‹ L'année d'expiation et de grâce, 1870-1871Chapitre 19 sur 48 · A LA MÉMOIRE DES SOLDATS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DES SOLDATS FRANÇAIS

Et hœc est Victoria, quœ vincit mundum, (ides nostra. La véritable victoire, celle qui met sous nos pieds le monde, c'est notre foi.

(f Joann., v, 4.)

Vous avez eu, mes frères, la religieuse et patriotique pensée d'élever une croix sur le corps des soldats morts il y a un an à vos côtés dans le champ de riionneur, et enterrés par vos pieuses mains dans le champ du repos. Soyez bénis pour votre généreuse initiative ! Cette croix est le premier monument bâti sur la terre de Franche-Comté à la gloire de nos armes malheureuses ; la religion va le consacrer, je viens le saluer de ma parole, et je signale à toute la

contrée l'exemple que vous lui donnez aujourd'hui.

Isa DISCOURS PRONONT,!- A l/i^LE-SUR-LE-DOUnS.

Cette croix est un souvenir et une leçon. Évoquons les souvenirs qu'elle réveille, acceptons la leçon qu'elle nous donne : des souvenirs qui remuent rame jusqu'au fond de ses entrailles, des leçons qui s'y impriment en caractères ineffaçables. Mais, je n'hésite pas à le dire, la dernière impression des plus lugubres souvenirs, le dernier mot des plus rudes leçons, ce n'est pas la défaite, c'est l'espérance de la victoire, c'est la victoire de la foi. Et hœc est Victoria quœ vincit miindum, fides nostra.

1 . Quels lugubres souvenirs 1 Comptez, si vous le pouvez, du Rhin jusqu'à la Loire et des chaînes du Jura à celles de l'Armorique, les champs de bataille où nos braves ont été ensevelis dans leur manteau de soldat! La France en cite plus de cent, et notre Comté seule a le patriotique honneur d'en posséder vingt : Gussey, où l'incendie a mêlé ses flammes au sifflement des balles; Auxon, que nos zouaves ont repris à la baïonnette; Chàlillon, que le b3ulet de l'ennemi n'a pu atteindre, mais d'où notre feu, habilement conduit, a forcé les Allemands à se replier sans avoir pu surprendre Besançon ; Pesmes, que la vaillance a tant de fois disputé au nombre ; Yillersexel, où la journée fut si chaude et la victoire si pleine d'espérances hélas I trop tôt confondues. La Saône a bu, aussi bien que l'Ognon, ce sang généreux : Seveux, Gray, Talmay, Esserlenne, ont leur page dans ces

nobles annales. Mais c'est au pied de nos montagnes et en remontant de votre fertile vallée jusqu'à ces hauteurs où serpentent les sources du Doubs, que Ton a vu les derniers efiforts du courage accablé par la fortune. Héricourt, Montbéliard, Audincourt, Blamont, Ambiévillers, Bethoncourt, autant de noms consacrés désormais par l'histoire des batailles ! autant de journées marquées par une trace de sang dans ce mois de janvier 1871, commencé avec les naïves illusions de la revanche que nous nous étions promise, fini avec toutes les horreurs d'une suprême déroute ! Consolons-nous cependant, car il y a de quoi nous consoler encore I L'héroïque Belfort ne s'est pas rendu ; Besançon, tant de fois menacé et presque cerné de toutes parts, n'a été ni attaqué ni surpris ; Salins, du haut de ses forts, a balayé l'ennemi comme la poussière ; le combat de la Cluse, le dernier combat de toute la campagne, a été une victoire et comme une première revanche ; enfin le canon de Joux, qui protégeait la retraite de notre dernière armée vers le sol hospitalier de la Suisse, a appris à l'aigle de l'Allemagne que, des Vosges jusqu'au Jura, il reste des hauteurs qui peuvent défier son vol, des barrières de rocher où ses serres triomphantes viendront se briser encore dans leur audace et dans leur orgueil.

