Id., ibid
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tissez-vous donc de tout votre cœur, que chacun revienne de ses voies mauvaises, que tous expient leurs péchés par la pénitence : Convertimini ad me, et ego convertar ad vos (1). Vous Tentendez : de grands malheurs vous menacent encore ; c'est votre obstination dans le mal qui en est la cause; et si vous manquez de courage pour vous convertir, vous ne méritez ni le nom de chrétien ni celui de Français, car vous ne faites qu'appesantir la main de Dieu sur notre tôle et augmenter la source des malheurs publics. Voilà une prophétie authentique, dont la vérification est certaine, et qui s'applique à chacun de nous comme à toute la patrie, dans toute son étendue et dans toute sa rigueur.
Mais la catastrophe finale est prochaine, et il ne nous reste plus qu'à l'attendre. Dites plutôt qu'elle est venue et que le comble de votre aveuglement est de ne pas voir que nous y sommes ensevelis. Quoi f ce n'est pas une catastrophe que la guerre étrangère avec toutes ses épreuves et la guerre civile avec toutes ses angoisses I Ce n'est pas une catastrophe que d'en être sorti sans détester assez les mauvais principes et les mauvaises doctrines qui l'ont amenée ! Que voulez-vous de plus? Que la mer de sang dont le Nord a été inondé se répande dans le Midi et
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inonde tontes nos provinces? Que la Commune qui a triomplié à Paris triomplie dans toutes les autres villes ? Et que cette hécatombe de prêtres, de soldats, de magistrats, fusillés pêle-mêle à l'angle d'un mur, se renouvelle de toutes parts avec la même impiété et la même fureur? Mais vous ne voyez pas que vous préparez par votre indifférence et votre lâcheté le retour de ces scènes de deuil? Plus vous vous éloignez de la vie publique, plus les méchants s'enhardissent. Vous ne voulez pas porter votre vote dans l'urne du scrutin, et vous les laissez maîtres des destinées de la patrie. A ce spectacle, leurs espérances se raniment, leurs vœux n'ont plus de bornes, ils acclament la future Commune avec tous les excès qui ont déshonoré la première, et, sentant à votre hésitation, à votre découragement, que le pays leur sera livré, ils achèvent de glacer votre courage en vous laissant prendre le bruit qu'ils font pour le signal de leur victoire prochaine. Vous ne vous apercevez pas que la catastrophe que vous appréhendez ne sera pas autre chose que l'ouvrage de vos mains ! C'est votre indifférence qui la rend possible, c'est votre découragement qui la rendra affreuse et peutêtre irrémédiable.
On insiste : la tâche est trop grande, la France est endurcie, le démon la domine, et il n'y a plus qu'un miracle qui puisse la sauver. Non, la tâche n'est pas
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trop grande, car il n'y a point de nation qui ne soit guérissable. Non, la France n'est pas endurcie, car il reste des justes qui méritent la bénédiction et le salut. Non, le démon ne la domine pas sans retour; un tel pouvoir ne saurait être accordé à Satan ; et si Satan a été chassé du monde païen, dans une civilisation corrompue, au milieu des idoles triomphantes, des temples voués à l'impiété et à la débauche, il est, ce me semble, plus facile à combattre, à vaincre, à mettre en fuite dans notre France, toute trempée des eaux de la grâce, et où le signe du salut éclate, rayonne au front de tous les monuments comme sur la tête de tant de générations baptisées dans le sang de Jésus-Christ. Quant au miracle, je le crois comme vous nécessaire au pays, mais c'est à vous que je le demande. Sortez de votre paresse et de votre apathie, ce sera un miracle. Sortez de votre égoïsme et de votre stérilité spirituelle, ce sera un miracle. Sortez de votre découragement et de votre parti pris, ce sera le plus grand des miracles. Nous demandons à Dieu une nouvelle Geneviève ; mais nous avons oublié que tout le peuple priait, jeûnait, veillait avec Geneviève, et que le départ d'Attila fut le miracle de la confiance et non pas du découragement. Nous demandons à Dieu une nouvelle Jeanne d'Arc; mais nous avons oublié à quelle condition Jeanne d"Arc a sauvé la patrie. Elle n'a dispensé personne de s'ar-
mer, de chevaucher, de se battre. Elle n'a pas suppléé au courage public, elle l'a ranimé et enflammé par son exemple. Elle n'a pas jeté les Anglais hors du royaume, elle en a préparé la défaite, et il a fallu, après son martyre, vingt ans de bonne politique et de bons combats pour consommer leur ruine et assurer notre délivrance. Voilà le miracle. Il y a eu avec la mission de Jeanne d'Arc le courage, les épreuves, les sacrifices de tout le pays. Levons-nous donc et marchons. Dieu dit h la France comme autrefois à Israël prévaricateur : « Pourquoi voudraistu mourir? Je neveux point ta mort ; reviens cà moi, et tu vivras: Nolo mortem morientis ; revertlmini, et vivite (1). »
II. Une fois l'entreprise commencée, ne regardons plus en arrière, mais en avant. Levons-nous et marchons. Il faut un effort soutenu pour nous sauver. Notre légèreté a pu croire que nous étions tombés, comme sans transition, de l'excès de la fortune et de la gloire dans l'excès de la disgrâce et du malheur. Nous ne nous sommes pas aperçus qu'il y avait eu à l'intérieur un long travail de désorganisation sociale, et que nous n'avions fait que recueillir les fruits de mort plantés par la main de nos ancêtres. Les mauvaises doctrines, les mauvais livres,