Joonn.. XI, a
LKS VRAIS ALLIÉS DK LA FHANCE. 9o
froide que le cœur n'a point écrite; elles prient pour cette France dont les malheurs les font trembler, n'ayant reçu d'elle jusqu'à présent ni secours ni bienfait,toujourssoupçonnées,inquiétées quelquefois, mais gardant, derrière la grille qui les protège à peine et sous le voile qui les couvre, un cœur pur, aimant, éploré, un cœur qui bat et qui palpite pour la patrie, parce qu'il n'est encore ni blasé ni flétri. Ma Sœur, je vous en conjure, priez, pressez, ne cessez jamais, dites à Jésus avec de nouvelles instances : « Ah 1 venez voir et guérir la France ; elle est malade, elle meurt, la nation que vous aimez : Ecce qiiem amas infirmatur. »
A côté des sœurs que le cloître nous donne, je vois des mères suppliant Jésus, comme la Ghananéenne de l'Évangile, et mon espoir redouble. Écoutez-les. Elles disent, avec la foi et Thumilité de cette humble femme, que leurs enfants sont cruellement tourmentés par le démon de la guerre : Filia mea malè à dœmonio vexatur (1). Elles tremblent pour leur corps, pour leur vie, pour leur âme. Elles se les représentent en butte à toutes les tentations comme à tous les dangers. Elles ne se rebutent ni des retards, ni des délais, ni même des reproches par lesquels Dieu veut éprouver leur confiance. Elles savent peutêtre, hélas 1 que ces fils si chers à leur cœur ont our-