DE SAINT-PIERRE-LA-GLUSK
Le dernier et héroïque effort de notre arrière-garde dans la campagne de l'Est a été célébré à Saint-Pierre-la-Cluse, mardi 21 mai. Le clergé, rarraée. la magistrature, des populations entières, sont allés auprès d'un modeste, mais glorieux tombeau, verser des pleurs avec des prières, et écouter une parole qui sait toucher, émouvoir et charmer. La ville de Pontarlier s'était associée tout entière à cette grande démonstration, le tribunal avait suspendu ses séances, la compagnie du chemin de fer avait organisé un train spécial, et, à neuf heures du matin, une foule compacte descendait au Franc- Bourg, au pied même du vieux fort de Joux, et se dirigeait du côté de l'église de Saint-Pierre.
Tout était en deuil, le ciel comme la terre. La pluie tombait à torrents ; des brouillards, pareils à de blancs linceuls, se traînaient le long des noires forêts de sapins, aux flancs des rochers, et semblaient voiler les divers lieux où tant de braves soldats étaient tombés pour défendre ces portes de la France. La foule s'arrêtait émue à l'entrée du cimetière, regardant en silence le monument funèbre élevé par les soins de M. le curé de Saint-Pierre. Au milieu de fragments de rochers se dresse la tombe surmontée d'une croix. Autour du signe sacré