‹ L'année Chrétienne; ou, Une parole sainte; méditée pour chaque jourChapitre 16 sur 28 · JUIN. [CLXV · texte numérisé non relu

JUIN. [CLXV

fier ou de nous sauver par nous-mêmes. Elle nous demande mille choses sans nous communiquer aucune force pour nous faire arriver à Tamour et à robéissance que Dieu réclame. Pour que des créatures mortêi dam leurs péchéê et renfermées sous la condamnation soient capables de courir dans la voie des commandements ti d'avoir le cœur au large^ il faut qu'elles reçoivent avec un esprit nouveau une nouvelle vie. Cette transformation s'opère en nous par la foi en Celui qui justifie U pécheur et qui est V accomplissement personnel de la Un, Ce qui était impossible à la loi^ parce qu'elle éuA faible dans la chair, Dieu Va fait lui-même en envoyé»^ son propre Fils dans une chair semblable à cette dtt hommes pécheurs. Qui a le Filsy a la vie, et V Esprit qd donne la vie. Mais le Fils abolit-il la lettre? Anéantiui la loi par la foi ? Au contraire^ il établit la loi. Je veut dis y en vérité^ que^ jusqu'à ce que le ciel et la terre passenty il n'y aura rien dans la loi qui ne s'accomplisséi jusqu'à un seul ïota^ et à un seul trait de lettre.

Abraham dressa un aatel à rÉternel, et invoqaa le nom de l'Étemel' (Genèse xii, 8.)

Le culte de famille remonte jusqu'à Abraham. Avezvous un culte de famille dans votre maison? a-t-il le caractère patriarcal que tout culte domestique doit avoir? Regardez à Abraham^ votre père^ et rappelez-vous que toute famille chrétienne est un peuple de Dieu en mi" niature. Dieu veut trouver sous chaque toit une r(U$ ^^ des sacrificateurs et des rois, une uatiou s^tnléi^uf»

^ctxvij 14 JUIN. 18T

mpk aequiê, afin que tous cmnoncent hê vertus de Celui jui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumère. C'est autour de l'autel domestique que cette vie XMnmoDe doit se réchauffer et s'affermir. La prière commune est l'étemel lien qui unit les Ames et qui attire k faveur de f Étemel. Une maison où l'on commence 3toù l'on finit la journée sans prier et sans rompre ensemble le pain de la Parole, n'est qu'un assemblage fortuit de personnes qui pourraient tout aussi bien vivre séparées que réunies. C'est une fourmilière où chacun court de son côté, où l'on se rencontre sans avoir conscience d'être nombres du même corps et héritiers des mêmes espérances. Qu'il est doux alors de rencontrer deB Abraham ! Un culte de famille, bien nourri, est une DiQraiile de feu tout autour de la maison. C'est là que tÉternd a établi la béiédictian et la vie à toujours ; ceux qui entrent sous ce toit, disent que c'est un lieu vénérable, une maison de DieUy une pûrte des deux.

Qae vos prières ne soient point troublées, (i Pierre m, 7.)

Il est ici question des rapports des époux entre eux et Je leur communion pour la prière. Vous qui êtes unis ïourla vie, priez-vous ensemble? Le culte de famille 'epeut pas vous suffire; ce culte est pour votre maion, mais l'intimité conjugale a besoin d'un lien plus troit encore. Quand un mari et une femme ne prient 98 ensemble, l'ennemi a brentôt prise sur eux. Il peut lîver <[ue dans un ménage, d'ailleurs bien réglée lo. ymmumoa de prière de deux époux «oW V3kÀ^»ttiSSls^

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troublée ou rompue par un interdit sur lequel on lais» le soleil se coucher. Soyez attentif à cette attaque de l'ennemi contre le sanctuaire intérieur. Il sait fort \m que la paix de deux époux dépend de la manière dool chacun d'eux marche devant l'Éternel ; c'est pourquoi il cherche à jeter de l'ivraie dans leurs prières.

Deux Ames qui vivent ensemble, dans le lien du mariage, acquièrent peu à peu à l'égard Tune de l'autn une extrême délicatesse, et si quelque chose se glian entre elles, ne fût-ce qu'un atome, leurs prières son! troublées. En pareil cas demandez ardemment, chaeffi de votre côté et l'un pour l'autre, que votre communioB soit promptement rétablie. Deux époux chrétiens qui ne prient point ensemble sont dans un état de divorce moral. Par amour pour la paix de votre intérieur, surmontez le misérable orgueil qui vous tient désunis. H ya sans doute des torts des deux côtés, vous avez péché tous deux; raison de plus pour ne pas différer de 86 tendre la main, pour ne pas prolonger d'une minute une séparation toujours douloureuse. C'est devant Dieu que vous avez rompu, unissez-vous de nouveau devant Dieu pour être véritablement unis. Les mariages sont inscrits au ciel, ne séparez donc pas ce que Dteiffl uni.

Ta as fait un chemin dans les lieux les pi as profonds de la 0^» aOn que les rachetés y passassent. (Esaïe li, 10.)

Le peuple de Dieu a passé à sec par la mer Roagei

David a été soutenu dans les lieux profonds; Daniel*

eu son Dieu près de lui dans \Ql io?>^^ %sflL>ûa\î&N Va^^v

[CLXvm] 16 JUIN. 189

Bnchatné dans un sombre cachot, a vu à ses côtés un ange, — et toi aussi, racheté de rÉternel» ne crains potfU, crois seulement. Il y a des profondeurs de souf- Grance dans lesquelles nos amis ne peuvent point descendre, mais Celui gui nous a aimés et qui a fait un thmin dans les lieux les plus profonds de la mer y descendra avec nous. Les fleuves ne nous noieront points la famme ne nous brûlera point. Que celui qui marche donc dans les ténèbres et qui n'a point de lumière, ait sa confiance au nom de l'Éternel et qu'il s'appuie sur son Dieu. Laissons-nous briser, laissons-nous ensevelir, nous ne tomberons que mieux dans les bras de notre IKeu. Sommes-nous dans le deuil pour nous-mêmes on pour d'autres? Il en résultera de nouveaux liens d'amour. Qui n'a point de croix, n'aura point de couronne. Puisque le chemin de Dieu est par la mer, et que m sentiers sont dans les grosses eaux, ses traces ne sont ps toujours connues. Notre sûreté est donc de le suivre : quels que soient ces abîmes, les rachetés peuvent y passer. Nous ne sommes point seuls, un guide est là pour nous rassurer. // aura compassion de nom; aujourd'hui et demain encore, car sa miséricorde dure éternellement. Ni les profondeurs, ni les hauteurs, ni la «»e, ni la mort, ni aucune créature ne pourra nous réparer de l'amour que Dieu nous a montré en Jésus- Christ, notre Seigneur.

n fut le maître en luttant avec Dieu. (Osée xii, 4.) 1^ violents, dit Jésus-Christ, enlèvent \e t^ï^owsk^a

