‹ L'année Chrétienne; ou, Une parole sainte; méditée pour chaque jourChapitre 18 sur 28 · COX] S7 JUILLET. S · texte numérisé non relu

COX] S7 JUILLET. S

d'uDe manière divine. Au lieu d^idées nous aurons des

réalités, et au lieu de définir Dieu, nous en posséderons

un qui sera notre retraite^ qui nous garantira de la dé-

; tresse et qui nous environnera de chants de délivrance.

Ne te laisse point surmonter par le mal, mais surmonte le mal par le bien. (Rom. xii, 21.)

I Le réveil et Tavancement chrétiens sont une affaire de ' combats. Il s'agit de repousser une vie passée, et de revêtir une vie nouvelle, et ces deux vies sont opposées hne à Vautre et ont des désirs contraires Vune à Vautre ; tout dépend alors de ces moments de crise où les deux volontés s'enlre-choquent et où Tune des deux aura nécessairement le dessus. Pour bien combattre et pour ne point nous laisser surmonter par le mal, n'attendons pas le moment du combat. Souvent on est déjà sous une mauvaise influence , quand les occasions qui peuvent nous faire tomber se présentent. Il faut nous préparer d'avance, et nous faire un esprit bien discipliné. Les athlètes, avant d'en venir aux mains les uns avec les autres, s'y préparaient par un régime particulier et en ^aitant durement leur corps; faisons-en de même dans 'ïolre vie chrétienne. Nous devons bien connaître nos penchants dominants et les mouvements intérieurs qui. Plus que tous les autres , peuvent nous jeter dans le péché; ayons l'œil ouvert sur eux et gardons-nous de tout Ce qui pourrait réveiller ces lions qui dorment. Surveillons notre disposition générale ; soyons sobres, posséianê'fiaui en toutes occasions ; si les ioxe.e.% ^^ \i^\:^^

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ftme sont maintenues dans Tactivité, nous aurons beai coup plus de pouvoir moral au moment où il faudi combattre. Le péché aura perdu son aiguillon , et noi manierons avec une plus grande assuranceles armes do Dieu nous a pourvus. Cependant ne comptons pas si nos préparations; la grâce seule soutient et donne victoire. Le bien par lequel nous surmontons le m c'est le bien qui nous sera donné, ce n*esl pas le bii que nous aurons produit. Mais si nous y apportons to nos soinSy Dieu y apportera aussi les siens ; de cette ré nion naîtra le triomphe.

Jetterais-ta les yeux sur ce qui bientôt ne sera plus? car, cerlai ment, il se fera des ailes; il s'envolera aux cieux comme un ai; (Prov. XXIII, 5).

Nos yeux s'arrêtent sur bien des choses, et qug rÉcrilure dit nos yeux, elle dit aussi notre mémoi notre cœur, nos convoitises; et toules ces choses, pri au point de vue de Téternilé, ne sont que des vanil Elles se feront des ailes, elles s'envoleront comme aigle. Si nous y tenons trop, nos regrets n'en ser que plus amers. Usons donc de ce monde comme n usant pas; servons-nous de toutes choses, mais ne n rendons esclaves de rien. Je suis crucifié avec Chr disait saint Paul; heureux ceux qui le sont ! Les âi les plus heureuses, sont les Ames détachées du mon Quand on a renversé les grandes idoles , les petites r tent encore : le vrai détachemonl nous manque plus < nous ne le pensons. On donne, et l'on voudrait gard ce que Ton donne aujourd'hui, on est tenté de le

[CCn] 29 JUILLET. 243

prendre demain. Nous donnerions plus volontiers ce qui est à nous , si nous nous donnions plus volontiers Dous-rnêmes. Saint Paul dit des églises de Macédoine, au sajet d'une coniribulion qu'elles avaient faite pour les pauvres chrétiens de Jérusalem : Ils n* ont pas seuleinent fait ce que nous avons espéré d'eux, mais ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur. Ce premier sacrifice rend tous les autres faciles. Pourquoi sommes-nous si tenaces quand il s'agit de nous donner? C'est que nous ne comprenons pas nos véritables intérêts et que nous ne voulons pas les comprendre. Le Seigneur se charge de remplir la place que nous lui faisons, et sans aucun doute, ce qu'il nous donne vaut mieux que ce qu'il reçoit de nous. S'il nous en coûte de ne pas jeter les yeux sur ce qui bientôt ne sera plus, consultons un moment nos besoins inlimes. Il nous faut plus que des biens qui se font des ailes et qui s envolent aux deux comme un aigle. Donnons donc sans balancer nos perles ordinaires pour la perle de grand prix, pour celte bonne part qui , une fois possédée , ne peut être ravie.

ODieo, sois apaisé envers moi. qui suis pécheurl (Luc xvni, i3.)

Rien de si complet que cette courte prière. C'est le cri d'une âme malheureuse que le sentiment de sa misère pousse à la prière; mais il faut que ce sentiment ne se renferme pas en nous, il faut qu'il monte à Dieu, qu'il soit un lien entre nous et lui ; car le vrai lien entre notre bue et Dieu n'est point un sentiment de satisfaction,

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c'est un sentiment de dépendance, de pauvreté absolue et de culpabilité. Le cri du péager est le cri d'une âme à qui toutes les autres choses échappent, et qoi donnerait volontiers toutes les autres choses pour Dieu. C'est qu'en effet ce qui forme en nous de vraies prières c'est le sentiment du prix de la paix de Dieu , et la faim et la soif d'obtenir ce bien suprême. Mais pour le posséder, il faut préalablement nous juger nous-mêmes comme le péager. Sa prière est un cri de repentance. Une âme malheureuse n'est pas toujours une âme brisée; pour pouvoir prier comme le péager, il faut que les convoitises, que l'amour-propre, que tout le vieil homme ait reçu un coup de mort ; ce n'est que de la repentance que sort aussi la confiance. Le péager sait à qui il s'adresse; c'est à ce Dieu qui ne brise point lero* seau froissé, et qui n éteint point le lumignon quifu0 encore. Dieu ! sois apaisé, veut dire aussi : Éternel^ tu es pitoyable, miséricordieux^ lent à la colère et abof^' dant en grâce. Tu ne contestes point à perpétuité , et tm ne gardes point ta colère pour toujours. Tu ne nous fa^^ point selon nos péchés , et tu ne nous rends point sel0 nos iniquités. Où il y a repentance , il y a aussi confiance, et dans la confiance il y a déjà pafx, renfort d'amour, sanctification. Le péager n'avait que le temple» nous avons la croix de Jésus-Christ ; tous les éléments de la prière du péager seront doublement clairs, forts et agissants, si nous pouvons dire sous la croix du R<Sdempteur : Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur l

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Mon âme, pourquoi t'abats-tu, et pourquoi frémis-tu au dedans de moi? Attends-toi à Dieu, car je le célébrerai encore; il est la délivrance à laquelle je regarde; il est mon Dieu! (Ps. XLii, ii.)

Il faut si peu de chose pour no\is abattre et pour nous faire frémir! Et quand nous sommes abattus, nous croyons ordinairement que nous le serons bien longtemps ; nous regardons notre disposition comme trop profonde , et notre situation comme trop douloureuse pour espérer d'en sortir facilement. Mais si Ton nous disait dans ces moments : En effet, le Seigneur vous a ffjetépotir toujours y il ne continuera plus à vous avoir pour agréable , nous changerions aussitôt de langage. Nous dirions à notre âme : Quoi qu'il en soit , attends" toi à Dieu, car je le célébrerai encore ; il est la délivrance à laquelle je regarde; il est mon Dieu! Dans les monienls de découragement nous sommes donc plus croyants que nous ne le pensons ; nous sommes endor^ ^i^f mais notre cœur veille et entend la voix de son WenatWgwi heurte. Mais n'attendons pas les moments de découragement pour croire ; rien n'est grand, rien ^'est petit devant Dieu; nos plaies les plus profondes sont aussi guérissables pour lui que ce que nous appelons des bagatelles, et nos situations les plus désespérées seront demain des bénédictions , elles le sont déjà aujourd'hui même , si nous croyons. Questionnons les chrétiens qui ont été misérables comme nous et qui ont P^ssé dans le même chemin , ils nous diront : J'étais 9fAiff^,/aicrt/, et lÉUrnel m'a exaucé, il tiC adilVmti

246 31 JUILLET. [corn]

de toutes mes détresses. Il a étendu la main d^en haut et m'a enlevé, il m'a tiré des grosses eaux. Ne nous laissons donc point abattre, et no frémissons que devant le péché. Cet avenir qui nous paraît si noir, contient de nouvelles délivrances. Notre Dieu n'est-il plus notre Dieu?

Le sentier des jastes est comme la lumière resplendissante qui aagmente son éclat, jusqu'à ce que le jour soit en sa perfeclioa. (Prov. IV, i8.)

Tout ce qui est humain décline ; tout ce qui est divin augmente et va en grandissant. Demandons-nous dans quel sentier nous marchons ; est-ce dans celui dts justes, des âmes qui ont la paix et le témoignage de leur adoption ? Ceux qui étaient autrefois ténèbres, maii qui aujourd'hui sont lumière dans le Seigneur et qui marchent comme des enfants de lumière, ont une vie qui grandira jusqu' au jour de la perfection. Les premières grâces que nous avons reçues ne sont rien en comparaison de ce qui nous attend encore. Ces premières lueurs ne sont pas encore une lumière resplendissante, mais marchons dans Vintégrité avec notre Dieu, et il nous conduira de vérité en vérité et de victoire en victoire. Dans le sentier des justes, les besoins croissent, les impressions divines se multiplient, la paix est comme un fleuve^ la justice comme les flots de la mèr. Mais à côté de ce chemin étroit , il y a une voie large , resplendissante aujourd'hui, mais dont les issues sont la mari Dans cette seconde voie tout décline, tout s'affaiblit, tout échappe, les besoins di\m\xi\\.^^^

[CCXIT] 1 AOUT. • 247

cent, les joies et les espérances nous trompent comme les courants des eaux au pays du Midi, Et comme il y a uDe mondanité frivole, il y a une mondanité sérieuse. Les lumières de l'esprit, les affections de famille , les eDtreprises communes sont de puissants stimulants; mais le monde est toujours le monde, rien ne subsiste que rélément divin. Il y a plus d'ennui que nous ne le peDsons dans les recherches les plus belles, quand elles sont poursuivies dans un esprit terrestre. Affeclionnonswms aux choses qui sont en haut. Les œuvres de la foi, les travaux de la charité nous préserveront de Tennui et nous feront devenir comme la lumière resplendisianle qui atigmente son éclat. Révélons-nous de Christ, qai est lumière et vie, et nous serons transformés en la mime image ; le corruptible sera englouti par l'incorruflible^ et le mortel par V immortalité.

