I. Jerem., xxvii
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les mauvais exemples, ne datent pas d'hier. Il faudra longtemps semer, planter, arroser, répandre et cultiver partout la bonne semence pour récolter des fruits de vie. Ce n'est pas la génération présente qui les verra mûrir, c'est pourquoi il faut l'avertir qu'elle travaillera, qu'elle portera le poids de la chaleur et du jour, qu'elle livrera de rudes combats, mais que l'œuvre de notre restauration religieuse et sociale ne sera qu'ébauchée par ses mains.
A l'œuvre donc aujourd'hui, demain, toujours, pour votre réforme personnelle. Vous ne deviendrez du premier coup ni excellents chrétiens ni citoyens très-dévoués. Il faut vous corriger peu à peu, mais chaque jour un peu plus, de votre frivolité, de votre luxe, de votre égoïsme et surtout de ces recherches sensuelles qui ont énervé les âmes et qui leur ontôté non-seulement la tradition, mais la pensée du sacrifice. Votre esprit est-il éclairé sur les causes de nos malheurs? Ètes-vous définilivemeot acquis à Dieu et à l'Église, et ne vous verrait-on pas, aux premières lueurs d'une prospérité apparente, oublier que vous devez coopérer par votre conversion à la conversion du pays ? Je vous conjure non-seulement de reprend re mais de continuer la pratique assidue de la prière, de la mortification, des sacrements, sans laquelle il n'y a point de vie chrétienne. Je vous conjure de vous dépouiller de cette mollesse de caractère et d'habi-
tildes avec laquelle il n'y a plus de yrais Français. A l'œuvre non-seulement pour commencer, mais pour continuer et sontenir, avec un courage indomptable, l'éducation de la patrie restaurée et chrétienne. Aujourd'hui la mère la commence à peine, tant elle se hâte de livrer l'enfant aux crèches et aux salles d'asile; le père ne s'en occupe plus, parce qu'il s'accoutume à compter sur le maître et sur l'école ; la pension a remplacé partout la famille, et la famille, hélas ! a perdu la science, le goût, la tradition des obligations saintes qui n'appartiennent qu'à elle. Il nous faut d'autres pères et d'autres mères, encore plus que d'autres maîtres. Mais ce qui manque aux pères et aux mères, ce n'est pas le désir d'entreprendre leur tâche, c'est le courage de la poursuivre. A la première révolte de ces petites volontés qui se dressent contre l'autorité paternelle, leur énergie tombe, ils laissent échapper de leurs mains la verge de la correction, et ils renoncent à leur devoir. Comment, après avoir ainsi abdiqué, commanderaient-ils la résistance aux passions et l'obstination dans le vrai, dans le juste et dans le bien? Ah f de grâce, soyez pères, soyez mères, soyez chrétiens, soyez Français. Formez-nous donc une race nouvelle avec la pureté du sang, la noblesse du cœur, la force du caractère : une race qui s'accoutume aux privations, qui se prépare aux sacrifices, qui passe sans étonne-
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ment du foyer à l'école, de l'école au collège, du collège à la caserne, parce qu'elle y trouvera sous d'autres figares les mêmes exemples de fol, de tempérance, d'honneur, do courage. Le vrai courage est le fruit d'un effort longtemps médité et noblement soutenu. Religieux, civil, militaire, il change de théâtre, mais non de caractère. Ce n'est pas à vingtcinq ans qu'on en trouve tout à coup le secret. 11 faut le boire sur les genoux de sa mère avec le lait; il faut le lire dans les regards de son père enTinlerrogeant; il faut le pratiquer dans l'élude en s'accoutumant à vaincre ses rivaux; il faut s'èlre longtemps battu, au fond de sa conscience contre le démon, au dehors contre le monde, pour s'être fait un caractère incapable de transiger avec l'honneur et le devoir. Cet apprentissage obscur donnera le vrai soldat, le vrai citoyen, le vrai prêtre; mais c'est l'œuvre de la famille et du temps ; ce sera le fruit de la réorganisation intérieure que je vous prêche, si vous avez le courage non-seulement de l'entreprendre, mais de la soutenir dans votre foyer avec cette patience qui n'est pas seulement du génie, mais de l'héroïsme.