190 16 JUIN. [OLIfffl]

des deux. Jacob fut un de ces molenU; il InUamn Dieu, etprévalut. Qu'est-ce donc que lutter aeee Dm! Ce n'est pas lui extorquer des grAces» en arrivant à lai dans un esprit volontaire, car prévaloir de cette manière ce serait recevoir, non des grâces» mais des jagements. Lutter avec Dieu^ comme Jacob, c'est lui présenter ses promesses et les faire valoir dans l'intérôt de sa fidélité. Portons-lui ces promesses par la prière, appuyons-nous sur elles de toute notre force, et quelles que puissent être les circonstances, quoi qu'en dise notre cœur, croyons : /{ nous sera fait selon notre feii si quelqu£S'Uns n'ont pas cru, leur incrédulité anéantUr elle la fidélité de Dieu? Souvent lutter et pleurer est la même chose. Il est dit de Jacob : Il fut le maître en h^ tant avec Vange, et il fut le plus fort ; il pleura et bà demanda grâce. Il y a des moments d'accablement où nous ne nous rappelons plus même les promesses de Dieu, elles sont comme effacées. Les larmes remplacent alors ces souvenirs de la Parole, et une âme anéantie devant Dieu est encore une Ame qui lutte et qui croit Aller à Dieu en pleurant^ c'est marcher dans la voie de Dieu, car c'est avoir confiance en lui. Il y a une foi incomprise, qui est aussi de la foi et l'œuvre du Saiat- Esprit. Que nous ayons ou que nous n'ayons pas des paroles pour exprimer nos besoins, restons, malgré cela, aux pieds du Seigneur. Il verra en nous une Ame qui lutte, qui n'a plus que son Dieu, et qui attend l'effet de ses promesses. Lutter marque un état qui dure; Dieu peut prolonger nos accablements, mais ses promesses sont d'une plus grande étendue. Elles agiront si nous m les laissent poiut, si uou^ ne les obandonmnt

[axa] 17 JUIN. 191

point. Ne nous relâchons donc point, mais imitons ceux gm par la foi et la patience sont devenus les héritiers despromesses.

n JUIN.

Quand ta te laYerais avec da nitre et qae ta emploierais à cela beaacoop de savon, toa iniquité demearerait encore marqaée devant moi, dit leSeignear l'Éternel. (Jér. ii, 22.]

Depuis Adam, rhomme tombé se justiGe quand il peut et comme il peut. Il emploie à cela beaucoup de discours; les feuilles de figuier abondent encore, mais notre nudité n'en est point couverte aux yeux de Celui auquel nous avons à rendre compte. Dieu a du nitre et du sa»on qui brûlent jusqu'à la moelle des os. Il y a de profonds malaises qui sont plus forts que tout ce que DOQS employons pour nous blanchir. David, par exemple; étdit courbé et abattu au dernier point ; ses reins étaient pleins d* inflammation; il n'y avait rien d'entier dans son corps. Nous sommes dans le même état, quand nos iniquités demeurent marquées devant VÊternei^ notrelHeu, Nous les couvrons, nous les mitigeons, msis Dieu les écrit avec un burin de fer et avec une ptnnte de diamant, et ce qu'il grave sur la table de fw4re coeur ^ nous ne reffacerons point. Mais sitôt que nous passons condamnation sur nous-mêmes, il est prompt à nous montrer sa grâce avec la même plénitude qu'il nous a montré ses jugements. Nous saurons nlors que quand nos péchés seraient comme le cramoisi^ Dieu les bhmchira comme la neige. Le sang de Jésus- Christ a une efficace éternelle; il a paru pour dter nos Tpééhés; ce sont des montagnes que lui se\x\Qii\^^^«^^\v

192 18 JUIN. [€UK]

n'est si merveilleux que ce qu'éprouve le cœur quand 1a grâce, surabondant par-dessus son offense» le rend toi2.t à coup libre. Ce qui s* est passé entre Dieu et nous, eiiste encore dans notre souvenir, mais Dieu Ta efiacé du sien. Je ne me souviendrai plus de leurs péchés^ dit rÉternel. /{ a mis sous ses pieds nos iniquités^ il a jeté Ife Unis nos péchés au profond de la mer. Quand Dieu Iti absout, personne ne condamne ; quand Dieu condamne, Itt personne n'absout. fci

Veillons et soyons sobres, (i Thess. v, 6.)

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La sobriété spirituelle est un fruit de la vigilance. A quoi voyons-nous qu*un chrétien est sobre? Â la sainte égalité de sa vie chrétienne. Nous sommes sobres $ quand nous savons nous maîtriser nous-mêmes, et quand il n'y a plus ni hauteur ni profondeur qui puisse nous séparer de Vamour que Dieu nous a montré «• Jésus-Christ notre Seigneur, Nous lisons dans un Psaume : Ils montent aux deux, ils descendent aus^ abîmes ; leur âm£ se fond d'angoisse ; ils branlent e^ chancellent comme un homme ivre^ et toute leur sagus^ leur manque. N'est-ce point là aussi un tableau de no^ inégalités chrétiennes? Tant qu'une partie de notre vi< jure avec l'autre, nous ne sommes ^oini sobres; noi ne le serons que quand nous ne nous rendrons plus es claves de rien. Pour cela veillons ; donnons au Seigneai tout empire sur nous. Qu'il soit la seule chose m à notre cœur, qu'il domine notre vie, qu'il règle notre^^ jû teneur, qu'il dispose de no\vsôti\û\itekSvlua.tLon.

[a«xxi] 19 JUIN. 198

nous serons maîtres de dos joies et de nos tristesses ; de DOS hausses et de nos baisses, nous serons toujours les mêmes, vetttants et sobres. Ne confondons pas la sobriété religieuse avec le flegme naturel. Il y a hors de Vinfluence du christianisme des caractères qui sont toujours les mêmes et que personne ne peut faire sortir de lear assiette, c'est l'effet du sang-froid naturel, et souvent d'une simple pesanteur d'esprit. Mais 1 homme le plus apathique peut, si l'on touche le point sensible de son ftme, devenir tout à coup passionné. C'est dans ces explosions soudaines que se manifestent les choses caaies du cœur. Quant à la sobriété chrétienne, elle est la réalisation et le vivant commentaire de cette parole : Toutes choses sont à vous^ soit Pauly soit ApolloSy soit CéphaSf soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les dmes présentes y soit les choses à venir; toutes choses mt à vous, car vous êtes à Christ^ comme Christ est à

Repais-toi de vérité. (Ps. xxxvii, 3.)

L'âme se repaît donc de vérité. La vérité est la vie de Dieu, et Yhomme a été créé à son image. La vérité est la réalité , et la réalité est ce qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir. Une âme qui n'aime pas la vérité et qui lui préfère la vanité, est une âme mal nourrie et par là-même malheureuse. L'Écriture parle de personnes qui mangenty mais qui ne sont point rassasiées ; qui bùiventy mais non jusqu'à la joie; qui sont vêtues, mais qui n'en sont point réchauffées ; de çetsoxv\i^s^\cT\«,ul

104 20 JUIN. [cmn]

de la douleur qu* elles ont dans le cœur et qui hurlent à -• cause de Vamertume de leur esprit. C'est qu'elles n'aiment pas la yérité et qu'elles la retiennent captive. Cette aversion s'explique » car la vérité attaque nos vanités, nos mensonges , et le péché qui se loge dans nos pensées et dans les intentions de notre cœur. Cest une épée qui fait mal qtmnd elle pénètre en nous , mais qui' conqm est pour la vérité, écoute malgré cela sa voix. Plus nous nous ouvrirons à la vérité, plus elle nous repaîtra. Nous nous trouverons faits, organisés pour elle ; nous l'accepterons de quelque côté qu'elle nous vienne , de la Bibleou d'un prédicateur, d'un supérieur ou d'un inférieur. Nous nous appliquerons à la voie de V intégrité. Se repaître ainsi, c'est faire route avec Dieu au milieu de parcs herbeux et d'eaux tran-' quilles, La vérité est souvent humiliante , mais elio redresse , et être redressé , c'est prendre de nouvelles*' forces. Un homme qui se repaît de vérité, est un homm» que le Dieu de toute grâce perfectionne^ affermit, forti-fie et rend inébranlable. Soyons vrais et laissons-nousgagner par la vérité, c'est Tunique moyen de croître, de vaincre et d'être heureux.

Lève-toi, bise, et viens, vent du Midi, soaffle par mon jardin, afin que ses drogues aromatiques distillent. (Cant. des Gant, iv, 16.)