L'Esprit et l'épouse disent : Viens. Que celui qui l'entend dise anssi : Viens. Que celui qui a soif vienne aussi, et que celui qui voudra de l'eau vive en prenne gratuitement. (Apoc. xxii, 17.)

L'Apocalypse renferme^e grandes difficultés au point de vue de la prophétie ; elle en a moins au point de vue de l'édification. C'est le livre de lÈpause ou de l'Église le Christ; c'est là que sont nos combaVs» XiO%\Mm^^>

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î AOUT.

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jli»licf5 propre eit partout; elle était mémedaos pfùbù cl inlfegrc de Job. Ct «;v\AôftV kiswàssi'tor

[CCXY] Ô AOUT. 249

tament est une de ces âmes irréprochables aux yeux du inonde ; mais Dieu, qui sonde les desseins du cœur, manifeste, dans celui des hommes qui paraissent les plus pieux, des souillures cachées et des montagnes de misères. Job est un or qui est jeté d'un creuset dans un autre, et qui, se voyant toujours de plus près, reconnaît eofin que tout en lui le condamne et qu'il n'a, pour être sauvé, que la grâce libre de son Dieu. Son histoire est celle du dépouillement de nous-mêmes et du bénéfice que nous apportent les profondes visitations de Dieu. Dieu peut se servir de tout, de Satan même, pour oous révéler notre nudité absolue et pour faire de nous, à notre propre jugement, le dernier des pécheurs. Il est touchant de voir Job , après une vie de bonnes œuvres, après une patience presque surhumaine , se condamner w la poudre et sur la cendre et se repentir d'avoir voulu plaider sa cause devant Dieu. C'est toujours quelque chose de rare qu'un homme qui se condamne et qui, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la téte^ne trouve rien d'entier en lui. Qui est capable de cela? Celui-là seul qui a poursuivi sa justice propre jusque dans ses derniers retranchements. Dieu lui a ouvert les yeux, peut-être dans une épreuve, dans une maladie, Ou au milieu de la nuit, quand un profond sommeil ^ombe sur les hommes ; alors il ouvre r oreille aux hommes, et il scelle son cMliment sur eux. Tous ne sont point appelés à souffrir comme Job, mais qui que nous Soyons, si nous ne passons condamnation sur nous- Mtnes , nous sommes encore sous la loi , et quiconque -$t sous la loi est maudit de Dieu.

250 3 AOUT. [con]

Diea! ta es mon Diea Fort; je te cherche aa point da jour; ■« âme a soif de toi; ma chair te souhaite en cette terre désefte,€è je suis altéré et sans eau. (Ps. LXiii, 1.}

C'est le cri qui sort de tous les. Psaumes. Qu'est ce que notre vie, si elle n'est pas à Dieu? Le Psalmiste connaissait bien cette vie cachée et profonde qui s'exprime par la prière, qui se mêle à nos besoins, à nos joies, qui met le monde matériel en rapport avec te monde éternel , et dans laquelle le cœur de i*bommese guérit en se vivifiant sur le cœur de Dieu. Les Psaumes no sont pas le livre d'une Église ni d'un siècle, c'est le livre de l'humanité. Ils parlent à tous ceux qui souffrent, qui aiment, qui sont altérés et sans eau et qui, au point du jour, déjà sont réveillés pour rendre grâces et pour louer leur Dieu. Il y a dans la musique bien des modulations , dans la peinture bien des nuances, mais qui peut compter les cordes que sait toucher le Psalmiste, ou les nuances de cette vie intime qui se répand devant Dieu? Quand notre cœur s* épaissit comme de la graisst} les Psaumes nous font sortir de notre mondanité. Quand notre justice est comme celle des scribes et des pharisiens, les Psaumes nous montrent que nous aïoons été formés dans V iniquité, et que nos plaies sont puantes ti corrompues, à cause de notre folie. Quand notre prière est comme un airain qui résonne, comme une cymboît^ qui retentit, le Psalmiste nous donne une âme qui fl j/ÊÊÊieê désirs qui se répandent : aujourd'hui des gé- ^^^mnts, demain des chants de délivrance. Quand Mus surprenons couçaiA^^ â!\\i%t^>cLV\iàfc^\y^^-

focxyn] 4 AOUT. 251

différence, le Psalmiste nous montre que tout notre bien est d'approcher de Dieu^ do célébrer chaque matin sa bonléy et sa fidélité chaque soir. Mais c'est surtout quand Doas manquons de foi , quand notre lumière s*éteint et que notre cœur nous abandonne, qu'il faut lire les Psaumes. Ils nous disposeront à attendre patiemment tÉtemel, fût-ce môme dans les lieux profonds ou dans fm bourbier fangeux. Ils nous feront sentir que quoi Îtt't7 en soit VÉternel est notre force, notre cantique, notre libérateur. Une voix de chant de triomphe et de délivrance retentira dans notre tabernacle : la droite de ÎÈtemel, dirons-nous, a fait vertu.

Qui vous écoute, m'écoute; et qui vous rejelle, me rejette; et qui me rejette, rejette Celui qui m'a envoyé, (l-uc x, 16.)

Racontez comme les évangélistos, si vous pouvez. Montrez-moi un livre qui ait éld lu tant de fois, tant de fois traduit, et auquel on revienne aussi souvent qu'aux quatre Évangiles. Le slyle en est simple, pas une réflexion n'accompagne les faits ; ce ne sont ni des orateurs, ni des philosophes, ni de grands historiens qui nous parlent, ce sont des bouches illettrées, mais des bouches qui sont au service de Dieu. Quelle que soit votre opinion sur l'inspiration de la Bible, vous n'empocherez jamais les âmes qui ont soif de se nourrir des paroles des Évangiles. Si nous avons une oreille qui entend et un œil qui voit, nous sentirons sous la parole de saint Matthieu, de saint Jean, la parole puissante de Celui qui a dit : Sanctifie-les par ta ninii \ la Patd^ ^%v.

962 5 AOUT. [GCXfin]

la vériiél Dans ces récits tout simples, nons troaTeroiis

la vérité et la vie. Les autres livres fatiguent, les ÉvaiH giles reposent. Ailleurs, c'est le monde, c'est la sagesse humaine qui parle, ici c*esl la puissance de Dieudh sagesse de Dieu^ en Jésus-Christ notre Seigneur, Soyons simples comme une colombe , et nous prendrons goût à la simplicité qui est en Christ; nous admirerons la sagesse de Dt^qui, pour anéantir la science desintilKgents, a fait écrire par quatre pauvres en esprit, un livre qui fait germer une vie nouvelle dans Thomme de foos les Ages, de tous les pays, et qui transforme le cannibale, comme il nous transformera nous-mêmes quand nous croirons son témoignage.

Paul, notre frëre bien -aimé, vous a aussi écrit, selon la sagesse qni lui a été donnée. [2 Pierre lu, 15.)

Écrivez des Épîtres comme saint Paul, si vous le pouvez. Montrez-moi des Épîlres qui aient fait le tour du monde comme celles de saint Paul, et une théologie sous la môme forme que la sienne. Quelle différence entre la vérité religieuse lorsqu'elle a pris corps et vie dans une âme, et tous ces squelettes de science qu'on emporte des bancs de Técole ! Saint Paul, en écrivant, se donne lui-même à ses lecteurs; avant de décrire les choses, il en est pénétré : malheur à lui s'il ne vous en parle! On dirait d'un homme qui n'a plus qu'un jour à vivre et qui est pressé d'employer à nous instruire le peu de temps qui lui reste. 11 le fait avec un amour qui a vaincu le monde et qui ^ti%e;Xiàx^àL^\i^\i^^^%^\fe»r

[ccxa] 6 AOUT. 258

tares. C'est tin prisonnier qui nous parle, mais qui ne donneraitpas ses chaînes pour tous les trésors du monde. Il ne vit plus pour lui-même, il est au service d'un antre : Christ est sa vie et celle de ses Épttres. Elles ne contiennent pas une doctrine sèche , une terminologie aride, une division scolastique ; elles sont l'expression d'un saint bonheur ou d'une sainte véhémence qui, comme un fleuve sortant du trône de Dieu, veut nous gagner et renverser notre résistance. Paul s'appelait lai-même un homme en Christ; quand on est cela, on peut écrire des Épttres! Christ, qui donne le salut, donne aussi la plénitude des matières et l'abondance des mots. Ilyaun tempérament qui vient de l'union de la douceur avec la force, de la hauteur des spéculations avec l'universalité des applications; un enseignement de Dieu qui est esprit et vie , qui touche les choses et les mots, les amis et les ennemis, et qui, accepté ou rejeté, a toujours un résultat. Voilà la sagesse qui a été donnée àPauly notre bien-aimé frère , celle à laquelle les apôtres ses contemporains rendaient témoignage. Le style, dit-on, c'est l'homme. Quel homme peint votre style? Repassez votre correspondance, et répondez-vous c{rt7anl IHeu et en présence de Jésus-Christ.

^lie était an homme sujet aui mêmes infirmités que nous. (Jaq. v, 17.)

