‹ L'année d'expiation et de grâce, 1870-1871Chapitre 21 sur 48 · PS. CXLIII · texte numérisé non relu

PS. CXLIII

Mes frères,

C'était là le cri de David élevé au comble de la gloire par la fortune des combats et publiant les grandeurs du Dieu qui avait béni ses armes victorieuses. Je le prends en toute assurance sur les lèvres de ce roi triomphant et je le transporte dans la bouche de ces quarante héros dont nous venons célébrer la défaite. C'est Dieu, en effet, qui a instruit ces enfants à combattre et leurs doigts à tenir le glaive, car ils ont combattu du matin jusqu'au soir avec un indomptable courage, car ils ont tenu le drapeau de la France contre toute une armée,

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et ils n'ont rendu qu'à Dieu leur épée et leur âme. Les paroles des rois et des prophètes n'ont rien de trop pompeux pour inaugurer le monument que vous élevez à leur mémoire. Cette tombe vous dira comment il y a dans la défaite une gloire solide, et comment la défaite de quarante jeunes soldats sortis des Vosges et des Hautes-Alpes a fait sur ce champ de bataille le salut d'une grande cité. Ecoutez donc, ô mon Dieu, le cri de notre admiration et de notre reconnaissance, et que ce cri monte jusqu'à vous ! L'admiration pour leur courage et la reconnaissance pour leurs services, voilà le tribut que nous apportons au pied de cette colonne qui recouvrira, jusqu'au jour du jugement, ces nobles cœurs trahis par la fortune,mais agrandispar le sacrifice. Je l'apporte au nom de l'Église de Besançon ; le premier magistrat du département vient le payer éloquemmetit au nom de la cité et de tout le pays (1), et, par une faveur inespérée, c'est un ministre (2) dont le nom est cher aux deux Bourgognes, dont les services sont précieux à la France, qui veut représenter lui-même devant cette tombe, avec tout l'éclat de sa présence et toute l'autorité de sa parole, l'armée, le gouvernement, rAssemblée nationale. Célébrons cette journée, qui doit compter bien plus dans les fêtes de la

i. y], le baron de Cardon de Saiidrans, jiréfi't du Uoubs. •2. M. le général de Cissey, ministre de ia guerre.

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gloire que dans les fêtes de la mort. Je rassemble toutes ces voix réunies, et je bénis le Dieu qui a soutenu les mains de nos héros, le Dieu qui nous a sauvés en agréant le sacrifice de leur vie : Benedictus Dominas Deus meus qui docet m'anus measadprœ- Uitm et digiîos meos ad hélium.

La nation française avait paru, parmi toutes les nations chrétiennes, celle qui avait fait avec la fortune le pacte le plus sur; cette alliance avait duré quatorze siècles, et elle s'était renouvelée de nos jours en Crimée, en Italie, en Chine, sur terre et sur mer, avec une incomparable grandeur. Mais nous ne séparions pas assez la fortune de la vaillance, nous avions oublié qu'il y a des déroutes qui triomphent à l'envi des plus belles victoires, et que la vertu aux prises avec l'adversité est le plus sublime spectacle qu'un champ de bataille puisse offrir aux regards. Eh bien! voilà la leçon que nous venons de recevoir, adorateurs passionnés de la force et du succès. Nous serons raillés pour n'avoir pas réussi. Il nous faudra faire un retour sur nousmêmes et convenir enfin que le devoir, la morale, l'honneur, ces grandes choses oubliées ou tournées en ridicule, peuvent consoler les vrais Français, les vrais chrétiens, de toutes les infidélités du sort. La corruption humaine a beau s'en étonner, la nature a

beau regimber contre la foi ; la foi, d'accord avec la raison, avec l'histoire, nous obligera désormais à admirer davantage saint Louis dans les fers, Gatinat prisonnier, la Moricière écrasé^ à Gastelûdardo. La France toujours battue, mais toujours héroïque et semblable à elle-même, en Alsace, en Lorraine, en Champagne, devant Orléans et devant Paris, témoignera enfin quelques sympathies à ces soldats du pape revenant mourir pour elle sur les bords de la Loire, et malgré la lâcheté de nos mœurs, nous serons bien forcés de lever la tête pour admirer notre saint-père le pape, ce vaincu de la révolution, ce captif de l'audace heureuse, de l'injustice tranquille, du parjure couronné, cet abandonné de la politique européenne, continuant sur la croix de Jésus-Christ une vie, un supplice, un règne où tout est mystère, avec une vertu toujours plus haute que ses malheurs, toujours plus triomphante que ses ennemis. Quelle incroyable obstination la France a-t-elle donc mise à rechercher cette leçon aussi bien qu'à la mériter ! L'empire est tombé, mais la nation accuse l'empire de ses revers et se promet la revanche rien que pour avoir changé de maîtres. Nos vieux soldats sont faits prisonniers, elle arme la jeunesse, elle improvise les généraux, elle se risque sous la conduite des aventuriers, elle lève son dernier homme, elle tire son dernier coup de canon, croyant toujours

