie à notre foi et seront un nouveau lien entre notre Ame et le Dieu invisible qui est plus près de nous que toutes les choses visibles.

Aimez «vous réciproquement d'une aflectioD tendre et fraterneUe; prévenez-vous les uns les autres par liouneur. (Rom. xu, 10.)

Il y a entre gens du monde une manière de vivre cérémonielle qui n'est point de l'affection , mais une convention mutuelle de ne pas exiger autre chose que des paroles affectueuses, et de ne point être obligé non plus de donner davantage. Entre chrétiens, les relations qui ont le caractère tendre et fraternel de raffection, sont même une chose bien rare. Quand une relation chrétienne se prolonge, elle se refroidit facilement si elle n'est pas soigneusement entretenue par la prière et par de nouvelles mesures de l'amour de Dieu. Il peut se passer entre frères tant de choses propres à diminuer la sincérité de l'affection et à ôter aux rapports mutuels ce qu'ils avaient de tendre et de fraternel. Cela arrive surtout quand on se voit fréquemment et de très-près, quand on a des affaires d'intérêt à traiter ensemble; la susceptibilité, l'esprit de prétention et les passions 'du cœur peuvent alors diviser deux amis chrétiens, comme y/s divisent les amis mondains. La s^\Aa mwil^t^ de

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vivre bien ensemble et de conserver à l'affection fraternelle sa fraîcheur et sa tendresse, c'est de s assujettir Wn h Vautre dans la crainte de Dieu, de se prévenir lun loutre j non à la façon du monde, mais en se regardant mutuellement comme des rachetés du Seigneur, et qui, à ce tkre, ont droit à Tamour, au support et à la condescendance.

Celui qui m'écoutera, habitera en sûreté, et sera tranquille, sans être effrayé d'aucun mal. (Prov. i, 33.)

C'est ta souveraine sagesse^ celle qui crie hautement du dehors et qui fait retentir sa voix dans les rues, qui parle ainsi. Elle a pour principe la crainte de rÊternel. Uou elle clirige la vie, elle fait habiter en sûreté ei elle rend tranquille dans les positions où d'autres sont ^Ifrayés de toutes sortes de maux. Le calme chrétien est bien autrement profond que le calme philosophique. Il y a entre ces deux étals la même différence qu'entre la sagesse du monde et la sagesse de Dieu. La première ^n/Ze, la seconde fait marcher dans Vhumilité avec le ligueur. Si nous "écoulons les sages de ce monde, nous n^habiterons point en sûreté; nous flotterons entre la vérité et l'erreur, entre la conflance et l'inquiétude, caries systèmes et les vues diverses sont innombrables. Si nous écoutons la: sagesse de Dieu, en conformant notre vie à sa Parole et aux directions de son Esprit, nous aurons une lampe à nos pieds, une haute retrait dans les jours difBciles, une tranquillité d^ ccawc Qj\vvi^ ^oas sera poiiH ôtée; car si Dieu est çcyuar 'aow^^^

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sera contre nous? La crainte de V Étemel sera notre trésor; notre oreille restera ouverte à la sagesse^ et nous inclinerons notre cœur à V intelligence. C'est la seule vie heureuse. Après cela, soyez connu ou inconnu, n'importe; V Éternel connaît la voie des justes. Sa connaissance communique la sagesse, la -sagesse est la vie, elle en a les promesses pour le temps présent et pour rélernité.

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean m, i6.)

L'homme aime ce qui est piquant, ce qui est original. Ce qui n'est plus neuf est promptement mis au rebut ; et en politique comme en littérature, nous voyons sans cesse l'un monter sur les épaules des autres. Les noms les plus illustres ne seront plus demain que des étoiles tombées. L'Évangile seul ne vieillit point. On ne se blase point d'être heureux, et l'Évangile donne le bonheur. Dieu a tout réuni en son Fils, tant ce qui est dans les deux, que ce qui est sur la terre. Il y a dans ce monde déchu un amour qui est éternellement jeune et qui étonne tous les jours davantage. Dieu s'est donné à. connaître par un acte d'amour. Il a offert en sacriûce pour ses ennemis sa propre personne dans celle de son Fils. C'est cet amour qui nous rend la paix, qui nous renouvelle dans notre nature intime et qui nous ouvre une éternité de gloire. Il ne s'agit que de le recevoir, et le recevoir, c'est ce que TÉcrilure appelle : Croire sous /â croix, c'est i'unique moyen de ne çowi çètw^^'^^v.

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êlre scellé pour la vie éternelle. Mais croire qu'au moment où Ton n'avait plus à attendre que la condamnation, Dieu nous a fait don de la vie, est-ce si facile à admettre, et qui donc est capable d'y ajouter foi? Qui? Le pécheur. Lui seul comprend ; les autres entendent, lui seul reçoit. Il reçoit comme une vie. et comme une vie étemelle, te témoignage que Dieu nous a donné la t)te, et qu'il a mis cette vie en son Fils. En vieillissant le croyant lui-même se blase sur bien deschoses; mais il en est une qui est toujours nouvelle pour lui : c'est l'amour de Dieu. Après cent ans de péchés , cet amour est encore le même ; que dis-je, cent ans? il faut l'éternité pour le sonder. Dieu et son amour, Christ et sa croix, le Saint-Esprit et son Évangile, voilà de quoi nous abaisser dans la poussière, de quoi dilater toute la capacité de notre âme et remplir toute notre éternité.

La colère de l'homme n'accomplit point la justice de Dieu. (Jaq. i, 20.)