Le jardin de Dieu est partout où il y a une œuvre de Dieu. Dans les grandes comme dans les petites choses, en tout lieu où les choses divines tendent à se substituer aux choses humaines, où l'incorruptibilité combat

[cckin] 20 JUIN. 195

la corruption y là se trouve un jardin de Dieu et une partie de son règne. Mais pour faire distiller ses drogueSf pour les rendre aromatiques ^ Dieu fait souffler son veni; aujourd'hui c'est la bise, demain le vent du Midi, c'est-à-dire des mouvements de l'Esprit qui agissent en sens opposé et qui, en se croisant dans l'Ame, y entretiennent la vie et l'empêchent de tomber dans la langueur. L'Église, les familles, les individus ont besoin de ces mouvements alternatifs. Accueillons donc le vent de Dieu de quelque côté qu'il souffle , et si les mouvements de la vie se ralentissent en nous, crions à l'Esprit qu'il souffle des quatre vents, et qu'il nous ranime. C'est pendant les époques orageuses surtout que la foi paraît une puissance de Dieu et la victoire sur le monde. Heureux ceux que l'Étemel ne laisse pas languir et à qui il ne permet pas de se figer sur leurs lies! Nous aimons naturellement ce qui est tranquille; une vie calme, un avenir assuré nous plaisent. L'Éternel aime ks tourbillons et les tempêtes ; les nuées sont la poudre de ses pieds, La bise renverse, le vent du Midi dessèche ; mais Dieu s'en sert pour préserver nos âmes d'un repos trompeur. Un jardin dont le sol est fertile, mais dont la culture est négligée est déplaisant à voir, et nous qui sommes le champ que Dieu cultive, sommes-nous plus agréables à ses yeux quand nous sommes des drogues sans parfum ou des sources sans eau? Sommes-nous heureux quand notre esprit est dans un calme plat, et que notre christianisme devient une routine , une apparence de piété sans vérité, sans vie? Ah! lorsque nous en sommes là, répétons aussi le cri de l'épouse : Lève-toi, bise , et viens, vent du Midi, souffle par mon

100 21 jonr \c

jardin t afin que ses drogues aromatiques diêli

Tu AK pnrda, 6 luraul t mais toD secours est en moi. (Osée x

Los innlndios do l'Amo les plus difficiles à guér r.oll(»s (|ui sont invétérées. D'anciens préjugés, de ranrunos, ou Tune de ces racines profondes ( TorguoiU Tavarico, la sensualité ou la paresse. inonlnMil à quel point notre nature est perdue e inrnt lo péché a gagné jusqu'aux fondements d( <^lro. Lo chrétien lo plus avancé retrouve encore (h^ ces racines invétérées qui autrefois avaient d toute son existence et que les tentations extérieur souvent reparaître quand il croyait être délivré longtemps de ces anciens ennemis. Un seul péch< étudié dans ses racines et dans ses conséquences fait sentir que notre nature est ruinée. Mais notre a est en Christ, Notre vraie personne n'est plus vieil homme, notre vraie personne est celle de Médiateur. Dieu nous a gratuitement accordé se en son Fils bien-aimé. Si les influences du péch tourmentent et que nous nous sentions poursui une maladie invétérée qui semble être une ma vie, ne perdons pas courage pour cela, Chi l'homme parfait devant Dieu ; devant Dieu , cet 1: parfait, c'est nous. Ne cherchons jamais notre gi en nous-mêmes; mais rappelons-nous cette p; Ton secours est en moi. Ce secours, c'est la perso Christ, la justice de Christ , l'éternel salut en Chi secours nous reste acquis et fait route avec nous

[glxxit] 22 JUIN. 197

devBDt le tFÔDe de Dieu. Nous arracherions plutôt une étoile du firmament, que nous n'effacerions notre nom du livre de vie. Comme nous avons porté Vimage de Vhomme terrestrey nous porterons aussi Vimage du céleste. Mais pour qui est cette promesse? Est-elle pour tout le monde ? Non , elle n'est que pour ceux qui se sentent perdus et qui ont trouvé le secours qui est en Christ.

Et on loi amena an homme soord qoi avait la parole empêchée ; et on le pria de lai imposer les mains. Et l'ayant tiré de la foale à part, il lai mit les doigts dans les oreilles ; et ayant pris de sa salive, il lai en toacha la langue. (Marc vu, 32, 33.)

Le Seigneur, pour guérir ce sourd-muet, commence par toucher du doigt ses organes malades. Il touche du doigt ses oreilles et sa langue , comme pour lui dire : Cest ici que tu souffres et qu'est le siège de ton mal. Le Seigneur encore aujourd'hui commence de la même manière ses guérisons spirituelles. Il met le doigt sur la plaie et nous signale quelque chose de particulier qui met toute notre vie en interdit. Au lieu de nous dire dflne manière générale que nous sommes pécheurs, il attaque tel côté de notre nature, quelque chose de spécial par où il veut que nous commencions notre conversion. Ordinairement ce sont les côtés que nous ne voulons pas voir, ou sur lesquels nous ne voulons pas porter le couteau. C'est donc toujours un bon signe qnand nous sommes travaillés dans notre conscience au sujet d'un péché particulier qui devient enfin péché à nos yeuj et qui ne nous laisse plus A^ tcços. Vifô^^v

198 2S JUIN. [CLXZf]

gneur appuie quelquefois tellement le doigt sur nDtre ^

plaie, que toutes les échappatoires deviennent impos- ^

sibles et qu'il faut en venir à un changement radical. -=

Aussi longtemps qu'on traîne avec soi quelque chose ^

qui tient du vieil homme et qu'on ne veut ni reconnat- ^

tre ni abandonner, la vie chrétienne ressemble à un état /^

de consomption. Mais Dieu nous tire à l'écart , il met le ^ doigt sur notre difformité, il nous place dansl'alternativa de briser avec l'interdit qui nous perd ou de passer, en

le gardant, une vie empoisonnée de regrets et de re- <

remords. . .'i

Tel répand son bien, qai l'augmentera encore davantage; et tel Id y resserre plus qu'il ne fiiut, qui sera dans la disette. (Prov. xi, t4 •*>

Ce que nous faisons pour le règne de Dieu tourne &-— nalement à notre profit personnel. Si nous faisons de l^ cause de Dieu la nôtre. Dieu fera de notre cause 1 -^ sienne. Donner aux pauvres ^ c*est prêter à V Eternel, ^^ la banque de l'Éternel est la seule qui soit finalemen ^ solide. Donnez, et Von vou^ donnera; on vous donnerc:^^ dans le sein unehonne mesure, pressée et entassée, et fu i^^ se répandra par-dessus ; car on vom mesurera de la^^ même mesure dont vom vous servez envers les autres. V^^ y a tant à faire pour le règne de Dieu I Vous ne pouve:^" pas tout faire, dites-vous, cela est vrai, mais ne pouvezvous pas faire plus et toujours plus que vous ne faites et que vous n'avez fait jusqu'ici î Vous n'avez qu'un modeste revenu, vous avez des enfants, il faut songer à l'avenir, on ne peut pas se dépouiller entièrement. Mais i

[CUZfl] 24 JUIN. 199

peut-élre n'en étes-vous pas encore là. Il y a bien des chrétiens qui, devant une bonne table , pensent qu'un jour ils pourraient bien mourir de faim. Ils calculent, ils resserrmt leur cœur , puis ensuite leur bourse , et parce qu'ils ont fait Tun » ils se croient autorisés à faire l'autre. Mais si vous vous resserrez plus qu'il ne faut^ soyez assurés que vous serez plus sûrement dans la disette que si vous semiez gaiement et abondamment. Jette tm pain sur la surface des eaux, est-il écrit, après pluiieurs jours tu le retrouveras. J*ai été jeune, dit David, tl foi aussi atteinila vieillesse^ mais je n ai point vu U juste abandonné^ ni sa postérité mendiant son pain. Que si vous n'avez plus d'argent à donner, n'avez-vous donc plus de mains, plus de larmes, plus de moments de reste ? Quand on le veut bien , il y a toujours dans la (bruche un peu de farine de reste , et dans la fiole un peu d'hmle.

