SEPTEMBRE. [CCXLIX
que Dieu m'a faite, n* a point été vaine! Croyons à la grâce, et laissons-la agir. Elle ne sort pas de nous, mais elle est à nous. Elle sera pour nous, comme pour Tapôtre Paul, une grâce suffisante.
S'ils sont liés de chaînes, et s'ils sont prisonniers dans les liens de raffliction, il leur fa* t connaître ce qu'ils ont fait, et que leurs péchés ont prévalu. AÏors il leur ouvre l'oreille pour les renén sages, et leur dit de se détourner de leur iniquité. (Job XUTii 8-10.)
Notre sens spirituel est souvent bien éraoussé. Celï peut venir de ce qu'on a laissé trop d'empire à la VM de la chair, ou aussi de la simple monotonie d*uD< situation trop tranquille. Pour rendre à la conscienc sa délicatesse et pour exciter dans le cœur une nouvell faim spirituelle , Dieu vient à notre secours par de chaînes et des liens d'affliction. Ces visitations de Die nous ouvrent les yeux et les oreilles ; nous voyons toc à coup ce qui nous a rendus si morts, et nous décoa vrons de nouvelles causes de langueur auxquelles noa n'aurions point pensé. Nos infidélités sortent comme d dessous terre, quand, prisonniers dans les liens i Vafflictiony nous voyons sous son vrai jour notre vi et ce qui l'a rendue si pauvre. Mais la vue de nous mêmes ranime aussi des besoins qui dormaient. Diei est plus près de nous, sa voix est celle d'un père qu ne peut pas se démentir lui-même, et la grâce de Jésus Christ opère le pardon, la paix et le détachement de noi iniquités. Qu'y a-l-il de plus beau qu'une âme qui es bien sous la croix et qui a eom^ûs ^^ ç.\îo\x? La con-
[gClJ 6 SEPTEMBRE. 293
naissance de nous-mêmes, la valeur des choses divines
et la fidélité silencieuse de Christ, grandissent bien vite,
quand nous sommes liés de chaînes et que nos propres
forces nous abandonnent. Mais c'est une chaîne déjà, et
une grande affliction^ qu'un état de langueur qui se
prolonge. C'est une croix qu'un cœur qui se refroidit,
un esprit qui n'est plus fervent, une vie qui décline et
qui ne peut pas se retremper elle-même. Ce sont des
liens qui nous humilient, et il vaut mieux nous tenir
passifs que de faire des efforts pour nous vivifier nous-
D^êmes. Attendons le Seigneur comme les guets attendent
'« matin; ayons notre espérance en sa Parole. C'est
pour nous rendre sages qu'il nous conduit ainsi et pour
'low détourner de nos iniquités,
Veux- tu être guéri? [Jean v, 6.)
C'est la demande que le Sauveur faisait souvent à ses Malades. Il voulait réveiller par là le sentiment de leur "Misère, et éprouver en même temps leur foi en Celui à ^Ui ils s'adressaient pour recouvrer la santé. S'il est vrai ?Ue toutes les souffrances viennent du péché, le Sei- Stieur va jusqu'à l'origine de nos maux, en nous demandant : Veux-tu être guéri? Cette demande dit plus ^Ue si Jésus demandait : Veux-tu que je te pardonne? *^e pardon s'arrête à l'offense, mais la guérison est la destruction de la racine même du mal. Si nous nous Connaissons bien, nous sentirons que c'est à cause de Cela que nous aimons mieux le pardon que la guérison. ^ péché ôte la psdx, et c'est la paix, qvx^ xv^ws \^^^^-
294 7 SEPTEMBRE. [CGU]
chons, quand nous recherchons le pardon. Mais consentir à être guéri, c'est sacrifier tout à la fois nos convoitises et notre volonté propre: sacrifice douloureux qu'on ne se résout pas facilement' à faire. Cependant le Sauveur qui nous offre le pardon, nous offre aussi la guérison. Il ne lui est pas plus difficile de nous détacher de notre opiniâtre nature, que de remplir de paix notre cœur malade. Quand nous aurons assez souffert de nos péchés, nous verrons la guérison sous un jour nouveau, et nous nous écrierons : Je suis l'artisan do mes misères I quelle folie de vivre ainsi I Notre volonté jusqu'alors incertaine deviendra victorieuse, et dès que nous voudrons sérieusement être guéris, nous le serons. Le paralytique de Béthesda avait été trente-huit ans dans le même état. Une seule, mais une véritable rencontre avec le Seigneur le guérit d'un mal qui devait lui paraître désespéré. Comme lui, montrons à Jésus nos chaînes, prions-le de bien manifester notre misère, et il nous donnera, outre l'assurance du pardon, la force d^ marcher dans une vie nouvelle. Croyons à notre médecin, à la toute-puissance de sa grâce, et nous en sentirons l'efficace. Mettons-nous bien dans Vesprit que nous sommes morts au péché, et que nous vivons à Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur,
Jacob élant demearé se«1, uq homme lutta avec lui jusqu'à ce qo^ l'aube du jour fût levée. (Genèse xxxii, 24.)
C'est la lutte des forces divines avec nos forces nalurelies lorsque Dieu nous batte \^ Oûmvck, ^\ Qjûa^<^us
[GCuJ 7 SEPTEMBRE. 295
Doos faisons forts de surmonter les obstacles ; lorsque Dieu attaque notre conscience, et que nous, nous travailIoDS pour l'apaiser; lorsque Dieu nous montre des directions vicieuses, et que nous redoublons d'efforts pour triompher par nous-mêmes de notre vieille nature. MaisThomme lutte vainement avec Dieu; il ny a ni iagesMf ni intelligence, ni conseil pour résister à V Éternel Jacob lutta avec son adversaire jusqu'à ce que ^mhe du jour fit levée. C'est une résistance qui peut durer longtemps ; comment se terminera-t-elle? nous voyons que les forces naturelles de Jacob furent brisées ; Vmbaiture de Vos de la hanche du patriarche fut débite pendant que V homme luttait avec lui. Il semblerait <)Qe Jacob quitta le terrain, non en vainqueur, mais en vaincu. C'est le contraire. Le brisement de nos propres forces donne entrée aux forces de Dieu. Quand je suis f(ék, disait saintPaul, cest alors que je suis fort. Jacob, tout brisé qu'il était, ne lâcha pas son adversaire ; il fallut que ce fût celui-ci qui le suppliât de le laisser aller. Mais Jacob lui dit : Je ne te laisserai point que tu ne m* aies 46it. Voulons-nous être à notre iouv plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés ? Laissons briser nos propres forces qui, au fond, ne sont qu'orgueil et résistance. Devenons de pauvres pécheurs qui n'ont rien et qui ne peuvent rien, mais qui pour cela ne désespèrent pas. Attachons-nous par la foi à Celui qui a fait lespromes- *^« et qui est fidèle. Tout déhanchés que nous sommes, ^e regardons pas à nous-mêmes ; le Dieu qui est notre ^^ fait revivre les morts et appelle les choses qui ne *on< point comme si elles étaient. Dieu ne résiste pas Quand il voit notre âme qui se meurt e\ q^\ ^ ^^\iV
298 8 SEPTEBfBRE. [cttll]
écoulée. C'est nous qui serons les vainqueurs, c'est Dieu qui sera le vaincu. Que répond TEcriture aux pauvres misérables, à ceux qui sont prêis à tomber et qui soni abattus? Que V Éternel a fondé 5ûm, itque les affligés de son peuple se retireront vers elle,
Je suis rÉteraely c'est là mon nom, et je ne donnerai point oaa gloire à un autre, ni ma louange aux images taillées. (EsafeZLii» 8.)
