CCCXVIII] 13 NOVEMBRE
Quand tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que quand celui qui t'a invité viendra, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant ceux qui seront à table avec toi. (Luc xiv, iO.)
Dans un dtner d'invitation, les convives font souvent bien des façons; chacun veut céder le pas à l'autre, et aucun ne veut se mettre aux places d'honneur. Il n'en est pas de même dans la vie et dans les affaires de concurrence; aussi n'est-ce que dans ces cas-là que l'on peut voir si la Parole du Seigneur est suivie. Se présente-t-il une bonne place? Chacun veut aussitôt s'y mettre y et les candidats sortent de terre. On ne se dejDQande point : Suis-je l'homme qu'il faut? Dans ce monde, les places sont là pour les hommes, les hommes ne sont point là pour les places. Mais le fortuné vainqueur sera humilié plus vite qu'il ne s'y attendait. Les tracas abondent pour quiconque veut trop monter, et les plus malheureux sont toujours les plus ambitieux. Quand l'homme s'élève, Dieu l'abaisse; essayons de nous abaisser, et Dieu nous élèvera. Faisons honneur à notre mattre devant ceux qui sont placés plus haut que nous. Notre tour viendra; Dieu n'oublie point ceux qui s'oublient pour lui. Jésus- Christ s* est abaissé lui-même et plus qu'il ne nous est possible de le faire, c*est pourquoi aussi Dieu Va souverainement élevé. Le monde dit : Le rpérite se cache, il faut l'aller trouver. Faisons abstraction d'abord de nos mérites et delà coquetterie de la fausse humWWfe, ^\\^ \si^\àA
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[CCCXXJ 15 NOVEMBKE. 887
on ne peut pas aimer sans élre affermi dans la foi, ^ sans être viviBé par respérance. Tournons vers Dieu notre cœur» et il nous donnera la seule chose qui domeare. Celui qui a le Fils a aussi la foi, V espérance et la charité.
IfoQs V0Q8 sappUons, aa nom de Christ, qae vous soyez réconciliés ivec Diea. (2 Cor. v, SO.)
Une sincère réconciliation suppose tout à la fois la rq- I>entancey la confiance et l'amour. L'àme tout entière est malade quand elle n'est pas réconciliée avec Dieu ; mais dès qu'il y a eu rupture avec le mauvais élément, la guérison de l'âme commence. La véritable réconciliation remonte jusqu'à Dieu ; c'est la seule qui donne aussi une garantie à nos réconciliations humaines. Sommes-nous réconciliés avec Dieu ? Dans notre état naturel nous ne le sommes pas, et notre religion manque de fondement, si notre paix n'est pas faite avec Dieu. Toutes nos croyances religieuses, notre culte, nos pratiques nous laissent dans une profonde misère, si notre âme n*est pas retournée à Dieu, comme l'enfant prodigue retourna vers son père. Nous vous supplions au nom de Christ que vous songiez à ce retour, non pas demain, mais aujourd'hui encore. Christ vous aidera, invoquezle. Le ministère de Jésus-Christ est un ministère de réconcilialion. Il nous a acquis le droit de retourner à Dieu en effaçant par son sang nos péchés. Nous sommes déjà réconciliés avec Dieu si nous cherchons notre réconciliation sous la croix. 11 ne s'agit que de nous approprier ce que Christ nous a acquis. A l'acte qui s'est
888 16 KOVSXBis. [ocanl
passé sur le Calvaire , correspond en nous un acte qui est le miracle d'un cœur touché. Cette œa¥ie est produite au fond de rftmepar Faction du Sainl-Esprit. C'est lui qui brise le cœur de pierre. Noos aTons un SauTeor qui nous nlonnera la repentance, aussi gratuitement qu'il est mort pour nous sur la croix. Denaandons on cœur brisé, c'est le plus doux de tous les bienfaits. Quand nous voyons deux amis qui s'étaient divisés pour un motif frivole , se rapprocher et se serrer de nouveau dans les bras l'un de l'autre , nous ne pouvons nous ebipécher d*étre émus. Jugez combien nos larmes seront douces quand il y aura réconciliation entre notre &me et Dieu, et quand la paix de Golgotha aura transformé notre existence !
Aassi les créa tares altendent- elles, avec un ardent désir, qat les enfants de Dieu soient manifestés. (Rom. vui, 19.)
