B. LE TEMPS DE NOËL
Noël ou fête de la naissance de Jésus-Christ [nativiias Domiiii, xà ^/£vi6Xia y^wr^atç Xptaxoù), a cela de commun avec la fête de Pâques, qu'elle est le centre d'autres fêtes désignées sous le nom de cycle ou Temps de Noël. Mais Noël se distingue de Pâques en ce qu'il est une fête fixe et lié par conséquent à un jour déterminé du mois. Dans toute l'Egfise et chez toutes les confessions, ce jour du mois est le 25 décembre. S'il nous a été difficile, en parlant de la fête de Pâques, de dire pourquoi et comment on est arrivé à en fixer la date, il sera difficile également de résoudre les questions relatives à la date de Noël. La réponse à ces questions
1. NiLLES De ralionihus fesiorum ss. cordis Jesu et pur. cordis Mariae, libri quatuor, Oeniponte, 1885 ; — Nix. Herz Jesu undMariae dans le Kirchenlexikon, v, 1921 suiv. — B^umer, 525 suiv.
exige un sérieux examen liisloriciiie et critique. Sans èive du i»oiM de tout le monde, cette étude sera néanmoins des plus instructives.
Dans les temps passés, on acceptait généralement comme un l'nK accpiis (pie .lésus-Clirist est réellement né en ce jour; luème des savants croyaient (jue l'Eglise l'avait reconnu et célébré comme tel dès son origine. Encore aujourd'hui, plus d'un aura du mal à renoncer à cetteidée. Cependant, dausl'énuméra Lion des fêles chrétiennes laissée par Terlullien et Origène ainsi que par le prétendu Testament de Jésus-Christ qui vient d'être publié, il n'est pas (piestion de fête de Noël ; on peut au contraire démontrer qu'aux iv^ et v*^ siècle elle était inconnue dans dilTérentes provinces ecclésiastiques et n'y fut introduite qu'à une époque que l'histoire détermine. Nous allons le démontrer en détail en commençant par l'Egypte.
Au commencement du v^ siècle, le docte moine Jean Cassien s'arrêta en Egypte poury étudier les institutions des différents monastères. Plus tard, entre 418 et 427, il mit par écrit dans ses Collationes les choses qu'il avait observées. 11 raconte comme témoin oculaire que les évêques de ce pays considéraient, à cette époque, le jour de l'Epiphanie comme jour de la naissance du Sauveur et qu'une fête particulière de la naissance du Seigneur n'avait pas lieu. Il appelle cela « l'ancienne Iradilion o^.
Cet usage antique qui existait encore universellement en Egypte, devait bientôt après faire place à un nouvel état de choses, car sous le patriarcat de Cyrille d'Alexandrie, l'évêque d'Emèse, appelé Paul, reçut l'hospitalité dans cette ville et y fit un sermon au jour de la