Il y a des tempéraments qui prennent feu pour la moindre bagatelle , et ceux-là même qui sont doux comme des agneaux, ont en eux plus de colère qu'ils ne se l'imaginent. Hommes ou femmes, enfants ou vieillards, si on touche leurs côtés faibles, s'emportent et s'entf e-tueraient, si Dieu les laissait faire. Le naturel le plus timide peut Iwtuillonner de rage; s'il ne le fait Pas, c'est que les occasions lui manquent. Mais experts en feintes et en dissimulations comme nous le sommes, nous savons parfaitement cacher nos colfeves ^V tv^^'s. hawâs. Il jr a des baisers de Judas dans xxviÇi lw\^ ô^^

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caresses, un venin d'aspic sous les paroles les plus mielleuses, une aversion profonde sous une foule de démonstrations d'amitié, un monde de colère sous la tranquillité la plus apparente. Qu'est-ce que la colère? C'est ridolâtrie de nous-mêmes qui tout à coup déborde, rompt ses digues, et qui écraserait Dieu» si Dieu ne savait l'écraser. Rien ne rend plus malheureux que la colère! Je parle de la colère à tous les degrés. C'est le péché le plus remuant, une vraie locomotive de Satan, roulant avec elle tout un convoi de maux. Quand tous vous êtes livré à un accès de cette colère qui n*aecom' plit pas la justice de Dieu^ quel effet, je vous prie, vous faites-vous à vous-même, lorsque vous vous voyez assis sur les bancs d'une église, un livre de cantiques à la main, écoutant dévotement un sermon, et passant pour un modèle de sainteté?

QuAnrl il les a fait marcher par les déserts, il D'ont point en soif; il leur a fait couler l'eau du rocher; même il leur a fendu le rocher, et les eaux en sont découlées. (Ésaïe XLViii, 2i.}

Le passage d'Israël par le désert est un type des combats du peuple de Dieu dans un monde plongé dans le mal, et qu'il faut traverser jusqu'au terme. Que serait devenu Israël sans la colonne de nuée et sans la colonne de feu ? Qui lui aurait fendu le rocher^ pour en faire jaillir les eaux? Nous voyons que toute notre force est dans l'attachement à notre guide. Ce monde est un désert, il ne nous donne pas ce que nous y cherchons : c'est une raison de plus de suivre ce Rédempteur qui veta nous paître et nous faire reposer daïis 4e% «çorti

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herbeux; ceux qui cherchent VÊlernel, n'auront faute iaucun bien. Dans les déserts du monde, il y a bien des rochers, mais il n'y en a point de plus dur que noire propre cœur. Le désespoir du chrétien c'est de ne pouvoir briser son cœur ; si le Seigneur ne fendait ce rocher, les eaux n'en découleraient point. Mais il le fait. Il la fait extérieurement par Moïse, pour le peuple d'Israël; il le fera aussi en nous, par sa grâce, si nous sommes de son peuple^ du troupeau de sa pâture, Jésus- Christ donne le pardon, c'est lui aussi que Dieu a élevé à ta droite, pour être le Prince et le Sauveur, afin de donner la repen tance ^ aussi bien que la rémission des féchés. Réclamons-nous de celle promesse. Bien qu'il nous soit impossible de produire la repenlance dans nos cœurs, lorsque Dieu nous voit soupirer après elle, il fend le rocher au moment où nous nous y attendons lo moins, «i les eaux en découlent. Espérons donc continuellement en notre Dieu. S'il frappe les consciences qui ne demandent point à être frappées, que ne fera-t-il pas pour les cœurs qui souffrent de leur dureté, et qui demandefit à être brisés, pour devenir capables d'aimer et d'être heureux?

La loi de TEsprît de vie qui est en Jésus-Christ m'a affraDchi de la loi du péché et de la mort. (Uom. viii, 2.)

La Pentecôte est la fSte du Saint-Esprit. C'est lui qui nous met en possession de toute l'œuvre de Jésus- Christ. 11 remplace nos efforts humains par une force divine, à laquelle rien ne résiste et qui, de àe%x^ ^\v à^ré, nous rend conformes à limage du Fils deli\e,u.

164 26 MAI. TCXI^]

L'œuvre du Saint-Esprit osl d'abord une œuvre d'ajfronchissement. Notre nature déchue nous a mis sous la loi ou sous la domination du péché, qui est la cduse de la mort. Le bouleversement moral dans lequel nous nous trouvons, vient du mauvais esprit, qui a remplacé l'Esprit de Dieu. C'est l'esprit de la convoitise, l'esprit du monde, l'esprit d'inimitié contre Dieu qui nous tient enchaînés, et qui donne à tous nos rapports avec lui un caractère forcé et servile. C'est de cette servilité intérieure que le Saint-Esprit veut nous affranchir. Le fkhi, par sa domination, est devenu une loù une loi de Satan ; la vie de Jésus-Christ est aussi une loi, mais de liberté et d'amour. C'est le Saint-Esprit qui nous la fait connaître et qui nous fait sentir son influence. La vraie Pentecôte est la fêle d'une transformation d'esprit. Pierre, prêchant aux trois, mille, n'est plus le même homme que celui qui tremblait à la voix d'une servante. II a maintenant le courage de confesser son mattre, il a été affranchi de la crainte humaine ; une autre loi, une autre vie le gouverne. Notre parole n'a de la force que lorsqu'elle est devenue une démonstration d'esprit et de puissance, et nous ne sommes heureux que quand nous avons été affranchis de la loi du péché et de la morty et que la loi de V Esprit de vie qui est en Jésus-Christ est devenue le régulateur de noire propre vie.

