l'J (le Ird. (le (iKVKii ; (iAMi uniM, lO'J
*2. \.\M\\ Ephraenii Syri lii/mni et sermones, Meclilin. 1882, i. 10 ; (l.'uis l'édilion romaine do S. Ephrem par Hr.NKDir.Tis. n,4l5. En allemand par Zinc.i.iu.i: dans : Kemplener Bibliolh. der Kirchenvacler, n, V?7.
3. Cf. IIi:i klf:, KonziliengeHch. vi (2' Partie), p. 504, 075 etc.
doxes y étaient réduits à un petit groupe de fidèles et ne possédaient plus aucune église de la cité. Pendant ce temps, la fête de Noël n'était certainement pas célébrée. Ce ne fut qu'après la mort de Yalens, lorsque Théodore le Grand fut élevé à la dignité d'empereur (19 janvier 379) qu'ils commencèrent de nouveau à respirer. Ils obtinrent un évêque dans la personne de Grégoire de Nazianze, autrefois évêque de Sasima, et demeurant alors à Séleucie en Isaurie comme anachorète. Le nouvel évêque commença son ministère comme étranger et hôte dans une chapelle privée qu'il appelait « Anastasie ». Ce fut ici que, le 25 décembre 379 ou 380, comme il le dit lui-même dans ses discours, on célébra pour la première fois à Constantinople la fête de Noël. A cette occasion, il prononça en son honneur la 38*^ de ses homélies i. Ainsi, l'une des premières œuvres du restaurateur du catholicisme dans la capitale fut l'introduction de la nouvelle fête. 11 ne dit pas, il est vrai, dans la dite homélie, que la fête se célèbre pour la première fois, mais dans l'homélie suivante (ch. 14), en parlant de la fêle de Noël qui est passée, il s'en nomme l'initiateur (è'^ao/o;). IMalheureusement, le ministère épiscopal de Grégoire dans la capitale ne fut que de courte durée. Bientôt après la convocation du deuxième concile œcuménique dans cette ville, en 381, cédant aux artifices de ses adversaires, il renonça au poste qui lui avait été offert.
11 ne serait donc pas impossible, et certes la chose ne serait pas surprenante, qu'avec le départ de Grégoire la nouvelle institution n'ait périclité et que la fêle de Noël ne sombrât. Du moins une source historique, qui, pour être tardive et un peu troublée, ne semble pas ce-
L Greg. Naz. hom. 38 in Theophania. Migne, P. gr. xxxvi.
pendant devoir être rejetée sur ce point, parle d'une nouvelle introduction de la fête de Noël à Constantinople par Honorius. Celui-ci, à l'occasion d'une visite qu'il fît dans cette ville, aurait intéressé sa mère et son frère Arcadius en faveur de la fête et de la manière romaine de la célébrer '.
Dans la Cappadoce, la division des deux fêtes de TEpiplianie et de Noël était déjà accomplie en 380, du moins à Nysse. En elTet, S. Grégoire de Nysse, dans son oraison funèbre de saint Basile, parle de la fête de la naissance de Jésus-Christ comme d'une institution existante ^ ; de même dans les deux panégyriques de saint Etienne.
Nous avons des données plus précises relativement à l'origine de la fête à Antioche, grâce à un sermon prononcé dans cette ville le 20 décembre 38G par S. Jean Clirysostome 3. Depuis une dizaine d'années on y connaissait la fêle et, à ce qu'il paraît, une partie de la population la célébrait déjà par des offices religieux ; mais son institution définitive ne fut faite que par l'évêque Flavien, et Jean Clirysostome, ordonné prêtre seulement au mois de février de la même année, y eut une part prépondérante. 11 commença son ministère
\. Jean, évt^que de Nicée, dans Gombefis, Hisl. haer. monoth. Pnris IGIG, p. 30G. BviMSTAnK {Oriens chrisl. 1902, p. 441-41G) décide en faveur des années entre 398 et 400.
2. Gbegor. Nyss. Or. [un. nu comnfiencement. Dans Migne, Patr. gr. xLVf, 7S9. Cfr. ibid. col. 701 et 72"). Usener, p. 217 pense qu'elle fut eélébrèe à Nysse pour la |)remière lois en 382. Mais on sait que S. Basile était mort le 1""^ janvier 379.