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que cet homme peut être un sauveur, et ce coup de canon le signal d'une victoire. Rien n'était prêt, excepté la bravoure ; tout fut perdu, excepté l'honneur. Toutes les sinistres prédictions se vérifiaient, tous les sages prévoyaient cette fin, un long cri d'insulte et de dérision s'élevait à toutes nos tentatives, et cependant nous nous obstinions à combattre un contre dix, contre le nombre, contre la fortune, contre la, tactique, contre la nature et contre l'art, contre l'espérance, contre l'évidence de la raison, mais pour la patrie, c'était tout dire : c'était confesser que notre courage, même malheureux, l'honorait encore, que notre sang, fût-il en apparence versé inutilement, la purifierait, la rachèterait et la sauverait.

Nous étions aux premiers jours de cette mystérieuse histoire qui devait durer presque une année. Strasbourg venait de se rendre, Metz tenait encore, et les longues épreuves du siège de Paris étaient à peine entrevues. Que fera Werder de ces Badois triomphants qui viennent d'abattre les portes de Strasbourg? Les bords du Rhin sont conquis, les passages des Vosges sont forcés, et Cambriels ramù:îjà marches précipitées, sous les murs de Besançon, ces troupes si jeunes encore, déjà si vaillantes, mais qu'il ne devait point exposer aux ha-

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sards d'une bataille, après les engagements de Raon-l'Étape, et de la Burgonce. Elles cherchent dans nos environs quelque abri pour leur tête fatiguée. N'accusez point leur général, le sang qui coule de sa blessure atteste assez qu'il n'a pas épargné sa vie. Ne vous récriez pas contre ce campement qui paraît si misérable et qui est encore si incertain. Les vêtements, les vivres, les munitions, les armes, il faut tout improviser. Nous nous interrogions, il vous en souvient, sur les destinées réservées à Besançon et à la province. C'était le premier péril, ce fut peut-être le plus grand. L'ennemi savait tout. Il médite alors d'écraser, sous les murs de Besançon, les restes épars de l'armée qui vient d'y camper, et de surprendre du même coup celte place fameuse qui, appuyée aux dernières chaînes du Jura, commande à la fois la vallée du Doubs, les collines de l'Ognon et les plaines de la Saône. Que Besançon ne se confie plus dans le génie de Vauban ni dans sa citadelle réputée imprenable. Qu'est-ce que le génie de Vauban devant les canons à longue portée ? S'il y a encore des villes que la valeur ne puisse forcer, il n'y en a plus que la barbarie ne puisse brûler et réduire en cendres. Besançon résistera-t-il à l'heureux vainqueur de Strasbourg? Werder a tout calculé, tout, jusqu'aux moyens de dissimuler son échec, si la fortune, jusque-là si

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fidèle, trahit ses secrètes espérances. Observez sa marche : il néglige Belfort, il traverse, sans s'y arrêter, vingt-cinq lieues du territoire comtois, il donne à peine à ses troupes trois heures de repos pendant le jour; mais il les précipite pendant la nuit, et le voilà, comme en un clin d'œil, sur les hauteurs d'Oiselay, avec quatre généraux, vingt-cinq mille hommes, deux mille chevaux et soixante canons. Sa joie se contient à peine et sa pensée commence à se trahir. Qui pourrait l'arrêter? Les bords de rOgnon sont sans défense. Point d'armée dans la plaine, point de canons sur les hauteurs, qui puissent interdire les approches de la place. Xerxès se promet hautement d'aller souper le soir à Athènes, et le parlementaire qui doit sommer la place est déjà nommé.

Mais Dieu et les saints veillaient sur nous. Vous vous rappelez ce mandement qui vous avait convoqués pour trois jours aux pieds des autels. Votre évêque a deviné, ce semble, que ce seraient trois jours d'alarmes et de batailles; il en a fait pour tout son diocèse trois jours de mortification et de prières. Je vois dans le sanctuaire ce Pontife entouré de son clergé et de son peuple. Il se voue, comme Belsunce, au Sacré Cœur de Jésus; il implore, comme le cardinal de la Baume dans la nuit de la surprise, les Ferréol et les Ferjeux, ces invisibles gardiens de la

cité ; il fait retentir dans toutes les chaires l'expression de sa foi, le clergé répète son vœu, le peuple le ratifie, le Saiut Sacrement exposé dans toutes les églises attire à ses pieds tous ceux qui croient et qui prient encore, les mérites du jeune s'unissent à ceux de la prière, et la communion qui termine ce triduum de supplications et d'offrandes répond, d'un bout du diocèse à l'autre, aux désirs fervents du premier pasteur.