Je|m'eD irai, et je reviendrai en mon lieu, jusqu'à ce qu'ils se- 1^ connaissent coupables et qu'ils cherchent ma face. Us me chi^^' cheront (le grand matin dans leur angoisse. (Osée V, i5.}

Le Saint-Esprit est seul caçaVA^ OLa\Va.^w^t wotce m^'

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ture pécheresse. Aucune force humaine ne peut faire qu'un homme se reconnaisse coupable devant Dieu ; le Saint-Esprit seul fait la brèche par laquelle Jésus-Christ Yeat entrer. Quand la conscience est convaincue de péché, elle cherche d'elle-même, il n'est plus besoin de lui dire : Cherche la face de ton Dieu. C'est donc une bonne chose que ce premier trouble que le Saint-Espri} jette dans i'ftme, mais c'est bien mieux encore quand il devient une angoisse. Les premiers mouvements de la repentance peuvent se perdre, si par malheur l'esprit de dissipation reprend le dessus; mais quand un homme cherche son Dieu de grand matin dans un état tangoisse, c'est qu'il est entré en pleine voie de conversion. Il s'aperçoit qu'il a vécu jusqu'alors sans Dieu dans le monde. Ce sentiment de séparation d'avec Dieu, quand c'est le Saint-Esprit qui nous le donne, déchire l'âme et la pousse à chercher à renouer a\ec l'Élornel SCS relations interrompues. Le Saint-Esprit fait donc la pl»ie, mais c'est aussi lui qui la guérit; ;i une bonne repentance, il fait succéder une foi solide en Jésus- Christ, et lllegloriGeen nous commelajusticedupécheur.

La paii sera TefTet de la jastice, et le labonrnge de 1a justice produira le repos et la sûreté à toiijonrs. Et mon peuple lialùlera dans nDe liabitntion pnisible, dans des pavillons de sûreté, et dans on repos fort tranquille. (Ésaïe xxxn, 17, 18.)

La paix est leffet de la justice de Jésus Christ; mais nous ne pouvons nous appliquer celle juslice que par un miracle du Saint-Esprit. La théorie de la juslificalion parla foi, quand elle n'est pas vivifiée car W'àivûX.-'^v

166 28 MAI. [ami

prit, est perdue pour nous. Ce n'est plus qu*uDe page de entéchisme. Le Saint Esprit seul nous rend capables de nous approprier le labourage de la justice de Christ. La croix du Calvaire, où le Fils do Dieu fut labouré et frappé de Dieu, esiun mystère de piété. Le Saint Esprit seul a la clef de ce sanctuaire. Il ne suffit pâs que DOlre esprit le comprenne, il faut que notre cœur le reçoive. L'intelligence que donne le Saint-Esprit est le repos et la sûreté à toujours. Une âme qui n'a pas encore de repos, qui n'a pas encore l'assurance de son pardon, n'a pas encore compris; la vraie Pentecôte est celle qui fait habiter dans une habitation paisible, dans des pavillons de sûreté et dans un repos fort tranquille. C'est cette fermeté qui rend sûr que quand les montagnes ss remueraient et que les coteaux s' ébranleraient ^ il y a une bonté qui ne se retirera point de nous, et une alliancB de paix qui ne sera jamais ébranlée. Rien de si surprenant que l'évidence que donne le Saint-Esprit! La science humaine nous donne des démonstrations, le Saint-Esprit produit en nous un repos et unesûrelià toujours. Lequel des deux vaut le mieux?

Personne ne peat dire que Jésus est le Seigneur, si ce n'est par U Saint-Esprit, (i Cor. xii, 3.)

Dire que Jésus est le Seigneur ^ n'est point difficile; mais le règne de Dieu ne consiste point eh paroles, "^ nous faut des vertus. Le dire du Saint-Esprit est ul^^ force vitale ; quand le Saint-Esprit nous prêche jésu^' Christ, il nous unit à lui et nous transmet l'efficace ^® sa croix et de sa résurreclion. lèswvCSùxVsX Ash^awI to^

[cl] 29 MAI. 167

autre chose, quand ou peut croire en lui par la puis^ sance du Saint'Ksprit La foi nominale ne sert de rien, et c'est de celle-ci que se contonlent la plupart des hommes. Il faut que Dieu dise : Esprit, viens des qiuilre vents, et souffle sur ces morts et qu'ils revivent, Jésus- Christ dit lui-même : Quand V Esprit de vérité sera venu, il vou^ conduira dans toute la vérité^ car il ne parlera point par lui-même^ mais il dira tout ce qu*il dura entendu, et vous annoncera les choses à venir. C'est lui qui me glorifiera, parce quil prendra de ce iuiest à moi, et qu'il vous l annoncera. De quelle manière croyez-vous en Jésus-Christ et que produit habituellement votre foi? Vous unit-elle à Jésus- Christ, vous transforme-t-elle en son image, vous communique-t-elle les mêmes sentiments quil a eus, vous apprend-elle à renoncer à vous-même, à porter votre croix et à suivre le Seigneur? Est-ce ainsi que vous croyez? Qu'y a-t-il sous toutes vos paroles, sous toutes vos invocations du nom de Christ, sous toutes vos pratiques religieuses? Est-ce le vrai Jésus-Christ, celui qui est la puissance et la sagesse de Dieu ? Y a-t-il en vous ' une puissance nouvelle, une sagesse nouvelle, et ce principe intérieur renouvelle-t-il votre conduite? Personne ne peut dire que Jésus est le Seigneur, si ce n'est far le Saint-Esprit.

•^e prierai mon Père, qui vous donnera un autre Consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous. (Jean xiv, i6.)

Le Saint-Esprit est un agentpetsonxiç^'/Axv^'^X^^'^

^® 29 MAT. [a]

