‹ L'année d'expiation et de grâce, 1870-1871Chapitre 6 sur 48 · Ih))nil. in Gen · texte numérisé non relu

Ih))nil. in Gen

3, Homii, de Invid,

justice et engendre tous les maux. C'est elle qui a renversé les murs de Jérusalem, dépeuplé Rome, rasé Carthage, dévasté Troie (1). » Que u'ajouteriousnous pas à ce tableau tracé dans le quatrième siècle de l'ère chrétienne par la plume de l'évêque d'Hippone ! Depuis l'Italie et l'Afrique, où les Vandales ont été appelés par la jalousie d'une femme et la rancune d'un général, jusqu'à la Pologne, que l'envie irréconciliable des partis a livrée pieds et mains liés à ses puissants voisins, que de discordes publiques, que de guerres affreuses suscitées de siècle en siècle entre les nations, que de peuples déchirant de leurs propres mains leurs lois et leur drapeau ! C'est le suprême malheur de l'homme et le ver rongeur des sociétés en décadence. L^envie est un mal sans excuse dans l'ordre public comme dans l'individu. Les Pères de l'Église le flétrissent, déclarant que rien ne saurait l'atténuer. Le fornicateur, disent-ils, peut demander grâce en s'excusant sur la force de la concupiscence ; le voleur peut alléguer, sinon une nécessité impérieuse, du moins la tentation d'un besoin mal satisfait; l'assassin peut rejeter sur la colère une partie de son crime. Mais comment expliquer l'envie autrement que par la prodigieuse malignité du cœur humain, toujours enclin à mal faire? Elle

Page 1