3. La détermination de l'année dépend de la succession des sermons en question. Usenep. qui les distance de trop sans nécessité arrive h l'année 388 ; Clinton à 387; Comijefis, Montfair.ON et TiLLEMONT acceptent 386. Le temp's depuis lévrier à décembre est largement suffisant [nmv placer ces sermons.
sacerdotal en prononçant une série de sermons contre les Ariens rigides, appelés Anoméens. Ces discours traitent de l'essence de Dieu, de son incompréhensibilité et de son unité en trois personnes. Il fut obligé d'interrompre plusieurs fois cette série par suite de certains événements arrivés dans la communauté, qu'il avait eu occasion de remarquer. Il s'agissait d'égards déplacés pour les Juifs et de l'imitation de leurs usages. Plusieurs allaient jusqu'à considérer les serments faits dans la synagogue comme plus saints et plus obligatoires que ceux faits dans l'église ; quelques chrétiens observaient également les fêtes juives. Pour ce motif il interrompit son plan et fit ses quatre premiers sermons contre les Juifs. La tâche de gagner la communauté d'Antioche à l'adoption de la fête de Noël, fut dévolue ensuite à son éloquence.
Ce futau jour anniversaire de S. Philogonius, martyr d'Antioche, que S. Chrysostome annonça à ses auditeurs que, le 25 décembre prochain, on célébrerait pour la première fois dans la communauté la fête de Noël. Le jour de la fête aurait été connu dans l'Occident dès le commencement (àvwOev), mais la notification de ce jour n'aurait pénétré jusqu'à Antioche que depuis une dizaine d'années. Lui-même, dans son cœur, aurait désiré depuis longtemps que la fête fût également célébrée à Antioche. Elle y avait rencontré, surtout chez les classes moins élevées, un écho favorable ; mais un grand nombre aussi auraient été opposés à l'innovation, et ainsi la fête n'avait pas encore été instituée.
L'invitation du grand prédicateur eut le meilleur succès. Car une très grande foule de fidèles se pressa dans l'église pour célébrer la fête annoncée, et le ser-
mon que fit S. Jean Chrysoslome dans cette circonstance, est heureusement parvenu jusqu'à nous ^. Dans l'introduction, il annonce qu'il va parler sur la fête ellemême, au sujet dequelle on discutait tant à Antioche. Les uns, en eflot, la rejetaient comme une entière nouveauté ; d'autres pensaient qu'elle avait été célébrée dès le commencement depuis la Thrace jusqu'à Cadix. Cette dernière assertion était exagérée, comme il ressort des paroles mêmes de S. Chrysostome qui suivent immédiatement. 11 dit, en effet, que trois raisons le portent à recommander cette fête à la piété des fidèles : d'abord parce que la fête s'est répandue si rapidement partout, et qu'elle a été reçue avec tant de faveur ^ ; ensuite parce que, d'après de vieux documents, conservés à Rome, l'époque du recensement qui a été fait l'année de la naissance de Jésus-Christ pourrait être déterminée ; enfin parce que l'année de la naissance de Notre Seigneur pourrait être calculée en prenant pour base la date où l'ange serait apparu dans le temple à Zacharie, père de Saint Jean-Baptiste, car Zacharie, en qualité de Grand Prêtre, serait entré dans le Sancta Sanclorum au jour de la réconciliation qui tombait en septembre. Six mois plus tard, par conséquent en mars, l'annonciation de l'ange à Marie aurait eu lieu, et neuf
1. Uom. in. Nal. J. C. : Montfalcon, h, 35*2 ; Migne x,2, 351.
2. To -ot/ito; ojtoj TtavTa/oO TTSO'.aYY^XOïivai, /. c. L'expression -:a/£(o; ne conlredit pas le terme àvojoîv employé plus haut. Car S. Jean Chrysostome dislint^ue entre la date où fui «connue la fête et celle où elle fut célébrée. On avait à Rome la connaissance du jour depuis les temps les plus reculés, tandis que la célébralion s'est répandue partout avec rapidité, et cette diffusion rapide montre h son tour <pie le jour choisi (25 décembre) est vraiment TaiHiiversaire de la naissance du Christ.
mois plus lard, en décembre par conséquent, serait né le Christ. S. Chrysostome termine cet exposé par une sorlie polémique contre ceux qui ne veulent pas croire à l'Incarnation du Fils de Dieu.