Sortez maintenant de votre intérieur et portez dans la vie chrétienne et civile cette pensée de persévérance. Que vous demandent d'une commune voix la religion et la patrie? Des exemples qui ne se démentent plus. L'exemple et la pratique de la foi dans
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nos temples, dans nos prières solennelles, dans nos manifestations destinées à affirmer au grand jour les croyances d'un grand peuple et à opposer la ligue du bien public aux conjurations de l'enfer. L'exemple et la pratique du patriotisme dans nos assemblées électorales, où tout est remis en question et d'où vous ne pouvez vous éloigner qu'en trahissant tous vos devoirs. Où serait le courage, où serait le mérite, s'il n'y avait que de l'honneur à recueillir et des hommages à recevoir toutes les fois qu'on se montre chrétien et Français? Je ne m'arrête pas à penser que vous êtes retenu par la crainte d'une raillerie ou d'un échec. Serait-ce du courage? Ou biea seriez-vous las d'être en petit nombre et vous apprêteriez-vous à passer du côté de la foule ? Où seraient alors vos convictions? Ou bien, après quelques essais infructueux pour faire prévaloir vos exemples, vous coudamneriez-vous au silence, à la retraite, à l'abstention, content de verser des larmes sur les ruines de la religion et de la patrie? Mais alors vous ne savez pas que ces regrets sont stériles, que ces larmes versées sur des ruines ne les raniment pas, qu'on ne rebâtit une cité qu'avec la truelle, qu'on ne la défend qu'avec l'épée. C'est la truelle, c'est l'épée que tenait Israël au retour de la captivité de Babylone. Eh bien 1 la France est, comme Israël, une nation à refaire. Mais pour la rebâtir de la base au sommet, ne faut-
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il qu'un eflort et un jour de travail? Mais si à l'approche de Tennemi vous désertez l'ouvrage, que deviendra Jérusalem ? Restaurer la France, c'est l'œuvre du siècle, et il faut dans cette œuvre la pensée de chaque citoyen, la main de chaque famille, le courage ranimé chaque matin et légué comme un héritage de la génération qui finit à celle qui commence, en sorte que l'œuvre ne soit jamais ni ralentie ni interrompue. Du courage ! encore du courage, toujours du courage î
Il y a dans cette œuvre un endroit difficile où il faut mettre plus qu'ailleurs le temps, la patience, la persévérance et par-dessus tout la chanté. La démagogie a enrôlé sous ses drapeaux des populations égarées auxquelles elle promet non-seulement du paiD, mais des places, mais des honneurs et surtout des jouissances. Elle en a fait une armée, et les votes qu'elle lui commande tomhent par milliers dans Turne électorale, pour mener une fois encore la France aux ahîmes. Quand vous voyez passer à côté de vous ces masses ignorantes, vous sentez combien la force brutale du nombre l'emporte sur l'intelligence, sur le mérite et sur la vertu. Vous déplorez le suffrage universel, vous vous déclarez hors d'état d'en combattre la puissance aveugle, vous retombez dans l'incapacité du découragement. Je voudrais vous mettre face à face avec cette armée qui vous effraie
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et VOUS apprendre à l'aborder, à la gagner, à la reconquérir pour la bonne cause. Ces soldats du désordre, qui sont-ils? Des mercenaires, des paysans, des domestiques, c'est-à-dire les ouvriers qui tissent vos vêtements, qui bàlissent votre demeure ou qui préparent votre nourriture ; les fermiers ou les vignerons qui sèment, qui arrosent et qui récoltent pour vous ; les serviteurs enfin qui vivent sous votre toit et qui mangent le pain de votre table. Regardez bien, ces visages vous sont connus. Vous avez eu avec ce peuple qui vous appelle des tyrans et que vous regardez comme un ennemi, des rapports de voisinage, de commandement ou d'affaires. Ce sont vos voisins, vos obligés, vos gens ; vous devriez être leur conseiller, leur ami et leur père. Comment ces rapports sontils changés? Ce n'est plus ni l'heure de l'examiner ni l'heure de s'en plaindre, et il ne nous reste plus que le temps de conjurer le péril à force de courage, de zèle, de sacrifice, et, pour tout dire d'un mot, à force de charité chrétienne. % o^
Allez donc avec courage vers ces hommes que l'impiété a pris à son service, et ramenez-les dans cette vigne où la patrie ou l'Église appelle tous les travailleurs depuis la première heure jusqu'à la dernière, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, pour réparer, à force de sueurs, les ravages du sanglier.
Tendez-leur une main bienveillante et secourable.