Mais, dans ces jours de détresse et de deuil, que

n'avez-YOus pas souffert ! Quelles épreuves! quelles douleurs ! quelle attente plus cruelle et plus menaçante encore que la douleur et que l'épreuve ! Deux fois le pont qui unit les deux parties de cette paroisse a été coupé ; deux fois la disette vous a réduits aux extrémités les plus inattendues. Le pillage désolait les maisons, les obus y pleuvaient par centaines, et les édifices publics chancelaient sur leurs fondements. Français et étrangers, tous les soldats qui ont foulé votre sol achevaient d'en épuiser les dernières ressources. Tantôt c'est Treskow qui sème la terreur à la tête de ses vieux régiments; tantôt c'est l'armée de Cambriels revenant des Vosges sans avoir pu engager la bataille, mais haletante, épuisée, et regagnant à marches précipitées les murs de Besançon, qu'elle va couvrir contre l'attaque imprévue de Werder, trompé cette fois dans ses desseins. Puis, trois mois après, c'est la retraite plus malheureuse et plus éplorée encore de l'armée de l'Est, avec ses canons devenus impuissants, ses chevaux abattus, ses soldats mourant sur toutes les routes, de faim, de fatigue et de froid. Voilà ce que vous avez vu; mais, ce qui était plus navrant encore, vous avez vu vos rues et vos places encombrées de blessés et de mourants, six mille malades entassés sur des chariots et attirant, dans ces lamentables convois, les offrandes des plus pauvres et la pitié des plus indifférents ; six cents

DISCOURS PRONONXÉ A l'ISLE-SUR-LE-DOUBS. i83

soldats recueillis dans vos ambulances, et l'isle devenu comme un vaste hôpital ouvert à toutes les misères. Là, tous les dépositaires de l'autorité publique ont mis le dévouement et l'héroïsme au rang des plus stricts devoirs. Là, vos médecins disputaient à vos prêtres l'honneur d'arriver les premiers au chevet de cette glorieuse douleur ; les instituteurs de la jeunesse enseignaient la charité par leurs exemples ; les sœurs de Saint- Vincent de Paul se rendaient plus dignes que jamais de porter le nom de leur fondateur, et le premier magistrat de cette ville (1), se plaçant, comme il en a la noble habitude, à la tête de toute cette charitable entreprise, paraissait plus que jamais le bienfaiteur et le père de toute la contrée, précédé auprès des malades de celle qui a été pour vous comme un autre lui-même, accompagné, comme d'autant d'infirmiers, de tous les serviteurs de sa maison, et suivi de tous les secours que l'opulence peut offrir à la charité.

Au milieu de tant de vertus et de sacrifices, voilà que Dieu met le comble à vos épreuves et à vos regrets. Votre curé, de si digne et de si douce mémoire, meurt à la peine (2), et, le jour même où il est porté au tombeau, son confrère, son ami, le pasteur de la

1. M. Meiner, maire de l'isle et membre du conseil général du Do'.ibs.

i. M. l'abbé Ghavonnet,curé de l'isle, mort le 13 décembre 1870.

18i DISCOURS PRONONCÉ A L'ISLE-SUR-LE-DOUBS.

paroisse voisine (1), tombe au sortir des obsèques, autre victime de lïnvasion, autre cœur blessé à mort par le glaive des calamités publiques. Esprits élevés, âmes délicates, tous deux si bien faits pour s'estimer et se comprendre ! Saints prêtres qu'unissait la plus tendre amitié ! Ils embellissaient le sanctuaire par leurs vertus, et leurs mains formaient autour de l'autel des nœuds d'une aimable et touchante fraternité. Rien ne les a séparés, ni dans la vie ni dans la mort, et leurs noms montent encore de votre cœur à vos lèvres pour être honorés et bénis dans une commune louange ; Amabiles et decori in vilâ sud, in morte quoque non sunt divisi.