On admire ces prophètes d'Israël qui, dans des temps de décadence et d'idolâtrie, étaient comme les colonnes de la vérité et entretenaient la connaissance du Dieu Fort et yifâttt. Leur ministère avait un dovAA.^ \^\^«\S\^w

254 7 AOUT. [GcnJ

se servait d'eux pour frapper les consciences , et pour annoncer ses jugements aux rebelles ; mais à la prédi- . cation de la loi se rattachait aussi un ministère de grâce. ' La bonne nouvelle du pardon et tout un avenir de pro- 1 messes suivait ces foudres du Sinaï, quand Dieu voyait "une repentance sincère et un retour véritable à lui. Hais « ces prophètes étaient des hommes sujets aux mêmes inpt* mités que nous. Cela est même dit d*Élie, dont les prières | avaient fermé et rouvert le ciel, et qui, par sa foi, avait | fait tomber le feu sur l'holocauste. Nous n'aurions pour 1 ces prophètes qu'une admiration froide, si nous ne les ^ voyions aussi sentir, souffrir et quelquefois pécher ^ comme nous. Les plus hautes personnalités dans le \ règne de Dieu étaient des pécheurs comme nous , et ce qui les élève à nos yeux, c'est uniquement une grftce que nous pouvons avoir comme eux. Il y avait en eui comme en nous un cœur de pierre, un monde de résistances. Mais au jour où la Parole de Dieu leur fut adressée, ils l'écoutèrent. Elle fît brèche en eux, et par cette brèche pénétra dans leur cœur une vérité certaine #1 digne d'être reçue. Lisons les prophètes. Mettons notre cou raide sous le marteau de Dieu, laissons-le briser, et le Désiré des nations nous sera envoyé pour nous guérir et pour nous donner V huile de joie au lieu de la cendre f et un manteau de louange au lieu d'un esprit affligé.

Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. (Malth. xvi, 24.)

Le renoncement chrélien n'esX tî\ àL<^\'^\^\&tUi& de

[ccxx] 7 AOUT. 255

mœurs, ni de la rigidité de caractère , ni même une affaire de principes, c*est la vie qui se manifeste sous Tine face nouvelle, quand Christ est enfin né en nous. I^Ious aurions beau nous abstenir de certaines choses, fair les occasions et rompre avec d'anciennes habitudes, ces renoncements de détail ne constitueraient pas encore le renoncement. Aussi cette manière de renoncer à soi-même ne gagne point d'amis à TÉvangile. On nous plaindra , on nous admirera peut-être , quand on sera témoin des privations que nous nous imposons volontairement , mais on ne nous imitera pas. Le vrai renoncement est dans le revêtement de l'Esprit de Christ. Quand le Sauveur possède notre cœur, c'est-àdire le centre de notre existence , il en change la direction tout entière. On ne se propose plus de renoncer au monde, parce qu'il serait impossible de vivre selon le inonde ; ce qui Hait autrefois un gain , est devenu une perte pour lamour de Christ. On porte les croix que l'on rencontre, non parce qu'il faut les porter, mais parce qu'on veut les porter et qu'on ne voudrait pas un autre sort. Lorsque Christ cesse de dominer le cœur, il est pris d'un souverain malaise auquel il ne peut échapper qu'en renonçant à lui-même, en suivant le Seigneur dans le chemin étroit, et en se faisant une même plante ot)ec lui, par la conformité à sa mort , pour l'être aussi par la conformité à sa résurrection. Le renoncement et l'accroissement de la vie vont ensemble. Quand la vie languit, c'est un signe que Christ n'a pas encore été ^eçu de la vraie manière.

256 8 AOOT. [ocni]

Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain, de pen qu'étant dégoûté de toi, il ne te haïsse. (Prov. xxv, 17.)

On perd toujours beaucoup à être connu de près. Deux amis qui se voient tous les jours et dans tontes sortes de dispositions; deux époux qui apprennent à se connaître toujours mieux» changent considérablement d'opinion l'un vis-à-vis de l'autre. Voulons-nous nous maintenir en crédit? Mettons rarement lepieddoMk maison de notre prochain ; on pourrait se dégoûter de nous plus tôt que nous ne le croyons. Gela ne veut pas dire que nous devons faire les pharisiens, et, cachant soigneusement Vintérieur de nos coupes et de na5 plotf, nous étudier à ne montrer que de beaux dehors. Le conseil de la Sagesse a une autre intention. Ce passage nous dit d'être défiants de nous-mêmes. Nous avons dans notre caractère de profondes misères.. Ces misères peuvent éclater et nous humilier ouvertement. Si noos avons laissé quelque part une bonne impression, n'j comptons pos trop ; on pourrait , en nous revoyant demain, ne plus trouver en nous le même homme. Uyt tant de mauvaises influences qui peuvent mettre àna nos péchés ou nos inégalités. C'est pourquoi veilloDS. Quoi que nous fassions, soyons vrais envers tous; mais soyons aussi prudents envers tous. Étudions nos cêtés défectueux et tout ce qui , en nous, pourrait heurter ce que nous voyons habituellement. Faisons hommage au Seigneur de la bonne opinion qu'on a de notre personne, et monlrous-VAm c.o\iVixi\i^VL^\s^^^ ce qa

[ccxxn] 9 AOUT. 257

pourrait dégoûter de notre commerce. Ne nous répandons pas trop au dehors, cherchons avant tout une vie intérieure bien formée et le témoignage de Christ, plus précieux que l'approbation des hommes. Une seule faute peut nous déconsidérer aux yeux du monde : rien de si changeant que Topinion ; mais si nous marchons ferme , le Seigneur à nos côtés, si c'est à lui que nous tenons à plaire, à lui seul , nous plairons aussi aux autres, et notre vie entière aura le cachet qu'elle doit avoir.

Que celui qui croit être debout prenne garde qu'il ne tombe. (1 Cor. x,i2.)

Q ne faut pas de grandes tentations pour nous faire iaire de grandes chutes; et la plus grande tentation est notre sécurité. Nous pouvons ne voir aucun nuage dans notre ciel, et être enveloppé le môme jour dans de gros orages. Pourquoi? C'est que nous disions : paix et sùretéf et cela suffit pour occasionner une chute. Tâtez votre nature, et vous trouverez plus d'un ennemi dont la retraite n'est souvent que simulée. Il est bon, à cause décela, gu'à chaque jour suffise sa peine. Un calme plat nous expose à bien des dangers ; rendons grâces si quelque vent ride la surface de nos eaux. La vie la mieux gardée est celle que gardent les peines. On peut avoir des peines sans avoir des épreuves. Un cœur mal affermi, une crainte qui nous traverse l'fôprit, une difficulté qui nous attend, un penchant quelconque qui se réveille , moins que cela , peut-ôtre , et c'est assez cour nous mettre en peine, mais aussi pour iio\v^m^\CL\fô«NX

.ians A vnaiaiiÉ!^. TTru^ Tire .Tamtft 3ifflrne reços : i]o& raiipors a?er Qiea. ï ja âentiniHH <ie • iepesiàaiice. «et tout œ qui pè» sv ii0iis«iia«iS[S{ip«iIifriAaum<teI)iea. JLnsâfeSeipnr •iit : Vmbs^ ii œ iu pas- : ymf is rn^vùCL La ^ipiaM âst uiL pranier attucit «^ on ait sa âeisneiir: riiiqiwtode est imiipinaDièfCiiiieretîmite. àîiiiiiissaiBnKskMi sous la auiiL de Dkil — et toute presioii noos j f^ met -» aYïOBgQiisavee coiioaiice. 9oiis souuks faAkii mais Dieu esK àut : doimoiis-tui toute fkare, d mv

Ea raos tEunt ai rapo» ai an. assanmce. ▼ans ars dâÎTrés; vMn fhResraè&v«i»tenîratrepQ»etataanEaDceL ^îsne m, IS>)

On a a pas Uiiqoiirs le tranps de prier ni de s'édite coo^eaableiiieai* quand on est entraîné par le eooraot des aâaires, oa quand le Seigneur nous arrange DOtte jooniée aairement que nous ne le Toodrions. H peut se faire que ces sortes de contrariétés noos jettent dans on trooble d'esprit qui nous donne le sentiment que noos sommes comme une Tille sans murailles. Il est certsio que qnand on n'a pas prié, ou qu'on a mal prié, il faut s'attendre à des assauts de l'ennemi. C'est pour ces moments-là qu'il nous est dit de nous Unir en repaie en Oêêwranee. Soyons à notre besogne, et le Seignem %^^ dtec nous. Ce n'est pas le nombre des minutes qa donne efficace à la prière , et ce n'est pas le tracas dei j^Aiires qui éloigne de nous le Seigneur. Désironsrooii!

[CCXXIV] 11 AOUT. 259

iontpas nos voies j mais faisons de ses voies les nôtres, il travaillera pour nous et nous laissera sa présence. C'est cette présence qui fait la prière. Une âme qui se donne au Seigneur au milieu du tumulte et des complications du monde, est une àme qui prie et dont la force tst de se tenir en repos et en assurance. Un cabinet silencieux où nous puissions prier et nous recueillir, est un bien que nous n'apprécions que quand il nous manque; mais quand le Seigneur nous fait sortir de noire régime ordinaire, c'est pour que nous ne nous fgions pas sur nos lies^ et que nous nous attachions à à lai en tout lieu et avec la même confiance. Avec qui a-t'il promis d'être tom les jours jusqu'à la fin du fnonde ? Avec ceux qui se tiennent en repos et en assur- ^ance, et qui font de cette attitude leur force dans la maison de Christ.

La tristesse da monde produit la mort. (2 Cor. vu» 10.)