Peut-être la retuseront-ils? Eli bien 1 vous attendrez un moment plus propice. Peut-être accepteront-ils votre argent, vos livres, vos vêtements, en gardant un levain de rancune et de vengeance? Eh bien I quand vous aurez découvert et constaté leur ingratitude, vous leur direz comme Auguste à Cinna :
Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler ; Je t'en avais comblé, je t'en vais accabler.
Mais non, vous ne leur ferez pas même de reproches et vous ne vous donnerez pas le plaisir public de cette noble vengeance. Le vrai chrétien s'élève bien au-dessus du héros de Sénèque. Après le mécompte, il revient avec un visage plus riant et des manières plus insinuantes. Après le rebut et l'injure, il cherche par quel intermédiaire plus heureux il pourrait faire accepter le bon livre, donner le conseil, prodiguer les trésors de son cœur. Après dix, vingt, trente échecs, il est toujours prêt à l'assaut et il force tôt ou tard ces cœurs rebelles. Du courage, encore du courage, toujours du courage! Qu'importe que vous ne jouissiez pas de la victoire, pourvu que la France l'obtienne un jour. On a dit des croisades : a Chacune d'elles a échoué, toutes ont réussi. » Elles ont réussi, en effet, à préserver l'Europe de l'invasion musulmane, à rallier tous les peuples autour de la papauté, à mettre fin aux querelles particulières, à ouvrir vers l' Orient des voies à la navigation, à
doter l'Occident des inventions, des sciences, des arts, des produits d'un autre monde. Ouvrons la croisade du salut public, et ce monde qui nous est échappé sera conquis à la longue, eussions-nous perdu cent batailles et mordu cent fois la poussière. Oui, parmi ces masses égarées il y a de l'intelligence, du cœur, de la bonne foi. Ce qui les sépare de nous, ce sont des préventions plutôt que des vices, des ignorances plutôt que des erreurs. Vos secours, vos prévenances, vos témoignages de bienveillance et de sympathie, vos paroles amies et chrétiennes, vos livres jetés en passant sur cette table où ils vont se perdre d'abord parmi d'ignobles caricatures et d'odieuses satires, voilà les armes avec lesquelles il faut pénétrer dans la profondeur de cette barbarie nouvelle au milieu de laquelle nous vivons. Les héros des croisades s'inquiétaient-ils du succès? Reculaient-ils après un échec? Rapportaient-ils dans leurs foyers la défiance, la peur, l'indifférence, après ces expéditions lointaines ? Combien sont tombés avant de prendre Jérusalem, combien avant de l'entrevoir! Mais il y avait pour eux une Jérusalem plus haute et plus belle dont celle de la terre n'était que la figure. C'est la Jérusalem du ciel. Ils étaient sûrs de la conquérir, et cette ambition, la plus noble de toutes, était toujours satisfaite. Chrétiens et Français, prenons courage. Agissons, combattons, ne cessons
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jamais. Ce n'est qu'à la longue que nous restaurerons la patrie de la terre; mais fût-elle encore couverte de deuil le jour où s'achèvera notre pèlerinage, la patrie du ciel est toujours ouverte pour nous recevoir.
III. « Le courage fait les vainqueurs, a dit un poëte, la concorde fait les invincibles. » Il ne suffit pas de vouloir, ni même de vouloir toujours et toujours la même chose. Sachons encore vouloir ensemble.
L'union des volontés et des courages est la force secrète du mal. Qui est-ce qui rend la franc-maçonnerie si redoutable, malgré ses ridicules? L'union. Elle s'étend des peuples civilisés aux peuples sauvages, ralliant dans son sein juifs, protestants, mauvais catholiques, ouvrant des loges dans les deux mondes avec un égal succès, faisant passer de l'Américain au Français, du Chinois à l'Arabe, ces mots, ces signes, ces emblèmes, inoffensifs en apparence, inintelligibles à la plupart des membres, mais qui sont pour un petit nombre d'initiés le mot d'ordre de la guerre déclarée à Jésus-Christ, le signe de la bête, l'emblème de la destruction universelle. A qui les carbonari doivent-ils le succès de la révolution italienne? A leur union resserrée par d'affreux serments. Ces solidaires qui renient leur baptême et qui renoncent d'avance aux honneurs de la sépulture chrétienne, pourquoi tiennent-ils si ferme contre les
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larmes d'une mère? Ils se sont unis et confédérés dans une ligue monstrueuse. Que les liens de l'Internationale sont puissamment formés ! Elle enlace dans son réseau des corps de métier, elle confisque à son profit certaines industries et certains travaux, elle condamne au chômage et à la ruine les maisons qui refusent de la servir, elle accapare et elle ébranle tour à tour la confiance publique, et si un tel dessein n'est pas traversé, on verra peut-être avant la fin du siècle tout le travail et tout l'or entre les mains de cette association formée sous la main de Satan pour le malheur du genre humain.