C est ici la vie éternelle que nous connaissions Dieu et que nous connaissions Jésus-Christ. Bien ne remplace la source des eaux vives; entrez dans votre càbi^ net, fermez la porte, et débattez vos intérêts devant Dieu lui-même. Si un jour dans ses parvis vaut mieux qu^ mille ailleurs, une demi-heure passée près de lui nous donne plus de force que beaucoup de sermons ou beaucoup de réunions. C'est le commerce personnel avec Dieu qui nous affermit et nous retrempe ; il est lui-même notre force et notre édificateur, et il «« donne point sa gloire à un autre, ni sa louange aux images taillées. On soupire souvent après un bon entourage, après un prédicateur selon notre goût, après une ville comme Genève, comme Bâle, où il y a des chrétiens à foison. On croit que la maigreur intérieure tient au fâcheux état de la localité où Ton vit, aux circonstances dans lesquelles on est placé. On pense
^ qu'on n'est misérable que parce qu'on séjourne en Mésecy et qu'on demeure dans les tentes de Kédar. C'est Jà une illusion, notre mal vient d'ailleurs. Nous sommes
^mcore idolâtres, ncms dounonsla gjVolTft d.e\É\mwU
[CCUU] 9 SEPTEMBRE. 297
mmire^ et sa louange, aux images taillées. Adressonsnous à lui-même, n'allons point aux hommes. A-t-il été un désert à Israël? A-t-il été une terre ténébreuse? La force et la joie sont au lieu où il habite; cherchons-les donc où elles sont. Les bras de chair rendent mou et paresseux, mais ceux qui s* attendent à V Éternel reprennent de nouvelles forces. Dans les lieux où les chrétiens setrouvent en abondance, tout ce qui brille n'est pas or, etWcirconstances extérieures les plus favorables possibles n'élargissent pour personne la porte étroite. Surmontons notre paresse spirituelle, einotre lumière éclora <^nw Vaube du jour, et notre guérison germera in- ^^^nent. Au lieu de nous tailler des images et de fausses espérances, croissons dans la connaissance de ^tre Dieu. Il est VÈtemely le Dieu unique, la vie et «'ïAne Vabondance de la vie.
Au lien qae vous devriez être maîtres depuis longtemps, voas avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers éléments de la Parole de Dieu ; et vous êtes dans un tel état que vous avez plutôt besoin de lait que d'une viande solide. (Héb. v, i2.)
On se fait en général un tableau beaucoup trop idéal des Églises apostoliques. Il y avait en elles le même pèlexnôlequisevoit dans nos troupeaux d'aujourd'hui. Après les choses affectueuses que saint Paul dit à ces églises, il ne craint pas de leur découvrir les plaies honteuses qui continuaient à suppurer dans ces créatures nouvelles. Qu'on se rappelle les reproches qu'il adresse aux Églises de Coriûtbe, de Thessalonique , e\ tfi\^WM:^»'^\^^
298 9 SEPTEMBRE. [CGLin
même qu'on se fait une idée trop belle de la vie de ce troupeaux, on exagère aussi le degré de leur connais sance chrétienne. L'auteur de TÉpître aux Hébreux au rait voulu parler à des âmes avancées et ne pas traite sans cesse les mêmes matières ; mais il est obligé d'ei revenir awa? éléments ; parce que ceux auxquels il s'adres sait étaient dans un tel état, quils avaient plutôt besoi de lait que d'une viande solide. G*est un avis à nos pr^ dicateurs et à nos troupeaux d'aujourd'hui, il y a de ministres de la Parole qui croient que les sujets ordi naires ne sont plus suffisants ; rassasiés eux-mêmes ils cherchent du neuf, du piquant, et ils appellent cël de la viande solide. D'un autre côté, il y a des trou peaux qui, grâce à leurs conducteurs spirituels, ne son que des troupeaux d'enfants gâtés ; des âmes friande qui, parce qu'elles se croient hors des langes, ne veulefl plus être comptées parmi les faibles et les misérables Elles sont devenues des aigles, et ne sont plus des aiglons Un tel état de choses ne produit aucun progrès réel parce que ce n'est ni le neuf ni le pittoresque qui sauve c'est la vieille roche de l'Évangile. Entrez dans la vas humaine, creusez dans le cœur déchu pour faire plac à la pierre angulaire et précieuse ; et vous serez tou jours neuf, vous qui parlez ; et vous qui écoutez, vou serez toujours nourris. On oublie bien vite le fondemeu de la vie, mais les accessoires ne peuvent remplacer c qui fait le cœur de la doctrine. Une seule chose est m '^eessaire; ne nous lassons pas de la montrer, et de 1 recevoir toujours; Jésus-Christ crucifié n'a pas encor fait son temps ; c'est en lui qu'est le lait et la viand solide. On est toujours ne\xî, qvi^M wi^sl^aétré, €
[caiY] 10 SEPTEMBRE. 299
l'on esl toujours heureux, quand on se sent sur le vrai fondement.
Je crains qae, comme le serpent séduisit Eve par sa ruse, vos esprits ne se Udsseot corrompre, se détournant de la simplicité qui est en Christ. (2 Cor. xi, 3.)
La simplicité n'est point de runiformité. On peut être simple en toutes choses et varie en toutes choses ; cela est vrai surtout de la simplicité qui est en Christ. Regardez Jésus-Christ lui-même; l'impression générale que vous recevez de lui est partout et toujours la même ; cependant quelle variété dans cette simplicité du Sauveur! Le caractère delà simplicité chrétienne est qu'elle repose Tâme, qu'elle met au clair ce qui est embrouillé, et qu'elle ramène l'ordre dans le désordre, la paix dans fe trouble et dans la confusion. Satan n'aime pas la simplicité, parce qu'il ne veut pas que l'homme voie ^''op clair ni sur lui-même, ni sur Dieu, ni sur son avenir. Toutes les méthodes de corruption employées par Satan, depuis la chute d'Eve, tendent h détourner ^e la simplicité qui est en Christ, Il fait des systèmes, ^€s subtilités scolastiques, des difficultés de détail, une l^oudre qu'il jette aux yeux. Les sectes qui prennent Naissance dans le sein de l'Église, contribuent surtout à détourner de la source vitale , en faisant chercher le ^alut dans des dogmes secondaires ou dans des vérités altérées. De là, le zèle amer, l'esprit de parti, le faux dogmatisme. Dieu avait créé Ihomme droit, mais l'homme actuel cherche beaucoup de discours. Revenez à la simplicité gui est en Christ^ vous qui dans les
300 11 SEPTEMBRE. [cav]
labyrinthes sectaires ne trouvez ni clarté, ni bonheur. Ne faites pas le second pas si vous avez fait le premier, et assurez- vous d'abord si le premier pas est bien fait. Avant de former un saint, Dieu crée un pauvre en esprit. Vérifiez si peut-être vous n'avez que Tidée de cette pauvreté, sans avoir la chose elle-même. Il n'est donné qu'aux humbles d'être simples, et aux simples d'être humbles. Quand vous aurez réuni toutes choses en. Christ, qu'il sera votre trésor et votre assurance, vous aurez conscience de la vérité, votre cœur sera simple et ouvert, et personne ne vous détournera de cette «mptfcité^ car ce serait vous détourner de l'amour que Die%g vous a montré en Jésus- Christ voire Seigneur.