Le texte porte : Aussi le vif désir de la créature altend'il. Il est question de la nature entière et de ce soupir universel de la création dans son état déchu. Dieu a établi des rapports intimes entre l'homme et toute la création. L'homme est le roi de la création, et celui qui domine est toujours en rapport immédiat avec ceux qui sont dominés. Ces rapports sont ici autre chose encore que des rapports d'autorité et de sujétion ; le lien entre Thomme et la nature est aussi un témoignage d'harmonie, selon la volonté de Dieu gue toutes choses ici-bas s entre-réfondent. Quand l'homme primitif était heureux, to\xV^\^ e^tfe^^wci ^\KW^\a<^\isft v de-
[cCOCXn] 17 NOVEMBRE. 389
puis que Thomme est tombé dans le péché, toute la créalion en a souffert. Ce qui est mor( pour Thomme est a5.wjettissementà lavanité fourh créalion. A l'homme dcchu répond aujourd'hui une nature déchue, ainsi que correspond aussi au relèvement de Thomme un ciel nouveau ei une terre nouvelle où la justice habitera. Cette réhabilitation de la nature en rapport avec les progrès de l'Évangile, peut facilement s'observer ici-bas. Il y a des contrées sur lesquelles repose la malédiction de Dieu, et où crois* sent les épines, les chardons et les ronces; des contrées qui sont le repaire des dragons et le pâturage des autruches. Dès que l'Évangile arrive dans ces malheureuses régions et qu'il y est accueilli, les montagnes et les coteatix éclatent de joie avec un chant de triomphe; au^ lieu du buisson croît le sapin, et au lieu de V épine , croit le myrthe. Quand l'homme déchu aura repris son vêtement primitif, la création retrouvera aussi le sien; l'harmonie de l'ensemble reparaîtra et ne sera plus troublée. A la voix gémissante de toutes les créatures succédera un concert de louange universel, au lieu d'être comme aujourd'hui malheureuses l'une avec l'autre et l'une par l'autre, elles se relèveront de la poussière, et toutes choses seront réunies en Christ, tant ce qui est dans les deux que ce qui est sur la terre. Heureux avenir I Prions pour qu'il vienne et qu'il vienne bientôt I
L'amoar des richesses est la racioe de toutes sortes de ranux ; et qaelqaes-ans les ayant recherchées avec ardeur, se sont détour- Dés de la foi, et se sont eux-mêmes embarrassés dans bien du tourment. [\ Tim. vi, iO.)
Il y a des avares et des avaric\e.u\, eX \çis ^n^\\W5c»5^
890 n NOVEMBRE. [cCCnil]
sont aussi des avares. L'Écriture englobe dans ia même catégorie tous ceux en qui domine Tamour des choses de la terre. Que nous ayons des capitaux ou seulement un pauvre petit pécule, si notre première recherche est Vor périssable, nous sommes des avares et nous nous fermons le chemin de la foi. Le caractère de Tavarice est de nous faire convoiter ce que nous n'avons pas et de nous fermer les yeux sur ce que nous avons. Cette faim du plus-avoir, comme la langue grecque nomme Tavarice, est un rongement de l'Ame, et il n'est que trop vrai que nul ne peut servir deux maîtres. Tout cloche, quand Tamour des biens a pris le dessus ; on n'est pins capable de croire, et Von s'embarrasse dans bien du gtourment. L'avarice n'est pas toujours un mal déclaré, .c'est le plus souvent une racine cachée. Il y a dans ce^ tains caractères tenaces, une lésinerie de détails, une parcimonie que l'on cherche à faire passer pour une vertu et qui est bel et bien de l'avarice toute pure; on donne souvent de si mauvaise grâce, on va si peu à la rencontre des sacrifices, et Ton est si heureux de pouvoir sauver et soustraire quelque chose au règne de Dieu, qu'à tous ces mauvais symptômes nous devrions voir en nous ce que Dieu y voit, des avares. Gardons un cœur libre si nous voulons être heureux. Nous n avons rien apporté dans le monde, il est évident que nom n'en emporterons rien. Faisons-nous donc des bourses qui ne s'usent point, un trésor dans les deux qui ne manque point, et apprenons, avant que notre dernière heure arrive, qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir.
[ccaxm] 18 novembiub. 391
Assare-toi en l'EterDel, et fais ce qui est bon. (Ps. xxxvii, 3.)