C'est aux enfants de ténèbres que les enfants de lumière sont rédnits à emprunter leur modèle. Les enfants de ténèbres font pour le triomphe du mal des sacrifices inouïs d'amour-propre, de jalousie, de vengeance personnelle. On les discipline jusqu'au silence, on les mate jusqu'à l'esclavage, on les enchaîne et on les rive jusqu'à la mort, selon le bon plaisir d'une autorité supérieure, mais toujours secrète, à laquelle ils dévouent leur temps, leurs soins, leur vie, sans connaître ses vues et sans lui demander compte de son administration. Cette autorité mystérieuse fait le mal, c'est assez pour qu'on l'honore, qu'on la serve et qu'on lui obéisse. Mais dès qu'il s'agit de servir Dieu, de restaurer la patrie, de se battre pour la bonne cause, nous n'avons plus de mot d'ordro, mm
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ne connaissons plus de signe de ralliement, nous ne supportons puisqu'on nous parle de sacrifices. Voici la vanité avec ses prétentions, l'amour-propre avec ses blessures, la rancune avec ses souvenirs. On se déchire, on se dévore les uns les autres, et l'on aime mieux laisser triompher le démon que de le voir Taincu et enchaîné par un sublime effort, si cet effort ne part pas de notre bras ou si notre parole ne l'a pas appuyé. Périsse le soleil plutôt qu'un principe, dit la raison. Périsse la société avec tous ses principes plutôt que ma vanité ou ma rancune, disent certaines gens qui se croient gens de bien, mais qui cessent de l'être par cela même qu'ils refusent d'entrer dans la ligue contre le mal. Nous périssons comme les Grecs, faute d'entente et d'union ; nous périssons comme la Pologne, non pas faute de courage ni d'honneur, mais parce que notre courage ne veut pas supporter le frein, et que notre honneur ne veut plus reconnaître de guide.
Un grand écrivain, qui donne encore à notre siècle, dans sa verte vieillesse, des leçons de sagesse et de style, M. Guizot, écrivait avant nos derniers bouleversements les lignes suivantes : « Il y a des jours où, pour faire faire à une nation les progrès dont elle a besoin, pour la tirer de sa perplexité et de son apathie, ce qu'il y a de plus pressé et de plus efficace, c'est de former dans son sein des groupes d'élite où
se réunissent, peu importe en quel nombre, des hommes distingués animés du même esprit, décidés dans leur pensée ef. leur volonté, et qui marchent résolument à leur but, confiants dans l'espoir d'y attirer beaucoup d'hommes qui ne répugneront pas à se joindre à eux, mais qui d'eux-mêmes ne se mettraient pas en mouvement dans la même voie. Nous sommes, je crois, dans un de ces moments qui appellent ce mode d'action sur la société et qui autorisent à en espérer le succès (1). »
. Combien les événements ont donné à ce conseil de force et d'actualité ! l'autorité est incertaine et précaire ; les lois semblent endormies ; la presse impie et immorale n'est ni avertie ni réprimée; continuez à vous taire, timides gens de bien, et l'erreur grossira sa voix jusqu'au tonnerre et à l'épouvante: reculez encore, et elle avancera jusqu'à vous clouer dans votre paralysie aussi impuissante qu'éplorée ; achevez de vous désunir, elle pénétrera dans vos rangs affaiblis, gagnant les uns, flattant les autres, enchaînant la peur, l'ambition, l'amour-propre, et raillant ceux dont la conscience est trop haute pour qu'elle puisse les atteindre. Mais, au contraire, prenez la parole, elle se taira ; avancez, elle reculera ; unissez-vous, elle tremblera, car elle ne redoute
i. Méditations religieuses, t. HI.
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rien tant que de vous trouver unis et serrés autour du même drapeau.