La tristesse du monde est celle qui nous vient des convoitises ou des regrets du monde, soit à l'occasion d'une <îhose,soitàroccasion d'une personne. Lorsqu'on conti- Dueàs'adonner à cette tristesse, on se détruit soi-même, 6Q mourant de chagrin, en se suicidant ou en tombant dans cette mort lènte que nous appelons la mélancolie. Il H beaucoup de mélancoliques, et le traitement de ce 9)al si profond varie selon les causes qui l'ont produit. Men des choses se passent dans l'âme avant que la méancolie y naisse, et le caractère propre à cette maladie Qopale est qu'on s'y livre voluptueusômOT\ ^X ^ ^tl^^--

260 11 AOUT. [c

fuse d'en sortir. Il faut souvent remonter jusqu'à 1 mière jeunesse et à la première éducation, pour ti la source ou Tune des sources de la mélancolie. Un « à qui Ton rend la vie trop facile, ne saura pas, plui ce que c'est que de combattre contre des difficult mélancolie vient ordinairement d'une défaillanced ces morales et d'un laisser-aller du cœur et de la vc A cela peut se joindre le malheureux pouvoir de l'i nation et l'aisance matérielle de la vie. Il y a certain plus de mélancoliques dans la classe aisée que d classe pauvre : les soucis de la vie matérielle sont s( un bon préservatif contre la mélancolie. Quelq aussi, aux causes que nous venons d'indiquer, s une ambition longtemps nourrie et cruellement é l'orgueil de la vie donne la main aux convoitisei chair, et la tristesse du monde reçoit une nouve lure de tous ces dépits rentrés qui n'ont pu devei humiliations. L'âme, en proie à toutes ces humili auxquelles elle s'abandonne volontairement, ress à un voyageur qui aspire des vapeurs mortelles s'endort peu à peu pour ne plus se réveiller. Die peut guérir un mélancolique en lui ouvrant le i de la grâce et en lui montrant que sa vie, quelle < soit, est une vie rachetée et sauvée. Les autres re ne sont que des palliatifs. Occupez un tel malade, le sortir de lui-même , montrez-lui la plus tendn pathie, racontez-lui l'effet qu'ont produit sur vou; vos heures de tristesse , la prière et l'attacheme promesses de la Parole ; parlez-lui des guérisc Seigneur et de l'invariabilité de sa grâce, ce s< moyens qui peuvent ne pas être perdus, mais ce

CCXXV] 12 AOUT. 261

B de plus puissant que tout cela, c'est Tintercession. Entrez bien avant dans la personne du Sauveur, afin de prier véritablement en son nom; ouvrez votre ftme h toute l'énergie de la foi; une telle prière ne sera point perdue; dites-vous aussi que, quel que soit votre amour pour votre malade, le Seigneur l'aime infiniment plus, et que JéstM-Christpeut toujours sauver ceux qui s*apfrochent ou qu'on approche de Dieu par lui, étant toujimrs vivant pour intercéder pour eux.

Toasno voalez point venir h moi pour avoir la vie. (Jean v, 40.)

On entend souvent dire : et Je ne puis croire ; je serais Iieureux de le pouvoir, mais je ne le puis pas. » Ce langage n'est pas vrai. Jésus indique ici la véritable impossibilité. Elle n'est pas dans le : « je ne puis pas, d mais dans le : Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la ne. L'obstacle n'est pas dans la faiblesse de l'esprit, il est tout entier dans l'endurcissement de la volonté. Demandez à ceux qui se plaignent continuellement de ne pouvoir croire, quels efforts sérieux ils ont faits pour arriver à la foi, vous verrez que ce grand désir n'est au fond qu'une manière de parler. Si ces hommes avaient à toucher un héritage de quelques millions, ils iraient le chercher jusqu'en Californie. La foi qui donne gratuitement accès à toute la gloire céleste, est-elle moins digne d'efforts que l'or périssable? Vous qui voudriez croire et qui ne le pouvez pas, dites-vous, donnez-nous les preuves de votre bonne volonté. Avez-vous cKercK^^ yi>; heurtée Montrez-nous vos efforts, NOXt^ ^^t^-s^

262 13 AOUT. [ccnvi]

rance, vos larmes; montrez vos sacrifices. Un seul suffirait, ce serait une bonne rupture avec vous-même. Mais c'est précisément à quoi vous ne pouvez vous résoudre. Vous voudriez croire, mais à condition de restei ce que vous êtes. Vous avez peur de Y affection spirituelle, et ce n'est pourtant qu'en vous en revêtant et er vous dépouillant de votre affection chamelle^ que voui pourrez croire. Mais ce dépouillement serait la mort di votre sensualité, de votre volonté propre et de votre or gueil. A ce prix croira qui voudra, vous n'êtes plus di nombre. Soit, mais alors ne parlez plus de votre sincérité votre bonhomie n'est que celle d'un hypocrite. Jésus Christ vous répète : Vou^s ne voulez point venir à mo pour avoir la vie. Celui qui ne veut pas venir ne veu pas recevoir, et celui qui ne veut pas recevoir, finira pa ne plus pouvoir ni désirer, ni recevoir.

PeDdant qne les hommes dormaient, TeDDemi vint el sema de Vivrai parmi le blé, et s'en alla. (Matth. xiii, 25.)

L'ivraie favorite de l'ennemi, c'est la désunion. Jet< le trouble dans les rapports humains, soit dans TÉta soit dans l'Église, soit dans les familles, voilà I'qbut par excellence de Satan. Il lui est facile de produire d dissemions et des querelles dans le monde, mais ce qn recherche le plus, ce sont les dissensions dans le S€ de la famille de Dieu. Dans une Église qui march bien, on voit tout à coup surgir une mauvaise tendanc dans une maison chrétienne, voici tout à coup mauvais élément qui trouble deux époux; dans u

[CGXXTIl] 14 AOUT. M8

âme déjà touchée par la grèce, voici un doute qui vient et qui gagne du terrain. L'ennemi tourne autour de nous comme un rôdeur; quand il voit une œuvre de Dieu qui avance, il est vivement tenté d*y jeter son ivraie. C'est pendant qtis les hommes dorment qu'il le fait, c'est-à-dire quand personne ne s'attend à une désunion. Les racines du mal prennent si vite ! On est enlacé en moins d'une heure. L'ennemi serait impuissant à faire brèche, si nous ne lui prêtions pas notre volonté. Mais parce qu'il nous en coûte dans nos rapports mutuels de nous assujettir Vun à Vautre dans la charité, de regarder tous les autres far humilité, comme f lus excellents que nous-mêmes^ et de faire à autrui ce que nous votiuirions qu'on nous fîty l'ennemi trouve en nous des instruments dociles pour accomplir ses desseins. Apprenons à être doux et humbles de coeur y à sacrifier nos convoitises et nos intérêts personnels à la gloire de Dieu et à la cause de la charité : en marchant ainsi, nos désunions cesseront, nos doutes aussi, et l'ennemi ira tracasser ailleurs.

Sachez que le Fils de l'Homme est proche et à la porte. (Matth. xxiv, 33.)

tJn caractère propre aux prophéties bibliques, c'est de nous mettre devant un premier événement qui est plus ou moins proche et que l'Esprit de Dieu signale d'abord, mais dont l'accomplissement n'épuise pas le sens de la prophétie. Derrière ce premier fait, il y en a ordinairement un autre un peu plus éloiçi^\ l^ même parole a une plus grando poT\é^ ^^ ^^^ ^^

264 15 AOUT. [oaxvm]

nous lui attribuions à une première lecture. C'est ainsi que Jésus-Christ, lorsqu'il dit : Sachez que h FiU de Vhomme est proche et à la porte, parle du jugement qui allait fondre sur Jérusalem, quand le sang de la craix serait redemandé à la génération contemporaine et à ses enfants. Mais cette parole traverse les siècles et ne s'arrête qu'au grand jour où te Seigneur Jésus viendra du ciel et paraîtra avec les anges de sa puissance pour exercer la vengeance^ avec des flammes de feu, contre ceux qui ne connaissent point Dieu et qui n'obéisseni pas à V Évangile. Cet événement final est aussi prodis et à la porte, car le jour du Seigneur viendra comme w^ larron qui vient la nuit. Les méchants seront surpris soudainement, et les justes ne mesureront plus toat l'intervalle de leurs peines. La prophétie est comme un éclair qui tombe à nos pieds, mais qui frappe au loin avec la même vitesse. Les jugements de Dieu rouknt comme un torrent, sa délivrance ne sommeille pas noa plus ; le temps est court, ne méprisons point les prophéties; considérons la bonté et la sévérité de Dieu, et que l'une et l'autre nous convient à la repentance.

Ayant connu que ce n'est pas par les œuvres de la loi, mais pari» foi en Jésus-Christ que l'homme est justifié, nous avons nousmêmes cru en Jésus-Christ afin d'être justifiés par la foi en Jésm- Christ et non par les œuvres de la loi, parce que personne nô sera justifié par les œuvres de la loi. (Gai. il, 16.)

Rien ne donne à l'âme une paix comparable à celle

gue fait naître l'assurance d'être justifié devant Dieu.

Mais avant d'entrer daus \es V\\\^\v>Àsyùs ô.^\$v^\i.,<àûas255^

[CCXXTIU] 15 AOUT. 265

s'efforce de se justifier comme il peut, et chacun tôt ou tard finit par voir qu'il n'est pas justifié puisqu'il n'a aucune paix réelle. Il y a en effet deux justices : Tune que nous tissons nous-mêmes, et l'autre que Dieu donne et qu'il applique par son Saint-Esprit. Mais si nous voulons recevoir la justice de Dieu, il faut absolument abandonner la nôtre. Apôtre ou non apôtre, nous ne sommes justifiés que par la foi en Jésus-Christ et non par ce qui vient de nous, que ce soit le produit de notre vie mondaine ou de notre vie chrétienne. Dieu cherche un pécheur nu, dépouillé de tout mérite, et qui se laisse sauver gratuitement. Admettre ce salut tel quel, ce n'est pas encore l'avoir ; il faut passer par la porte étroite. Néant aujourd'hui, il faut que nous devenions Qéant demain, et dussions-nous être le plus converti i®s hommes, ce n'est pas notre conversion qui nous >^uve, c'est le seul sang de Jésus-Christ. Les uns se révoltent quand il faut se dépouiller ainsi et jusqu'au bout; d'autres, à force de savoir par cœur qu'il faut se dépouiller, n'y ont jamais sérieusement procédé. Je parle de ceux qui ne se réjouissent pas de la justice de Christ, et pour qui elle est sans force parce qu'ils n'ont ^n elle qu'une foi nominale ou que leur cœur est partagé. La joie du salut vient d'un dépouillement entier ; ce qui nous manque, ce sont les expériences sur nous-mêmes; le sentiment de notre condamnation, la mort de notre amour-propre et le don de notre personne avec tout ce }ui s'y rattache.