CiHi qoi n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré poar noos tons, comment ne nous donnera -t-il point aussi toutes choses avec lui ? (Rom. viii, 31.)

Notre richesse consiste dans l'assurance que Dieu

'^^ous a donn^ quelque chose. Son don précède souvent

)« possession de ce qu'il nous a donné ; car un acte de

donation est déjà un don. L'Éternel avait donné le pays

^e Canaan à Abraham et à sa descendance, avant qu'A-

l)raham eût vu et qu'il eût possédé un pouce de terre

dans ce pays qui lui était donné. N'importe , dès que

Dieu a donné, nous possédons. Voulons-nous juger de

la valeur des dons de Dieu? Commençons par recevoir

20rf 26 JUIN. fci^^Q^^]

le plas excellent de tons , le don de son Fils. Ce n'est plus un don en espérance, il est réel , authentique, historique. Recevoir Jésus-Christ, c'est lui faire place en nous. Vidons notre cœur de tout ce qui le remplit illégitimement , et Jésus-Christ se révélera à nous comme le don suprême. Il a plu à Dieu que toute plénitude habitât corporelkment en lui^ et nous avons tout pleinement en lui , qui est le chef de totUes les puissances. Jésus-Christ est aussi la clef de toutes les autres richesses. Unissons-nous à lui, et tout se changera en gain. Nous verrons toutes choses concourir à notre bien. Notre vie sera dominée par la pensée que Celui qui n'a point épargné sonpropre Fils, nous donnera aussi toutes choses avec lui. Dieu Ta couronné de gloire et de magnift' cence ; cette gloire céleste est à nous, si nous sommes ^ lui ; le dernier des pécheurs est mis sur la même ligï** que Jésus-Christ, puisqu'il est cohéritier avec lui. Avoa^ nous reçu Jésus-Christ ? Règne-t-il sur notre cœur? L^^ avons-nous cédé la direction de notre existence? Po«> être riche, heureux, indépendant, il faut commence par là. Notre pauvre et fugitive vie deviendra une mir^ d'or, dès que , élevant les yeux comme les disciples su^ le mont Thabor, nous ne verrons plus que Jésus seul.

Nous sommes jusqu'à présent comme les balayures du monde, ^ comme le rebut de toute la terre. (1 Cor. iv, 13.)

Nous aimons tant à passer pour martyrs ! Sitôt qu^ nous avons rencontré un peu d'opprobre, un peu de ré— sistance de la part des hommes , \XTi ^e\i dô fatigue pout^

[cLzzfn] 25 JUIN. 901

le règne de Dieu, nous nous prenons pour des chrétiens d*un ordre supérieur. Souvent même il suffit que nous nous soyons brouillés avec d'anciens amis , ou que dans telle circonstance nous ayons été mis de côté, parce que nous ne convenions pas, pour nous faire croire que nous sommes de ceux dont le inonde n'est pas digne ; nous nous présentons alors à Dieu comme les balayures du monde et wmme ie rebut de toute la terre. Si nous parlions ainsi de Dotre sot orgueilyde notre inguérissable vanité, de notre monstrueux égoïsme, nous aurions certainement raison. En ce sens toute notre vie n'est qu'un rebtU, qui fait infiniment plus souffrir Dieu que les autres ne nous font souffrir. On rencontre des hommes qui rompent avec tout le monde et qui se retirant seuls, avec leurs dépits rentrés, . prétendent se suffire à eux-mêmes et appellent cette idolâtrie de leur personne : une vie cachée avec Christ en jyieu. Pauvre cœur I Placé entre l'orgueil du monde derrière toi et les montagnes plus hautes encore de l'orgueil spirituel devant toi, n'apprendras-tu pas enfin à t'hamilier et à te laisser balayer toi-même, avant de prétendre être les balayures du monde. Tu n'as pas encore souffert comme saint Paul; s'il lui fut permis de parler ainsi, tu n'en as pas encore le droit. Sors de ta cellule, rentre dans le monde , et fais premièrement à autrui ce que tu voudrais qu'on te fit; persévère dans cette voie, et tù auras bientôt tant à faire avec toi-même que tu ne penseras plus ni aux injustices ni aux ingrats.

Si

sot 26 JUIN. [oxxtid]

Jésus lui répondit : Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, ta verrras l gloire de Dieu? (Jean xi, 40.)

Ah ! si seulement nous pouvions croire ! Nous vei rions la gloire dé Dieu où nous ne voyons que des si jets de soucis, des impossibilités ou des occasions c larmes. On pourrait écrire un gros volume sur Thistoii de nos incrédulités. Dieu ne se lasse pas de nous secoi rir, et nous ne nous lassons pas de nous méfier de la Que dirions-nous si Ton faisait de notre parole le cj que nous faisons de la parole et des promesses de Dieu Il n*y a point de menteur sur la terre qui soit autai traité en menteur que le Dieu de vérité. C'est quand s'agit de faire l'application de notre foi que nous voyoi surtout combien elle est mélangée d'incrédulité. Jésu Christ, en qui Dieu a paru sur la terre , a fait bien d miracles pour gagner notre confiance : et qu'ont pn duit ces miracles ? Pour un croyant, ils ont fait au moii douze incrédules. Que cela montre bien à quel point fond de notre nature a été ébranlé par le doute et p rinimitié contre Dieu! C'est devant la tombe de Laza que Jésus dit à Marthe : Ne fai-je pas dit que , si crois ^ tu verras la gloire de Dieu? C'est surtout quai le visible nous échappe, quand la tombe l'engloutit, qi nous pourrions voir la gloire de Dieu, si nous avions foi en lui. De quelle gloire s'agit-il ici? De la manife talion de sa puissance et de son amour. Toutes les pe> sées de Dieu à notre égard ne sont que des pensées ( pmaei non d'adversité; soil qvi^ Dwil do\mô ou qu

enlève, il est Père, il est amour ; mais il n'y a qu'un esprit filial qui puisse faire cette expérience. Nos rapports ai^ec Dieu sont quelquefois si raides et si déloyaux ! C'est que nous tenons davantage au péché, au monde et à notre pn^re personne qu'à Celui qui seul nous aime et qui est l'élément intime de notre bonheur. Quand nous nous serons assez fait chAtier, ne retournerons-nous pas à ce Père, à ce Sauveur, à ce Consolateur, pour nous attacher à lui de tout notre cœur, de toute notre Ame , de toute notre pensée ? Essayons dès aujourd'hui, nous nous en trouverons bien.

Qaoi({ae les biens abondent & quelqu'un, il n'a pas la vie par ses biens. (Lue Xii, 15.)