Parlez au Ciel, ô vénérable Pontife; veillez et priez, pieux fidèles, les saints vous écoutent, Dieu nous sauvera. C'est Dieu qui envoie aux chefs de notre armée les généreuses résolutions, qui fait prévaloir la sagesse dans leurs conseils ; c'est Dieu qui forme les jeunes soldats, à défaut de l'école et de la pratique, et qui instruit leurs mains à tenir l'épée; l'Écriture l'affirme, Bossuet l'a redit de Condé à l'aspect des champs de Rocroi, où ce héros de vingtdeux ans a gagné sa première bataille ; et moi je viens le redire, avec la même autorité et la même confiance, devant le pont de Gussey, où une poignée de braves, presque tous de l'âge du vainqueur de Rocroi, ont arrêté pendant sept heures les efforts de l'ennemi.

Nos héros, qui sont-ils ? Des ouvriers, des laboureurs, des étudiants, qui n'étaient point faits, ce semble, pour le rude métier de la guerre. Ils sont

liés au pied des Vosges, dans ces riches et industrieuses vallées où la Moselle prend sa source. Ils viennent de quitter, au premier appel de la patrie aux abois, les riants coteaux du Val d'Ajol, l'antique abbaye de Remiremont, le Tillot, aux métiers si florissants, Plombières, la ville aux belles eaux, qui ne doit qu'à la paix sa prospérité et sa gloire. La charrue, les fabriques, le barreau, les écoles, tout est abandonné pour servir la France envahie ; tout s'oublie sous les armes, tout excepté Dieu et la famille. Ces jeunes compagnies ont déjà reçu dans les Vosges le baptême du sang ; elles se sont à peine reposées trois jours à Chalezeule, il faut repartir ; l'ennemi approche, il faut aller à la rencontre de l'ennemi au delà de ces hauteurs d'Auxon, de Miserey, de Châtillon, qui sont les vrais remparts de Besançon. Les murs bâtis par Vauban ne nous auraient pas sauvés, malgré tout l'or qu'ils ont coûté à Louis le Grand ; c'est la nature, plus hardie et plus prévoyante que le génie de l'homme, qui nous a donné ces rociiers, ces bois aux pentes abruptes, ces replis profonds, ouvrages merveilleux sortis de la main de Dieu et où la main du soldat n'a presque rien à faire pour achever jusqu^aux bords de l'Ognon la ceinture de nos forts. Voilà les portes vraiment imprenables de l'antique Vesontio, contre lesquelles viendront se heurter les canons de l'Allemagne. On le verra bien

le 22 octobre, au premier essai qui en sera tenté. Mais pendant qu'on cherche les soldats qui les ferment, les bouches à feu qui les gardent, hâtezvous, jeunes mobiles, retenez l'Allemand dans la plaine, arrêtez l'essor de cette aigle victorieuse partie de la flèche de Strasbourg, où elle vient de déchirer le drapeau français. C'est au 3^ bataillon des Vosges qu'est échu ce périlleux honneur. Réduit à sept cent cinquante hommes, à peine vêtu, encore mal armé, il va coucher à Geneuille, en face des Allemands, et dès le lendemain matin , il occupe en avant de Cussey tous les accidents de terrain où il peut déployer ses tirailleurs. L'avant-garde badoise a paru à rhorizon, le canon éclate, le combat commence. C'est ici que j'appelle le pinceau des maitres pour rendre sur la toile la confusion et l'horreur de cette affreuse journée. Etuz, abandonné par les nôtres,est devenu pour l'ennemi comme une vaste citadelle qui vomit sur Cussey le fer et la mitraille; les maisons criblées de balles, la mairie et l'église déchirées par les obus, le château incendié avec toutes les richesses qu'il renferme , les métairies s'abîmant dans les flammes avec toutes les moissons de l'année, l'horirizon enseveli comme dans un nuage de fumée et de poussière, et, au milieu des plus affreuses explosions, cette vallée, semblable à une affreuse boucherie où le sang coule mêlé à l'eau des rivières et où

les cris des blessés et le râle des mourants sont étouffés par les hourras de la victoire.