sealement ane force infuse. Peut-on dire d'une force qu'elle soit un consolateur? L Écriture attribue an Saint-Esprit toutes les qualités qu elle attribue au Père et au Fils, et le nom spécial du Sfiint-Esprit, c'est celui de Consolateur. Le monde nous console en essuTaot DOS larmes; le Saint-Esprit peut nous consoler en nous laissant dans les larmes. Les consolés du Sainl-Esprit sont des affligés qui sont toujours dans la joie. Uo affligé du Saint-Esprit n*est point un affligé du ouMide, cl ce n'est que ceux qu'il afflige lui-mf^me que le Saint- Esprit console. Ce sont los âmes sans paix. Les affligés du monde ce sont les rictimes du monde et qui continuent à Taimer. De telles âmes ne sont pas à consoler. Elles s'enfoncent dans le souvenir de leurs pertes, el pins elles s*j enfoncent, moins elles en sortent. Elles peuvent s'oublier, se distraire un instant, car les grandes tristesses mêmes ne tourmentent pas toujours à un égal degré, mais les affligés du monde n'ont pas de Consolateur qui demeure élemellement avec eux. Comment le Saint-Esprit console-t-il les siens? C'est ea * leur confirmant la possession d'un bien permanent. Qui a Jésus-Christ par le Saint-Esprit, a tout; quia tout, hormis Jésus-Christ, par le Saint-Esprit, n'a rien. Tous nos biens sont dans un bien unique, et le Saint- Esprit nous met en communication avec ce bien, et h glorifie en nous comme la bonne part qui ne nous sera point ôlée. Do celte manière nos pertes deviennent un gain ; les biens périssciblrs font place à des biens impérissables, des nffllclions légircs approchent de nous ï* poids éternel d'une gloire infiniment excellente, ^^ mis disposent à ne plus reg-dvd^v aux cKoses msifr^ '^

[CLi] 30 MAI. 169

qui ne sont que four un temps ^ mais aux invisibles qui sont étemelles.

ChflRun sera salé de fea, et toute oblation sera salée de sel. (Marc ix

Le Saînl-Espril attaque loul ce qui est insipide, les paroles déshonné tes. les bouffonneries, les plaisanteries, les choses ma/^^anto; il al laque aussi ce qui cloche, ce gui s* en va mourir: cVsl qu'il osl unseL II allaque surtout ce christianisme sans esprit et sans vérité, qui, par de Mies formes, essaie de couvrir un pauvre fonds ; le Saint-Esprit veut de la vie, et non pas des apparences. Le même Esprit est aussi un feu, un feu qui tombe du ciel et qui embrase noire cœur froid, pour le rendre fervent d'esprit et pour lui donner la vraie prière. CVst lui qui produit ces soupirs ineffables, lorsque nous ne savons ni comment il faut prier, ni ce quil faut demander pour prier comme il faut. Quand noire esprit est dans un calme plat, il produit dans fâme des mouvements de vie, il verse de l'huile dans nos lampes, de l'encens sur notre brasier. Avez-vous dé'ih été bap-- ^isé de feu et d'-esprit ? Dieu nous jette souvent dans le fcude répreuve, pour faire sortir de celte fournaise le Vrai feu de la prière. Mais le feu de la prière nous est Nécessaire pour tout, comme le sel est nécessaire à tout aliment. Tout chrétien est un homme salé de feu, une ablation salée. Le Saint-Esprit ranime ceux qui se relâchent et qui s'endorment; il veut que nous n'ayons ^i tache, ni ride, ni rien de semblable^ mais o^ji^ v^w^a^ ^j^ons saints et irrépréhensibles. Sv now^ ^Q>SS^û\v%

170 31 MAI. [an]

nous arrêter en deçà de cette ligne, il ne nous laisserait point tranquille et, par son travail, il s'efforcerait de nous dépouiller de notre conduite précédente, de ce vieil homme qui se corrompt par les convoitises qui séduisent ; il nous renouvellerait foncièrement pour rétablir en nous Tirnage pure et intacte de Dieu. Soumettons-nous à cette discipline, et nous serons 5a/â de feu; toutes nos oblations seront salées.

^ N'attristez point le Saint-Esprit. (Éphés. ïv, 30.)

On peut attrister le Saint-Esprit^ on peut même éteindre l Esprit. Les vierges folles laissèrent éteindre leurs lampes; il est dit de Saùl que l'Esprit de Dieu se relira de lui, et David, connaissant la valeur de cet Esprit, s'écrie : Ne vfiôte pas l Esprit de ta sainteté! On attriste le Saint-Esprit en refoulant les bons mouvements qu'il produit. Ne retenez point la vérité captivSy si elle arrive h vous comme la vérité. Nous savons souvent très-bien ce que Dieu nous demande, ce que nous avons à faire dans tel cas ou envers telle personne, mais nous comprimons ces voix qui nous conseillent, et c'est ce mauvais vouloir du cœur qui ôte aux avertissements de l'Esprit leur autorité ; ces voix s'affaiblissent et bientôt elles ne parleront plus. Voilà l'histoire des consciences mortes ou à moitié étouffées. Ces manœuvres de la mauvaise volonté vont plus loin encore. D'abord on attriste le Saint-Esprit, puis on le falsifie. On se persuade qu'on a eu, en telle occasion, la conscience trop délicate, qu'on a coulé des mouclvcron*^

fcLniJ 1 JUIN. 171

que telle chose étoit bien permise, que telle démarche n'était pas si nécessaire; on invente sophismes sur sophismesy si bien qu'on les substitue aux voix de Dieu. Le ciBur endurci obscurcit de ténèbres l'esprit ollintclligence; on finit par ne plus comprendre, après avoir commenté par ne pas vouloir. Ht voilà la cause de la condamnation : c'est que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieuj: aimé les ténèbres que la lumière^ parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Le Saint-Esprit est le don souverain de Dieu, qui moins que tout autre se laisse changer en dissolution. Il y a une impénitenco finale et un péché irrémissible que préparent les manques de droiture. Laissezvous donc ouvrir V oreille; le Seigneur vous excite à ïattention tous les matins; ne soyez point rebelle, ne vous retirez point en arrière, écoutez V Esprit comme on écoute les maîtres.

Le Seigneur ouvrît le cœur à Lydie, pour faire attention aux choses que Paul disait. (Actes xvi, 14.)