Ah ! si votre pasteur a donné sa vie pour ses brebis ; si son vicaire, demeuré seul sur la brèche envahie, a risqué cent fois la sienne; si une humble religieuse formée à leur école a emporté de vos ambulances les germes de la maladie qui l'a tuée, qu^estce que tous ces traits, sinon des traits de foi et de dévouement, sinon d'obscures batailles livrées au monde, à la chair, au démon, et gagnées devant Dieu avec tous les lauriers de la victoire ? Tant il est vrai que la foi triomphe là où succombe la nature, et que la vraie victoire, celle qui met sous nos pieds

1. M. l'abbé Barthe, curé de Hang-lcz-1 liste, mon le 18 décembre.

DISCOURS PRONONCÉ A L'iSLE-SUR-LE-DOUBS 185

le monde, c'est, notre foi. Hœc est Victoria quœ vincit mundiim, fides nostra.. Vous aussi, fidèles qui m'écoutez, vous avez vaincu mille et mille fois. Ames charitables qui vous êtes dévouées au soulagement des blessés et des malades, magistrats si empressés à les recueillir, pieuses dames dont les mains délicates ont retourné leur lit et pansé leurs blessures, vous tous enfin qui leur avez apporté ce verre d'eau à qui Jésus-Christ a promis une récompense, ce denier que le bon maître a vu tomber, comme celui de la veuve, dans le trésor du temple et dont il a vanté le prix devant les anges, vous avez vaincu, et je vous en bénis ! Vous avez vaincu la mollesse du siècle et régoïsme de la société moderne. Vous avez regardé en face la douleur, les larmes, les menaces de la mort. Vous avez fait triompher la charité et glorifié la foi chrétienne : Hœc est Victoria quœ vincit mundum, fides nostra.

Mais quelle victoire pour les soldats de la France I Je ne parle pas seulement de ceux qui, ayant été ramassés sur le champ de bataille après les quatre journées de Villersexel, de Champey, d'Arcey et de Sainte-Marie, ont salué de leurs regards mourants les premières lueurs de la victoire et sont morts dans vos bras en bénissant le Dieu des armées d'avoir relevé notre drapeau de ses longues humiliations. Je parle de tant de braves gens qui ont survécu à ces

186 DISCOURS PRONONCÉ A l'ISLE-SUR-LE-DOUBS.

quatre journées pour voir pâlir et s'éteindre nos dernières espérances. Tout était jierdu, tout excepté l'honneur; car ils venaient de tombbr en héros; tout, excepté la foi, car ils voulurent mourir en chrétiens. Battus devant les hommes, ils ont pris sur le démon, mille fois plus redoutable que les hommes, une éclatante revanche. Ils ont pris le crucifix, ce glaive que les mains les plus défaillantes brandissent encore avec sûreté, et ils ont mis en fuite, à leur dernière heure, le respect humain, les préjugés, le monde et le démon. Ils ont gagné cette victoire suprême qu'on ne doit point au nombre ni à la fortune, qu'on ne partage point avec ses chefs, et dont la palme est remise tout entière aux mains de chaque soldat. Ils ont gagné le ciel dans leur dernière bataille, dans leur dernier soupir. Voilà la vraie et solide victoire, celle qui met sous nos pieds le monde, c'est notre foi. Hœc est Victoria quœ tnncit mundum, fides nostra.

II. Ces grands souvenirs sont aussi de grandes leçons. Recueillez-vous maintenant avec une religieuse ferveur ; allez, sous vos drapeaux voilés de deuil, écoutez les voix qui sortent de ce cimetière tout rempli de héros et de chrétiens. Là, vous vous demanderez, le front découvert, la main sur la conscience : Que faisons-nous auprès de ce triste monument? Eh bien ! je vous le dis avec toute l'autorité

de la parole sainte, vous vous donnez une leçon de catéchisme et d'honneur national. Vous faites une profession de foi spiritualiste et, ce qui est mieux, chrétienne et toute française.