Mais ce que la toile la plus émouvante ne rendra jamais, c'est l'honneur, c'est le courage, c'est la résistance héroïque de ces braves enfants des Vosges, qui ne plient pas même sous le nombre et qui se font tuer sans reculer. Ne dites plus que les mobiles,faule d'expérience, lâchent pied au premier choc. Il est déjà midi, et l'Allemand, après trois heures de mitraille, TAUemand, toujours repoussé et toujours plus nombreux, n'a pas encore obtenu un seul avantage. Il suspend le combat et attend de nouveaux renforts. Le feu recommence, mais l'attitude de notre bataillon est toujours la même. Leur courage croît avec les périls, et les prodiges de leur valeur se multiplient en voyant grossir les rangs de l'ennemi. Mettez leurs noms à Tordre du jour. C'est le sergent Fleurot, nom fameux dans les Vosges et cher à l'art de guérir, qui brave une grêle de balles pour distribuer des munitions; c'est le capitaine Colle, qui s'élance sur le pont, suivi de toute sa compagnie, et qui vient renforcer la ligne de bataille: c'est le lieutenant Meline, qui chancelle à peine sous un coup de feu presque mortel et dont le corps mutilé atteste la bravoure encore plus haut que cette croix qui le décore! Il est quatreheures î Allons, enfants ! c'est l'heure oùDesaix entrait en ligne contre les Allemands et ga-

gnait à Bonaparte la journée de Marengo. Voici les mobiles des Hautes-Alpes qui viennent au secours de notre bataillon décimé par la mitraille. Ils descendent d'Auxon au pas de charge ; ils se font jour à travers la poudre qui tonne et les toitures qui s'effondrent ; ils marchent à l'ennemi, et le combat recommence pour la troisième fois avec une sublime ardeur. Mais les Badois débouchent de toutes parts ; six pièces de canon couvrent de feu les ponts et la chaussée ; la cavalerie couronne les crêtes et va envelopper nos héros : il faut céder. Eh bien ! ils mettront la rivière entre eux et l'ennemi, et ils reformeront sur l'autre bord leurs compagnies sans artillerie, sans munitions, sans ressources, n'ayant pour eux que leur jeunesse, leur courage et leur désespoir. Les voyez-vous traverser à la nage l'Ognon débordé, tandis que les baïonnettes étrangères les poursuivent presque sous les eaux ? Ceux qui ont pu gagner la rive gauche se rangent à l'entrée du village et présentent encore un front de bataille. C'est le dernier effort de cette lutte magnanime. Une charge de cavalerie les tourne, les disperse ou les fait prisonniers. Ces prisonniers, on peut les compter: douze officiers et cent cinquante soldats. Belle capture pour dix-huit mille Allemands soutenus par six batteries ! On peut les montrer : leurs visages sont noircis par lapoudre,leurs habits déchirés par les balles,

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leurs membres mutilés et tout sanglants. On peut les louer : Degenfeld les a salués le premier de ses sincères louanges. Forcé de croire à l'héroïsme de nos soldats, il ne pouvait croire à leur si petit nombre et quand il a fallu reconnaître que toute cette armée avait été tenue en échec, pendant sept heures, par sept cent cinquante mobiles, la louange s'est changée en admiration. Le commandant a reçu deux fois les félicitations de l'ennemi, l'histoire les répétera, et en les apportant dans cette chaire, c'est à Dieu que j'en renvoie tout l'honneur, avec l'accent de notre reconnaissance et de notre foi : « Soyez béni, mon Dieu ! vous qui avez instruit ces enfants à combattre et leurs mains à tenir l'épée. »

Mais quelle louange décernerons-nous à ces quarante martyrs du devoir qui sont tombés sous le drapeau et qui ont payé de leur vie une gloire si belle ? Les anciens les salueraient avec les vers de Virgile, les déclarant heureux de n'avoir pas vu leur chère Lorraine mise en pièces et Metz devenue la proie de l'Allemand :

.... 0 terque quaterque beati Queis anteora patrum, Trojœ sub mœnibus altis, Contigit oppetere I

Judas Machabée semble les avoir harangués av-uit la bataille : « Il vaut mieux pour vous mourir Jjiis

« le combat que de resetr témoins des maux de la «patrie (1). » Croyons-en le héros des saintes Écritures, et félicitons, en particulier, celui de nos braves qui est devenu, par sa mort, le chef de cette glorieuse compagnie inscrite dans le ciel au rang des martyrs. Je peux prononcer son nom devant ces autels, car sa piété a été louée comme son courage. Charles Delang n'avait pas vingt-un ans, et on le pleure à Remiremont comme à Nancy. Remiremont l'a vu croître et grandir avec tous les avantages d'un esprit distingué et d'une éducation chrétienne; il était beau comme l'espérance, il était doux comme la vertu. Nancy avait remarqué ses débuts dans l'école de droit, et ses maîtres viennent de célébrer « ses attachantes qualités, sa droiture de cœur, sa «piété sincère,son dévouement absolu à la patrie(2)» . Et vous qui l'avez vu mourir, que n'ajouterezvous pas à cet éloge ? Ce n'est qu'un sous-lieutenant, mais le hasard de la mêlée en a fait le capitaine de sa compagnie. Comme il la mène au feu I comme il assure sa retraite ! Faut-il marcher, il est le premier. Faut-il se retirer : « Passez, dit-il à ses hommes, passez, je veux être le dernier. » Non, mon ami, vous avez mérité le premier rang, et vous le garderez.

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