A Celui qai nous a aimés et qui nous a lavés de nos péchés par ftoti sang, et qui nous a faits rois et sacrificateurs de Dieu son Père '• à lui soit la gloire et la force aux siècles des siècles. Am©**' (Apoc. I, 6.)
La force et la fraîcheur de la vie chrétienne vienD©^^ de l'assurance toujours renouvelée que nous somiï^^^ aimés^ que nous avons été lavés de nos péchés par *-^ sang de notre garant, que nos péchés sont effacés, t^^^^ ennemis vaincus, notre âme libre de bien faire et cap^ ble de devenir une odeur de vie, un sacrifice étert^^ dans la maison du Père, à qui reviennent la gloire et ^ force aux siècles des siècles. Le fondement de la }^^
chrétienne ne repose pas sur l'impression plus ou moî^^ . vive que l'âme ressent dans un moment donné , 'V consiste dans la foi en la seule oblation qui a ame^ pour toujours a la perfection ceux qu% son< sanctifid^ ^
[Cavi] U SIPTSMBRE. 301
L'homme du monde cherche sa joie dans ce qui est de- Tant loi ; il se nourrit de projets, d'espérances ; le chrétien cherche sa joie dans ce qui est derrière lui, dans un fait accompli qui est sa possession et son espérance. Si nous croyons en Jésus-Christ, si nous l'avons reçu, nous ne demanderons plus : Est-il celui qui devait venir ou devons-nous en attendre un autre? Nous savons avec certitude de foi qu'il nous a aimés et qu'il nous aimera ; qu'il nous a lavés de nos péchés par son sang et qu'il nous lavera. Nous sommes, grâce à lui, dans une sainte indépendance ; car il nous a faits rois ; nous avons, par son Esprit , une puissance d'adoration et de détachement de nous-mêmes, car nous sommes sacrifica- ^rs de Dieu le Père. La foi qui reçoit tout peut aussi ^sposer de tout. Avec elle agissent la force et la gloire, ^r toute âme sauvée est une parcelle de la gloire de Christ et de la force de Christ. La gloire de Christ est d'aimer, de purifier, de faire régner ; sa force et son Womphe est de rendre possible en nous ce qui nous ^^it impossible. Saint Jean, dans son île déserte, loin ^^s hommes et des charmes de la vie, avait en lui cette ^^Urce abondante de joie, cette fontaine d'eaiujc vives t^i jaillissent jusqu* en vie étemelle.
^U vérité, en vérité, je vous le dis : Si le grain de froment ne meurt après qu'on Ta jeté dans la terre, il demeure seul : mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. (Jean xii, 24.)
Le Sauveur parle ici de lui-même. Ne fallait-il pas tue le Christ souffrit ces choses et qu*il entrât ainsi ians sa gloire? Ne fallait-il pas qu*il fût élevé de la
802 12 SEPTEMBRE. [CGLTl]
terre pour attirer tous les hommes à lui f Mais ce qui est dit du mattre est dit du serviteur et de tous ceux qui travaillent pour Christ. Voulons-nous une vie chrétienne bien remplie ? Commençons par le sacrifice de nous-mêmes ; ce premier sacrifice nous rendra les autres faciles. Quand nous nous serons mis nous-mêmes sous la croix, nous mettrons aussi sous la croix ce que nous avons et ce que nous faisons. Nos dons, nos qualités naturelles, ce qu'on loue, ce qu'on admire en nous» sont autant de grains de froment qui, s*ils ne meurent^ restent seuls^ et qui, s'ils consentent à mourir, porUttt beaucoup de fruit. Quand l'activité chrétienne ne se soutient pas ou qu'une œuvre chrétienne n'avance pas, cela vient de ce que les forces qui ont été mises en usa%^ ne sont pas des forces sanctifiées. Mettons tout sou-^^^ croix. Rien ne dure, rien n'est véritablement au ^3^^' gneur, si ce qui vient de la chute n'a été remplacé '^^ ce qui vient de la grâce. Si nous voulons porter du f -^^^^ et être en bénédiction, il faut que nos forces nature "f meurent et que les mobiles que nous tirons de la cb:^^^^^^ et du sang soient jetés dans la terre. Le chrétien le p^r:^!^^ avancé est celui qui sait le mieux mourir et qui fait joi-^^^^^' nellement mourir ce qui, en lui, n'a pas encore iti^^^^ dans la terre. Essayons et nos moissons blanchiront. — ^^ règne de Dieu est une vie, mais c'est une vie qui sort:::::^ "^ la mort.
[GaTnJ 13 SBPTBIIBRE. S0.3
Nesbien-aimés, je foos eihorte, comme des étrangers et des voyagears, de vous abstenir des convoitises chai*nellcs qui font la goerre à l'Âme. (1 Pierre ii, il.)
Une passion est un esclavoge, quel qu'il soit. Toute passion sort du fond de nos convoitises. Ce qui est né de \ k chair, est chair, c'est-à-dire corruption . f^s convoitises charnelles ne sont pas toujours grossières et dégoûtantes; rimpatience, régoismc, l'envie, l'orgueil, la cogère, sont aussi des convoitises charnelles^ issues de la chair. Si nous les laissons faire, elles attaqueront notre '"epos, et la convoitise d'aujourd'hui sera une passion demain. L'apôtre nous exhorte et nous conjure de nous abstenir des convoitises ; c'est, en d'autres termes , Qous dire : résistez au diable et il s'enfuira de vous. Un l>on moyen de résister est de vivre comme un mourant que l'éternité appelle, ou, pour parler comme Pierre, ^omme des étrangers et des voyageurs que leur patrie appelle. Nous ne faisons, en effet, qu'effleurer la terre ; ^i notre âme en était détachée, elle serait facilement victorieuse. Les trappistes, quand ils se rencontrent, se ^^sent l'un à l'autre : Souviens-toi que tu mourras. Que ^^ Soit l'Esprit de Dieu qui nous fasse entendre cette pa- ""ole ; qu il nous donne d'une manière permanente le sen- ^'^ent de notre fragilité et la faim des choses éternelles. ^^ présence de la mort parle bien autrement haut que la ^•^ésence des convoitises. La mort, l'éternité peuvent ^Ur faire la guerre en faveur de l'âme, car lorsque ces ^^\oyés de Dieu nous saisisssent, les convoitises n'ont ^Ivis d'empire. Cherchons à avoir nettement conscience
304 14 SEPTEITORE. [caYin]
de notre heure dernière. Elle est plus près de nous que nous ne le pensons. Vivons comme des bourgeois des cieuXj et n'ayons qu'une seule passion : celle d'être i Christ. Il est le Fort qui abat tous les forts et qui leur prend leur armure. Mettons-nous devant sa croix, et de là contemplons notre tombe. Nos chaînes tomberont, parce que Jésus a écrasé Satan sous nos pieds.
Je t'ai va quand tu étais sous le figuier. (Jean i, 48.)
