Matth-, XV
blié leur Dieu, méconnu sa loi, outragé son nom, trahi ses bienfaits, et qu'ils comptent parmi les infidèles. Si le Seigneur leur fait entendre que ce n'est pas aux enfants d'une nation si coupable qu'il convient de donner le pain de la miséricorde et du salut, ces mères éplorées ne se rebuteront pas. Je les entends, elles insistent : « Oui, Seigneur, vous êtes juste dans vos dédains et dans vos aversions : Etiam, Domine (1;. Les malheureux fruits de nos entrailles ont été corrompus. Nos fils se sont vendus à des dieux étrangers. Ils n'ont plus de droit à votre table, ils n'ont plus de place dans votre cœur, ils n'ont plus de titres à votre affection. Mais laissez-nous mendier pour eux un regard de compassion et de pitié. S'il n'est pas permis de donner aux chiens le pain des enfants, on laisse leurs petits affamés se nourrir des miettes qui tombent de la table du maître. » A ces mots de la Ghananéenne, le cœur de Jésus s'est troublé, pour ainsi dire, d'émotion et de bonté. Il a loué la Ghananéenne, il a vanté sa foi, il lui a accordé la guérison de sa fille.
Je m'adresse aussi aux mères chrétiennes qui n'ont pas encore arraché à Jésus des cris de surprise et d'admiration, qui ne l'ont pas assez étonné par leur foi, qui n'ont pas assez sollicité de lui le pardon de leurs enfants. Non, jusqu'à présent elles n'ont pas