L'homme naturel ne comprend point les choses qui foni de r Esprit de Dieu, car elles lui paraissent une folie, eiil ne les peut entendre, parce que c' est sçxrxV.ud-

172 2 JDIN. . fCLH

lement quon en juge. Il faut que rhomme reçoive u nouvel organe pour que la Parole de Dieu devienn vivante et efficace en lui. Le Seigneur crée cet organ en nous par la vertu du Saint-Esprit. // ouvrit le cœu à Lydie, comme il ouvrit V esprit aiuc disciples, pourleu faire entendre les Écritures. C'est une des merveille de la grâce que de faire prendre racine à la Parole sain! dans une âme qu'elle transforme eu un arbre, plani près des ruisseaux d^eaux courantes^ qui rend son fru en sa saison et dont le feuillage ne se flétrit jamaié Un christianisme qui n'a pas sa racine dans la Paroi sainte, est bien vaporeux. Mais il ne suffit pas de lir ou de citer la Parole de Dieu, il faut de plus être attir vers les choses qu'elle contient. C'est encore la fonctio du Sainl-Esprit de rendre témoignage à la Parole, e nous donnant conscience qu'il y a en nous quelqu choso qui répond à ce qu'elle enseigne. La vie et la fore qu'on puise chaque jour dans ces Écritures qui rendei témoignage à Jésus et par lesquelles nous espéron avoir la vie éternelle, deviennent en nous une évidenc plus convaincante de leur divinité, que la discussion di pour et du contre des preuves qui établissent leur inspi ration.

Je répnndrni des eoux sur celui qui est altéré, et des rivières sur 1 terre sèche; je répandrai mon Esprit sur ta postérité, et ma béné diction sur ceux qui sortiront de loi. (Ésaïe XLiv, 3.)

Le Saint-Esprit crée les besoins religieux et les nom rit aussi. De même qu'avant d'arroser la terre, Diei /âji souvent sarvenk une sécheresse; de même aussi

[cLv] . 3 JUIN. -173

avant de nous rafraîchir spiritaellement, il nous fait souvent longtemps languir. Cette soif de vie est aussi une des opérations du Saint-Esprit. C'est par elle qu'il prépare le terrain à recevoir ses forces et ses consolations. Celui qui est rassasié, foule aux pieds les rayons de miel; mais celui qui a faim^ trouve doux même ce ' qui est amer. Trop de douceurs spirituelles rendent friand. Le Seigneur, pour mieux nous faire apprécier ce qui vient de lui, nous change souvent en une terre sèche et altérée^ puis il répand, ensuite dej eaux sur nos ossements desséchés. Il y a des Pentecôtes pour le cabinet comme il y en a pour l'Église. Ne perdons donc pas confiance quand nous nous trouvons bien bas et bien sec. Attendons que les canaux des deux se rouvrent, que Dieu arrose ses sillons et amollisse sa terre par la pluie menue. Appuyons-nous sur cette promesse : Je leur communiquerai de mon Esprit en abondance, et je leur ferai comprendre mes paroles Ils y seront allés en pleurant, mais je les ferai revenir par ma misérieorde, et je les conduirai aux torrents des eaïujc, et par endroit chemin, auquel ils ne broncheront point. Celui 9uiafait les promesses est fidèle; attachez- vous à lui et Qon à votre stérilité, et vous vous en trouverez bien.

^*«st ce même Esprit qui rend témoignage à notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu. (Rom. viii, 16.)

Un enfant n'a pas l'idée de demander des preuves ^iie son père est son père. Le lien qui e:^\^\.^ ^wVx^ 's^ws. X^ère et lai est la meilleure preuve qu'iVs s' 9.^^^t>Àfc\\\sK^

174 3 JUIN. [ar]

Tun h Tautro. Il en est de même de ceux qui sont nés de Dieu. Ils ont dons TEsprit filial qu'ils ont reçu un témoignage intérieur de leur adoption. Le Saint-Esprit se prouve par lui-môme, comme le soleil se proure par sa clarté et par sa chaleur. Cela n'empêche pas qu'il n*y ait des chrétiens qui doutent do leur adoption, et qui prétenlcnl n'avoir point le témoignage intérieur qu'ils sont nés de Dieu. Que ceux qui ont cette crainte vérifient d'une autre manière la réalité de leur adoption, car il en existe plus d'une preuve. Ilaîssez-wms le mal? Ête$-vom humiliés sous la main ioute-puis' santé de Dieu? L'œuvre de Christ existe-t-elle en vous? Votre disposition dominante ëst-elle Vaffection des choses d'en haut? Goûlez-vous la bonne Parole de DieUf et ne semez-vous plus parmi les épines ? Exanainez-vous sur ces quelques points. Celui qui veut connaître Tétat de son Ame et qui serait en doute sur un passage isolé, trouvera dans la Parole de Dieu mille indications propres h l'éclairer. Remarquez qu'il n'est pas dit que le témoignage que le Saint-Esprit rend à notre esprit, soit une illumination mystique. L'Esprit de Dieu se rend sensible par ses efl'els. Y a-t-il en vous un commencement de charité, de paix, de patience, de douceur, de bonté, de fidélité, de bénignité^ de tempérance? Avez-vous le besoin de croître? Le Saint-Esprit vous aidera à discerner toutes ces choses; car, quoique ce soit toujours le niêmc Esprit et toujours le même témoignage, il Texprirae de bien des manières et sous plus d'une forme.

[cLnJ 4 JUIN. 175

Vo(Hn*ètes point dans la chAÎr. mni^^ vou<; èles dnns l'esprit, s'il est vrai que l'Esprit de Dieu habile en vous: mais si quelqu'un n'a point I bsprit de Christ, il n'est point à lui. (llom. viii, 9.)