C'est ce que dit Jésus-Christ à Nathanaël. Le témoignage que le Sauveur rendit à cet Israélite, est celui qu'il rend à toute âme droite en qui il n'y a point de fraude. Une telle âme est sûre de trouver ; mais le Seigneur nous trouve avant que nous le trouvions. Il avait vu Nathanaël sous un figuier ; il l'avait vu pensif, priant peutêtre, repassant dans son âme la promesse de quarante siècles, et tâchant de découvrir ^ comme les prophètes, dans quel temps et dans quelles conjonctures le Désiré des nations devait paraître. Il y a des heures, en effet, où le monde à venir s'ouvre, où notre âme a conscience d'elle-même et où toutes les autres choses paraissent une perte si elles nous empêchent de gagner Christ. Le travail de la grâce préparatoire est comme la lumière qui augmente en éclat jusquà ce que le jour soit en sa perfection. Philippe fut l'instrument qui fit trouver à Nathanaël Celui de qui Moïse avait écrit dans la loi el dont les prophètes avaient parlé. Quand le Seigneur a fortement entrepris une âme et que cette âme est droite» Jl sufût souvent d'un mol çout o\)ét^t \fô \4ml de la foi»
[Caix] 15 SEPTIMBRl. 805
Ce fat êouê un figuier que le Seigneur vit son futur disciple. Ce figuier c'est pour nous tous les lieux où la grâce nous cherche, toutes les circonstances qui peuvent avoir an éternel résultat, toutes les heures mystérieuses où notre cœur est attiré et où il n'a pas encore son trésor. Dieu plante ces figuiers dans toute vie ; cherchons dans notre passé, nous verrons que ce n'a point été le figuier qui nous a manqué, mais un cœur sincère. Soyons de véritables Israélites, désireux du bien de nos âmes, vrais quand nous prions, et le salut entrera dans notre fnaifon. Si Dieu prépare, il donne aussi pleinement.
Comme tous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ , marchez en lui. (Col.ii,6.J
Il faut avoir reçu pour marcher ferme, car personne ^ peut rien recevoir s* il ne lui a été donné du del. Dieu ^onne beaucoup, mais il nous donne tout, en nous donnant son Fils. Qui a le Fils, a la vie et toutes les choses ^cessaires à la vie et à la piété. Avons-nous reçu le Seigneur Jésus-Christ? S'il en est ainsi, nous marchons *^lon lui et nous n'imaginons pas qu'on puisse marcher autrement. Mais on peut aussi mal recevoir, ou bien on P^ut se persuader qu'on a reçu quand il n'en est rien. " y a des âmes qui n'arrivent jamais à une vraie con- ^^ï'sion, parce qu'elles n'ont pas été sérieusement at- *®intes. C'est au cœur de la vie que Jésus-Christ veut ^^ï^iver, et s'il n'a pas touché le cœur, il n'a rien touché. ^^ Coeur est la partie divine aussi bien que vitale de no- ^^ €tre. Si le Sauveur est dans cette citadelle, il est en
306 15 SEPTEMBaB. [CCLIX]
possession de rhomme entier. Mais il y a bien des conversions qui avortent parce que le cœur n'a pas été touché. On est effleuré par la grâce, et Ton prend ces premiers mouvements pour une conversion accomplie, tandis que ce n'est souvent que la sensibilité naturelle, le tempérament, le domaine des idées qui ont été effleurés. Le vieil homme, mal blessé» ne laissera pas vivre le nouvel homme. Aussi, de tous les états, le plus dangereux est celui d'une conversion manquée. Il en es comme d'une jambe cassée mal remise, qu'il faut casseï une seconde fois pour la remettre bien. Les faussej conversions sont celles des chrétiens qui sont trop délicats envers eux-mêmes ; noifs aurions beaucoup moin! de combats si nous laissions frapper notre vie entière Le Seigneur vient à nous avec une épée et non pas ave< une épingle. Une bonne et première repentance nou ouvre un magnifique avenir. Si nous hésitons, nou ressemblerons à ces gens malades qui ne sont ni au lit n à leur besogne. Il vaut mieux marcher avec le mond que d'être suspendu entre le ciel et la terre. C'est ui état sans paix et qui empire à mesure qu'on avance. Ri cevons le Seigneur Jésm- Christ en rompant avec nous mêmes, et nous marcherons selon lui, pleins de soi amour et de sa paix. Nous triompherons de toute choses. La porte du ciel est étroite^ mais le Seigneu nous y fera passer. Il faut le vouloir afin de le pouvoir ce que les athlètes faisaient pour avoir une couronn corruptible^ ne le ferons-nous pas pour en avoir tin< incorruptible?
[GOX] 16 SBPnVBHI. 307
Noos cODdooDS doDC qoe l'homme est justifié par la foi, sans les
CBQTres de la loi. (Rom. m, S7.) YoQs Toyez donc que l'homme est justifié par les œuvres, et non par
la foi seulement. (Jaq. ii, 24.)
Il n'y a point de contradiction entre la doctrine de Paul et celle de Jaques. Le premier envisage le salut dans sa racine; le second dans ses fruits. La foi, pour saint Paul, est l'œuvre de Dieu qui produit la vie nouvelle; et, pour saint Jaques, les œuvres sont le signe que cette vie nouvelle existe et se développe. Paul rejette la foi qui n'est qu'une*simple adhésion d'esprit ou «ne orthodoxie morte, et Jaques rejette les œuvres qui De viennent pas d'un principe de vie et qui ne sont que fe actes morcelés et extérieurs, comme les œuvres des Pharisiens. On peut abuser de la foi et des œuvres en feisanl de la foi un oreiller de sécurité ; et des œuvres, ^6 faux appuis. Jaques combat la première de ces ten- ^^nces, Paul la seconde. Il faut toujours un Jaques à ^ôté d'un Paul, et un Paul à côté d'un Jaques dans * %lise. Il faut même qu'en tout chrétien il y ait l'un ®* l'autre, selon la mauvaise route que nous sommes ^®ntés de prendre. S'il nous arrive de regarder avec ^^Oiplaisance à ce que nous avons fait et de nous applaudir de nos progrès, il faut que Paul nous dise : ^* homme est justifié far la foi, sans les ceuvres de la loi. ^^ s'il nous arrive de nous réclamer des mérites de Christ d'une manière paresseuse, qui nous laisse oisifs 6t stériles , si nous avons, en un mot, un simulacre de '^^ qui n'est point opérant par Vamourj il faut quo Ja-
308 17 SEPTEMBRE. [CCLO]
ques nous répète : V homme est justifié par les œuvres et non far la foi seulement. Rendons grâces de ce que nous avons un Paul et un Jaques pour contrôler noire vie chrétienne. Les deux se donnent la main ; écoutonsles tous deux et ne séparons point ce que Dieu à joint.
Voici, l'arche de l'alliance du Dominateor de toute la terre passe devant vous au travers du Jourdain. (Josué iii, 11.)
Il y a une grande différence entré le passage d'Israël par la mer Rouge, et celui de ce même peuple parle Jourdain. L'un se fit sous la*conduite de Moïse, Taulre sous celle de Y arche de V alliance. Or, Moïse, c'est la loi; l'arche de l'alliance, c'est la grâce. La double tra^ versée d'Israël se répète encore aujourd'hui dans la vî^ chrétienne. Nous devons nous laisser conduire par \^ loi avant de recevoir la grâce qui est en Christ. C'est e^^ frappant en nous l'océan de nos iniquités que la lo ^ réveille notre conscience et nous pousse à Jésus. Mai^^ une fois sur le terrain de la grâce, l'arche de l'alliance ^ prend la place de Moïse, et les fleuves que nous aurons désormais à traverser ne seront plus que les saintes dispensations d'un Père qui, par plusieurs afflictions^ veut nous rendre participants de sa sainteté. L'Israël qui traversa la mer Rouge mourut au désert; l'Israël qui traversa le Jourdain l'arche de l'alliance en tête, était une génération nouvelle, héritière des promesses et de la terre de Canaan. De la même manière, la loi frappe à mort et ne laisse point vivre le vieil homme ; la grâce n'est que pour le nouvel homme et le conduit jusqu'au
[coin] 18 SEPTSMBRB.
tenue. La loi noas mène dans un désert, et quoiqu'elle sache bien que nous sommes morts dans nos fautes et ionsnos trangressionsy elle nous laisse le soin de nous en tirer par nous-mêmes. Mais de ce vieil homme mort sort un homme nouveau qui» sous la conduite de la grice, entre dans une contrée où coulent le lait et le miel. Aimons Jésus-Christ, croyons en lui, et le Dieu tout-puissant notAS comblera de toutes sortes de grâces^ (i]ingu*ayant toujours tout ce qui nous est nécessaire^, nm ayons abondamment de quoi faire de bonnes (effares Al faut à chaque croyant une mer Rouge et un Jourdain, un Moïse et un Josué. Point de loi, point de jrâce. Mais quand la loi a tué les vieux penchants, AayoDspIus peur des flots qui nous attendent; ils no ûous mèneront pas dans un désert; ils deviendront Ponr nous la sainte route par laquelle Dieu nous conduira pour nous rendre capables d'avoir part à Vhé- *^€age des saints dans la lumière.