Dans cet exposé, la détermination du temps manque de fondement. Car Zacharie n'était que simple prêtre, non Grand Prêtre ; son entrée dans le Saint des Saints n'était pas, par conséquent, celle de Grand Prêtre, le jour de la réconciliation. Mais cela importe moins dans la question, et, même en faisant abstraction de ce détail, les calculs pourraient encore nous conduire au mois de décembre, sans que le 25 dût être pour cela le jour de l'événement.
En examinant les faits qui viennent d'être signalés, il est clair que ce n'était point un pur hasard si en Orient la fête trouva un accueil favorable à l'époque dont nous parlons, et si son introduction fut favorisée par les personnes susdites. Nous sommes au temps où les orthodoxes commencèrent à repousser avec succès l'Arianisme ; et ce furent précisément les hommes qui combattaient le plus vivement et avec plus de succès l'Arianisme, qui favorisèrent le plus la diffusion de la nouvelle fête en Orient. Si nous ajoutons que la législation civile de l'empereur chrétien Valentinien II et les rédacteurs du code théodosien en 438, ainsi que le bréviaire dit alariciaiium de 506, n'avaient pas encore attribué au 25 décembre la qualité de jour férié pour la justice, attribution qui ne fut faite que par Tribonien dans le code justinien i, nous aurons donné une preuve de plus que la fête de Noël ne fut admise dans l'Eglise qu'après celles de Pâques et de la Pentecôte. La légis- L Cod. Jusl. m, 12, 6.
lalioii civile suit d'ordinaire dans ces choses la législation ecclésiaslique. Or, si la fête de Noël avait été célébrée dans l'Kglise dès le commencement, on ne pourrait s'expliquer, pourquoi elle n'a pas été dotée en même temps des mêmes privilèges que ces deux fêtes. Cependant dès l'année 400, dans une loi des empereurs Arcadius et Honorius, le jour de Noël est compté au nombre de ceux auxquels il ne devait pas y avoir du moins de jeux de cirque K
S. Jean Clirysostome dit catégoriquement dans le discours cité, qu'à Rome, celte fêle était déjà célébrée, quand on s'eiïbrçait seulement en Orient de l'introduire. Il sera particulièrement intéressant, par consé(iuent^ de savoir depuis combien de temps elle était en vigueur à Rome. Cette question s'impose à l'esprit. Tâchons de l'élucider.
Jean, évêque de Nicée, prétend savoir que l'Église romaine a commencé à célébrer la naissance de Notre- Seigneur le 25 décembre - sous le Pape Jules I (337 à 352). Ce Pape aurait trouvé dans les écrits de Josèphe que Jésus-Christ était né le 25 décembre. Puis Jean de Nicée a recours, en substance, au même calcul que nous venons de voir dans le discours de S. Jean Clirysostome, à savoir que l'apparition de l'ange à Zacharie a eu lieu le 23 septembre et l'annonciation de Marie le
1. Cod. riieod. II, 8, 27. CIV. ibid. xv, 5, 5 la loi de 425.
2. CoMiJKFis, hist. Iiaer. monol. 304 ; â; £X£'!voo ôi eXa^ev apyr,7 T, Ttov 'Ptoaafwv ïv.yX'r^^'.'j. ty,v v,|i.ipav 'cwv y£vîOa(ov too aojxr^oo;. Coinbefis le premier a parfaitement trailé le sujet, mais son travail est tombé dans l'oubli. Mhim: (viii, 9G4-9G8) l'a rej)roduit. Déjà dans sa hibliolheca Palruni concionalnrui, p. 230, Conjbclis a réuni les matériaux essentiels pour Ihisloiré de la fôte de Noi'l.