Vous allez confesser devant cette tombe que l'homme ne meurt pas tout entier, que l'âme survit au corps, et que le corps lui-même renaîtra de sa pourriture dans la lumière et dans la gloire. J'en crois la raison qui me démontre l'immortalité de l'âme, j'en crois la foi qui m'enseigne la résurrection du corps, et à défaut de la raison et de la foi, il me suffirait pour y croire de vous voir et de vous entendre. Quoi ! ce serait pour un corps à jamais dissous, pour une machine brisée, pour une ombre évanouie, que cette foule s'assemblerait de toutes parts, que ces prêtres et ces magistrats se mettraient à la tête de leur peuple, et que nous entonnerions des chants d^espérance et de repos éternels ! Quoi ! vous n'auriez recueilli qu'un peu de pourriture et de boue, ce mausolée ne garderait plus qu'une vaine poussière, et vos drapeaux s'inclineraient pour saluer ce qui n'est plus 1 Non, j'en jure par votre empressement, par votre attitude, par vos regards ; j'en jure par les larmes de vos yeux et les battements de vos cœurs, si nos braves ne sont plus debout à nos côtés, vous le sentez, ils vivent encore, ils vivront toujours ! Allons fouler d'un pied ferme la terre qui les couvre;

188 DISCOURS PnONONCÉ A l'isle-sur-le-doubs. ce cimetière aux arbres d'un feuillage sombre, mais toujours vert, cette colonne de granit, ces fraîches couronnes dont vous l'avez parée, tout vous enseigne la vie, tout plaide la cause de l'immortalité. Disonsle d'une foi robuste et d'une voix sonore : Ici l'exil de l'humanité, ailleurs la patrie.

Vous allez confesser qu'il y a un Dieu et que ce Dieu récompense le courage et l'honneur. Que pouvons-nous, faibles mortels, pour reconnaître les grandes actions et les sublimes dévouements? Qu'estce que donne au soldat la patrie reconnaissante ? Un grade, une croix, de stériles louanges, voilà, pour ceux qui survivent, tout le témoignage de l'estime publique, sans parler de ceux qu'elle oublie ou qu'elle méconnaît. Mais ceux qui meurent n'ont pas même cette triste consolation. Ils meurent, et leur sacrifice demeure sans compensation. Ils meurent, et leur nom demeure souvent sans honneur et sans gloire. Jetez les yeux sur ce monument, vous n'avez pu y inscrire que les noms de vos batailles : Villersexel, Arcey, Héricourt, Montbéliard, et la date de vos grands malheurs: Janvier 1871. Mais les cent vingt soldats couchés sous cette pierre, victimes de la guerre, martyrs du devoir, héros de la patrie, qui dira leurs noms à la postérité ? Je cherche dans vos registres ; ils sont presque toujours aussi muets que vos tombeaux. Que de décès constatés d'un seul mot:

Discouas PRONONCÉ A l'islk-sur-le-doubs. 189 un inconnu ! iVh I justice des hommes, que tu es ignorante et imparfaite ! Il faut lever les yeux plus haut et implorer la justice qui voit tout, qui sait tout, qui récompense tout. Il faut, du pied de ce monument, proclamer la nécessité, l'existence, les attributs d'un Dieu rémunérateur. Qu'avez-vous vu, dites-moi, pendant toute cette année si triste et si mémorable? Des soldats tombés sous le drapeau, des magistrats frappés sous la toge, des religieux, des prêtres, un pontife, massacrés au sortir de Tautel: partout le devoir, nulle part la récompense ; partout des sacrifices méconnus, des mérites oubliés, des larmes que nulle main ne saurait essuyer dans les yeux d'une mère, du sang que le monde entier ne rachèterait pas. Voilà la foule qui attend au seuil des tombeaux la récompense qui lui est due ; mais le juge est absent, mais la palme ne fleurit nulle part au bout de ces carrières terrestres. Oui, vous existez, Seigneur, je le proclame pourabsoudre la conscience publique. Levez-vous et jugez nos héros. Ici le combat, ailleurs la couronne.