^î«a ayant autrefois parlé à nos pères en divers temps et en diverses manières par les prophètes, nous a parlé en ces derniers temps par son Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses ; par lequel il a aussi fait le monde. (Hébr. i, i, 2.)
L'Épitre aux Hébreux est le pont qui lie TÂncicn Testament au Nouveau. Elle nous montre la connexion intime qui existe entre les deux alliances : Tune, dans laquelle Dieu parle d'abord en figures et en promesses; l'autre, où il réalise tout en son Fils qui est le centre des Écritures. Les deux premiers versets de TÉpttre sont le résumé de tout ce qu'elle contient. Ils nous présentent
810 18 SEPTEMBRE. [cCLXn]
un Dieu qui parle et dont la sagesse est infimmt diverse ; c'est un Père qui veut faire une éducation et qui conduit son élève des choses visibles aux invisibles, des ombres aux réalités. Quand on est plein du Nouveau Testament et nourri de sa grâce dans la communion de Jésus-Christ, qu il fait beau se promener dans le domaine de TAncien Testament, et admirer cette magnificence extérieure, quand on possède la magnificence intime et éternelle! Sans le Nouveau Testament, TAncien ne serait qu'un livre d'hiéroglyphes. Mais quand Christ nous a donné la clef de ces énigmes, nous sentons que nous n'apprécierions point assez le Nouveau Testament si nous n'avions l'Ancien. Dieu a parlé aux pères et en diverses manières, avant de lever pour les enfants le voile qui leur cachait Christ. Mais n'y a-til pas dans toute vie chrétienne quelque chose qui a de l'analogie avec l'Ancien et le Nouveau Testament? Nous sommes entourés de circonstances, de complications qui, tant que nous sommes dans cette tente ^ sont de véritables hiéroglyphes. Tu ne sais pas maintenanl ce que je fais, disait le Seigneur à Pierre ; nous aussi pareillement, nous ne voyons présentement les choses que confusément et comme dans un miroir; mais un jour nous verrons face à face, et nous connaîtrons comme nous avons été connus. Il y a dans notre vie un chandelier dont la lumière n'est pas la vraie lumière, un voile nous sépare encore du Lieu très-saint; mais ce sont les types de notre Dieu, la matière future de noire adoration et de notre reconnaissance. Ce Dieu qui fl parlé à nos pères, sous l'économie de la préparation, ^WtfÎQue cette préparation àaitisivoVt^VY^ ^\^\i&\a.cAa-
[oaZUl] 19 SEPTEIIBRB. 811
doite de Christ. Le Dieu de la nouvelle alliance nous dit aussi : Taurats encore plmieurs choses à vous dire, mii elles sont encore au-dessus de votre portée. Attendons avec patience le plein lever du soleil de justice. Qu'il nous suffise d'avoir un Dieu qui parle, qui se maDifeste et dont toutes les pensées à noire égard sont dw pensées de paix et non d'adversité. Croyons, et nous verrons. Le plan de Dieu ne se développera dans son ensemble que dans Téconomie céleste; dans cette troisième dispensation où il n'y aura plus d'anaihème, mais oà Dieu et V Agneau auront leur trône, et où, ses Rieurs le serviront. Ils verront sa face^ et son nom wa écrit sur leurs fronts.
^a senrirait-il à an homme de gagner tout le monde s'il perdait son ^e?oa que donnerait l'homme en échange de son âme? (Matth.
La racine la plus profonde du cœur déchu, c'est la mondanité. L'idolâtrie de la vanité a pris en nous la place du culte du Dieu vivant et vrai. Le cœur déchu ^st un temple d*idoles. En rcnverse-t-on une, deux autres s'élèvent à sa place. Nous n'allons plus au bal, au spectacle, mais nous laissons entrer nos pensées dans tout un monde d'imaginations qui sont aussi vaines, aussi folles que la danse, le drame ou l'opéra. Nous traitons bien légèrement Dieu et notre âme ! La part que nous faisons aux choses invisibles est-elle proportionnée à celle que nous faisons aux visibles? D'où viennent les distractions qui troublent nos prières, les préoccupations qui nous suivent au culte, les relâche-
312 ^20 SEPTEMBRE. [CCLXIY'
ments de notre vie chrétienne, et la plupart de noi soucis, de nos craintes? D'où? De notre cœur mondain ; n'en cherchons point d'autre cause. Nous nouî fixons des termes que nous reculons à chaque échéance, et nous ne voyons pas le terme final, nous vivons du moins copame si nous ne le voyions pas. Le cœur va de projets en projets, d'espérances en espérances, et il ne voit pas ces fleuves qui vont à la mer et cette mer qui n'en est pas remplie. Mais une seule chose est nécessaire, c'est pourquoi, mon enfant^ donne-moi ton codur^ dit le Dieu de charité; que tes reins soient ceints ^ que ta lampe soit allumée^ car que te servirait-il de gagner tout le monde si tu perdais ton âme ? ou que donneraistu en échange de ton âme? Ah ! quand ces voix graves se font entendre dans la conscience, le monde s'amoindrit et l'éternité devient tout. Nous perdons notre àme en la dissipant dans le monde ; l'esprit de dissipation est la perle de l'intérêt suprême. Quand au contraire Dieu nous domine et que nous sommes devenus le temple de son Esprit, le monde alors a perdu sa puissance. Notre trésor est ailleurs et notre cœur aussi.
Ce qui fait notre gloire, c'est le témoignage qae notre conscience nous rend, que nous nous sommes conduits dans le monde, el surtout à votre égard, en simplicité et en sincérité devant Diea< (2 Cor. I, 12.)