. 25 mars. De là découle naturellement que le 25 décembre est le jour anniversaire de la naissance du Christ. Jean de Nicée a puisé ces données dans une prétendue correspondance épistolaire qui aurait été échangée entre S. Cyrille de Jérusalem et le Pape Jules et dont il cite un fragment. Or cette correspondance est fausse, comme il résulte d'un fait que nous citerons tout à l'heure ^. Mais de ce que cette unique preuve ne tient pas debout devant la critique, il ne s'ensuit nullement que récrit de Jean soit apocryphe, ni que tout ce qu'il renferme soit faux
Si nous passons aux témoignages authentiques relativement à la pratique de l'Église romaiuesurce point, notre attention est avant tout attirée vers une source qu'on cite sous des noms bien divers, tantôt comme Anonymus Cuspiniani, ianlôi comme Cafalogus Bucherianiis, tantôt comme calendrier de Furiiis Philocaliis, tantôt enfin comme Chronographe de 354. Ces manières diverses de citer l'écrit embrouillent les idées ; mais la chose s'explique par ce fait qu'à différentes époques, divers savants ont édité tantôt des parties plus petites, tantôt des parties plus grandes du recueil qui les renferme, sans que l'ensemble ait été jamais publié. Les éléments qui y sont réunis étant en effet de nature assez hétérogène, chacun éditait la partie i\\n l'intéressait, sans faire attention au reste. Afin d'apprécier exactement la force prohante et la valeur des notices qui y sont contenues, ce qui est très important, le mieux sera, ce semble, d'en donner ici une description exacte, bien que ces notes aient l'air d'une digression.
1. Déjà CoMBEFis [Hisl . haer. monothel. 302 et 314 A, 4) le regardait comme suspect.
Pour résumer en un mol le caractère propre de ce travail, nous dirons que nous avons aflaire à une compilation chronolof^ique du temps Gonstantinien, dans laquelle un inconnu réunit, en puisant à des sources olTicielles, toutes les notes chronologiques, historiques et de calendrier, dont la connaissance pouvait alors être utile à des gens, d'une condition plus élevée, notamment à des fonctionnaires ; la quintessence en quelque sorte de ce qui, à cette époque, pouvait être d'utilité pratique. Jean Cuspianus fut le premier (1473-1529) à utiliser l'ouvrage, parce qu'il reconnut que la liste des consuls dressée dans Técrit était la plus exempte de fautes de toutes celles qui sont parvenues jusqu'à nous. Dans son livre posthume paru en 1552, à Baie, sous le titre : Commenlarhis de consiilibiis Romanis^ une jKU'lie de l'écrit se trouve publiée *.
l^uis d'autres savants publièrent à leur lour les parlies qui leur rendaient service dans le but particulier qu'ils poursuivaient : ainsi firent Onuphre Panvini, Egide Boucher 2, S. J., Lambeck, Henschen, le cardinal Noris, Eccard, Preller et surtout Roncalli. Finalement Mommsen publia presfjue le tout, à l'exception des parties plus récentes, dans les Abhandhingen de l'académie saxonne des sciences de 1850. Actuellement les tableaux allégoriques et autres tables originairement unis à l'ouvrage, pour autant qu'ils ont été conservés, sont également publiés 3. Par là seulement il est devenu
\. RoN'CALLi, Chronica velustiora, préface xxix.
'2. D'où le nom latinisé Buchkhiis.
3. Jos. Sthzvgowski, D/e Calenderhilder des Clironographen uom Jdhre 354. Mil 30 Tafeln, Berlin 1888. Supplément i, der Jahrbiinher des archœolog. Instiluls. Le reste se trouve également dans Monumenia fjerm. hisl. Auclores antiquissimi, ix, vol. i, fasc. 1..
facile à tous les inléressés d'utiliser avec fruit cette remarquable collection.
Les morceaux réunis dans ce recueil sont en partie d'origine ecclésiastique, et par là même chrétiens ; en partie d'origine civile, et par conséquent païens. Sont d'origine chrétienne, à n'en pas douter, outre la table pascale, la depositio episcoporum^ la depositio marlyrum et la liste des Papes.
Quant aux autres morceaux, ils sont de deux espèces : les uns sont demeurés purement païens, les autres ont adopté des notices ecclésiastiques ou chrétiennes.
La liste consulaire eh est un exemple frappant. Jusqu'en 753 après la fondation de Rome, elle ne renferme que le nom des consuls et des notices sur les dictateurs ; mais à partir de l'an 753 jusqu'en 55 de notre ère, on y trouve insérées quatre notices d'histoire ecclésiastique ; à partir de cette date, il ne s'en trouve pas d'autres. Ces quatre notices regardent l'année de la naissance de Jésus-Christ et celle de sa mort, l'arrivée à Rome des apôtres Pierre et Paul, ainsi que leur mort dans cette ville. Naturellement ces notices ne se trouvaient pas tout d'abord dans la liste consulaire. Qui les a ajoutées ? Est-ce Philocalus lui-même ou un autre ?