Vous allez confesser que la foi catholique est une foi nationale et toute française. La France n'eût pas été si elle n'eût pas été chrétienne; la France ne serait plus si elle cessait d'être chrétienne. Arrière I arrière les théories qui nient Dieu, l'âme, la morale, la religion ! C'est renier le génie, l'histoire, les espé-

iOO DISCOURS PnOXONCK A LiS[-i:-SUR-LE-DOUBS.

rances et tout l'avenir de notre malheureux pays. C'est le livrer encore une fois aux mains de l'étranger. Ah ! que vient de faire Paris, cette autre Athènes, aussi légère et aussi frivole que la première ? Athènes, encore presque ensevelie sous les ruines de l'Acropole et du Parthénon, appelle les sophistes dans l'aréopage des lettres et donne à l'athéisme le droit d'y siéger. Mais Démoslhènes vient d'en sortir en jetant au monde le cri de son éloquence indignée; non, ce n'est pas Démosthènes, c'est plutôt saint Paul secouant sur le seuil la poussière de ses pieds apostoliques et pleurant à l'autel de ce Dieu inconnu, que Paris, plus coupable qu'Athènes, ne veut pas même adorer (1;. 0 France ! ô ma patrie! Philippe est toujours à tes portes, et tu oublies que pour arrêter Philippe il faut de l'honneur, du courage, du dévouement; il faut des sacrifices et des croyances ; il faut que le Dieu de Tolbiac te donne une seconde fois la victoire sur les Allemands et rajeunisse tes destinées. 0 France ! Philippe est encore là; il prend son temps, il calcule ses forces, il guette sa proie. Ma chère Comté, j'en tremble pour ton avenir; car, si Dieu permettait à l'aigle de l'Allemagne de reprendre son essor, c'est sur nos

1. M. Litiré vient d'èlrc leru h l'Académie fraiiraisn, el, par suilc! de celte électioii, Mgr' Dupaiiloup, Lnèqiic 'd'Orléa:is, a quitté la coiiipaguie.

montagnes, jusque-là si bien gardées, qu'elle viendrait s'abattre : nos plaines, nos forêts, nos cités, deviendraient sa proie, et quand Dieu le veut, tout est permis aux instruments de sa justice et de sa vengeance. Sentinelles avancées du pays, gardiens de la frontière, c'est à nous de frémir et de trembler les premiers. Croyons, prions, réformons nos mœurs, relevons partout les autels du respect, ramenons la famille et la société sous le regard du Dieu qui seul peut les sauver. C'est à nous de demander la victoire, à nous de l'obtenir, à nous de l'assurer à la France. Tout nous a manqué; mais, si la foi se ravive, tout peut renaître et prospérer encore. La foi, c'est la France ; la foi, c'est la victoire. Hœc est vicloria qiiœ vincit mundiim, fldes nostra.

Dormez maintenant votre sommeil, martyrs de la patrie, ignorés du monde, mais chers à l'Eglise et connus du ciel. Dormez sous le monument bâti par la piété. Un jour, quand le Seigneur aura béni nos armes, le vent de quelque grande bataille viendra remuer votre poussière, vos os se ranimeront, et la nouvelle d'une heureuse victoire fera tressaillir dans tous nos cimetières cette terre mêlée au sang de tant de héros. Mais ce ne sera que le prélude de la dernière résurrection. Là nous vous verrons, plus triomphants qu'à Villersexel et à Arcey, rayonnants de gloire dans votre habit de soldat, les mains remplies

192 DISCOURS PHONONCÉ A l'ISLE-SUR-LE-DOUBS.

de ces palmes radieuses que portent les Maurice et les Victor, le front paré de vos blessures, les lèvres ouvertes pour bénir votre mort et vos destinées. Heureux si nous sommes nous-mêmes associés à votre joie, et si nous pouvons chanter dans votre chœur ces paroles du bien-aimé disciple, pour proclamer la dernière victoire de la foi sur le monde évanoui devant l'éternité bienheureuse : La véritable victoire, celle qui met sous nos pieds le monde, c'est notre foi : Hœc est Victoria quœ vincit mundum, fides nostra.

Page 1