Il nous semble tout naturel qu'un homme qui possède la richesse ou les éléments du bonheur, soit heureux. Nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir un abtme entre le possesseur et la possession. Cependant si nous sommes séparés de Dieu, nous sommes par cela indue séparés du bonheur I Dieu est un bien qu'on ne peat remplacer par aucun autre bien. Sa bénédiction est la seuie qui enrichit ; mais celui qui n'est point uni k (Uqu n'a point la bénédiction de Pieu. En vain cou- Yririoii^nottS de tous les biens du monde notre rupture ^TQC l'Éternel , nous n'aurions point la vie par ces 6iMl#. Nous aurions des distractions, des amis de table, décadaires à gérer; mais nous n'aurions point la vie, car 1(1 vie est en Diep. La première chose à discerner, c'est notre itat de chute. Ceci est wne éXxxd^ âi^ Ocl^^q^^

304 28 JUIN. [gehi]

jour, car la profondear de notre séparation de Dieu est loin de nous être connue au moment où nous commençons à en avoir la conviction. En faisant effort pour consacrer à Dieu tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, nous sentirons bientôt que notre Dieo, c'était nous-mêmes, et que l'abondance de nos biens n'était qu'une abondance d'égoïsme. Que gagneronsnous en nous recherchant nous-mêmes ? De la tristesse. Il y aura un interdit sur nos champs , sur nos affections de famille, sur toute notre existence. Âh ! plutôt retoar-' nous à l'Éternel , convertissons-nous ; quand nous serons riches en Dieu , nous serons aussi riches pour nous-mêmes. La richesse éternelle s'ajoutera à nos richesses temporelles ; nous aurons avec les biens qua nous possédons la permission d'en jouir. Dieu renfor^ cera les barres de tes portes ; il bénira tes enfants oti milieu de toi; il rendra paisibles tes contrées, et il tf rassasiera de la moelle du froment.

28 JTJIN.

Alors Judas, qui l'avait trahi, voyant qu'il était condamné, se repentit et reporta les trente pièces d'argent aax principaux sacrificateurs et aux sénateurs, disant : J'ai péché en trahissant le sang innocent. (Matth. xxvii, 3, 4.)

Il y a donc une impénitence qui a toutes les couleurs du repentir, puisque Judas, voyant Jésus-Christ condamné, se repentit. Il eut l'air de jeter loin de lui son péché, en rejetant les trente pièces d'argent ; il confessa même qu'i7 avait péché, en trahissant h sang innocent D'où vient que ce repentir n'ait pas eu le môme résul- M que celai de l'enfanl ptoâiçaitflCÎ^^Xfçi'^L gavait

[QLZXX] 28 JUIN. 205

dans le repentir de Judas quelque chose de sec qui ne le jetait pas aux pieds de son mattre. Il ne vit que les conséquences de son péché ; ces conséquences le terrifièrent 9 mais au fond ne le rendirent pas meilleur. Il n*eut en Jésus-Christ ni plus de confiance, ni plus d'amour. Son cœur fut épouvanté, mais ne fut point brisé. Or, où il n'y a point de confiance, il y a encore incrédulité, et où il n'y a point de larmes d'amour, il y a encore froideur ou inimitié. La disposition de Judas se retrouve dans tous ces repentirs où l'on ne déplore le péché qu'à cause de ses suites fâcheuses, et où l'on ne pleure pas encore sous la croix. S'il était possible d'échapper aux conséquences d'une faute et de conserver aux yeux des hommes le même degré de considération, beaucoup de gens qui se montrent fort désolés de leurs péchés, se rassureraient bien vite et ne changeraient rien dans leurs rapports avec Dieu. Notre cœur est d'une dureté dont nous n'avons aucune idée. La cause de Dieu est la dernière qui nous préoccupe, et il faut un sentiment chrétien bien profond pour ne plus s'affliger du péché que parce qu'il afflige le Seigneur. C'est pourtant en cela que consiste la tristesse qui est selon Dieu et qui produit une repentance dont on ne se repent jamais. Avons-nous examiné nos repentirs à la lumière de Dieu? Nos angoisses de conscience nous ontelles fait faire un retour réel , filial à la croix de Christ «t par lui à son Père? Avons-nous, en un mot, été tristes «n vue de Dieu, ou en vue de notre honneur compromis?

Si

206 29 JUIN. [Oltt]

La Parole était aa commescement, la Parol« étail avec Dien, tteUtt Parole était Dieu. C'est en elle qu'était la vie, et la vie était il lumière des hommes. (Jean i, l» 4.)

La Parole est Jésus-Christ. Jésus-Christ est un ftwc son Père comme notre parole est une avec notre pensée. De même que nos paroles sont nos pensées révélées, Jésus-Christ est la lumière et la vie étemelles manifestées en chair.

Ce qui est dit de la Parole personnifiée en Jésus, peut aussi se dire de la Parole écrite, car les commandements de Dieu et ses promesses sont aussi étemels que son Fils. La Parole qui était au commencement est la vte, et c'est par la Parole écrite que nous espérûm avoir la vie. La Parole qui était au commencement est bhtmt^ et la Parole écrite est la lumière de nos sentiers. Toute âme qui veut vivre d'une vie divine et y progresser ne peut le faire que par la Parole, car c'est d'elle que jaillit la vie qu'elle cherche et la sève qui l'augmente. On trouve dans la morale humaine des notions du vrai, du juste, du bien, mais Tàme ne vit pas de notions, et la morale humaine , qui peut à quelques égalais nous éclairer, ne peut en aucun cas nous vivifier. Cela n'appartient qu'à la Parole vivante et efficace de Dieu: La recevoir dans son cœur et vivre pour Dieu est une seule et même chose. La lumière abonde où la vie abonde, notre jugement ne se rectifie , nos ténèbres ne s'édaî* rent, nos perplexités ne cessent que par nos communicatjoûs avec la Parole sainte. \\ i«vA lassdtox 4jâs&\ft^

[CLXXXT] 3 JUILLET. 211

se répand dans l'homme intérieur et fait crottre et avancer, pour la vie éternelle, tous les germes divins qui sont en lui. Dieu seul, il est vrai , voit ce qui s'affermit et ce qui est en croissance. Un vrai chrétien ne sait pas qu'il grandit; il conserve toute sa vie le sentiment de sa pauvreté spirituelle , mais parce que Christ est descendu ^ dans ce fond de néant, Dieu V affermit en Christ et fait I parvenir ce pauvre pécheur à létat d'homme fait et à la I msure de la stature parfaite de Christ, Laissons-nous '% affermir, et nous serons affermis ; jugeons en nous l'esj prit du monde, l'esprit du péché et tout ce qui résiste à Dieu. Quand Dieu aura main libre, il nous fera sentir Unfinie grandeur de sa puissance envers ceux qui croient^ il nous sanctifiera parfaitement, de sorte que toul ce qui est en nous y V esprit, Vâme et le corps, sera cmmvé irrépréhensible pour V avènement de notre Sei- Snwr Jésus-Christ.

ndl

Pères, n'aigrissez point vos enfants. (Éphés. vi, 4.)

Le meilleur système d'éducation est de n'en pas avoir. Il n'y a pas deux enfants qui se ressemblent, et si nous arrivons avec une méthode toute faite, il se trouvera que notre théorie sera ordinairement insoutenable au moment de l'application. Les circonstances atténuantes ou aggravantes sont si nombreuses que l'on est obligé, selon les cas qui se présentent, de modifier sans cesse les déterminations qu'on avait prises. Mieux vaut donc ne rien préciser d'avance. Le grand point dans l'éducation, c'est de rester mattre de soi-même et de ne point

rendu TÎsible ? Que serait j rharmonie que Dieu seul rei Son Esprit nous suit dans j dans les voies tortueuses du j dans risolement. Le même n nous offrant partout ce qui m notre âme. De même qu'un marche et couvert de poussière sous l'arbre qui lui donne ombra^ ainsi une Ame flottante et malheoi avoir trouvé le chemin^ la vérité ei reuse des voyageuses et des étrangèn ^ rons-nous donc du sentier des sikki rons plus d'un voyageur qui, après a sollicité, dirigé par un guide invisîbîe^^^^^ heurté et trouvé Im-mème. Et celui qw^^^ celui qui est gardé jusqu'à la fin. Un iw*^^ s'ouvre devant nous. En verrons-Dous la ^ un qui sera le dernier pour nous^ mais . ^ trouvé le repos de noire âme, si nou^ mard bon chemin, allons sans craipte et na qn Nos cheveuûû sont comptés ^ ôl nos main de rÉtemeL II n'y a plus de ( aime et qui est aimé; son t^mp§, elle qui nous domine, si nou5 (ivooi < Beconnaissons-iM>u$ que J<^m' < ' '^»

est notre délivrance ©l uolrt <v»» • ont espéré en lui; ik i Faisons-en de môoii rûmêdekglo^ i0/îfê du j

M wnuzsz

214 5 JUILLET. [mann]

raient au milieu de la mer. Qui crotnl JKm, «I ^fl( réconcilié acec lui^ sort de tout.