Qui est-ce qui est dans la chair et qui est-ce qui est dans l'esprit? La ch»nir n'est pas toujours \a sensualité grossière, la chair peut aussi se spirilualisor. Saint Paul, parmi les désirs de la chair, nomme les inimitiés^ h querelles, les jalousies, les animosilés, les disputes, Ifs divisions. La chair, c'est l'état g(^néral do notre nalupe déchue. Voulons -nous savoir si nous sommes dans la ctiair? Suivons en silence la propension de notre nature, les premiers mouvements de notre cœur, la direction habituelle de notre volonté. Si tout cela nous éloigne de Dieu au lieu de tendre vers lui, si Taclion des choses terrestres est plus forte en nous que celle des choses divines, si le centre de notre existence est notre moi et que ce ne soit point Celui qui nous a aimés, si nous n'avons nul regret de vivre ainsi, nous sommes dans la chair, et il n'est pas vrai que V Esprit de Dieu habite en nous. Vouîons-nous savoir au contraire si nous sommes dans Vesprit et si nous appartenons h Christ? Ecoutons les nombreuses voix qui nous parlent : en distinguons-nous une qui domine les autres et qui a plus de poids pour nous que toutes les autres? Parmi les intérêts nombreux qui partagent notre vie, y a-t-il un intérêt suprême, un élément céleste qui ait pris racine en nous? Jésus-Christ est-il autre chose çoiir D0U5 qu'un nom? Habile-t-il dans noire cœur «çor \a

176 5 JUIN [CLVIl]

foi, a-t-il ébranlé nos mauvais principes, esl-il devenu noire chemin ^ noire vérité, noire vie? S'il en esl ainsi, il y a du nouveau en nous. Suivons TEspril qui est venu à notre secours, cherchons-le dans la Parole sainte. D'un homme charnel, il fera un héritier du ciel; car ce que Dieu commence, il le continue, et ce -qu'il continue, il l'achèvera glorieusement.

Diea ne nous a point donné un esprit de timidité, mais il nous a donné un esprit de force, de charité et de prudence. (2 Tim. l, 7.)

Nous serions infiniment plus forts, plus joyeux et plus sages, si nous connaissions mieux ce que Dieu nous a donné, et quelle est la valeur du bon dépôt qu habile en nous par le Saint-Esprit. Nous possédon! déjà souvent ce que nous demandons à Dieu de nou accorder, il ne s'agirait que d'en faire usage. Nou sommes bien plus riches que nous ne nous l'imaginons je parle, il va sans dire, de ceux en qui le Saint-Esprit commencé son œuvre. Si nous sommes le (èmple d Dieu vivant, si Dieu est en nous, toutes les verti divines sont aussi et par cela même en nous. La foi 1( saisit; en croyant on les possède. Êtes-vous faible, p^ exemple, croyez qu'il y a en vous le dépôt d'une fon qui renverse les forteresses; seulement ne soyez poii timide, revêtez-vous des armes do Dieu, et vous ser plus que vainqueur. Manquez-vous de charité? Voi en avez plus que vous ne pensez; utilisez d'abord cel que Christ a mise en vous. Ne dites pas : Qu'est-ce q\ ce}aj)oitr tant de gens ? Aimez comme vous le pouv

[CLTm] 6 JUIN. 177

actupllement, et vous «imerez biontôl dnvantnge. Êtesvous diins une perplexité d'espril? vous avez plus do frudence que vous, ne pensez : celui qui craint Dieu sort de tout. Vous avez la lumiire du monde, elle vom rendra intelligent en toutes choses, elle vous enseignera k chemin par lequel vous aurez à marcher; son œil vous guidera. 11 y a tant de christinnisines larmoyants qui ' seraient tout autre chose s'ils s'appS^ient sur ce que Dieu nous a donné. Mais au lieu de recourir avec reconnaissance à ce qu on a déjà, on s'approche de Dieu en hésitant. Me donnera-t-il ou ne me donnera-t-il pas? voilà le fond de la plupart de vos prières. Priez autrement. Soyez sûr que Dieu qui vous a donné son FilSf vous a aussi donné toutes les autres choses avec lui. Demandez seulement à Dieu de vous montrer le coin où vous devez prendre ce qu il a déposé en vous. Sachez à qui vous croyez, et soyez persuadé qu'il a la fuissance de garder votre dépôt jusqu au grand jour.

ODieuI crée en moi un cœur net, el renouvelle nn rieilans de moi un e<prit droit. Ne me rejette pa«« de de\niit la face} et ue oi'ôte pas l'Esprit de la sainteté, ^rs. Li, 10, 11.)

Cest du cœur que procèdent les sources de la vie ; si le cœur est malheureux, toute la vie l'est aussi. Le péché est la cause cachée, la seule cause de toutes nos infortunes. Ah! si seulement on voulait se Tavouerl Mais, comme David, on manque d'un esprit droit. Il se sentait misérable de toutes manières, mais son impénitence était plus grande encore que ses lourttt^ivVs A^ ^c>vv-

lis 6 JUIN. [CLTlll

science. Il faut souvent bien du temps pour briser ui cœur. On chemine avec un péché habituel, personne ni s'en doute, nul ne le devine, et Von refuse de se jugei soi-même. L'orgueil du cœur l'emporte sur tous let averlissemenls de Dieu. Nos jours les plus malheureuî sont ceux où nous gardons en nous un interdit. Dieu, dans ces moments d'endurcissement, pourrait nous rejeter loin de sa face et nous ôler V Esprit de sa sainteté. S'il ne le fait pas, c'est afin de nous convier à la repentance par les richesses de sa bonté, de sa patience et de son long support. N'est-ce pas une folie de vivre ainsi sous le joug du péché? Ah I plutôt, jetons ce cri que Dieu allend : Dieu! crée en moi un ccmr net, et renouvelle au dedans de moi un esprit droit. Le pardon et la paix reviendront bientôt visiter l'âme où ce désir est prononcé. Mais souvenons-nous que c'est Dieu qui crée le cœur net. De toutes ses créations, c'est la plus merveilleuse. Changer un pécheur endurci, l'amènera se rendre, tourner ce mauvais esprit, qui ne faisait que se corrompre, vers la vérité , vers l'humilité et l'amour, c'est bien là le travail d'un Dieu ; aucun effort humain ne le pourrait produire. Puis donc que Dieu donne la repentance à quiconque la demande, faites de cette demande votre prière capitale ; sentez que c'est là ce qui vous manque le plus, que tous vos enfers de conscience viennent de votre endurcissement, et le miracle de la création d'un cœur nouveau s'accomplira en vous.

fcuxj 7 JUIN. 179

Mes bieo-aimés, ne croyez pas à tout esprit, idaIs ëpronvcz les esprits, pour savoir s'ils viennent de Dieu. [1 Jean IV, 1.)

