INTRODUCTION
terait froid à l'approche d'une fêle ecclésiastique ? La proximité de Tune d'entre elles excite en nous un sentiment de joie ; le jour lui-même donne une impression profondément religieuse, voire môme de l'enthousiasme. C'est la raison pour laquelle, dans le domaine de l'homilélique et de l'ascétisme^ on prend en grande considération les temps sacrés et on utilise largement les fêtes de l'Église dans les écrits qui s'y rapportent. Un bon nombre d'écrits^ dont quelques-uns sont étendus, en font foi.
Toute religion a ses fêtes, mais aucune n'a un système de fêtes aussi riche et aussi judicieusement développé que l'Église catholique. Si nous en comparons l'ensemble à un édifice construit selon les règles de l'art, nous pouvons voir dans les fêtes du Seigneur comme les piliers qui supportent le tout, dans les fêtes plus petites et de dévotion comme les parties décoratives, et dans les dimanches et les jours de la semaine comme les pierres ordinaires de Tédifice. Naturellement, le riche développement actuel n'existait pas dès le commencement ; comme tant d'autres institutions de l'Église chrétienne, celle-ci a eu des débuts modestes.
Nous n'avons pas appris que le fondateur de l'Église ait établi une seule fête ou qu'il ait donné un seul ordre à ce sujet ; mais les germes féconds de cette institution existaient, on n'en saurait douter, par suite d'une disposition supérieure. Si, dans le cours du temps, ils se sont développés constamment et de plus en plus richement, ce ne fut pas l'œuvre de quelques personnes, mais ce fut l'eiret de l'Esprit qui régit l'Église universelle et se renouvelle sans cesse. Ce furent l'amour pour le Sauveur et la reconnaissance toujours vive pour son
œuvre et son influence qui donnèrent la vie au cycle des fêtes, pendant que les chefs du gouvernement ecclésiastique jouaient le plus souvent le rôle du jardinier qui taille et greffe les branches et les rameaux qui poussent.
Étant donné les multiples mesures et ordonnances relatives à ce sujet, dont la plupart remontent à la plus haute antiquité, on ne saurait voir une simple ampUfîcation oratoire dans ces paroles que déjà Tertullien adressait aux chrétiens de son temps en leur montrant les fêtes païennes de toute espèce : « Vous avez votre propre calendrier de fêtes » (Habes tuos fastos. De corona mil. c. 13).
L'esquisse fondamentale de l'année ecclésiastique était en quelque sorte tracée d'avance par la législation de l'Ancien Testament, et les pierres principales et angulaires en étaient fournies par la Synagogue avec ses jours de fête et par dessus tout avec son Sabbat et la distribution du temps en semaines. Aussi est-il nécessaire de jeter un coup d'œil sur Tannée ecclésiastique juive. Sans elle, la nature de l'année ecclésiastique chrétienne ne serait pas comprise.
Au temps de Jésus-Christ, les jours de fête juifs ou bien avaient pour objet des faits salutaires tels que la Pâque, ou bien étaient de nature agraire ou des anniversaires nationaux, tels que la Dédicace du Temple, Esther, Jour Kippar, etc. Envisagés dans l'ordre chronologique de leur formation, ils constituent deux classes :
a) Les fêtes d'ordre ancien, instituées avant Moïse. C'était, au printemps et en été, la Pâque, la fête des semaines ou la Pentecôte ; en automne, la fête des
Trompettes, de la Réconciliation et des Tabernacles ; toutes tombaient dans le mois deTischri, le \^'\ le 7^^ et le 15« jour de ce mois.
6) Les letes d'institution postérieure, faite par la Synagogue, telles que la Dédicace du Temple au 25^ jour de Kisleu, la fête des Piirim ou d'Aman au 14^ jour du mois d'Adar. Il faut y ajouter quatre jours de jeûne par an, qui étaient des jours de deuil national.
Le fait que la mort de Jésus-Christ tombait le l^i^jour de la Pâque juive, savoir au IS'' jour du mois Nisan, et que la descente du Saint-Esprit coïncidait avec la Pentecôtejuive, eut la double conséquence que les plus grandes solennités juives devinrent les bases de l'année ecclésiastique chrétienne, et que les Apôtres purent célébrer la Paque en môme temps que les Juifs. Il est vrai que pour eux l'objet de cette fête était tout différent ; néanmoins ce fait ne faisait aucunement ressortir la séparation d'avec la Synagogue.