266 16 AOUT. [(ùam]

Je déclare mon iniquité, et je sois en peine pour mon péché. (Ps. XXXYIII, 18.)

Notre plus grand malheur n'est pas de pécher, mais de refuser de déclarer nos iniquités ^et de n'être point en peine pour nos péchés. Si nous confessions nos péchés, Dieu serait fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité. Nous avons un Sauveur qui ne met point dehors ceux qui mennent à hii el qui est venu pour ôter nos péchés, mais il faut aller à lui comme une âme travaillée et chargée, si nous voulons qu'il nous soulage. Observons-nous bien au moment d'une chute ; demandons, pour nous observer, une conscience délicate, et nous nous verrons en chute plus souvent que nous n'oserions le dire. Mais que faiton dans ces moments-là? On laisse les iniquités s'accumuler; or rien ne multiplie les chutes autant que cet éloignement dans lequel on se tient à l'égard du Seigneur, ou ce pied vague sur lequel on vit avec lui. les uns se cachent, comme Adam, mais devant qui? Devant Celui dont les yeux sont comme des flammes de fea et à qui les ténèbres mêmes ne nous cacheront point D'autres, frappés dans leur conscience, ne vont pas immédiatement au Sauveur. Ils attendent, et plus ils attendent, moins ils sentent le besoin d'aller à lui, parce que leur cœur s'endurcit. D'autres voudraient en quelque mesure réparer leurs fautes, afin d'aller à Jésus moins confondus et le cœur plus libre. Vaine tentative I Tant que le pécheur ne s'e^sl ^^^ a^g^t^^Ovi^ \^ ^^x^Sasi-

[coaa] 17 AOUT. 267

Teur, non-seulement toute justice est impossible pour lui, mais même toute préparation à une justice quelconque. D'autres, enfin, pèchent avec dureté de cœur. Ils ne veulent pas demander pardon, car ils ne se repentent pas. Mais d'où leur viendra la repentance? Peuvent-ils se donner à eux-mêmes cette sainte tristesse qui leur manque, et attendent-ils de l'avoir pour aller à Jésus? Vous tous que le péché a surpris, allez à Christ tels que vous êtes, montrez-lui vos péchés récents et vos péchés passés; montrez-lui votre &me, dans quelque situation qu'elle se trouve ; ne vous cachez point, ne différez point, et le Seigneur opérera le reste.

Tu tires le fondement de U puissance de la boache des petits enfants et de ceux qui lëtent, à cause de tes adversaires. (Ps. viii, 2.)

Un petit enfant a plus de pouvoir qu'il ne semble; il Peut désarmer sans paroles un adversaire de Dieu. Un tnéchanl qui regarde un petit enfant qui lui tend les bras, doit sentir un épouvantable malaise ; un père qui est repris par son enfant ou qui manifeste devant lui une disposition criminelle, doit souffrir comme un malfaiteur; un incrédule qui voit dormir un petit enfant, la 3aix sur la figure, ou qui l'entend prier, doit être ébranlé plus fortement par cette vue que par tous les irguments des savants. Dieu, pour nous montrer comme 1 lui faut peu de chose pour renverser notre sagesse et lotre volonté opiniâtre, met devant nous un petit enfant 30ur en tirer le fondement de sa puissance. C'est pour )ue nom redevenions nous-mêmes de petite enfants^ non 9n intelUffmeâ, mais à l'égard é^ la mal\«t'.>^\^ '^^

268 18 AOUT. [GGXHi]

enfant n'a poiiît d'arrière-pensée, il ne discute pas ayec son père, il croit; il se sent heureux d'être avec son père, car il l'aime ; il ne s'inquiète pas du lendemain, il espère que son père sera encore son père; les jours se suivent et l'enfant est heureux; la séide chose qui le fasse pleurer, c'est quand il est mal avec son père. N'est-ce point là une prédication pour les grands? Mêlez-vous souvent à des réunions d'enfants, laissez yenir ^ à vous l'un de ces petits et ne les empochez point; ils vous diront bien des choses qui vous humilieront ou qui vous mettront le cœur au large, et vous croirez de nouveau entendre la parole du Sauveur : Jt te loue, 6 PèrBj Seigneur du ciel et de la terre, de ce gue tuai cachéices choses aux sages et aux intelligents^ et quel» les as révélées aux enfants.

Qaand il plat à Diea, qui m'avait choisi dès ma naissance, et qui m'a appelé par sa grâce, de me faire connaître son Fils, afin qoe je l'annonçasse parmi les Gentils, je le fis aussitôt, sans consulter la chair et le sang. (Gai. i, 15, 16.)

Il est des cas où une première impression trompe, et où nous n'agirions pas sous l'influence de la vérité, si nous y cédions avec trop de précipitation. Il en est d'autres où une première impulsion est plus juste et plus généreuse que le fruit de nos réflexions et de notre consultation avec la chair et le sang. C'est le tact spirituel qui nous dit alors ce que nous avons à faire et en quel sens nous avons à nous déterminer. Dieu a promis de nous rendre intelligents en toutes choses, et Jésus nom envoie de la part du Père, ^l^w moment où cela

issaire, V Esprit de vérité, pour nous enseigner ïoses et pour nous rappeler celles que le Seigneur lites et que nous pourrions avoir oubliées. Dieu •1er aussi clairement à chacun de nous qu'il a saint Paul, quand il lui a fait connaître Jésust qu'il lui a conféré l'apostolat. Quand Dieu apfautagir, il faut aller; quand Dieu n'appelle e faut rien entreprendre. Gardons-nous des apviennent de la chair et du sang ; voici un signe t nous aider à les discerner. Si notre premier lent vient de notre imagination , du feu de impérament, d'un simple plaisir d'agir, d'un 30urage dont nous n'avons point mesuré la port une direction trompeuse ; n'agissons pas sous iience, attendons que nous soyons plus calme, dans une affaire de Dieu, il nous vient de ces jui sont des appels d'en haut; si la voix que tendons est d'accord avec la charité de Christ, sentiment d'un devoir qui nous est clair à l'insme ; si nous voyons de suite que nous avons fice à faire, une croix à recevoir, une tâche péentreprendre, ne consultons ni la chair ni le égoïsme et la paresse pourraient bientôt affaiblir lières lumières et nous les faire prendre pour de inspirations. On trouve toujours des raisons es pour éloigner de soi ce qui coûte, mais c'est tant ainsi la vérité captive pour complaire à la au sang, qu'on éloigne Dieu et qu'on refuse de p régner sur soi.

270 19 AOUT. \(cpxai\

Le Dieu de Dotre Seignear Jésus-Christ, le Père de gloiie, vwi donne Tesprit de sa£;esse et de révélation par sa eonnaissince. (Éph. I, 17.)

Le Saint-Esprit nous donne la connaissance de Dieu en réveillant nos besoins spirituels et en détournant notre cœur de la vanité pour Tincliner vers la vérité et la vie. L'une et l'autre sont en Dieu et nous croissons dans sa connaissance, en nous rapprochant journellement de lui dans la prière et par sa Parole. La connaissance vivante de Dieu est aussi la source de la sagesse et de b révélation. Il y a dans la vie des situations bien difficiles et des perplexités bien compliquées; mais avec un cœur ouvert à Dieu, on les juge plus sainement que ne pourrait faire la raison la plus éclairée ou Tami le mieux intentionné. La sagesse de Dieu débrouille toutes choses pour nous montrer le profit que nous pouvons en retirer pour Dieu et pour notre sanctification. La révélation que donne la connaissance de Dieu n'a pas toujours le caractère d'une illumination surnaturelle qui transporte l'âme au ciel ; il y a des révélations qui nous laissent sur la terre et qui tirent simplement le voile qui couvrait certaines choses et nous empêchait de sentir leur destination et les rapports qu'elles avaient entre elles et pour nous. Dans une journée tout ordinaire, nous pouvons avoir des révélations quand la connaissance de Dieu fructifie en nous, qu'elle étend la sphère de nos idées, qu'elle donne plus d'étendue à nos devoirs, qu'elle nous montre des négligences et des ruses w cbées, ou qu'elle nous enCrOut^^Çi , ^w \:vssvi% owyrant les

mxai] 20 AOUT. 271

3UI sur les bénédictions que Dieu par notre entremise 3ut transmettre à des âmes que le Saint-Esprit nous ippelle tout à coup et dont il nous montre les besoins la situation particulière.

le lai amenèrent donc; et dès qu'il vit Jésus, l'esprit l'agita avec violence, et il tomba par terre et se roulait en écumant. (Marc IX, 20.)

Il s'agit ici d'un démoniaque qu'on avait amené à Jés et que Jésus va guérir. Le mauvais esprit avait armenté cet homme, de bien des manières et depuis en longtemps. Les disciples, auxquels le père du )ssédé s'était adressé, n'avaient pas eu assez de foi mr chasser l'esprit malin, alors Jésus entreprend luiftme celte guérison ; mais au moment où il s'approche i malade, une attaque nouvelle et plus violente que jalis saisit ce malheureux. L'esprit infernal, craignant perdre sa proie, l'agite avec fureur, le jette par terre il se roule en écumant. Mais l'heure de la délivrance lit venue. Jésus reprend sévèrement l'esprit immonde lui coiqmande de sortir du jeune homme et de ne plus nais rentrer en lui. Puis ayant pris le malade par la lin, il le rendit à son père parfaitement guéri. Tel est pouvoir du Sauveur. Quand la violence du mal est •ivée à son comble, c'est souvent un signe que sa Ice va triompher. Satan peut nous tenir enchaînés ; serviteurs de Christ peuvent, en pareil cas et à use de l'insuffisance de leur foi, ne nous être d'aun secours ; il peut même nous sembler que la puis- 3Ge du n)al est plus forte que l'ardeur de nos prières,

272 21 AOUT. r<3™^J

qu'il augmente à mesure que nous nous approchons de Dieu, que nos péchés se multiplient, que notre état empire enûn. Mais c'est un signe que notre délivrance approche. Donnons-nous tels que nous sommes, avec toutes nos convulsions, à Celui qui a toute puissam dans le ciel et sur la terre. Plus notre misère abonde, plus la grâce approche et surabondera. La rage de Satan ne vient que de son impuissance finale ; ses derniers soufflets sont les plus violents, mais ils nous annoncent notre guérison. Quand le péché sera enfin péché à nos propres yeux, Jésus-Christ nous montrera sa puissance. Nous sentirons tout à coup une confiance nouvelle et une volonté nouvelle. Croyons avec larmes, mais croyons avec foi ; Thorreur du péché est la rupture avec le péché, et ce qui nous était impossible, Dieu le fait par son Fils pour le plus enchaîné des pécheurs.

