‹ L'année d'expiation et de grâce, 1870-1871Chapitre 33 sur 48 · CÉRÉMONIE FUNÈBRE DE SAINT-FIERRE-LA-CLUSK · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIE FUNÈBRE DE SAINT-FIERRE-LA-CLUSK

s'enroule une guirlande de fleurs, symbole d'une double espérance : celle qui touche au ciel, celle qui rattache à notre chère patrie.

Sur des plaques de marbre blanc se lisent ces mots :

< A la mémoire des soldats morts au combat de la Cluse, Je l"" février 1871.

« Ils ont résolu de combattre avec courage.

« Pareils à des lions, ils se sont précipités et ont fait périr plus de mille ennemis (Machab.). »

Passants, salaez en silence Ceux qui reposent en ce lieu ; Soldats, ils sont morts pour la France, Laissant aux jeunes la vengeance.

Leur àme et leur épée à Dieu !

Une grande draperie noire, semée de larmes et de croix, fermait l'entrée de l'église. Dans le sanctuaire, tout rappelait le deuil, mais aussi la vaillance: de sombres tentures, sur lesquelles se détachaient des couronnes d'immortelles, des fusils en faisceaux, des tambours et des drapeaux voilés de crêpes funèbres.

A dix heures, les soldats du fort de Joux descendent les pentes rapides de la montagne : le clairon résonne, les portes de l'église s'ouvrent, et le cortège vient prendre place dans le .sanctuaire.

En tète, M. Picard, général commandant la division de Besançon, M. le préfet du Doubs, le général Robert, un des héros du !*'• février, M. l'abbé Morel, l'intrépide aumônier des Vosges, qui a pris une si grande part à la bataille, le sous-préfet de Pontarlier, le lieutenant Jozan, beau-frère du colonel Achilli, cette grande victime de la journée, une foule d'officiers de tous grades ; le président du tribunal et le procureur de la République, les membres du barreau de Pontarlier, d'anciens magistrats de Besançon, M. le président Clerc et M. de Jallerange, les curés et les maires de toute la centrée, un grand nombre de Suisses et parmi eux M. le curé de Neuchatel et plusieurs autres prêtres.

Ce sympathique empressement témoignait de l'honneur que l'on voulait rendre aux morts; mais ce qui touchait davantage, c'était de voir dos pères, des neuves, des enfants venus de bien

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