C'est la meilleure manière de sortir de toute crainte et de toute perplexité. Quand on n'a point de fondement solide, on est comme la vague agitée par lèvent A coup sûr c'est un mauvais fondement que nos craintes, et cependant c'est là le singulier appui du plus grand nombre. Assure- toi en V Éternel et non pas en ce qui vient du monde, ni des hommes, ni de toi-même ; confie-toi en rÈternel à perpétuité^ car le rocher des siècles est en VÉternel notre Dieu. Cette conflance donne la force de faire ce qui est bon. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous^ et quel autre encouragement faut-il pour faire le bien? La plupart des hommes ne travaillent qu'en vue des encouragements; leur besogne devient- Bile ingrate? ils la jettent ou bien ils travaillent comme s'ils l'avaient jetée. L'homme qui s* assure en V Éternel a $on salaire avec lui; plus il est fidèle à l'insu du monde, plus il jouit de l'approbation de son Père qui le regarde dans le secret, et dans ce regard il y a un rassasiement de joie. Mais en revanche, l'homme qui ne fait pas ce qui est bon ne s'assure pas véritablement en l'Éternel. Une bonne manière de contrôler notre assurance, c'est l'examiner ce qu'elle produit. La foi çst une force, une puissance, une persévérance dans le bien. Quand donc lous sommes mous et infidèles, notre assurance n'est ju'une illusion ou un oreiller de sécurité. Bien des gens )nt confiance en Dieu, mais celte confiance banale ne es fait pas sortir de leur ornière. C*'^?X i3ji*^^ \ifc ^^^-
892 19 NOYEMBU. [cocniT]
naissent pas lo vrai Dieu. Personne^ dit Jésus-Christ, ne vient au Père que par moi. Quand on a conna Jésus- Christ comme le chemin, la vérité, la vie, on ne parle plus de la Providence, de l'Être suprême, du bon Dieu, comme Tentend le monde. La confiance qui est devenue l'assurance du salut est autre chose. Elle fait courir vers le but; elle seule rend capable défaire ee qui esi bon.
Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous. (Marc ix, 51.)
C'est le sel ou la discipline de TEsprit qui entretient la paix et les bons rapports. Toutes les mésintelligences remontent h un esprit relâché. Donnons à Télément divin toute autorité, et nous serons maintenus dans la vigilance et dans ce tact que nous perdons si souvent, lorsque de mauvaises influencés s'approchent de nous. Rien de si précieux que le sel ; il nous préserve de ce quelque chose de fade qui corrompt si vite notre manière d'ôtre. Le sel est notre force ; c'est TEsprit qui pénètre dans notre nature déchue, et qui retient toute parôle déshonnéte, toute bouffonnerie ^plaisanterie et toutes les choses malséantes; si nous avons du seU rien de tout cela n'esi même nommé parmi nous^ comme il convientà des saints. Ce gouvernement de nous-mêmes, établi en nous par la puissance du Saint-Esprit, entretient aussi les bons rapports entre nous et nos semblables. La présence sentie du Seigneur ne laisse point de place aux caprices ni à tant de mauvais mouvements qui troublent si souvent )a paix des ménages. Si nos rapports sont doux, le sel purifie celte douceur; s'V\sso^Và:\lÇ\^^^^A^v\^\Si!étei
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une dose de sagesse qui nous Tendra paisibles, modérés, Iraùables, pleins de miséricorde et de bons fruits; nous ne serons point difficultueux, ni dissimulés; le Seigneur nous rendra intelligents en toutes choses. L'aménité n*y perdra rien; elle y gagnera plutôt; le cœur qui a du sel n'a en lui rien d'acerbe, rien de pédanlesque, la bonté et la vérité s*y rencontrent, la justice et la paix s*y en- Ire-baisent. Sommes-nous du sel en la terre? sommesnous enfant de paix? Soyons d'abord la première de ces choses, nous serons bientôt ensuite la seconde; ayons du sel en nous-mêmes, et nous serons en paix entre nous,
Celai-là pèche, qni sait faire le bien et qui ne le fait pas. (Jaq. iv,