La colère est craelle, et la fureur est comme une inondatioa; mtii qui pourra subsister devant la jalousie? (Prov. xxvii, 4.)

Parmi les tourments de l'âme se trouve aussi la jalousie. L'enfant sur le sein de sa mère, est déjà jaloux; il pleure quand on caresse devant lui un autre enfant. Plus les années avancent, plus la jalousie augmente. L'écolier est jaloux de celui de ses condisciples qui a plus de succès et qui remporte plus de prix que lui. Plus tard viennent les jalousies de métier. Il est triste de dire que ce qui se passe à cet égard dans le monde se retrouve aussi dans l'enceinte de l'Eglise. Les disciples de Christ sont jaloux àes Ç\s» ô^^ TiSû^^^^ ^da-

[caxxv] 22 AOUT. 273

mandent une place d'honneur dans le royaume des deux. Qu'estHie qui fait du mariage un enfer? N'est-ce pas la jalousie? Qui pourra subsister devant une femme jalouse ou devant un mari jaloux ? Voyez les populations méridionales et comptez les crimes qu'y produit la jalousie ! Cette passion est une de celles qu'on s'avoue le moins ; on la porte longtemps en soi, comme un feu couvert, mais quand ce feu éclate, il faut bien qu'on le voie. D'où vient la jalousie î De l'idolâtrie de nous-mêmes et d'un ressentiment profond contre qui ne nous rend pas le culte que nous réclamons. Il n'y a qu'un remède à ce mal qui peut ronger toute une existence : c'est, au lieu d'être jaloux pour nous, de l'être pour Dieu. Devenons les champions de sa gloire, comme nous sommes ceux de uolre chair et de notre sang. Gagnons-lui des âmes, apportons-lui nos couronnes, faisons de ses joies les nôfres et de ses déplaisirs nos douleurs. Plus nous enlreï*ons dans ce chemin, plus nous serons affranchis de ce ^yran qui esiplus cruel que la colère, plus furieux qu'une inondation. D'ailleurs, les intérêts de Dieu sont aussi les nôtres, et, en définitive, l'âme la plus foncièrement guérie est celle qui a le plus habituellement pour règle : Non point à nous^ Seigneur, mais à ton nom donne jloire!

Si l'Éternel, des armées ne nous eût réservé quelque petit reste, noos aurions été comme Sodome» et nous serions devenus semblables à Gômorrbe. (Ésaïe i, 9.)

Le peuple de Dieu, comparé à l'humativté eiLt.\è.^^> jst un petù reste, et c'est la conlmu\\è âi^ ç^^'çeXVx t^^

274 M AOUT. [COXXV]

qui est l'assurance de l'Église. Dans les siècles les plus pervertis, V Éternel s était réservé ses sept mille hœmms ^ui n'avaient point fléchi leurs genoux devant Bakl et dont la bouche ne Vavait point baisé. Il eût été impossible à l'homme de découvrir et de rassembler ces élus de Dieu, mais Dieu les connaissait. Qu'il nous suffise de faire de la continuité de ce petit reste une affaire de foi et non une affaire de vue. Mais chacun de nous a aussi dans sa vie individuelle un petit reste réservi. C'est ce petit reste de grâce qui ne nous abandonne jamais, pas même dans les lieux profonds. 11 y a des époques où l'on se croit entièrement mort, entièrement délaissé. Tout est combat au dehors et craintes au dedans. Mais ayons bon courage, il reste un petit risidw, tout n'est pas perdu pour nous. Notre vie ne tient plus qu'à un fil, mais ce fil est entre les mains de l'Eternel, et la grâce qui nous fait vivre est plus ferme que le ciel et la terre. Si mal qu'aillent les choses, les montagnes ne se remuent pas, les coteaux ne s'ébranlent pas de leur place, mais quand même cela serait, tna bonté, dit l'Éternel, ne se retirera point de toi, et l alliance de ma paix ne sera jamais ébranlée. Espérons continuellement en notre Dieu. Il en tombera milh à nos côtés et dix mille à notre droite, mais la desttnctii^ n*approc1iera point de nous, La grâce qui nous a été faite ne sera pas plus faible dans l'avenir qu'elle ne l'a été dans le passé : grande ou petite, elle suffira. Saisisons-la et elle agira. Sodome a péri dans les flammes, et notre cœur, enclin au mal, est souvent comme une Gomorrhe, mais il y a wn bras qui n'est point raccourci //desoreilles qui ne sont pas deiocuues çwwft.\A%-k^«fii«.N

[CCXXXYl] Î3 AOUT. 276

pauvre àme , ta cause est gagnée ; tu seras plus que vatnqtmir par celui qui l'a aimée.

Heureai rhomme qui ne marche point suivant le conseil des méchants. (Ps. I, 1.)

L'honnête honatne, le bon chrétien selon le monde, se révolterait si on le rangeait dans la classe des méchants. Ce ne sont ni les jurements ni les coups de couteau qui font les méchants. L'Écriture dit : c'est le conseil du cœur. Nous sommes méchants si nous marchons suivant les conseils de notre cœur déchu. Les inspirations qui nous viennent de nous-mêmes sortent d'une nature foncièrement ennemie de Dieu, séparée de lui et méchante par ce seul fait. Nous nettoyons le dehors de la coupe et du plat, mais que serait-ce si l'on voyait nos souillures intérieures? Si Dieu nous abandonnait jusqu'à demain à notre pente naturelle, nous deviendrions un démon. Rendons grâces de n'avoir pas eu jusqu'ici l'occasion de devenir ravisseurs, ou injustes^ ou adultères. Le conseil du cœur peut nous mener à tout cela. Eve a commencé par un doute et a fini par une chute totale. Le méchant est partout où Dieu n'est pas, où il ne règne pas, où il n'est pas tout. Faut-il s'étonner alors qu'il y ait si peu d'heureux ici-bas T On n'est heureux que quand on ne marche pas suivant le conseil des méchants; mais pour cela, il faut une réforme générale. Faisons donc accueil à l'Esprit de Dieu, à la volonté de Dieu, à la personne de Dieu^ comwvo. ^ notre bien suprême^ et restons sourds a\x^\Ti^vKa3^^^^

276 24 AODT. fccxxxvn]

de notre propre esprit. Redoutons notre volonté propre, crucifions notre moi dans nos pensées et dans les intentions du cœur, c'est Tunique moyen de chasser le méchant, d'atteindre le bonheur, de marcher avec Dieu.

Et Moïse dit au peuple : Ne craignez point, arrètez-vons, et voyez la délivrance de rÉternel, qu'il vous accordera aujourd'hui, car pour les Égyptiens que vous avez vus aujourd'hui, vous ne les verrez jamais plus. L'Éternel combattra pour vous, et vous demeurerez dans le silence. Or, l'Éternel avait dit à Moïse : Qoe cries-tu à moi ? Parle aux enfants d'Israël , et dis-leur qu'ils marchent (Exode xiv, 13, 14, 15,)

Notre vie extérieure est souvent tout autre que notre vie intérieure. Nous passons pour des héros de foi, et nous sommes à beaucoup d'égards de grands incrédules. Pendant que Moïse parlait avec tant d'assurance aux enfants d'Israël, il criait en silence à son Dieu et tremblait. Tandis qu'Israël admirait sa fermeté, TÉternel s'indignait de son incrédulité. Le monde ne sait pas ce qui se passe sous l'habit d'un ministre de Christ ou sous celui de ceux que l'on regarde comme des saints. Ces démonstrations d'esprit et de puissance qu'admire tout un auditoire , viennent souvent d'un abtme de misères que Dieu seul connaît. Tout vrai croyant vous dira la même chose. Il est obligé de crier, de lutter, de revenir sans cesse à la source pour avoir un peu de foi, un peu d'amour, un peu d'espérance. Le monde croit qu'un homme qui parle si bien et qui est si vaillant à voir, n'a plus de combats et qu'il ne lui manque qu'un chariot de feu pour monter aw. ç\ç\,^ëv^'s»\ i\\'Yû\fed^\ic

fccxxnni] 25 août. 277

de ces hommes pouvait vous être connu, vous verriez en eux les mêmes infirmités que celles que vous découvrez en vous. Ils sont ce qu'ils sont par un effet de la bonté de Dieu, et afin que la grande puissance qu'ils possèdent soit attribuée à Dieu^ et non pas à eux. Ce sont des vases de terre , que remplit , selon son bon plaisir j Celui qui accomplit tout en tous. De peur qu'ils ne s'élèvent trop, à cause de Vexcellence de leurs récilations, Dieu les a environnés d'échardes, anges de Satan dont les soufflets leur sont plus nécessaires qu'un séjour prolongé sur le Thabor. Le cri de Moïse dura quarante ans. Quand on a six cent mille hommes à commander, et des hommes comme ces Juifs, on apprend à prier, à croire, et à ne vivre que de miracles. Dans le domaine de l'âme, il y a souvent aussi mille et mille voix qui parlent et qui ne veulent pas obéir. Nous crionsy et Dieu dit : Marche. Le monde ne voit que celui qui ^mrche et ne voit pas celui qui crie. Cela est bon, bon dans l'intérêt de Dieu et dans le nôtre. La vie est un combat où V Éternel combat pour nous ; apprenons à demeurer dans le silence.

Toas fait ces choses-là, et je me suis tû, et tu as cru que j'étais véritablement comme toi. Je t'en reprendrai, et j'exposerai tout en ta présence. (Ps. l, 21.)