Ne vous arrêtez pas à l'homme, duquel le souffle est dans leiiarines; car quel cas en peut-on faire? (Ésale n, SS.)

Un souffle peut nous renverser ; un souffle pent renverser notre meilleur ami. Un rien aussi suffit pour renverser nos pensées, nos résolutions, nos affections naturelles. Ne comptons donc jamais sur nous» puisque nous sommes sujets à dés hausses, à des baisses, à des inégalités continuelles. Le caractère inégal est peut-être aussi ce qui nous fait souffrir le plus dans autrui; mais il nous enseigne à ne pas nou>s arrêtera V homme iùri le souffle est dans ses narines. La fidélité n'est qa'en Dieu. Confions-nous en l'Éternel à perpétuité, car U rocher des siècles est en V Éternel notre Dieu. Cherchons Dieu dans ses promesses, et appuyons-nous sur ces biens et sur cette miséricorde qu'il a déposés dans sa Parole. Les promesses de Dieu sont aussi des puissances ; rendons-nous plus indépendants des hommes et plus dépendants de Dieu, et nous ne serons arrêtés ni par ce qui est haut ni par ce qui est profond. Hais pour s'appuyer sur Dieu il faut une affection spirituelh* L'homme naturel ne peut point demeurer ferme, comM voyant celui qui est invisible. Passons donc par lapcftii étroite, dépouillons-nous de nous-mêmes, et les promesses de Dieu agiront. Ce dépouillement nous ouvrira tous les trésors de Dieu, nous sentirons que Celui qd '/ les promesses est /idèle. kxvYY^vvdA wy\M a^^f^iwi^

[CLXXXfUl] 6 JUILLBT. 315

9ur des roseaux cassés^ nous pourrons dire : Jf on Dieu est ma force. Donnons-nous à loi, et il se donnera à nous. Ces inégalités dont nous nous plaignons et que nous trouvons soit en nous, soit dans les autres, feront place à une force permanente en qui i7 n'y aura point demriationf ni aucune ombre de changement. Le monde passe, les hommes changent et notre cœur nous abandonne, mais prenons notre plaisir en VÉtemeU et il nous accordera les demandes de notre comr. Rompons avec nos mauvais soutiens, et ta joie de VÊtemel sera notre force. Les richesses et la gloire^ les biens permanents et la justice sont avec lui.

Ils n'ont point conna le chemin de la paii. (Rom. m, 17.)

C'est un spectacle bien douloureux que celui d'une ime qui n'a point de paix. On voit de ces visages sans joie et sans bonheur, qui n'osent pas avouer ce qui leur manque. Souvent même, plus on cache ce profond malaise de l'Âme, plus il paraît. On fait des efforts pour paraître content et en règle avec Dieu, et sous ces apparences trompeuses, il y a un ver qui ronge et qui n'est point tué. Les chagrins domestiques passent dans le monde pour être les plus durs à supporter, mais de naauvais rapports avec Dieu creusent le cœur bien plus profondément. Cependant cet état se prolonge souvent pendant des années, il dure quelquefois toute la vie. liés circonstances extérieures, l'Age, l'entourage changent, mais le fond ne change point : l'&m^ ne cxmwfl^^X fûm^ le chemin de la paix. Pourquoi se e,oihàs!av\2^^ ^

216 7 JUILLET. [axxnx]

vivre et h mourir ainsi? Quand Dieu heurte à la porte de notre cœur et nous dévoile, dans de certains moments décisifs, le véritable état de notre Ame, pourquoi refaser de changer? V(ms ne voulez point venir à moi jpovr avoir la me, disait Jésus-Christ. Certes nous ne pouvons pas nous donner la paix, mais nous pouvons du moins soupirer après elle ; nous pouvons nous abattre devant Dieu et lui dire : Seigneur^ tout mon désire^ devant toi et mon gémissement ne t'est point caehi. Mais on ne prie point, ou, ce qui revient au même, il n'y a point de vérité dans la prière. On ne veut pas rompre avec le passé, et Dieu ne peut pas nous y forcer. Mais ne désespérons de personne ; la repentaoce peut venir, les larmes peuvent couler, et un nouvel enfant prodigue peut retrouver les bras de son père.

Il leur donna paissance et aatorité sur tous les démons. (Luc ix, !•)

Cette puissance, cette autorité nous Tavons aussi, si nous croyons. Il faut si peu de chose pour qu'un mauvais esprit nous domine t Notre Ame se laisse enchaîner si facilement t Toute mauvaise disposition est un mauvais jesprit, et l'homme souffre tout entier quand l'esprit qui est en lui souffre ou qu'il n'est pas le véritable esprit. Souvent un rien, une crainte, une idée fixe, prend puissance et autorité sur nous et nous pout' suit jusque dans nos prières. Que ces mouches impôt* tunes ne nous effraient pas. Tous les démons sont e^" chaînés à la croix du Sauveur ; celle croix a brisé 1©^ sceptre et les a dépo\]^\\\és àe \^vw iax\av«^% T^^\tQC^^

[cic\ 8 luiuir. 217

nous en sQence au pied de cette croix quand les mau- Tais esprits Tiennent nous tourmenter. Nous aTons reçu fuiêmtuce ei autorité sur tout ce qui veut enchaîner notre Ame; ienons-naus ferme dans la liberté dans lafudie Christ nous a mis; croyons que Satan est écrasé sous nos pieds, résistons-lui et il s* enfuira loin de nous. Nous aTons des armes puissantes par la vertu de Dieu, four renverser les forteresses; que faisons-nous de ces armes T Les manions-nous comme un bon soldat de Christ î Gomment prions- nous? Gomment combattonsnous? Sommes-nous l'ennemi de nos ennemis , ou sommes-nous leur allié? Il est clair que nous n'aurons point de puissance, point ^'autorité sur Us démons^ si nous faisons cause commune avec eux ; mais si nous gémissons de nous voir captifs, si nous crions après notre délivrance ; alors courage, nous sommes déjà iibres, aussi véritablement que Gbrist est libre et qu'il i^e sur tous ses ennemis.

ton peuple sera on peaple plein de firanche volonté. (Ps. ex, 3.)

