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[CCl] 19 JUILLET. 231
une belle morale, qu'on vous pnrlc ëloquommonl dos devoirs chrétiens , sans vous indiquer la source où se puise la force de les accomplir, on ne vous a pas présenté la vraie morale ; dans l'un et dans l'autre cas on a tenté de vous faire cueillir des raisins sur des épines ou des figues sur des chardons. Il faut la vie, et la vie est en Jésus-Christ; Jésus-Christ est le dogme personniHé et la morale personniGée. Saint Paul ne veut savoir autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié : voilà le dogme do saint Paul ; mais dans ce dogme est aussi la moraje de saint Paul, car le môme apôtre dit : // est mort pour tous, afin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes^ mais pour celui qui est mort et ressus" cité pour eux. Notre foi est de l'histoire ou de la morale en action ; si Ton vous donne autre chose , n'y croyez pas.
Je connais tes œuvres; tu n'es ni froid ni bouillant. (Apoc. m, iK.)
Qu'est-ce qui rend tiède ? car c'est là l'état que le Seigneur signale dans ce texte. Si nous allons au fond du mal, nous y trouverons toujours ou un manque de droiture ou du relâchement. On essaie de faire croire à Dieu qu'on vient, quand on ne vient pas; qu'on veut, quand on ne veut pas ; qu'on lui donne, quand on ne lui donne pas. Ayons nos yeux ouverts sur nos rapports réels avec lui, et conservons le mystère de la foi dans une conscience pure ; de cette manière nous ne tomberons pas dans le laodicéisme; mais ce sont aussi nos relâchements qui nous rendent tièdes. Il s'infiltre dans Vàme uvv ^s^\\V. ^^
232 19 JUILLET. [ca]
paresse qui vient de Taffection charnelle, et une fois envahis par cet esprit, nous nous relâchons pour tout, et nous devenons tièdes comme les Laodicéens. Ce relâchement se fait sentir d'abord dans la prière ; elle se rempUtde pensées errantes, de désirs vagues, et le goût des choses divines diminue. De la prière , ce relâchement gagne la foi à la Parole. On ne s'intéresse plus à ce qu'on lit, on ne croit plus, on est trop plein d'autre chose. Et quand l'influence de la prière et de la Parole de Dieu déclinent dans l'âme , les pratiques religieuses se refroidissent bientôt aussi et deviennent des œuvres mortes. Ne nous étonnons pas si, en nous affaiblissant ainsi spirituellement, nos rapports avec le monde souffrent aussi et nous attirent peut-être des désagréments. Mais au lieu de nous en prendre à nous, à nos manques de droiture intérieure et à notre paresse spirituelle, nous incriminons les circonstances ou les personnes qui nous entourent. La tiédeur est aussi la source de la mauvaise humeur, des caprices, des mésintelligences, et, à la longue, des interdits. C'est un opium dont la moindre dose peut énerver et rendre impropre à toute bonne œuvre. Surveillons-nous donc bien à cet égard ; le vrai chrétien ne se sent jamais si malheureux que quand il se sent tiède; c'est un bienfait de l'Esprit de Dieu, que ce malaise; ne laissons point diminuer ces mouvements de l'Esprit, sachons nous procurer quelques moments de recueillement , jetons-nous tels quels dans la prière ; si la prière se rétablit, tout se rétablira avec elle, la ferveur reviendra , car les ruisseaux de Dieu sont pleins d*eau.
[CCnJ 20 JUILLET. 23S
Heoraax celai qui prend son plaisir en la loi de rËlernel ; tellement qu'il médite jour et nuit en sa loi. (Ps. i, 2.)
La méditation est cet intérêt du cœur qui nous fait chercher, creuser et nous appliquer tout ce qui regarde la vie et la piété. C'est par la méditation de la Parole sainte que nous sommes rendus participants de la nature dimne; l'Ame s'amaigrit , si elle n'est pas nourrie suffisamment de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Une méditation sincère de la Parole de Dieu peut avoir deux résultats. Tantôt nous sommes fortifiés et nourris par un passage isolé, qui, comme une flèche de Dieu, entre dans la conscience, ou par une de ses glorieuses promesses. Tantôt aussi, ce ne sont pas des passages isolés qui agissent sur nous, c'est l'ensemble et en quelque sorte l'air que nous avons respiré. Ne nous tourmentons pas si, après avoir lu un chapitre avec une âme bien disposée, nous n'emportons dans notre mémoire aucune impression distincte de ce que nous avons lu ; nous avons reçu une bénédiction générale et comme un bain spirituel. Dans le courant de la journée, dans une occasion quelconque, YEsprit de Dieu nom remettra en mémoire ce que nous croyons avoir oublié ; il y a de ces traits de lumière, de ces impulsions divines qui viennent de l'Esprit qui surveille la parole reçue. Cela peut arriver de jout ou de nuit, et plus ces expériences se multiplient, plus on prend plaisir à méditer cette loi sainte qui, en se communiquant à notre Ame et à notre yolonté, nous fait croître, comme un arbre (\aiiU '(frà%
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[GQV] 22 JUILLET. 235
Pauvres idoles du cœur, que devenez-vous, quand poiir nous rassurer il faut un rocher et une liaiile retraite ? C'est alors que Ton sent quon a fait deux maux, Vun datoir abandonné la source des eaux vives, et lautre de s être creusé des citernes, mime des citernes crevassées, qui ne peuvent contenir les eaux. Que cet aveu, du moins, nous conduise à n'avoir nul autre au ciel qut Dieu, à ne prendre plaisir sur la terre qu'en lui.