Ne VOUS fiez pas aux dispositions du moment » h cet esprit qui vous presse souvent de faire ou de dire quelque chose avec précipitation ; un esprit hâtif ou passionné est rarement un bon esprit. Nos dispositions changent si vite ! une lettre que nous avons écrite le soir, ne nous platt plus quand nous la relisons au matin. C*est un exemple entre mille qui montre que nous ne pouvons pas nous fier à Tcspril du moment. Que faut-il donc faire? Éprouver les esprits, dit saint Jean. Mais comment? En faisant tout avec prière. Notre disposition actuelle se soutient-elle devant Dieu? le Seigneur peut-il faire cause commune avec nous ? Cette épreuve tranche bien des questions. Mais voici un second critère. Voudrions-nous, quand nous serons sur notre lit de mort, avoir agi comme nous sommes sur le point d'agir? Mettons notre esprit en rapport avec notre mort et avec notre éternité; c'est le moyen de rectifier bien des jugements, et de nous épargner bien des regrets. Voici enfin un troisième signe. Voudrions-nous qu'on nous fit ce que nous allons faire? Si nous ne craignons pas le réciproque, nous sommes dans l'esprit de charité qui est toujours le bon esprit qui vous conduit dans le droit chemin. Cette vérification de l'esprit qui nous anime est nécessaire dans la vie ordinaire aussi bien que dans la vie religieuse. Il y a eu des prophètes qui parlaient aussi au nom de l'Éternel , et auxqueb l'Éternel

180 8 JUIN. [cix]

n'avait rien commandé. Combien de faux prophètes parlent en nous ! Puisqu'il y a des inspirations terrestrot, sensuelles et diaboliqueSy éprouvons donc les esprits afin de savoir si celui qui nous parle vient de Dieu. La sagesse qui vient d'en haut est premièrement pure, puis paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits; elle n est point difficuUueuse ni dissimulée. Voilà encore de quoi servir à vérifier d'où vient la voix qui nous parle.

Ne devenez point esclaves des hommes. (1 Cor. vu, 23.)

On devient esclave des hommes de trois manières. Premièrement en adoptant leur genre de vie, leur langage, leurs manières de voir, souvent même leur christianisme. En agissant ainsi , on n'est plus vrai, car on n'est plus soi. Soyez ce que vous voudrez, mais soyez d'abord vous; quille à voir ensuite si vous pouvez rester ce que vous êtes. Une seconde manière d'êlre esclave des hommes, c'est de rechercher leur approbation. Ce qui régit le monde , ce n'est point Dieu , ce n'est point sa parole, ce sont les qu'en dira-t on. Voix du peuple, voix de Dieu : c'est d'après ce dicton qu'on vil. Quelque chose qu'on fasse en paroles ou en actions, on ne vise qu'à plaire, on brigue des suffrages faillibles, on court après des couronnes corruptibles , sans se soucier de la vérité de Dieu, seule couronne incorruptible. Enfin, on devient encore esclave des hommes en se désolant quand on ne parvient point à leur plaire. Un poëte qui voji tomber sa pièce , un suballetuçi c\w\ xv^ %^v^ çoliit cap-

[cLn] 9 JUIN. 181

ter la favear de son chef, un philanthrope qui gémit de ne faire que des ingrats , sonl des hommes dont le chagrin nous montre que nous ne devons point devenir esclaves des hommes. Les hommes ne nous donneront rien à notre heure dernière; travaillons donc pour Dieu, vivons pour Dieu. Ne faussons point notre individualité, mais sanctifions-la. 11 n*est pas facile d'entrer dans un habit qui n'est pas fait pour nous, mais chacun peut revêtir le Seigneur Jésus-Christ^ en se rendant respectable aux autres et en gagnant personnellement beaucoup. Ç>mx qui auront bien servi, acquerront un degré honorahle et une grande liberté dans la foi qui est en Jésus- Christ, C'est le seul moyen d'avoir une allure libre, et d'être vrai et vivant. Tenez-vous donc fermes dans la liherté, dans laquelle Christ vous a mis, et ne vous remet- Uzpàs de nouveau sous le joug de la servitude.

Considérez bien celui qui a soufTert une si grande contradiction de la part des pécheurs. (Hébr. xii, 3.)

L'esprit de contradiction est une des choses qui nous scandalisent le plus souvent. Il y a en effet des caractères contredisants pour lesquels nous avons une véritable répugnance, parce qu'on ne peut jamais tomber d'accord avec eux. Mais avant de regarder aux autres, regardons à nous-mêmes; ne serions-nous pas peut-être un de ces caractères-là? Supportons-nous tranquillement qu'on nous contredise? Sommes nous du nombre de ces gens qui ont toujours raison, qui ont toujours le dernier mot, qui croient avoir la science \ulv5&^\^'^