Les consciences cautérisées dont parle Écriture, sont celles qui sont chargées de mauvais souvenirs et qui n'ont plus d'ascendant moral quand il faut rendre témoignage à la vérité. Il y a des occasions où il faut
[GCLXIT] 20 SlPTEMBftB. 313
répondre à ceux qui nous demandent raison de V espérance que tgums avons. Ce qui fait notre (//otre alors, ce n'est pas surtout une foi parfaitement correcte, c'est k témoignage que notre conscience nous rend, que ma nous sommes conduits en simplicité et en sincérité imaU Dieu, Mais ce qui, dans les mêmes rencontres, peut foire notre supplice, c'est le sentiment que nous ne sommes pas ce que nous voulons paraître. Il peut y avoir dans notre vie des faits qui parlent contre nous etqai nous ôtent toute autorité. Nous nous sommes flétris nous-mêmes, et la recherche d'un juste milieu, 9aand notre conscience n'est pas nette, nous jette dans h plas cruel embarras et fait ouvertement de nous des hommes doubles et des hypocrites. Rappelons-nous I^ilate. Il eût bien voulu absoudre Jésus-Christ, mais il ^vait les mains liées. Les Juifs connaissaient les antécédents de leur gouverneur, et ils n'auraient eu qu'à écrire deux mots à Rome pour lui faire un mauvais jeu. ^'est en vain qu'il se lava les mains, il ne put laver sa Conscience. La même chose nous arrive avec les gens ^u monde et avec les chrétiens, quand nous ne nous Sommes pas conduits en simplicité et en sincérité devant •iMeu. Le monde sait, à un atome près, ce qu'un chrétien doit être, et nous ne pouvons plus dire un mot à Un frère, si notre propre conscience nous accuse. Quand Paul écrivait à ses frères : Soyez mes imitateurs^ comme je suis celui de Christ, il s'exprimait avec le franc-parler d'un homme droit, et c'est une des grandes joies du chrétien de pouvoir rendre témoignage à la vérité en la représentant avant tout dans sa vie. Sans doute, un chrétien n'est pas un ange, et Paul disait
314 21 SEPTEMBRE. [GGLXV]
aussi ailleurs qu*il n'avait pas atteint le hut. Mais pourvu que Ton marche sans interdit dans la carrière chrétienne, on pourra parler et prêter assistance à TEvangile lorsqu'il est attaqué. Veillons sur le témoignage de notre conscience ; faisons tout devant Dieu et en la présence de Jésus-Christ. Si le Seigneur est notre lumière , il sera la force de notre vie. Quand toute une armée se camperait devant nous pour manger notre chair ^ eux-mêmes broncheront et tomberont.
Si ton œil te fait tomber dans le péché, arrache-le, et le jette loir de toi, car il vaut mienx que tu entres dans la vie n'ayant qu'ut œil, que d'avoir deux yeux, et d'être jeté dans la géhenne de feu. (Matth. xvill, 9.)
Le meilleur moyen de garder une conscience intacte, c'est de suivre ce conseil de Jésus-Christ. Il parle d'abord de la main et du pied, mais il remonte jusqu'à Y œil; Yœil est la lumière du corps; si notre œil est saiUy tout notre corps sera éclairé, h'œil surveille la main et le pied; les faits et les démarches n'arrivent qu'après les regards. Si le pèche nous donne dans l'œil, nous ne serons bientôt plus les maîtres de la main ni du pied. Résistons aux petits commencements, tout est là. C'est pour nous faciliter notre vie chrétienne que le Seigneur nous parle ainsi ; il ne fait point du rigorisme. U est vrai que nous ne pouvons pas empêcher nos yeux de rencontrer bien des choses qui les scandalisent, mais nous pouvons empêcher noire cœur d'entrer en contact avec le péché. « Si les corbeaux, disait Luther, » viennent voler par-dessus ma tête, je ne puis pas les
[GGLXT] 21 SEPTEMBRI. 315
» en empêcher; mais s'ils ycDaicDt s'abattre sur moi
»poar faire leurs nids dans mes cheveux, je les cluis-
> serais avec un bâton et ne les laisserais point faire. »
Il faat aussi distinguer entre les tentations que nous
rencontrons dans la voie du Seigneur, et celles qui se
trouvent dans nos propres voies. Si nous sommes dans
byolonté de Dieu, s'il fait route avec nous, nous mar-
chtrons sur le lion et sur V aspic; mais son assistance
oenoos est point promise dès que nous nous engageons
dans des routes où nous ne sommes pas appelés par sa
volonté. La voie de VÉternel est la force de Vhomme
intègre, mais elle est la ruine des ouvriers d'iniquité.
(Considérons le Seigneur dans toutes nos voies, et il
dirigera nos sentiers. Demandons-lui d'être remplis de
'^ connaissance de.sa volonté^ avec toute sagesse et toute
^^telligence spirituelle, afin de nous conduire d'une
Manière digne du Seigneur, pour lui plaire en toutes
^hcsesy fructifiant par toutes sortes de bonnes œuvres,
^^ croissant dans la connaissance de Dieu, étant for--
^ifiés en toutes manières par sa force glorieuse, pour
contenir tout avec patience, avec douceur et avec joie.
Cotte étude est une affaire do combats, mais elle nous
préservera de cet avenir de larmes où nous aurionis, il
^^* vrai,. nos deux yeux, c'est-à-dire le foyer de nos
^^ûvoiiises, mais pour voir quoi? Un feu qui ne sétein^
^^^it plus ou un ver qui ne mourrait plus.
ïSi
316 22 SEPTEMBRE. [CCLXflJ
Et Abraham dit : Je te prie, qu'il n'y ait point de dispute entre moi et toi, ni entre mes bergers et les tiens, car nous sommes frèr». Tout le pays n'est-il pas à ta disposition? Sépare-toi, je te prie, d'avec moi : si tu choisis la gauche, je prendrai la droite; etfl tu prends la droite, je m'en irai à la gauche. (Genèse xiii, 8, 9.)
Que sont nos relations domestiques, si nous n'avons pas l'esprit de support? Mais pour l'avoir il faut avoir l'esprit de sacrifice. Ce qui trouble l'union des familles, c'est le moi et le toi. Voyez Abraham. Il était l'aîné, il avait plus de droit que Loth son neveu, et cepett dant, pour entretenir la bonne harmonie entre eu deux et leurs bergers, il est prêt à faire tous les sacri fices qui sont en son pouvoir. Il y a peu d'Abrahatl de nos jours ; la religion du grand nombre, c'est Tit térêt bien entendu. Il arrive souvent qu'après un décbi les membres d'une famille , avant de laisser refroiJ les cendres du défunt, se disputent sa dépouille, quaO cette dépouille même devrait leur dire : Tu n'as rien af porté dans ce monde y et tu vois que tu n'en emporten rien. Il n'est rien de si rare que ce saint désintéresse ment qui est la condition de l'esprit de support. Souvei ce n'est pas d'une succession qu'il s'agit, c'est tout siir plement du sacrifice d'un goût, d'une fantaisie, d'un bagatelle. Une femme pourrait gagner son mari en h faisant une petite concession, et le mari pourrait sauve la paix domestique en entrant dans la même voie, ma le moi et le toi l'emportent souvent sur la paix, sur bon sens, sur Dieu et sur tous les cultes qu'on lui ren< O vousi qui ne voulez supporter aucun dommage et qi
[CCLXTU 23 SEPTEMBRE. 3 17
ne feriez aucun sacrifice quand il y va de votre intércH et de votre homme charnel, regardez Celui qui s'est anéanti lui-même et qui, étant riche, s'est fait jpativre pour nous, afin que far sa pauvreté nous fussions rendis riches, k son service, qui perd gagne. L'homme le plus riche en lui c'est celui qui est le plus large dans ses concessions; car il montre, par cette facilité à sacrifier les choses présentes, qu'il a hors de la terre quelque chose qui vaut mieux que le monde entier et qui le rend indépendant de la possession des choses visibles.
Q<UB() donc le mauvais esprit, envoyé de Dieu, était sur Saûl, ^M prenait sa harpe et il en jouait, et Saùl en était soulagé et s'en trouvait bien, parce que le mauvais esprit se retirait de loi. (1 Sam. xvi, 2.3.)