Je me lëverai et m'en irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, jVipécbé contre le ciel et contre toi. (I.uc xv, 48.)
Le premier péché de l'enfant prodigue fut de quitter la maison de son père; il le reconnaît; ses autres égarements ne furent que la conséquence de ce premier. La repentance est vraie dès qu'elle remonte à la vraie source de nos misères. S'il est tant d'existences qui ne peuvent arriver à la paix, c'est parce qu'on refuse de confesser ce qu'il faudrait avant tout reconnaître. On se sent fautif, on avoue volontiers toutes sortes de loi'ts particuliers, mais on repousse la véritable humiliation. Le péché initial n'est pas encore reconnu. 11 y a souvent dans notre vie tel fait, ou dans notre nature déchue tel côté, qui ont amené peu à peu toute une suite lia misères, et que malgré cela on ne veut pas voir. La conscience, si nous l'écoutions, nous le dirait clairement, et l'Esprit de Dieu aiderait la conscience. Bienheureux ceux qui jugent V esprit de fraude, et qui en viennent à une bonne rupture avec eux-mêmes I C'est Tunique chemin de la paix ; ce pardon du père, cette
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réintégntion <ie Reniant prodiene dans Ift fimfflft <pi avait délaifflée, est l'iTenir «fane Âme quia pas'bai' lier 1 fond, et t;!!!!. m iea les misérables lambeiaxdt la justice propre, .1 trouvé Tine vie re£ailepargriee(l one éternité de pardon et «le joie.
Noos «yoDs qne le FOs ie Dieu 4st vena, et il nous a âamnàrwi^ Licence pour coniuilie le vrai Dieu 1 Jiean t^ 20.)
Un aveoeie ne pent point parier des couleors, cto^ homme ordinaire ne peut point dire gttîZ emumi 2^ vrai Dieu. JM ne ment au Père, dit Jésas4Ihrist, f^ par mai. C'est le fiU de Dieu qui nom dtnme eeiU im — leUigenee spirituelle qui, seule, nous ouvre les yeo^^ C'est Torgane de Thomme nouveau et comme un axièift^ sens, qu'on ne peut décrire à personne. Cest de ce do^* du Saint-Esprit que vient l'évidence de la foi: quand 0^* le possède on ne raisonne plus, on possède et on pri^^ 11 7 a de i?rands disputeurs que personne ne peut coa-^ vertir ; tous les arguments du monde ne les feraient pa^ avancer de la largeor d'un cheveu. Il faut que h Fihf^ Dieu tienne et quil donne à ces hommes Fintelligei^^ pour connaiire le vrai Dieu. Mais tout n'est pointfni qaand on a cette intelligence, elle pent se fausser. On peut tomber dans des bizarreries et dans des obscurités partielles si Ton s'éloigne de la simplicité qui est ^ Christ. Une imagination désordonnée, un tempérament passionné ou une dose d'orgueil spirituel, peuvent td- ^Êmmi troubler la clarté intérieure, qu'on ne comprend ^^^to ga'un enfant compteuàtàx, ^\ ^^> » cwjf»»^
[CCn] 24 JUILLET. 2S7
ng^t on redevient fou. Pour les commençants comme ^^\ poar les avancés, la grAce est la grâce ; nous ne la produisons pas, nous ne la méritons pas, et dès qu'elle nous devient ordinaire, elle n'est plus la grâce. Un ayeugle-né qui s'imagine marcher dans la lumière, est on triste spectacle ; mais une intelligence spirituelle qui se fausse parce qu'elle est mal entretenue, est bien plus douloureuse à rencontrer. C'est un véritable jugement de Dieu.
Jésos leur dit : Ma noarritare est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre. (Jean iv, 34.)
Notre vie, notre pardon, notre éternel salut viennent de la bonne volonté de Dieu à notre égard. Si Dieu se manifeste à nous, c'est par bonne volonté ; s'il nom donne lanourriture avec abondance et qu'il remplisse nos cœurs de joie^ c'est par bonne volonté encore ; car personne ne peut rien recevoir s*il ne lui a élé donné du ciel. Le secret d'être heureux, c'est d'entrer dans la bonne volonté de Dieu et d'en faire la nôtre. C'est ce qu'a fait Jésus-Christ. Il ne cherche point sa volonté^ mais il cherche la volonté du Père qui Va envoyé. On peut faire trois usages différents de la volonté de Dieu. Les uns la repoussent insolemment et s'endurcissent dans le chemin de la rébellion; d'autres l'acceptent dans un esprit légal, sans joie, sans amour, et en s'y résignant après toutes sortes de murmures ; d'autres enfin, après avoir goûté combien le Seigneur est douxy entrent dans l'esprit de Christ et font de cette volonté
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leur nourriture. Quand Tâme est pleine, quand ses besoins sont satisfaits, quand la foi prend Je nouvellet forces et que les ailes lui reviennent, comme aux aigles, c'est qu'on a eu le courage d'entrer dans la volonté de Dieu, sans transiger. Etre persuadé que la volonlé de Dieu peut seule nous rendre heureux, ne sert à rien pour nous dépouiller de notre volonlé propre. 11 faul combattre, et résister jusqu'au sang, en combattant cof^ tre le péché; car si nos pères, selon la chair, nous m châtiés et que nous ayons eu du respect pour eux, ne se rons-nous pas beaucoup plus soumis au Bèredes esprits pour avoir la vie ?