La liste consulaire ayant reçu des additions ecclésiastiques, il est d'autant plus surprenant que le calendrier n'en ait point. Nulle part elles n'auraient été mieux placées, et il eût été si facile de les y mettre. Pourquoi Philocalus n'a-t-il pas consigné au 24 décembre, Natalis invicti^ qu'en ce jour est né Jésus-Christ, quand il trouvait bon de marquer ce renseignement dans la liste
Berolini, 189L De plus les Natales Caesarurn et le calendrier sont encore reproduits dans le Corpus inscript, latin.
consulaire, où de pareilles notices étaient beaucoup moins à leur place ?
On nous objectera que la date de la naissance de Jésus-Christ se trouve également dans la Deposilio martijrum. Examinons de plus près cet écrit. Conl'ormément à son litre, il ne renferme que les jours delà mort, ou plutôt de l'enterrement de martyrs de Rome ou de martyrs qui, dans la plus haute antiquité, jouissaient à Rome d'un culte, c'est-à-dire Cyprien, Perpétue et Félicité. Il n'y a que deux exceptions: au vui'jour des calendes de janvier on marque la naissance de Jésus-Christ à Bethléem, et le vnr des calendes de mars on marque la chaire de S. Pierre. Les deux nolices n'ont absolument pas leur raison d'être dans une Deposilio martyriim ; aussi de Rossi voulut-il changer le titre de l'écrit en celui de Feriale Ecclesiœ Romanse. Mais à tort. Le document, en elï'et, porte dans tous les manuscrits le titre de deposilio marlynim ; le changer, ce serait de l'arbitraire. Il faudrait plutôt rayer les deux jours mentionnés, le 25 décembre et le 22 février, comme étant des additions postérieures, déplacées ici : le fait qu'il ne s'en trouve pas de semblables dans le calendrier s'explique, à mon avis, par cette circonstance que bientôt, sous les empereurs suivants, les jeux furent prohibés et les coutumes païennes de plus en plus refoulées. Cela étant, le calendrier n'avait plus de but pratique, et il devenait inutile de le modifier. Mais les autres pièces chronologiques gardèrent leur valeur pourl'avenir et ceuxqui s'en servaient plus tard étaient tentés de les compléter suivant les nouvelles circonstances.
Examinons maintenant de plus près la notice du
chroniqueur relative à la naissance de Jésus-Christ. En voici la teneur: 1 p. Chr. Caesare et Paulo sat.xin. Hoc cons. Dns. ihs. XPC natiis est vni kal. Jan. de jen. liina XV ^. Ce qui veut dire : Jésus-Christ est né sous le consulat de C. César Auguste et de L. Aemilius Paullus (754) le 25 décembre qui était un vendredi, le 15° jour de la nouvelle lune. Il y a là de quoi faire plusieurs remarques. D'abord Tépacle de Tannée ne s'accorde pas, nos tableaux actuels donnant la onzième 2. Mais nous ne voulons pas nous arrêter à ce détail, les chiffres des fastes consulaires que donne le chronographe étant en général en retard de deux ou trois unités. L'erreur relativement au jour de la semaine importe davantage. Pour voir qu'il y a erreur il suffit de rechercher la lettre dominicale des années en question :
En 751, depuis la fondation de Rome, la lettre dominicale ayant été F, le 25 décembre tombait un mercredi.
En 752, la lettre dominicale ayant été E, le 25 décembre tombait un jeudi.
En 753, la lettre dominicale ayant été D C, le 25 décembre tombait un samedi.
En 754, la lettre dominicale ayant été B, le 25 déc. tombait un dimanche.
Que le chronographe ait placé la naissancede Jésus- Christ en 754 ou en 75<), car d'après le texte, on peut penser également à 754 bien que l'auteur ait certaine-
1. "Wo^niiiïL^. . Abhandl. der saechs. Académie der Wlssensch. 1850, 1, 018. Le cliinVe XIII indique TEpacte, le mot Sa/, veut dire Salami cl tient lieu de lettre dominicale. Cela indique que le V janvier tombait un samedi ; donc B était la lettre dominicale.