Il y a dans le caractère de Saùl quelque chose de fa- ^uche et de violent. A la suite de plusieurs actes despotiques et à force de laisser pousser de profondes racines à sa désobéissance et à sa jalousie, il ouvrit son ^^r à l'influence d'un mauvais esprit et au jugement final de Dieu. Cependant l'Esprit de Dieu lui avait déjà fortement parlé. Il y a même dans sa vie plusieurs Idéaux traits; celui, par exemple, qui est raconté (I Sam. ^>27). Si la violence naturelle de Saùl ne l'avait point ^niporté sur la discipline de l'Esprit-Saint, il serait de- ^^nu un des premiers champions de l'Éternel. L'exemt^le de Saùl nous montre les dangers de l'autorité quand ^lle n'est pas mise au service de Dieu. Et cela est vrai, ^on-seulement pour un roi, mais pour un fonctionnaire 'Quelconque, pour un père de famille, pour un rentier,
818 24 SEPTEMBRE. [Gcumn]
pour tous ceux qui ont quelque pouvoir ou quelque aisance et qui laissent pousser dans leurs cœurs de maavaises racines. Le mauvais esprit que Dieu envoie alors, est un profond mécontentement, une sombre tristesse qui finit quelquefois par conduire au suicide. David» la harpe en main, maîtrisait souvent le mauvais esprit de Saûl) car la louange de Dieu nous fait sortir de ûonsmômes et peut comprimer les humeurs noires de Tégoisme. Mais les bons retours de ce malheureux roi étaient trop passagers ; il ne s'était jamais vraiment mis sous le glaive de la loi, et pour avoir flotté trop habituellement entre le bien et le mal , il finit par user sa conscience. Saûl, malgré le travail de TEsprit de Dieu, n'avait jamais été converti ; il est dit , il est vrai (I Sam. x, 9), que Dieu lui changea le cœur y mais la conversion est beaucoup moins clairement tracée dans TAncien Testament que dans le Nouveau. Saùl est un de ces hommes qui , malgré TinQuence sensible du Saint- Esprit, ne sont jamais gagnés à l'Évangile , parce qu'ils ne sont jamais sérieusement humiliés. Il y avait en Saûl une œuvre commencée, mais le Nouveau Testament parle aussi d'hommes qui, après avoir commewé par Vespritf finissent pourtant par la chair.
Et s'étant levé, il parla avec autorité aux vents et à la mer; et il se fit un grand calme. (Matth. viii, 26.)
Le calme que fait le Seigneur est le véritable calme; Jipais il ne vient qu'après la tempête. Nous avons dans mÊÊ9 rie des jours bien ça\a\b\^s,\^^v^^ ^^^'^fe^*^?^
CCLXTIIl] 24 SEPTEMBRE. 319
)ien tranquilles ; mais trop souvent cette tranquillité est te\le de la torpeur. La paix ne vient qu'après la guerre, 3t la vraie foi qu'après la crainte d'un naufrage. La barbue des disciples est une image de celle de l'Église. Elle 3st entourée de tempêtes et d'abtmes; elle a à lutter contre mille mouvements contraires, avant que le Seigneur se lève et parle avec auiorilé. Et ce qui est vrai de l'Église est aussi vrai de toute âme pécheresse. Qui n'a pas senti l'épée de Christ, ne sentira pas sa paix. Les tempêtes les plus violentes sont les luttes cpntre nousmêmes. Les combats ne commencent qu'avec le réveil de l'âme; mais dès que le péché est haï comme péché, nous voilà lancés au milieu d'une tourmente. Mais saisissons le bras du Seigneur, et nous connaîtrons la puissance du Roi de la nature, de l'Église et des cœurs. Jésus-Christ dormait tandis que la tempête gi;Dndait ; mais quand la barque, couverte par les flots, menaça de s'enfoncer, les disciples s'adressèrent à lui et le réveillèrent. C'est qu'un Sauveur n'est réellement cherché que par des hommes perdus. C'est quand on est à toute extrémité qu'on apprend à connaître Christ. Il ne dort que pour être réveillé et pour qu'on ne donne plus sa gloire à un autre. Mais quand la prière devient un cri , on sent bientôt qu'il est vivant. Il ne dort que pour ceux qui dorment, quoique tout se fasse sous son regard. Les peuples s'émeuvent, telle Église menace de se dissoudre, telle âme passe sous les jugements de Dieu ; soyez en paix, Jésus-Christ est le méme^ hier^ aujourd'hui^ éternellement. Qu'il se lève seulement^ et ses ennemis seront bientôt dispersés; qu'il étende le hras^ le ofUme se fera promptement. La barque ne somhtei:^.
320 25 SEPTEMBRE. [CGUa]
pas, elle arrivera aux rives éternelles; car e*est id la volonté du Père y quil ne perde aucun de ceux gui lui ont été donnés , mais quHl les ressuscite au demitr jour. Cette promesse est le bras qu'il faut saisir, au fort ^de la terapête , pour être dans une habitation paisihUi ^ dans des pavillons de sûreté et dans un repos fort traf^' "^ quille.
Apprenez de^moi, car je suis douiL et humble de cœur. (Matth. iC' 29.)
La vraie douceur vient de V humilité du coeur. Soc^-S la douceur ordinaire il peut y avoir un grand despc^' lisme; mais dans un cœur véritablement brisé il i» * règne plus que l'humilité de Jésus. Cet anéantissemer^^^ de nous-mêmes est Fœuvre souveraine de la grâce. -^^ voit des chrétiens réveillés qui ne sont ni rfowa? ni hunt^ hles de cœur; faites-leur une remarque, et tout lea ^ sang bouillonne. Cela indique qu'il y a encore en eur du despotisme. Ils connaissent le Seigneur, ils le con fessent ouvertement, mais ils suivent de près leur propr^^ vie, et quand on a affaire avec eux, on se trouve er pleine Turquie. On croyait parler à un chrétien, on devant soi un pacha ; au lieu d'une servante de Christ,, c'est une sultane. Nous parlons ici des riches et des pauvres; car il y a des tyrans domestiques dans toutes les classes. La Bible est souvent le prétexte qui sert à justifier ces airs de grandeur; car on peut tout trouver dans la Bible, quand on a intérêt à l'y trouver. Aussi le pire des despotismos est-il le despotisme clérical. Il est facile d'être orthodoxe, mais difficile d'être dou^x et hum-
GCUa] 36 SKPTEMBRE. S21
}le de conir. L'asservissement de l'Église vient trop souvent de ses conducteurs. Partout où le vrai Jésus-Christ l'est pas mettre du logis, c'est un pape qui y domine. )n ne sauve point l'Église par des règlements ni par les réformes liturgiques : Revétez-vous du Seigneur ^ésu8-Chri$t, 6 vous qui gouvernez l'Église ; soyez les îemierSf vous qui voulez être Us fremiers. Si vous ayonnez comme des Ames humbles et que votre douceur oit connue de tous les hommes ^ il ne sera plus besoin :ue des formules de chancellerie ni de belles formes masquent le défaut de vie. Les Églises conGées à' vos oins ne seront plus des cadavres qu'on veut faire reiirre par des moyens galvaniques; le vent y soufflera, t aux ordonnances humaines le Seigneur fera succéder es démonstrations d'esprit et de puissance.
t le centenier répondit et lai dit : Seignear! je ne sais pas digne que tu entres chez moi, mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. (Matth. viii, 8.)