Dieu se tait longtemps ; sa patience est de toutes ses perfections la plus étonnante ; mais à la longue il parle, et quand il parle il agit. A une longue et fatale sécurité il fait succéder le remords et ses lourmeiite* C^ c^jkfc

280 27 AOUT. [ccn]

et nous ne broncherons plus. Élevons nos yetix vers les montagnes d'où nous est venu le secours. II n'est plus question de ce qui se passe en nous ; Jésus est le Chef et le Consommateur de notre foi; Vomvredu Rocher est parfaite^ et Christ c'est nous.. Dieu ne nous sépare pas de son Fils. Ceux que Dieu avait auparavant connus^il les a aussi prédestinés à être conformes à Vimage de m Fils, afin qu'il soit le premier-né entre plusieurs frères. Regardons cet homme glorifié qui brille dans la splendeur céleste, et contemplons en lui notre vocation^ notre élection et notre éternelle victoire. Nulle étude n'est plus propre' o affermir notre vocation et notre ékction.

Éternel ! guéris-moi, et je serai guéri ; sauve-moi, et je serai saavé, car tu es ma louange. (Jérémie xvii, 14.)

On trouve des hommes d'une conduite irréprochable et qui sont entourés d'une grande considération. Un tel état peut facilement devenir un piège en rendant extrêmement difficile la conviction de péché. Ces hommes cependant croient peut-être à la grâce et à l'impossibilité d'être sauvés par leurs œuvres, mais leurs vues sur le christianisme sont trop vagues. L'encens qu'on leur apporte et dont on couvre leur vie fait que, sans qu'ils , se l'avouent, leur foi en Jésus-Christ est plutôt nominale que réelle. Le vrai fondement de leur conflance est leur personne. Il ne faut pas traiter ces honames comme on traiterait des pharisiens ordinaires, il faut attendre. Dieu peut les mettre dans toutes sortes de situations où leurs faux a^i^vîÀ& ^^\Q»\iV yù\w:ié& et où ils

[CCXLl] 28 AOUT. 281

ouvriront les yeux sur eux-mêmes. Conseillez, en attendant, à ces hommes de prier assidûment et de se mettre sincèrement devant le miroir de la Parole. S'ils le font, ils arriveront nécessairement à la vérité; s'ils refusent de suivre ce conseil, dites-leur que leur indifférence est déjà le signe d'une inimitié cachée envers Dieu. Mais les arguments ne suffiront pas pour les convaincre, il faudra que le Seigneur lui-même attaque leur conscience. 11 le fera peut-être en dévoilante ces hommes justes quelque côté faible qui prendra tout à coup, sous la lumière divine, un caractère plus. grave. Quand Dieu touche ainsi du doigt une partie de notre nature, t7 con^Mtw^, comme la teigne^ notre excellence. A ces premiers ébranlements peuvent se joindre d'autres circonstances, une épreuve, une perte quelconque. Mais c'est toujours un spectacle touchant que celui d'une âme qui arrive à la connaissance de sa misère, et qui s'écrie, fût-ce même au bout de sa carrière : Éternel! guéris-moi y et je serai guéri; sauve-moi ^ et je serai sauvé; car tu es ma louange.

Nous TOUS avons joué de la flûle, et vous n'avez point dansé; nous avons chanté des plaintes devant vous, et vous n'avez point pleuré. (Malth. XI, 17.)

On fait un mauvais usage des joies et un mauvais usage des peines, quand les premières ne provoquent pas la reconnaissance et que les secondes n'humilient pas. C'est toujours à notre propre détriment que nous tournons en dissolution les grâces de Dieu. Ceux (\ui De sont pas reconnaissants, ne sot\1 p^s ww\^xi%\kK»sv-

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reux; et ceux qui ne retournent pas à Dieu, quani Dieu les visite, perdent le bénéfice de l'épreuve et s'endurcissent. Il est triste d*être inattaquable par le bonheur et par le malheur, et de ne recevoir de toutes choses que des impressions fugitives. Dieu a raison cle5 dire : Soit que je les aie châtiés, soit que j'aie fortifia leur bras 9 ils ont pensé du mal contre moi, Cett3 double manière de renvoyer Dieu donne à la vie chrétienne ce caractère d'indolence qui ne laisse riec». espérer, à moins d'un miracle de la grâce. Mais supposons qu'une de ces âmes engourdies se reconnaisse enfin, et qu'elle en vienne à verser des larmes dans 1^ contemplation de l'infatigable tendresse du Seigneur, qui ne s'est point rebuté, mais qui a suivi la brebis errante sur les montagnes et dans les vallées. Biera qu'elle fût ingrate et inaccessible à toute repentance, il a été le même en amour, en patience, en fidélité. Quand nous n'avions rien à lui dire, rien à lui montrer, il se disait en silence : Éphraïm n^a-t-il pas été pour moi un enfant chéri? Ne m'a-t-il pas été un enfant agréable ? Car depuis que je lui ai parlé, je n'ai point manqué de m* en souvenir; c'est pourquoi mes entrailles se sont émues à cause de lui^ et f aurai certainement pitié de luiy dit VÈterneL Cette pitié prend vie en nous quand nos propres entrailles s'émeuvent,' quand un saint amour illumine nos jours de bonheur et nos jours d'épreuve, et que nous reconnaissons ce réseau de miséricorde qui s'étend sur toute notre vie terrestre et qui nous montre que Dieu ne veut point la mort du pécheuft mais sa conversion et sa vie.

fczcXUlJ 29 AOUT.

X*o lit docteur qui est bien instruit dans ce qui regarde le royaume des cieux, est semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses vieilles. (Matth. xiii, 52.)

Le vrai docteur est celui qui est enseigne de Dieu, et toxit enseignement de Dieu est un trésor où les vers ni ^ot rouille ne gâtent rien, et où les larrons ne percent ni ^^ dérobent. Tant que nous restons en communication ^"v^ec Dieu, nous tirons de son trésor des choses noih '^^lles et des choses vieilles, c'est-à-dire des expériences ^•=:^times des vérités dont nous vivons. Les vérités de l* écriture sont les réservoirs de la vie et de la croissance. Une expérience qui nous paraît vieille aujourd'hui peut redevenir nouvelle demain. Le pain que nous ' "^^càangeons nous est tous les Jours nouveau, et quoique ^^ soit toujours le même pain, quand nous ne rapprenions pas, c'est que la faim nous manque. Le salut par S race nous paraîtra dans dix ans un trésor plus précieux qu'il ne l'est aujourd'hui. Et si les choses vieilles ^ont bien reçues, elles ouvrent les yeux sur mille choses Nouvelles. Entretenons en nous la faim spirituelle, et l^s conséquences de l'Évangile abonderont. C'est une îlamière multiple comme celle d'un diamant; une vie ^ui entre dans tous les vaisseaux de l'âme. Dans le ^oode, les choses nouvelles deviennent promptement ries choses vieilles; parce que la satiété s'attache à tout 158 qui est corruptible. Le goût du nouveau et du ;()iquant est la fièvre de l'homme du monde ; mais sou Xrésorest un fonds de vanité et une VveîJ^^ ^\,\iwsH^^

source de tristesse. Un pauvre pécheur sauvé est plus . heureux que lui. Sa repentance d'aujourd'hui ne lui suffit plus demain; il sent, dans les moments sérieux de la vie l'insuffisance de sa foi. Il sent aussi l'amour de son Dieu, bien qu'il n'en voie encore que les bords. // oublie ce qui est derrière lui et s'avance vers ce qui est devant lui; il vole vers l'éternité, désireux de connaître, parce qu'il connaît ; désireux de recevoir, parce qu'il a reçu. Un tel homme est un docteur; il rend témoignage à la vérité, car il en entend la voix.

C'est ici la volonté de Celui qui m'a envoyé, que quiconque contemple le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. (Jean vi, 40.)

Contempler le Fils n'est point s'adonner à une vie contemplative. C'est du regard de la foi que Jésus- Christ parle ici, ce n'est pas de celui de l'imagination. Le mysticisme vient d'un sentiment qui s'égare, mais on ne s'égare jamais quand on croit. Contempler Jésus- Christ, c'est le recevoir comme la lumière du monde et la vie éternelle ; c'est le laisser agir et agir soi-même sous son influence pour amener toutes nos pensées captives sous son obéissance. Un vrai regard est une véritable force, comme nous le voyons d'une manière si saisisante dans l'exemple des Israélites mordus par les serpents brûlants et guéris par un regard sur le serpent d'airain. Quand nos besoins sont pressants ou que notre cœur est gonflé, les paroles sont trop lentes; regarder au Seigneur et s'abattre devant lui est bien plus rite fait. Il sait bien de quoi uwx& s^wwas (attt;

fccxur] SI AOUT. 985

ii comprend sans bruit de paroles les peines que nous venons répandre en sa présence. Il connaît notre épuisement, nos humiliations, nos chaînes et notre désir d'être délivrés. Demeurons devant lui, et si nos paroles sont trop pauvres, nos yeux qui le cherchent parleront aussi distinctement que des paroles. Où il y a faim, il y a foi ; et où il y a foi, il y a vie éternelle. Notre Rédempteur est vivant^^tson regard est la délivrance même. C'est ici la volonté du Père^ que quiconque contemple le Fils, le reçoive comme la vie éternelle. Celui qui a le Fils, a aussi le Père et l'Esprit qui ressuscite au dernier jour. Il y a une puissance qui surpasse la nôtre et qui nous est acquise pour toujours. A chaque regard de foi, Dieu répond par un : Fortifie-toi et prends courage. Ne tépmvante point et ne t'effraie de rien ; car V Éternel toi Dieu est avec toi partout oà tu iras.

Seigneur, celui que tu aimes est malade. (Jean xi, 3.)