Union des forces patriotiques et concert de toutes les volontés pour garder, pour étendre, pour conso- , lider la liberté de l'enseignement; pour faire tourner à la gloire de Dieu et de son Église la liberté de la presse, qui n'a guère servi jusqu'à présent qu'au démon et à ses anges ; pour créer des écoles, des bibliothèques, de^ ateliers, des ouvroirs, des asiles, des réunions auxquelles préside une pensée française et chrétienne, et qu'anime le souffle des grands dévouements. Apportez à ces œuvres votre argent, votre temps, vos soins, vos loisirs. Soyez-y soldat, acceptez-y le mot d'ordre, soumettez-y à la règle vos sentiments et vos pensées. Donnez la main à tous ceux qui vous offrent leur concours, et n"allez pas scruter d'un regard jaloux et souvent injuste, pour y chercher quelque paille, sans voir la poutre qui vous crève l'œil. Votre frère est imparfait peut-être ; ne l'avez-vous pas été ? N'est-ce pas un trait de courage que de venir à votre rencontre et de vous offrir ses services? Que de lâches qui restent en arrière pour ne pas délier leur bourse ni compromettre leur avenir! Place au pécheur qui se convertit! C'est une conversion que de se tourner vers les gens de bien et de demander à combattre à coté d'eux. Élargissez vos rangs, élevez vos esprits, agrandissez vos cœursi
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Place à toutes les âmes qui aiment encore Dieu et la patrie!
Union des suffrages et des votes le jour où le scrutin vous appelle. Ah 1 que nous fait à nous l'antipatliie personnelle, la visée ambitieuse, la déception d'un calcul mal fondé ? Quoi I vous bouderez parce qu'on vous méconnaît et qu'on vous oublie ! Vous refuserez de combattre parce que le chef vous déplaît! Qui sait? vous offrirez peut-être votre concours à l'ennemi parce que vous n'aurez pas été élu pour mener la bataille ! Mais ce n'est donc rien pour vous que les gens de bien la perdent et que les sociétés secrètes comptent un triomphe de plus dans leur histoire? Vous comptez donc pour rien qu'on se déconcerte et qu'on se décourage, qu'on se relire de la lutte, que tout succède aux vœux des ennemis jurés de l'ordre social? Êtes-vous encore Français? étes-vous encore chrétiens?
Union de tous les courages catholiques aux pieds de Jésus-Christ et autour de notre sai it père le Pape, son vicaire ici-bas. Hélas ! que de peines perdues, que d'encre versée, que d'agitations stériles, et surtout que de querelles inutiles et de déchirements funestes dans ces derniers temps 1 Plus le danger pressait, moins on voulait s'unir; plus nous nous divisions, plus les ennemis de Dieu marchaient en phalanges serrées à l'assaut de l'Église et de la so-
ciété ! Pie IX a vu, du haut du roc inébranlable où repose sa sagesse infaillible, ce danger imminent. Il vient de rappeler les enfants de l'Église à l'union et à la concorde. Qu'ils reviennent donc autour du drapeau commun : les uns par les voies oubliées de l'humilité chrétienne, les autres par les voies delà charité méconnue. L'ennemi regarde, il écoute, il se demande si le temps est propice pour engager la dernière bataille. Quoi 1 s'écriera-t-il , plus de dissentiments ni de querelles ! C'est le même cœur qui bat dans toutes les poitrines, le même mot d'ordre qui circule dans tous les rangs, le même pas qui règle, qui soutient et qui anime toute la marche? Israël va donc devenir invincible. Les Moabites ont envoyé leurs faux prophètes pour nous observer et pour nous maudire. Puissent les Balaam de l'erreur trouver des tentes solidement établies, un camp bien uni, et les soldats qui le peuplent travaillant, dans un concert merveilleux, à la défense et cà la gloire de leur nation I Puissent-ils rendre hommage à la parfaite unanimité avec laquelle nous allons marcher, combattre, frapper et mourir! Écoutez le cri qui s'échappera malgré eux de leurs lèvres étonnées : Voilà qu'aulieu de maudire,elles bénissent ets'écrient avec admiration : Que tes tentes sont belles, ô Jacob, et que tes pavillons sont admirables, ô Israël I Quàm pulcJira tahernacula tua, Jacoh , et tentoria tua.
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Israël (1) I Ce sera le témoignage de rAUemand en face de la France restaurée et unie. Ce sera le témoignage de l'impiété en face de l'Église triomphante. L'Église et la France, non, je ne les sépare point dans mes espérances et dans mes vœux, puisque Dieu ne les a point séparées dans leurs épreuves. Que la France sera belle et que l'Église sera glorieuse I Quàm pidchra tabernacida tua, Jacob, et tentoria tua I Israël !