La foi peut se mêler à une vie de caserne et entrer «ns le cœur d'un soldat. Quoique le service militaire e soit pas à coup sûr la meilleure école pour apprenre à aimer le Sauveur, ce n'est pas non plus l'uniforme ui repoussé le salut, c'est toujours la mauvaise volonté. I se peut même qu'un bon soldat, bien attaché à son sériée et fidèle à son règlement, trouve en cela un pédaogue qui le conduise à Christ. Il y a des villes où les meilleurs chrétiens sont d'anciens soldats. Ce sont au- )urd'hui les âmes les plus attachées à la Bible ; elles 'écoutent pas autre chose que ce règlement éternel. Ils
S22 27 SEPTEMBRE. [oCLSqI
montent la garde au service de leur Dieu; ils soDtdetenus ses sentinelles. L'obéissance militaire les a formés k Tobéissance chrétienne. Le centenier de GapemaùiD avait été frappé dans sa conscience ; c'est ce qui le rend si humble et si compatissant envers son serviteur. Qn soldat a'souvent de rudes souvenirs , mais Dieu a aussi des balles pour atteindre le cœur du vieil homme. Jean* Baptiste déjà avait eu dans son auditoire des gens de guerre qui lui demandaient : Et nous, que ferans-mus pour être saucés? Le cœur peut s'amollir dans une caserne comme il peut rester dur dans une église. Le vrai soldat de Jésus-Christ est celui que la grâce 9 vaincu ; mais les vaincus du Seigneur seront les vainqueurs du monde. Sentons notre indignité et courons au-devant du Sauveur, cette rencontre ne sera pas vaine. U fera peut-être de nous un vrai centenier, c'est-à-dire ao homme en bénédiction pour cent âmes, et qui leur commandera, non par la puissance des armes charnelles, mais par la puissance sentie de l'Évangile.
Soyez sobres et veillez, car le diable, votre ennemi, tourne aalo«*^ de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra à^" Yorer (1 Pierre v, 8.)
Les deux armes les plus ordinaires de Satan, sont 1^^ convoitises ou la terreur. Il les mit toutes deux en usag^ pour dévorer le Fils de Dieu. Au désert, il essaya d^ Tamorcer en lui promettant Tadmiration de la multi^ tude, un trône même et Tempire du monde ; à Greths^^ mané et sur la croix, il essaya sur lui les tentations d^ Hfeou vante. Soyons sobres et \)e\\\oYv%^^^\!& cAlanou^
fcani] 27 SEPTEMBRE.
serons pris dans l'un ou dans l'autre de ces pièges. Il
y a des jours où la vie chrétienne nous paraît facile, où
die abonde en douceur, et où nous trouvons moyen de
cumuler les agréments de la chair et les joies de la piété.
Prenons garde alors, c'est le lion qui rugit. Mais il y a
d'aatres jours où tout un enfer se déchaîne et*où nous
De voyons que des abîmes et du péché C'est encore le
^W)n; n'ayons pas peur, croyons inébranlablement que
^ nos péchés abondent y Im grâce surabonde. Où il y a
uoe œuvre de Satan bien sentie, il y a aussi une œuvre
^e TEsprit. Pourquoi Satan rôderait-il autour de nous,
s*il ne voyait en nous tin saint, un éluy un bien-aimé de
Dieuî L'hypocrisie, a dit un homme de lettres ^ est le
P'^te bel hommage rendu à la vertu ; ajoutons : Les écla-
'^Ussures de Satan sont le plus sûr témoignage qu'il y a
®û nous une œuvre de grâce. Le diable s'acharne sur-
^^t sur ceux qui détruisent son empire. Les écrits de
^^tler sont pleins de Rome et de Satan. Si nous avons
^'^ en bénédiction à une âme, le diable voudra avoir
3U.S5Î sa part. Veillons doublement alors et prions pour
^^ J)as recevoir à l'improviste un de ses soufflets. Sans
^^ Vile le lion de Juda est plus fort que le lion de l'abîme,
' ^^t pourquoi si nous prenons le bouclier de la foi en
*^i » nous éteindrons tous les traits enflammés du malin.
^^ diable pèche et fait pécher dès le commencement^ mais
^ -fils de Dieu a paru pour détruire ses œuvres. Quand
^^ lion rugit, les troupeaux courent vers leur berger ;
^isons-en de même, et Celui qui est en nous sera plus
'^♦'( que celui qui est dans le monde.
324 28 SEPTEMBRE. [ccLXxn]
Et Jésas répondit : Je voas dis en vérité qu'il n'y a penonoe qai ait quitté maison, ou frères, ou aœurs, on père, ou mère, oa femme, ou enfants, ou des terres, pour l'amour de moi et d6 l'Évangile, qui n'en reçoive dès à présent en ce siècle cent fois autant, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des eofants, et des terres, avec des persécutions, et dans le siècle h venir la vie éternelle. (Marc x, 29, 30.]
Jésus-Christ est assez riche pour rendre largement ce qu'il prend. 11 y a même plus. Le Seigneur ne nous prend quelque chose que pour nous le rendre en épisant sur nous sa bénédiction, en sorte que nous n'y pourrons suffire. C'est en ce siècle^ dès à présent, qu'il fait cette restitution, de sorte qu'en quittant pour Tamour de lui les biens de ce monde, nous ne hasardons pas notre vie présente, car la piété a les promesses de h vie ojctuelle aussi bien gue celles de la vie à venir. Mais il faut réellement quitter ce que le Seigneur demande et nous mettre absolument à sa discrétion. Il aime ceux qui donnent gaiement, qui donnent et qui ne se font pas arracher ce qu'ils ont l'air de donner. Il faut pouvoir dire : J'ai donnée et non pas : Le Seigneur m'a pris. Abraham donna son fils. C'est le peuple plein de franche volonté qui reçoit de la fidélité de son Dieu, dès à présent et en ce siècle, le centuple de ce qu'il a donné. Nous ignorons comment le Seigneur nous le rendra, mais c'est là son affaire. Sa parole est engagée, et certainement il ne sera pas trouvé menteur? Demandons aux missionnaires, aux prisonniers de Florence s'ils ont osé se plaindre de la fidélité de Dieu, ils nous diront tous : Il m'a été rendu cent fois aulaut^dâs à 'çerésenti
^CCLXXIll] 29 SEPTEMBRE. S25
ni ce siècle. Nous ne sommes ni des missionnaires ni les persécutés pour l'Évangile, mais la promesse du seigneur n'est pas pour eux exclusivement, elle a un ôté applicable dans les circonstances d'une vie tout rdinaire. Avec le temps, l'Éternel nous redemande un après l'autre les objets que nous aimons ; notre vie 3 dégarnit peu à peu ; et peut-être serons-nous seuls uand nous serons vieux. Heureux alors ceux qui ont tellement donné et qui ne voudraient pas reprendre ce ue le Seigneur leur a pris ! Heureux ceux qui comblent laque vide par la Sauveur lui-même, et qui en lui ont on-seulement la vte, mais la plénitude de la vie! eux qui sèment avec larmes^ moissonnent avec chants i triomphe. Ils portent la semence pour la mettre en ne et la portent en pleurant; mais ils reviendront >ec un cri de joie quand ils porteront leurs gerbes.
1 se peut faire, et autant qu'il dépend de vous, ayez la paix avec tous les hommes. (Rom. xii. 18.)
Peut-on avoir la paix avec tous les hommes ? L'Apô- 5 semble en douter puisqu'il dit : S'il se peut faire, et itant qu'il dépend de vous. En ayant pour chaussure s dispositions que donne VËvangile de paix, nous irons un enfant de paix pour bien des âmes à qui la ïix manque. 11 est même dit que lorsque V Éternel 'end plaisir aux voies d'un homme, il apaise envers i ses ennemis; mais le Seigneur dit aussi : Malheur vous, si tout le monde dit du bien de vous ; et saint lui convenait que s'il eût cherché à plaire aux hom-