C'est le message que Marthe et Marie envoyèrent au Seigneur pour qu'il vînt guérir Lazare. Que cette simplt parole soit aussi notre prière quand nous recommandons à Dieu un malade qui nous est cher. Soyons assurés que Dieu aime plus tendrement que nous ceux lue nous aimons, et que, soit qu'il s'agisse du corps, soit |u'il s'agisse de l'ftme, nous nous adressons à un mélecin capable de guérir. Prions avec foi, et cette maladie s sera point à la mort, mais elle sera pour la gloire e Dieu, afin que le Fils de Dieu en soit glorifié. Le réaltat d'une maladie peut être contraire kxvo\x^ ^WfcwVa

Î86 31 AOUT. [coût]

mais si nous recourons au Seigneur comme Marthe et Marie, une telle Visitation sera toujours une bénédiction pour nous. Que de choses le Seigneur nous dit près du lit des malades ! Il nous y fait sentir d'une manière plus saisissante notre propre fragilité, et nous voyons à nu ce que nous donnera le monde quand nous serons nous-mêmes couchés sur le lit d'où nous ne nous relèverons plus. C'est pourquoi demandons-nous sérieusement dès maintenant si nous connaissons le vrai médecin ; si nous sommes en rapports permanents avec lui. Un malade est exposé à bien des assauts, il faut donc dans nos jours de santé nous préparer pour le jour solennel qui pous enlèvera. Un malade est une prédication vivante. Nous pouvons voir en lui toutes nos misères ou toutes nos joies réunies. N'entrez donc pas chez un malade sans vous dire : Il y a ici une âme aimée, et peut-être une gloire future qui se prépare. Les malades du corps de Christ sont les favoris du Seigneur; plus il les tient sous sa main, plus il veut se glorifier dans leurs épreuves. Il donne à l'un une maladie à supporter, à l'autre un malade à soigner; nous Içs plaignons l'un et l'autre; mais s'ils entrent finalement tous deux dans l'intention du Seigneur, ils sont riches, ils sont heureux plus que nous ne pourrions les rendre. Ouvrons les yeux à notre tour, et nous verrons dans la maladie même un amour qui, s'il est reçu comme amour, éteint toutes les souffrances et met en possession des richesses incompréhensibles de Christ-

[GOXV] } SSPTEMBRB. 287

ToQte la pléaitude de la Diviaité habite corporellement en lai, et voas avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute princicipaaté et de toute puissance. (Col. ii, 9, 10.)

Malgré le progrès du temps, il y a encore beaucoup d'ariens cachés. L'adoration franche et fervente de Jésus-Christ et la profession solennelle de son nom sont loin d'être générales, même dans les villes chrétiennes. Cependant celui qui n'a pas le Fils rCa pas le Père, il 'i'a qu'un christianisme malade. La colonne et Vappui ^e la vérité est Dieu manifesté en chair; tout cloche, si f*o fondement cloche. Jésus Christ lui-même demande iUe tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Toutes ces pauvres subtilités qui n'osent donner ferme- ■^ent et franchement gloire à Celui en qui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, sont des lignes qui rongent tout le corps de la doctrine. Cette :dauvaise assurance, quant à la vérité fondamentale, :ious rend, dans les grandes crises de la vie, peureux ît pusillanimes. Ployons franchement nos genoux derant le Sauveur notre Dieu, et nous aurons tout pleinement en /m, car la plénitude de la Divinité est aussi une plénitude de secours» de force, de consolation.

288 2 SEPTEMBRE. [COLTl]

Mettons fermement notre confiance dans la plénitude de la divinité de Christ, et nous serons dans une forteresse contre laquelle les puissances de Tenfer ne prévaudront point. La puissance créatrice repose dans le Fils de Dieu, c*esl lui qui a créé toutes choses^ les ce" lestes et les terrestres^ les visibles et les invisibles; c'est en lui que nous avons été éluSy réconciliés^ justifiés^ vivifiés y glorifiés ; c'est en lui que nous avons tout pleinement, si nous le mettons dans notre cœur au-dessus de toute principauté et de toute puissance. Quand nous aurons une foi entière, nous aurons aussi une âme invulnérable, et nous pourrons avec notre Dieu nota jeter sur toute une bande et franchir la muraille.

Suivant la vérité avec la charité, croissons en toutes choses dan» Celui qui est le Chef, savoir Christ. (Eph. iv, 15.)

On s'occupe plus volontiers de choses accessoires qu9 de s'affermir dans la vérité vitale et fondamentale, qui est Christ. Laissons les questions secondaires, et prions Ir Père de notre Seigneur Jésus-Christ^ afin que, selon les riche^es de sa gloire, il nous accorde la grâce d* être puissamment fortifiéspar sonEsprit, dans Vhomme intérieur , afin que Christ habite dans nos cœurs par la foi. Si Christ a commencé son œuvre en nous, entretenons-la fidèlement afin de croître en toutes choses par le secours de Celui qui a commencé en nous cette bonne osuvre. 5wtvons la vérité avec la charité pour contrôler notre foi et pour être préservés d'illusions. La vérité qui est en Christ iî 'est pas une abslracVvou m \Mi^\m^\^%'^%\î^me;

[(X3LTII] 8 SEPTEMBRI 289

c'est ]a vie de Dieu. Recevons-nous cette vie avec amour, opère-t-elle en nous la charilé? La vérité sans charité n'est plus la vérité, comme la charité sans la vérité n'est plus la charité. Il y a des faiblesses charnelles qui ont un faux air de charilé et une tolérance qui nuit à la vérité. Ainsi que deux larrons peuvent se donner la main pour dérober avec plus de succès, deux chrétiens peuvent parler de charité pour se soustraire à la vérité; ils se disent : Si je laisse faire, on me laissera faire. Mais Christ n'est pas le Dieu des larrons. Ayons une saine doctrine et un esprit saintement châtié; ce sont les conditions de la vérité et de la charité. N'allons ni à droite ni à gauche, ne nous jetons pas dans les accessoires pour mieux échapper aux vérités capitales. Christ donne beaucoup à apprendre, beaucoup à refondre ; faisons à nos pieds un chemin droit et gardons-nous des zigzags; appelons les choses par leur nom, et ne soyons point parmi les épines. De bonnes racines dans un bon terrain nous feront croître en toutes choses dans celui qui est le chef. Pensons à ces choses et soyons-en toujours occupés, afin que tout le monde voie les progrès que nous ferons.

Ne soyez plus des enfants, ni floUants ni emportés par le vent de tontes sortes de doctrines, par la tromperie des hommes, et par l'adresse qu'ils ont de séduire artificieuscment. (Eph. iv, 14.)

Du vague des convictions vient le vague de la volonté, et ce quelque chose de flottant qui fait qu'un grand nombre de chrétiens tournent comme le vent. On ne peut jamais sayoir ni ce qu'ils croient, ni ce qu'Us \evileul.,rii

290 4 SEPTEMBRE. [CGXLVni]

ce qu'ils feront demain . On les croit persuadés d'une chose; pas du tout, quelqu'un d'autre est venu après vous, il leur a parlé, et, avec eux, le dernier venu a toujours raison. Ce sont des pâtes molles, ou, comme dit saint Paol, des enfants qui flottent et qui sont emportés par le beau premier vent. Sommes-nous de ce nombre! Si cela était, avouons-nous-le enfin, et sentons le triste état d'un homme qui ne peut s'appuyer sur rien de réel. Pourtant Jésus-Christ subsiste, la Bible est là; nous avons un degré do confiance quelconque en Jésus-Christ et dans la Bible. Pourquoi donc vivre sans paix, et chercher notre religion comme on cherche un ami dans une foire? Toutefois, ce flottement s'explique. Comme il nous faut absolument une pÂture à notre amour-propre, de l'opium pour notre conscience et un voile qui nous cache notre tombe et le' registre de nos péchés, nous croyons volontiers les hommes qui nous donnent tout cela, et nous trouvons leurs artifices moins gênants que la vérité de Dieu. Mais se tromper, c'est se tromper, et à la fin de la vie est un réveil. Accueillons le réveil de la foi, avant que celui du désespoir arrive. Soyons enfin quelque chose, ayons une volonté et chassons i'^^pni de fraude. Approchons-nous de Dieu, et il s* approchera de nous, il nous dira le reste. Il réserve à ceux qui sont droits un état permanent, il est le boudin de ceux qui marchent dans V intégrité.

C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. ([1 Cor. xv, iO.)

Saint Paul avait conscience de \w\r\ûfeme, \skais\l avait

fcaiVinJ 4 SEFTEMBRE. 291

aussi conscience de la grâce de Dieu; il faut l'une et l'autre chose poar être maintenu dans Thumililé et dans la foi. La vie intérieure du chrétien se compose de ces deux consciences : celle du vieil homme et celle du nouvel homme. Il y a deux personnes en nous, notre mot et Christ, et jusqu'au jour de notre délogement, il y aura lutte entre ces deux personnes. Mais la grâce est plus forte que la nature, et nous la reconnaîtrons aux quatre opérations suivantes. D*abord elle commence par faire séparation entre le péché et le pécheur. Tout ce qui nous est dévoilé sur nous-mêmes, c'est la grâce qui nous le dévoile et qui nous en détache. Elle nous donne, en second lieu, la miraculeuse évidence que notre nature pécheresse a été crucifiée avec Christ, et qu'tl n'y a plus aucune condamnation pour ceux qui mten lui. Cette évidence est la foi que la grâce seule a la puissance de produire. Ensuite la même œuvre . continue, et l'âme qui a reçu Jésus-Christ par la foi, est aussi vivifiée et sanctifiée par lui. Les forces qui sont en Christ passent de lui à nous par un travail miséricordieux de la grâce. Or, on n'est pas sanctifié sans luttes lùsans combat jusqu'au sang. Il est douloureux de retomber sans cesse, de se voir toujours plus humilié devant soi-même. Mais au milieu même des inégalités ^t des incertitudes de la lutte, nous sommes gardés et Maintenus jusqu'au but : un bras invisible nous tient Suspendus sur les abîmes. C'est encore la grâce qui ûous donne ce triomphe. Gardons-nous de croire qu'il soit une suite naturelle de nos progrès. Tout chrétien dira : Cest par la grâce de Dieu que je suis ce que je 9uit. Heureux ceux qui peuvent ajouter : Et la qrdc^

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