Si notre cœur est si souvent émoussé, cela vient aussi du mauvais emploi des occasions. Dans les jours les plus ordinaires, il y a dti bien à faire, et même beaucoup. Le bien souverain, c'est Dieu, et où Dieu se signale à nous, il nous signale du bien à faire. Plus nous nous prêtons à Dieu, plus il nous enseignera le chemin par lequel il veut que nous marchions, et son onl nous guidera. Mais trop souvent on sait faire le bien et on ne le fait pas. Les péchés d'omission sont même plus nombreux que les péchés commis. Rachetons les occasions, sinon elles nous échappent, et le bien que nous ne faisons pas devient un mal que nous nous faisons à nousmêmes. Nous entassons remords sur remords, et lever qui ne meurt pas vient de cette pensée rongeante : le premier dommage qui résulte de tvoXt^ w^^x^^^nr.^ ^^^
394 21 NOYSVBIS. [CGCXXTij
donc un mal moral, à ce mal s'en ajoute bientôt un autre. Moins on fait» moins on voit ce qu'il y a à faire. L'infidélité rend l'esprit stupide, tout autant qu'elle corrompt le cœur. Toute position est riche et féconde, si Ton \e\xi faire le bien; mais la plus belle position devient une sinécure, si on laisse échapper les occasioos. Souvent on se morfond d'ennui, on envie telle ou telle position qu'on croit plus belle, plus profitable, parce qu'on ne voit pas, dans la situation où l'on se trouve, tout ce qu'on pourrait faire soi-même. On finit par être seul avec soi-même, on tratne d'un jour à l'autre une inutile existence, on tombe dans l'égoïsme , dans l'humeur noire, dans la tristesse. C'est pourquoi ne nous lassom pas de faire le bien pendant qtie nom en avons Toccasion, car nous moissonnerons en son temps si nous ne nous relâchons pas.
2i NOVEMBRE.
Mais vous, mes bien-airaés, vous élevant vous-mêmes comme un édifice sur votre très-sainte foi, priez par le Saint-Esprit. (Jade 20.)
Jude parle de l'édification spirituelle ou de l'alimentation religieuse. Il peut arriver qu'on se sente édifia sans qu'on se rende compte du véritable élément de Tédification. Voici la marche de ce travail intérieur, asseï semblable au progrès d'un édifice en constructioD. Dieu creuse d'abord dans Tâme, comme l'architecte creuse la terre avant de jeter les fondements de sa maison. Nous sommes édifiés quand nous commençons à avoir des vues plus claires sur nous-mêmes, sur notre nature pécheresse. Plus c,es\m^t^^'5Â\yûs»%Qi!Lt profondes
[CCCUVI] 21 NOVEMBRE. 395
^^humiliantes, plus Tédification est durable et solide. L'épée de TEsprit est une épée à deux tranchants; ce fui n'est point incisif n'édifie pas. Quand le cœur est ainsi labouré, il est préparé pour la foi, mais le Saint- Esprit ajoute au sentiment de l'humiliation celui de l'assurance. Il était d'abord question de ce que nous étions, maintenant il est surtout question de ce qu'a fait Christ. La personne de Christ, l'œuvre de Christ deviennent vivante^ dans Tàme, et le plus misérable des pécheurs est mis en possession de cette œuvre par la vertu du Saint- Esprit. Ainsi justifiée et fondée par la foi, l'àme s'élève comme un édifice sur ce fondement . Elle croit en connaissance et en sanctification. La lumière augmente, les besoins se multiplient, la force d'en haut fait surmonter un à un les obstacles. L'éternité et tout ce qui y a rapport attire vivement l'âme que le Saint-Esprit édifie, et l'attrait des biens célestes finit par l'emporter en elle sur le pouvoir captivant de toutes les séductions terrestres. Il est aisé de comprendre, d'après cette analyse, pourquoi il arrive trop souvent qu'au sortir de l'église nous n'avons pas été édifiés. Lors même que notre àme était réellement désireuse de vie, le prédicateur que nous avons entendu n'a pas été au fond de notre àme ; il ne nous a pas affermis dans nos espérances ; il ne nous a pas fait languir après le ciel, comme après notre céleste patrie. Tout cela peut être vrai. Alors prions nous-mêmes par le Saint-Esprit, et ce que le prédicateur n'a pas fait. Dieu le fera directement. Un mauvais sermon peut encore avoir ceci de bon , c'est de nous pousser à chercher nous • mêmes quelque chose de mieux.