Une franche volonté est une volonté bien décidée, tine volonté qui sait ce qu'elle veut et qu'aucune puissance au monde ne peut forcer à vouloir autre chose. C'est un précieux trésor! Voilà des volontés comme Dieu les cherche pour sa cause et pour son règne. Malheureusement la volonté est ce qu'il y a de plua. malade en nous. Il y a des volontés endurcies dans le Baal, et l'homme naturel donnerait plutôt ses biens, sa stmté, sa ne, qu'il ne donnerait sa vo\Wi\è.^^ ^^v^-

218 9 JUILLET. [oa]

très volontés qui sont toujours flottantes ; elles veulent et elles ne veulent pas ; elles se donnent au plus offrant et sont toujours sous Tinfluence du moment. Si le peuple de Dieu était ainsi composé, ce serait un peuple de déserteurs, au jour où il s'agirait de marchirà enseignes déployées au nom de notre Dieu. Il y a d'antres volontés qui veulent, mais qui ne veulent que demain, et qui ne sont point décidées pour aujourd'hui. Tel était Félix. Demain, disait-il, une autre fois, qwmi f aurai la commodité^ je te rappellerai. Au lieu de dire tout net : Je ne veux pas, ces volontés disent : Je ne peux pas, ce qui n'est pas si cru, quoiqu'au fond ce soit la même chose. Il y a enfin des volontés qui, après bien des amertumes et des combats, arrivent à une conclusion et se décident pour Dieu. C'est une volonté ainsi disposée que Dieu donne quand on la lui demande avec sérieux, et ce n'est qu'avec elle qu'on peut conduire les guerres de l'Éternel. Faisons une étude sérieuse de notre volonté. Que voulons-nous? Quand voulons-nous? Pour qui voulons-nous? La force du péché, aussi bien que la force de la grftce réside, quant à nous, dans la volonté.

Mais il leur répondit : Toute plante que mon Père céleste n'a poiat plantée, sera déracinée. (Matth. xv, 13.)

Quelles sont ces plantes? Elles sont bien diverses et

bien nombreuses : c'est en général tout ce qui est na*

ture, affaire de chair et de sang, tout ce que nous tirons

de nos propres forces. La grâce seule a des racines

éternelles et produit de ces atbtç^s cp\ rei\dA\il\«w \r»^

[acrrj 12 juillet. 223

nous-mêmes, nous nous mettons sous le joug de nos moindres caprices. Plaçons notre cœur dans sa direction normale ; tournons-le vers Dieu, convertissonsnous. Quelque chose que nous fassions, faisons-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, non pour nous-mômos. Cette consécration de nolre.cœur et de notre vie est aussi la source de Vallégresse et des chants de joie. Servir Dieu est la seule chose qui donne du prix à notre existence. Dans ce service se déploient nos vrais besoins et nos vraies joies. La recherche de nous-mtoes nous fait dépérir, le service du Seigneur est la meilleure médecine d'une âme malade, et le meilleur retour à Vallégresse, Mais avant de travailler pour le Seigneur, laissons-nous travailler par lui. Il faut à la bonne semence un sol bien labouré ; il faut au service de Dieu un cœur bien préparé. La vie chrétienne ne commence point par les œuvres, elle commencé par la faim et la soif de la justice. On ne sera jamais qu*un automate ou qu'un mercenaire, si l'on fait des œuvres avant que le Seigneur ait fait son ®uvre en nous. Ce n'est pas qu'il faille attendre, les bras croisés, qu'on ait été rendu capable de faire quelque chose ; le Seigneur nous prépare, en nous ouvrant les yeux sur notre vie journalière. Laissons-le venir à Dous quand nous sommes sans témoin ; il nous indiquera les vrais côtés pour nous rendre propres à son service. Avançons sans lui résister, et notre activité pi'endra un autre caractère. D'un cœur sans joie et sans bonheur sortira une allégresse nouvelle; il y a des chants de joie que les larmes ni les ingrats ne çeuveut feire cesser.

iH 18 JtlLLET. [OCl]

La femme peut-elle oublier son enfant qu'elle allaite, elD'avoirpM pitié du fils de ses entrailles? Mais quand les femmes lesaonieit oubliés, encore ne t'oublierai-je pas, moi. (Esaïe XLix, i5.]

Une mère sauverait son enfant des flammes et Tamcherait de la gueule d'un lion ; et ce n'est là qu'one faible image de la tendresse du Seigneur à notre égard* S'il nous voit souffrir, il souffre bien plus; s'il nous voit pauvres et misérables, il a des soupirs que nous ne pouvons exprimer et que lui arrache son éternel amour. Si nous avions deux yeux bien ouverts et un cœur qai ne fût pas un rocher, nous verrions que ses comfos^ sions sont toujours nouvelles, et que sa fidélilé est ton* jours la môme. Repoussé, maltraité de toute manière, il se tient cependant à la porte de notre cœur et frappe ; ses mains sont étendues dès le matin vers un peuplerez belle, mais qu'il veut recueillir som ses ailes comme une poule recueil^ ses poussins. Il est jaloux de nos faveurs, lui qui n'en a point besoin, et nous crie : Israël, n^ m'oublie point ! Quand, au lieu de pitié, il reçoit de nous de nouveaux outrages, il se met encore à nos pieds, Lui, le maître du monde, pour nous laver et nous purifier, et pour nous répéter avec persévérance : Monen* fant, donne-moi ton cœur, et que tes yeux prennent garde à mes voies ! Il y a une joie qui lui est proposée et qui est éternelle comme lui : nous seuls lui manquons pour que cette joie soit parfaite. Nous connaîtrons TeD* fer quand nous connaîtrons notre ingratitude, et nous coDDaîtrons le ciel quand nous conn^\\t^tySi\^ ^^kq^^

CXailJ 11 JUILLET. 221

îaux qui coulent sous terre et qui n'en coulent pas Doins; ne nous tâtons pas sans cesse, ce que nous sentons D*est pas toujours la vérité. Tenons-nous-en i ce que Christ nous a acquis avec abondance et pour l'éternité.

Je connais an homme en Christ, qui fut ravi jusqu'au troisième ciel. (2 Cor. xii, 2.)

Nous passons souvent bien machinalement sur des expressions scripturaires bien riches, bien profondes, et qui pourraient nous ravir jusqu'au troisième ciel. Telle est entre autres l'expression : être en Christ. Nous signons souvent nos lettres : Votre dévoué en Christ; nous rendons-nous compte alors de ce que nous disons? Un homme en Christ est premièrement un éluy on de ceux que Dieu, avant la fondation du monde, avait vus et tenus pour justiQés, sauvés et glorifiés par l'amour de Christ. Sommes-nous certains d*être des hommes en Christ ? Quand on a cette assurance, on est du nombre de ceux qui croient en Jésus-Christ et qui l'ont reçu comme la lumière du monde et la vie éternelle. Un homme en Christ est donc, en second lieu, un homme uni à Christ par un lien que rien ne peut détruire et qui unit son âme à celle du Sauveur aussi intimement que le Fils est uni au Père. On peut dire : Christ est ma vie, ce n'est plus moi qui vis. Là où ce lien existe, il y a aussi croissance et sanctification. Un homme en Christ est donc aussi un homme en qui Jésus se glorifie de plus en plus, qu'il déçouvlte de sacotsr duitejpréc^denteetqa'û revêt de la nalure à\\iW^>^\î^

chéj la vue de nos péchés nous ôtera tout courage, elle pourra même nous jeter dans le désespoir : et si noos ne nous rappelons pas que nous vivons à Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur, nous perdons le stimulant le plus actif de la vie chrétienne. Les crucifiés de Christ se demandent sans cosse : Ma vie est-elle à Dieu? L'Esprit de Dieu ne tolère plus de faux repos, plus un atome d'égoïsme dans le cœur uni à Christ. Les deux conseils de saint Paul sont le fondomenl do notre espérance et de notre avancement spirituel. Le péché est tué pour nous, quels que soient nos souvenirs et dos tourments; notre véritable vie est en Jésus-Christ; elle appartient à Dieuf Dieu la fera croître. Dieu la protégera ; ce que Dieu possède, personne ne le lui prendra.

La prudence de l'homme relient sa colère, et c'est son honneur que de passer par-dessus le tort qu'on lui fait. (Prov. xix, H.)