La colère de Dieu se déclare du ciel contre toute impiété i injustice des hommes, qui retiennent injustement la véri captive. (Rom. i, i8.)
La colère de Dieu n'est pas autre chose que Ténerg de sa justice. Dieu ne serait point Dieu, si ses jug menls ne se déclaraient du ciel contre toute impiéi contre toute injustice, et surtout contre ceux qui su^ priment injustement la vérité. Le dieu du monde est i dieu plongé dans la mollesse et dans l'apathie ; le Di( vivant et véritable rugit, rompt les arcs, brise les lam et brûle les chariots par le feu. Ceux qui se révolte quand on leur parle de la colère de Dieu, prouve qu'ils sont eux-mêmes sous le poids de celte colère, qu'ils luttent en vain contre l'aiguillon. La colère Dieu n'a pas toujours un caractère éclatant, elle agit so vent d'une manière cachée et silencieuse. Si vous vo appliquez à étudier les cœurs, vous trouverez souvc
(P. [CCVn] 25 JUILLET. 239
fV f des hommes qui ne se plaignent pas, qui continuent à di vaquera leur besogne, mais qui portent awc eux quclliji'i que chose qui leur pèse et qu'ils ne |)euvont enlever. m C'est la colère de Dieu. Le soleil se lève, le soleil se 3';} couche, et le fond de leur ûme reste le môme, la vraie î ni réconciliation leur manque. Dieu voit loules sortes (ïim- \\ï fiétés et d'injustices, et parce qu'on relient la vérité if» captive, ses jugements avancent en silence et sont tfx comme un feu qui couve sous les cendres. Les méchants ^^|? ne subsisteront point en jugement, ni les pécheurs dans 'à tassemblée des justes. Cela se voit dès à présent. L'homme sur qui demeure la colère de Dieu, ne subsiste point quand il rencontre sa conscience, quand il est dans une réunion d*enfants de Dieu ou qu'il doit prendre part à un entretien religieux. Ses traits ont quelque chose d*inquiet, ses yeux se tournent vers la porte, il serait heureux de pouvoir s'échapper. Mais Dieu n est-il Dieu que de près? N est-il pas aussi Dieu de loin? Prenez les ailes de l'aube du jour et allez demeurer à l'extrémité de la mer, la colère de Dieu vous y suivra. C'est pourquoi soyons réconciliés avec Dieu. Il vous donne un Sauveur, mais il faut aller à lui comme un homme perdu. Mettons-nous sous le glaive de la loi, et quand nous nous serons jugés nous-mêmes, nous ne serons point jugés par le Seigneur. Dieu ne veut point la mort du pécheur, il veut qu'il se détourne de son mauvais train et qu'il vive.
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240 36 JUILUT. [ccm]
Celui qui n'aime point, n'a point connu Dieu, car Dieu est amoar. (l Jean iv, 8.)
Connaître, c'est aimer; qui ri aime pas, ne connais rien. En religion nos idées ne sont pas des connaissances ; les idées les plus justes sut Dieu ne nous rapprochent point de lui ; nos yeux ne sont ouverts que quand nous éprouvons que Dieu est amour. Quand noas aurons trouvé les traces de Dieu dans les souffrances de notre nature, dans nos larmes et dans nos abtmes, quand Dieu lui-même nous aura parlé et nous aura consolés de sa bouche, nous pourrons dire que nous le connaissons. Toute autre connaissance n'est qu'erreur et illusion. 11 y a des hommes qui s'enferment dans leur cabinet et qui font de superbes dogmatiques ; mais quand on les aborde, ce sont des êtres arides, on sent sur-lechamp qu'ils ne se nourrissent que de poussière. Qu\ n'aime 'point n'a point connu Dieu^ quoi qu'il dise oi quoi qu'il écrive. Plaçons-nous en idée dans un paradisj entourons-nous de toutes les merveilles du monde, prêtons l'oreille aux concerts des anges, si notre cœur es sans amour, nous ne connaîtrons rien, la clef d'or nouî manque, elle n'est donnée qu'à un cœur rendu capabk d'aimer. Pour comprendre Dieu, il faut nous résoudrai nous donner à lui. L'amour est le sacrifice de nous mêmes ; c'est en ceci que consiste V amour y que Christ i mis sa me pour nous. Étudions l'amour sous la croix et apprenons à renoncer à nous-mêmes. Donnons-noui à celui qui s'est donné à nous, et nous le connattroDi