Senn. xviii de teinp
est pire que l'adultère, car la fureur du vice impur s'arrête dans l'action même, tandis que la fureur et les ravages de l'envie bouleversent l'Église et le monde (1). L'envie est un mal sans terme. Les autres maux ont une fin, seule l'envie n'en a pas (2). Elle n'est pas même assouvie au milieu des révoltes accomplies, des révolutions triomphantes, des ruines accumulées dans l'univers entier. Une ombre, un souvenir, un nom, excite et ranime encore sa rage. Elle brise au besoin les tombeaux, pour y mettre les cadavres en pièces. Ne pouvant déchirer l'histoire, elle essaie de la corrompre et de lui infuser son mortel venin. Elle escaladerait le ciel, si le ciel n'était pas placé au-dessus de ses bras, qui se tordent dans leur superbe impuissance. Elle voudrait renouveler contre les élus la guerre que Lucifer a faite aux anges. Elle rêve de détrôner jusque dans la paix inaltérable de la cité sainte les âmes victimes de ses tragiques fureurs, et si ces âmes ont trouvé un refuge, il faut en remercier Celui qui interdit à l'écume des mers de dépasser le rivage et à l'envie de franchir les portes de l'éternité.
Tel est le démon qui s'est déchaîné dès le commencement, rapide comme l'éclair, étincelant comme la foudre, le fiel dans le cœur, le miel sur les lèvres.