400 tt mrssBU. [axn^
est notre lumière^ et de qai Tient toote bénédiction. Tra- Taillons STec prière et d*one manière soutenne; la persévérance raut mieux que les beaux élans. Le peu qaon fait s'allonge, si Ton continue r^lièrement. Ce qo*on Cait par boutades sera bieni&t interrompu, et le relâchement suit toujours les mouvements passionnés. Commencez avec calme et continuez avec fidélité, et arec la besogne qui avance, avancera la joie de la besogne. /ly a douze heures au jour ; s'il tous est possible, donnez à toulcs ces heures leur destination. Une tâche qu'on s'impose empêche les moments perdus et préserve des mauvaises dispositions. L'esprit voltige moins quand on lui met des barrières, en divisant bien la journée. On m bronche point, dit le Seigneur, qtmnd on rachète k temps, et qu'on voit la lumière du monde. Le système des tâches a, outre l'avantage de la continuité, celai de contribuer au calme intérieur. Ce qu'on fait régulièrement, fidèlement, se fait avec plus d'aplomb que ce qaon fait par simple goût et par velléité. Ceux qui travaillent dans ce dernier sens ne se pressent souvent point assez, souvent aussi se pressent trop; cette inégalité fait perdre à l'esprit son assurance. Marcher par bonds nuit h la vie de l'esprit. L'esprit aime la suite. Jésus-Christ n'a point travaillé autrement; il est allé de lieu en lieu pour ac^ complir une tâche dont il avait une pleine conscience. C'est à ce calme soutenu et d'où sortent les bonnes œuvres qu'on reconnaît le vrai chrétien. Faisons avec Jésus-Christ la tâche qu'il nous a laissée, grandissons à ses côtés, et notre vie ne sera point perdue; le temps tuel est, pour un disciple, la saison du service da nour.
GCCnXl] 26 NOVEMBRE. 401
'Éternel m'est apparu depuis longtemps et m'a dit : Je t'ai aimde d'un amoor éternel, c'est pourquoi je t'ai attirée par ma miséricorde. (Jér. XXXI, 3.)
Hors de l'attrait de TEsprit de Dieu il n'y a ni culte rai, ni vraies prières. Nos paroles et nos pratiques sont •erdues si elles ne sontpas vivifiées par ces mouvements Qystérieux de la grâce, qui nous mettent en rapport ivec un Dieu personnel et avec sa puissance. Laissons* \ou8 attirer et nous serons attirés. Dieu peut nous ouvrir les bras quand nous sommes au milieu du bruit, |uand nous nous trouvons séparés de toute communion ihrétienne; il peut nous appeler dans un désert y nous y Hitler selon notre comr. Plus on cède docilement aux ppels de Dieu, plus on sent que V Éternel ^ depuis long» mpSf nous attire et nous appelle. Les circonstances is plus ordinaires, prises au point de vue divin, sont es appels de Dieu et des conducteurs vers Christ. Une onscience délicate découvre tous les jours de nouvelles itentions du Père et des marques renouvelées de sa mdresse. Toute notre sagesse est de comprendre le eigneur, tout notre bonheur est de le suivre. Il attire otre &me dans la direction pour laquelle elle a été réée, il l'attire loin de ce qui trompe, de ce qui n'est ue pour un peu de temps; il met à notre portée le pain ivant qui fait vivre éternellement et qui rend ceux qui n mangent, capables de tout supporter avec patience^ ivee douceur f avec joie. Mais ce ne sont là que les par ^ is dé VÉtemeL Nous entrons dans te Nm sîi\i^Va^\^ uandnoas pouvons suivre jusqu'avaul \^ iotÀ^^vycL ^vk
402 27 NOVEMBRE. [CCCXHU)
monde la miséricorde de laquelle nous vivons. Si TÉlernol nous attire, c'est pour nous rappeler qu t7 nous a aimes d'un amour éternel ; il nous montre derrière noos une éternité d*amour, et devant nous Tamour éternel qui a précédé notre vie. La plénitude de la Divinité s'ouvre sur un pauvre pécheur et fait de cette âme, qui n'est qu'un atome, ses délices et son ambition. Laissons-nous attirer, et nous logerons parmi les biens^ sans pouvoir en mesurer la largeur, la longueur , la profondeur et la hauteur.
Pierre était gardé dans la prison, mais l'Eglise faisait sans cesse des prières à Dieu ponr lui. (\ctes xii, 5.)
