CEREMONIE FUNEBRE DE S AINT-PIERRE-L A-CLUSE
loin pour prier sur cette tombe, et qui se consolaient du moins en voyant comment, en Franche-Comté, on honore le courage et le dévouement. En un clin-d'œil, les trois nefs de l'Église furent remplies, les tribunes envahies, et on entendait au dehors le bruit d'une autre foule, bruit semblable à la voix des grandes eaux. La cérémonie était présidée par M. Perrin, vicaire général, délégué de son Em. Mgr le cardinal Mathieu ; M. le curé de la Cluse olïrit le saint sacrifice, et l'oraison funèbre fut prononcée après l'Évangile. La bénédiction de la tombe nouvelle ayant été faite, M. le général Picard fit, en quelques belles paroles, l'éloge des vaillants soldats, et M. le baron de Sandrans, préfet du Doubs, exprima, avec son éloquence accoutumée, les émotions de la cérémonie.
La foule qui n'avait pu prendre place dans l'église, vint, à son tour, offrir le tribut d'une prière pour ceux qui dorment en attendant le jour glorieux de la résurrection. Plusieurs suivaient les chemins des forts, et de là se montraient les divers lieux où avaient éclaté le courage des nôtres ; les Bourgs, le val d'Oye, Notre-Dame de Montpetot, le château de Joux, et le Larmont d'où partait la fusillade, et surtout cette longue route des Verrières, où aucun Prussien n'imprima ses pas.
Les canons de l'enceinte du vieux fort reposaient sur leurs affûts, veillant sur la frontière. Qui eût jamais pu croire qu'ils tonneraient un jour contre l'ennemi, du côté de la patrie ? Mais ils tonneront encore et réveilleront d'autres échos ; alors on dira : Ils saluent la gloire de la France et font tressaillir les braves qui reposent dans le tombeau du col de la Cluse.
H. RiGNY.
( Union franc-comtoise, 24 mai 1872.)
ORAISON FUNEBRE