Beringer, les Indulgences, Paris, 1890, I
celles-ci furent définitivement établies au xvi^ siècle ^. Le liber ordinariiis de la collég"iale d'Essen, qui appartient à la seconde moitié du xiv^ siècle, fournit quelques éclaircissements sur le développement de la cérémonie. On y prescrit deux processions : Tune est faite par les chanoines ; il n'y a pas de stations, mais la procession sort de l'église pour y rentrer simplement. L'autre, faite surtout en vue du peuple, comportait quatre stations ; à chacune d'elles on lisait le commencement de l'évangile selon saint Jean et on donnait la bénédiction 2.
La prière des Quarante-Heures avec exposition du Saint Sacrement doit son origine à un Père Capucin nommé Joseph Plantanida, né à Fermo. Afin de conjurer le péril de guerre qui menaçait du côté de la France et aussi en vue de la peste qui, douze ans auparavant, avait sévi à Milan, ce Religieux détermina le Sénat de cette ville, en 1556-57, à faire faire ces prières à tour de rôle, dans toutes les églises de la cité. L'usage de prier quarante heures de suite à une intention spéciale avait été pratiqué auparavant dans des cas particuliers. C'est ainsi qu'en 1527 un prêtre de Grenoble, nommé Antoine, avait érigé une confraternité à Milan qui se réunissait cinq fois par an, en vue de faire
L HoEYNCK, /. c. 231. — Description des usages de Rome, dans MiGNE, Manuel, p. 304 suiv.
2. La représentation en image la plus ancienne de la procession de la Fête-Dieu est sans doute celle que donne Ulric de RiCHENTAL dans la chronique du concile de Constance. L'original se trouve au Musée Rosgarten à Constance ; une copie a été publiée dans le recueil du Literar. Verein de Stuttgard, 1882, n° 158. Les photolithographies sont de H. Bach. La procession y est représentée telle qu'elle se faisait en 1415, au temps du concile. L'ostensoir était porté sur une civière par deux ecclésiastiques.
radoralion du Très Saint Sacrement renfermé dans le rabernaclo '.
La fêle relativement récente du Sacré-Cœur de Jésus a été fixée à la fin de l'Octave de la Fête-Dieu. De même (ju'elle est liée à la Fèle-Dieu sous le rapport du temps de sa célébration, elle oITre sons plusieurs autres points de vue des analogies avec elle. D'abord elle est, quant à sa nature, une glorification de l'Incarnation et de la personne du Verbe l'ait chair, et puis son objet a certaines ressemblances avec celui de la Fête-Dieu. Son inr^lilution est due aux apparitions de la Bienheureuse Maii^uerite-Marie Alacoque^ Religieuse de la Visitation, née en 1047, morte en U*)90. Ces apparitions eurent lieu dans les années 1G73 à 1675, au couvent des Visitandines de Paray-le-Monial. En tant que culte privé, la dévotion nu Sacré-Cœur paraît avoir existé auparavant. L'idée qui lui sert de fondement se retrouve en elî'et dans les écrits de plusieurs saints personnages qui ont vécu avant cette époque, comme sainte Gertrude, le chartreux Juste Lansperg et autres. Après de loniifues luttes et de soulTrances que la pieuse fille eut à subir à ce sujet, la dévotion du Sacré-Cœur commenta à l\^ray-le-Monial, en 1686 et, selon d'autres, au couvent de la Visitation de Moulins en 1674. Elle fui rendue publi(ju(; par Charles-l'^'rançois, évèque de Coulances. Conformément aux révélations d(^ la dite I^eligirusc;, le Prélat consacra eu 1688 une chapelle en rh()nn<'ui- (In Sacré-Cœur dans son séminaire et érigea une conIVérie sous ce litre. Il lui suivi |)ar Pierre de Grammonl, évè(pje de Hesançon, (jui fil imprimer en
1. Cf.UKNon \I\'. /nsliluliones, .\x\,20ii et larliclc du Père Nor UKRT, capucin, ti.iii- !<• Knlholih de Mayence, Août 1898.
FÊTES CHR^TIKNNES. — 12.
1692 une messe propre en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus et ]a fît insérer dans le missel de son diocèse. La fête était fixée au vendredi après TOctave du Saint Sacrement. L'évêque de Langres adopta cette messe pour son diocèse ; enfin Tarchevêque de Lyon^ Primat des Gaules, ordonna vers la fin de 1718 la célébration de la fête dans toute la circonscription soumise à son autorité. L'approbation définitive de la fête fut donnée en 1705 par le Pape Clément Xlll. Pie IX retendit à l'Église universelle ^ et Léon XIII Féleva au rite double de première classe.