Ce qui fait tomber les chaînes et les remparts de Satan, c'est la communion des prières des saints, De nos jours encore il y a plus d'un confesseur de Christ, gardé dans la prison; pour lesquels V Eglise adresse sans cesse des prières à Dieu. L'ange qui est venu libérer Pierre, est revenu ouvrir à plusieurs de nos frères les prisons d'Italie. L'Eglise est partout où deux ou trois amis de Christ sont à genoux devant leur cnaître. L'arme de la prière brise les barres de fer et les portes d'airain; le peuple de Dieu est plus que vainqueur, quand il lève au ciel des mainspures, sans colère et sans contestations. Les bénédictions seront réciproques pour ceux qui sont gardés et pour ceux qui gardent par leurs prières. Une sombre prison, surveillée par un geôlier, devient une
maison de Dieu, autour do laquelle campent les anges ;
et cette chaîne de prières q;a\ §»' ^\.^wàL^^\-^^'î&\^\^\^%
GCXXXmJ 28 NOVEMBRE. 403
les mers, devient pour ceux mêmes qui la forment le nouvelle puissance de de foi et d'actions de grâces, erre avait de quoi raconter, quand il se retrouva avec s amis fidèles qui, dans leur chambre haute, avaient ié pour lui. Mais Tami le plus fidèle, c'est ce Dieu li incline vers nous son oreille et qui entend les relé les ^ pour que toute créature vienne jvsqu* à lui. Les aucements n'arrivent pas toujours à l'heure que nous irions marquée, mais la certitude de l'exaucement est ijà, pour ceux qui prient, une force et une faveur. La ière est une grâce de Dieu, et pour de pauvres péeurs c'est la plus insigne; usons-en, appuyons-nous r cette promesse : Je t*ai exaucé dans le temps favora- % et je (ai secouru au jour du salut. Laissons à Dieu disposition des heures, mais qu'en attendant nos reins îent ceints et nos lampes allumées. Les merveilles du {ne de Dieu sont toujours des délivrances dues à des ères.
[e persévère point dans nne chose mauvaise. (Ecclés. viii, 3.)
Les choses mauvaises viennent des pensées mauvaises sortent du mauvais trésor de notre cœur. La domiion du mal commence toujours par des bagatelles. Si is écrasions l'oeuf^ nous écraserions V aspic, et nous drions notre vie facile. Les bénédictions abondent qu'on a pu étouffer un mauvais mouvement. Le Seiur est proche t sans lui nous m pouvorn rien faire; \$ nùus potêvom tout par Cfimt, qm v\iOU» \qt\.\^« irriVe-t^, au conlraire, quand ou n'fe^t^s^ ^w2ù\\^
404 29 NOVEMBRE. [CCCXXXIT]
semence du serpent? L'Écriture nous le dit : on persévère dans une chose mauvaise. Avant de nous en douter, nous serons i*esclave de Tentétement. Le pacte avec le péché une fois fait, nous lui sommes vendiu^ car on devient esclave de celui par lequel on est vaincu. Satan nous dira : Tu as commencé, il faut continuer. Nul n*est sûr de ne pas rouler jusqu'au fond d'un abtme, dès qu'il a consenti au mal. Gardons notre cœur plus que toute autre chose qu'on garde ^ car c'est du cœur que procèdent les sources de la vie. Que le péché ne règne point dans notre corps mortel, pour lui obéir en ses coni)oitises ; arrachons-nous plutôt Vœil et coupons-nous plutôt la main ou le pied. Quel fruit retirerons-nous des choses dont nous aurons honte demain? Leur fin est la mort. Résistons donc au diable^ et Dieu f écrasera sous nos pieds. Le commencement de la sagesse est la crainte de V Éternel qui consiste à se détourner du mal. On n'est pas en danger de persévérer j quand on ne commence pas cl qu'on sait ranger et faire taire ses désirs.
Vous êtes mainteDant dans la tristesse, mais je vous yerrai de noa* veau, et voire cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie. (Jean xvi, 22.)
Une sainte tristesse es\ une sainte grâce du mattre. Ne demandons point à Dieu de sortir de la tristesse, si c'est lui qui nous l'envoie. Au lieu de jeter la croix, apprenons à la porter. Mon joug, dit Jésus, est aisé, et mon fardeau léger. Les \rîstessçis cp^a w^x^s» <iwoie le Seigneur M préparent le chemin el\\xv drme^v *^^ w?«a\w\ ^m