182 9 JUIN. [an]

en est ainsi, de quoi nous plaignons-nous? Quand nous trouvons de la difficulté à vivre avec des caractères «contredisants, considérons bien celui qui a souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs^ étudions son exemple , afin de suivre ses traces. Attaque -l-on sa personne, ou repousse-l-on sa parole? // ne crie points il n'élève point sa voix^ il ne la fait point entendre dam les rues. Apprenons de luiy car il est doux et humble d$ cœur, et nous trouverons le repos de nos âmes. Prenez deux hommes toujours en guerre Tun avec Tautro, par exemple deux journalistes hargneux, quel gain résul" tcrat-il de leurs querelles pour la cause de la vérité? Aucun. Car partout où il y a ce zèle amer et cet esprit de contention, il y a du trouble et toutes sortes de mauvaises actions. Ce n'est pas qu'il ne faille redresser ceux qui errent, mais il faut que ceux qui sont spiriiuels le fassent avec un esprit de douceur y et en prenant garde à eux-mêmes, de peur d'être aussi tentés. Jésus- Christ conservait son calme et sa majesté paisible au milieu d'un monde d'ennemis. C'est là ce qui peut faire tomber les armes de leurs mains; c'est en ce sens que les débonnaires hériteront la terre. On dit du mal de nous, disait saint Paul, et nous bénissons; nous sommes persécutés, et nous le souffrons; on nous dit des injures, et nous prions; nous sommes jusqu'à présent comme les balayures du monde, et comme le rebut de toute la terre. Demandons que Christ habite dans nos cœurs par la foi; soyons enracinés et fondés dans la charité, et nous souffrirons beaucoup moins, quand il faudra souffrir de nouvelles contradictions de la part despécheurs.

[cuii] 10 JDin. 183

Veillez, dcmeiirex fermes dao^ la foi, agissez coarageasement, forliliez-vous. (1 Cor. xvi, 13.)

Pour demeurer ferme dans la foi , il faut veiller , et pour agir courageusement ^ il fout demeurer ferme dans la foi; il y a gradation entre ces choses, comme vous voyez. Mais pour £tre capable de faire tout cela, il faut nous fortifier. Nous arrosons nos fleurs, nous demandons la pluie pour nos champs, pourquoi ne demanderions-nous pas aussi à être puissamment fortifié par l'esprit dans V homme intérieur? Devenons ouvriers avec Dieu. Forlifions-nous dans la vigilance; ayons les yeux mieux ouverts sur nous-mêmes ; modc^rons nous davantage, gouvernons mieux nos pensées, nos paroles et notre conduite ; en un mot, vivons plus habituellement dans la présence de Dieu. C'est le moyen de devenir intérieurement ferme , de ne pas perdre la présence dVsprildans les cas imprévus, et de planer en quelque sorte sur les événements. LÈternel notre Dieu sera dVic nous partout oà nous irons. Est-ce là notre attitude intérieure ? Veillons-nous ? Demeurons-nous ferme dans h foi? Si cela est, nous agirons courageusement quand il faudra agir. Notre activité aura l'onction d'en haut; nous no ferons pas des coups de tôtc, et notre courage siTa autre chose qu'une hardiesse naturelle. On verra que nous marclwns dans la force de V Éternel notre Dieu. Mais pour grandir ainsi dans la vie spirituelle, fortifions nous. Le plus beau don, c'est de savoir se for-tifier. Cowmont un général fortifie-t-U utve ^\^c,^q^*^

184 11 JUIN. [cLxni]

doit défendre î // relève ce qui était tombé, il répare kê brèches et redresse les ruines. Faisons-en de môme. Plaçons-nous tout entier dans la lumière. Apprenons à nous recueilliry à nous retirer vers V Éternel , à sonder notre cœur, à considérer nos discours; ménageons-nous des moments de silence, ou si nous ne le pouvons pas, faisons-nous du silence dans le bruit m^me. On est toujours seul quand on se cramponne à Dieu ; et Ton est fortifié en toutes manières , quand on ouvre Tâme tout entière à la force glorieuse qui se répand dans la faiblesse des faibles et dans les plaies des misérables.

Il sait ce que c'est que la langueur. (Ésaïe un, 3.)

Jésus-Christ connaît nos âmes, il en connaît'aussi ks langueurs. La langueur est un état qui fait souffrir le chrétien: heureux encore celui pour qui elle demeure une souffrance, car les langueurs finissent souvent par endormir toutes les forces vitales et par nous faire pe^ dre la conscience de nous-mêmes, au point que nous ne noussentonsplusmalheureux. Cetétat est premièrement le résultat naturel de la chute ; mais dans la conversion même, cet éloignement passager de Dieu et de la source des eaux vives, ne se fait que trop souvent sentir, la langueur vient aussi d'un relâchement dans la prière et dans la vigilance. Nous nous mondanisons si facilement! et dans l'atmosphère du monde Tâme ne trouve qu'un air pesant qui la fait languir. Souvent aussi les langueurs sont la suite d'un péché particulier. Nos ^relchutes nous jettent dans un état d'affaiblissement spi-

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rituel qui peut durer même après l'obtention du pardon. Il suffit souvent d'une vie chrétienne trop facile, trop peu traversée de combats et d'épreuves, pour rendre l'âme languissante ; il y a bien d'autres langueurs encore que nous ne connaissons pas ; mais Jésus-Christ mt ce que c'est que la langueur. Il nous la fait sentir, il tourne vers lui nos pensées et nos désirs pour raviver DOS forces défaillantes. Lui seul peut intervenir et nous faire reprendre confiance. Il ne languit point, quand nous languissons. Il est à son peuple comme une rosée^ il le fait fleurir de nouveau comme des lisy il lui fait jeter ses racines comme les arbres du Liban. Languissants ou non, demeurons donc en Lui, et il demeurera en nous.

La lettre tae, mais l'esprit donne la vie. (2 Cor. m, 6.)

Voici un de ces passages dont on a cruellement abusé. On a voulu en déduire la non-valeur de l'Ancien Testament, et même de l'Écriture entière comme Parole écrite. Le monde parle souvent d'une lettre morte et d'un esprit qui vivifie. Mais saint Paul ne parle point d'une lettre morte, il parle d*une lettre qui tue, ce qui n'est pas la même chose. Il s'agit ici de la loi de Dieu et de sa puissance de condamnation. Dieu a tracé cette toi en toutes lettres, dans le Décalogue et dans les autres ordonnances qu41 a fait écrire pour son peuple. ^tte loi maudit le pécheur, en lui révélant son état de thaïe et de rébellion contre Dieu. Elle tue tout ce o^e lous pomrioûs lui présenter daus le bwX aie Tkûvi& \;i^-

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