Qui ne connaît les blessures de Tamour-propret Quand pourrons-nous enfin supporter quelque cboseî La propre justice est susceptible, et rien ne sert de montrer un visage chrétien, si Dieu voit au dedans de nous un homme qui relient à peine sa colère. Cependant on est bien clément envers nous, tant qu'on ne nous cloue point à une croix ; le serviteur nest pfl^ plus grand que le m,aître ; considérez bien Celui qui ^ souffert une si grande contradiction de la part des f^" cheurs ! Jamais le cœur ne se montre si subtilement rusé que quand on nous fait tort et que l'amour-propr^ blessé cherche à nous persvxaâi^t c^^ \i^xs& \ife ^vixons

[ciCYinJ 16 jcnLLET. 227

point passer par-dessus TofTensc qui nous est faite. Noas nous persuadons quo, dnns Tintérùt même do celui qui nous a blessé, il nous imftorte de lui faire sentir son injustice. Il est vrai que le Seigneur a dit : Si ton frire a péché contre toi, reprends-le, mais il a dit aussi : Bénissez ceux qui vous maudissent, et s*il est déjà si difficile d'oublier, il est plus difficile encore de bénir. Il est plus facile peut-être à un martyr de prier pour ses bourreaux, qu'il ne l'est à un chrétien ordinaire de passer par-dessus une bagatelle. Un mot piquant, un petit manque d'égards, un visage un peu froid, sont des souffrances plus grandes qu'on n'ose se l'avouer. Que de prétentions n'avons-nous pas quand nous taxons nos droits ! et que de raisons subtiles ne trouvons-nous pas pour nous soustraire aux mêmes droits, quand il s'agit des autres I II y a prudence de retenir notre colère et honneur de passer par-dessus le tort qu*on nous fait. L'occasion de montrer de la magnanimité est rare, mais celles de montrer un esprit de support et un cœur libre de toute amertume sont journalières. C'est cependant la seule disposition où le chrétien puisse vivre sans interdit et sans que ses prières soient interrompues.

Jésus lear dit : Si vous étiez aveugles, vous n'auriez point de péché, mais maintenant vous dites : Nous voyons ; c'est à cause de cela que votre péché subsiste. [Jean ix, 41.)

Pour qui Jésus-Christ est-il la lumière du monde ? Ce n'est que pour ceux qui reconnaissent leur aveuglement et qui soupirent après une délivrance. Mais pour un aveugle gui se reconnaît tel, il y en a mille autres dont

228 16 JUILLET. [cxcrm]

les ténèbres deviennent toujours plus épaisses. Ce soHt ces chrétiens qui savent -tout, qui connaissent tout et auxquels on ne peut plus rien dire de nouveau , nais dont l'indifférence grandit, dont la volonté s'endurcit, de façon que leur connaissance, loin de leur servir, est leur plus grand obstacle. Ce n'est point sur les têtes qoe Jésus-Christ veut régner, c'est sur les cœurs et sar notre vie intime. Mais il y a un aveuglement plus dangereux, encore que celui des gens du monde ou que celui d'une foi morte : c'est celui des chrétiens réveillés. Vous trouvez des chrétiens qui, parce qu'ils ont un commencement de grâce , croient avoir le monopole de la vérité. Ils ne reçoivent rien, ne reconnaissent rien , et leur raideur est à leurs yeux un enseignement de Dieu. Ce sont encore des hommes dont les péchés demeurent jusqu'à ce qu'ils s'humilient et que la vraie lumière leur arrive. Il y a enfin un aveuglement qui peut être celui d'une âme sincère. Le cœur est un gouffre dont la profondeur ne nous est pas manifestée d'un seul coup d'œil ; nous ne supporterions pas la vue de la vérité entière, mais quand le cœur est droit , les découvertes se multiplient, et dans dix ans nous nous étonnerons de notre aveuglement d'aujourd'hui. La lumière luit dans les ténèbres, pour qui que ce soit ; Dieu fournit à chacun des occasions de voir clair sur lui-même. Une ignorance grossière, sans connaissance de Dieu, de sa Parole, de son salut, n'est pas encore de l'endurcissement. Si les Pharisiens avaient été aveugles ainsi, 1/5 n* auraient point eu de péché; mais voici la cause de la condamnation^ c'est que la lumière est venue dans le monde, et que les hom" mes ont mieux aimé les ténèbres quie la lumière, parce

[aaxj .17 JIHLLET. 229

gue leurs œuvres étaient mauvaises. Que faites-vous des lumières qui vous viennent et qui sont à voire portée ? Le serviteur qui a connu la volonté de son maître, et qui n'aura pas fait cette volonté, sera battu déplus de coups que celui qui ne Va point connue et qui a fait des choses dignes de châtiment. Il sera beaucoup redemandé à quiconque il aura été beaucoup donné; et on exigera davantage de celui à qui on aura beaucoup confié.

n JUILLET.

Approchons-nous delni avec un cœur sincère, et avec une confiance pleine et parfaite. (Hébr. x, 22.)

Le cœur n'est pas toujours sincère, et encore moins ^confiance est-elle toujours jofctnc et parfaite, au mo- Dïent de la prière. Une mauvaise disposition qu'on laisse entrer dans la prière, est déjà un manque de sincérité. 1^0 parti déjà pris, au moment où l'on demande conseil à Dieu, est encore un acte d'un cœur qui n'est pas sincère. Toutes les grâces qu'on demande et qu'on re- ^berche sans faim et sans soif de les obtenir, sont aussi ^^s prières qui ne sont pas sincères. Mais le manque de Confiance est encore plus fréquent que le manque de Sincérité. On prie au hasard ; on ne rejette pas Tusage ^6 la prière, mais on n'y compte pas trop non plus. Hé- '^'iter ainsi, c'est être semblable au flot de la mer, et se l^river soi-même du résultat de la prière. Ces hésitations paraissent surtout dans les situations difficiles ; on peut ^:>rier avec foi un jour ordinaire; l'âme est fortifiée, re- Vempée ; mais dans les grandes perplexités ou dans les luttes contre notre nature, la confiance pletue ti <çaT^a\l.^ ^ou8 abandonne trop souvent. NousTeç^^YÔLQîWàW^^i^-

ÎSO 18 JUILLET. [ce]

i u'.ii- drs I ho>v>, noilsno repardons pas à la toute-puiss. Ti i J.i D.i-.i. S.«:i\rnt nu>si on entre en prière sans ;\.'.r .1 >i:.î..p.i' i>j«ril tli- la prière; on est préoccupé, .-.^sir. t ; !\n V.? >v iw j-.'inl alors à des |)ri6res faites dans nn i >]rA m n!l''...liio : on li s i ruil irop mauvaises pourêlre d:*:noN d'{\?c c\:i\\cvr>. Mni> Unis ces états sont moinsi «:,.ir»:iv <;■;;• /'.nttTTU} lu»» dr5 rapports avec Dieu. Un !'.':;. 1-.»^ q.w \ :n w):\ ^. lU toujours mieux qu'un homme s\.\. V..' : :;.^ •...>, o:: iV.v. pour prier, veut attendre qu'il v,\; !^. r, .I.n;;v. . ^i.î i^î-oo qui doit dtmner la disposition tii' .,. ;■: :;' :\ ' T.:-^ ri\ si que la prière. Pour arrivera p.>vNr,i, ; ;. ; .«.y;, < . ^'r ct i/ur fow/îflwrf /)/f IM* f( jwf- ?j.«, . i I, ;;: ..: ^^. y .irr. chercher, heurter; Dieuesiricht iWi- i,v.> ,\;.: ^•.., ' ; .vo:jucht.c\ il est près de ceux q^i I *-;:\\;,.. s . ; ï\ - .; . P;:.:v. 7. ^oîre cœur à Jésus-Chrisl, * »'ni :.x ;..,. , ;• ;v.;\. :; i:\ y;r: ndr^? à prier et de triom* \Aw\ d/ j,\;;/ ::;,:, ;\, :>.^ v^^s: :silion.

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