L'art de vérifier les dates dep. J.-Chr. I
ment voulu désigner le 25 décembre 753 comme étant le jour de la naissance de Jésus-Christ ; dans tous les cas, le jour de la semaine est faussement indiqué. Le 25 décembre était un jeudi, c'est vrai ; mais 753 étant aussi bissextile, la lettre dominicale rétrogradait de deux unités, et le vendredi fut sauté. D'autre part, la tradition affirme presque constamment que le jour de la naissance de Jésus-Christ, c'est-à-dire le 25 décembre de l'année en question, avait été un mercredi. En tout «as, l'assertion du chroniqueur, suivant laquelle le 25 décembre de Tannée en question aurait été un vendredi, repose sur une erreur de calcul ; l'indication ne doit pas être considérée comme l'élément d'une tradition, mais comme le produit d'artifices arithmétiques qui malheureusement sont erronés. A ce point de vue, par conséquent, toute l'addition ne mérite aucune confiance. Passons à un second point.
Pendant que chez les autres auteurs, antérieurs à 354, la tradition relative à Tannée de la naissance de Jésus- Christ n'apparaît pas autrement que sous la forme d'une année de gouvernement impérial, chez le chronographe elle s'affuble pour la première fois du manteau d'une année consulaire. Ceci constitue une autre modification de la forme usitée jusqu'alors. L'année 41^ ou 42*^ d'Auguste, transformée exactement en une année consulaire, aurait donné : Aiigiisio XIII et Silvano conss. ou bien Lenlulo et Messalino ; par conséquent Tan 751 ou 752 depuis la fondation de la ville, suivant qu'on envisage Tannée impériale complète ou non ; en d'autres termes, suivant qu'on place la naissance de Jésus-Christ dans la première ou seconde moitié de Tannée.
FftTFS CHnFTTFNNFS. — 13.
Par contre, si le chronographe donne le consulat Caesare et Paiillo {7b4: u. c), comme étant l'année delà naissance de Jésus-Christ, il avance par là l'ère dionysienne de 200 ans avant Denys ; et si plus loin il donne, d'après une tradition beaucoup plus ancienne, comme jour de la mort de Jésus-Christ, diiobiis geminis conss. c. à d. 29 après J. C, il ne reste pour la vie de Notre- Seigneur qu'une durée de 28 ans et un quart, tandis que saint Luc (m, 23) parle d'une trentième année presque accomplie. Il importe peu de savoir par qui a été introduite dans les fastes consulaires du chronographe à la date de Cesare et Paullo la notice en question, mais elle est certainement erronée. En attendant, la date 754 u. c. comme année de la naissance de Jésus- Christ, demeure isolée dans la tradition chronologique, puisque les témoins et les annalistes qui suivent immédiatement, tels que Sulpice Sévère, Orose, Prosper, Hydatius et même encore Cassiodore, donnent d'autres dates.
L'indication relative à Tannée de la naissance de J. G. donnée par le chroniqueur anonyme, s'éloigne par conséquent, quant au fond et quant à la forme, de celles qui sont plus anciennes. Tandis que les écrivains ecclésiastiques S. Irénée, Clément d'Alexandrie, Tertullien, le pseudo Cyprien etc. citent une année impériale, c. à d. la 4P ou la42e année du règne d'Auguste*, cette date nous est donnée ici sous la forme d'une année consulaire ; et tandis que les indications de ces auteurs conduisent à l'année 751 ou 752 u. c, Tannée consulaire citée ici
1. Dans un arlicle paru dans Innsbr. Zeilschrift fur kalh. Théologie, XV (1891) 519, j'ai essayé d'expliquer comment doit être entendue cette différence.
concorde avec Tannée 754. Cetle partie des indications du clironographo impose par conséquent les plus graves réserves.
Nous arrivons à la seconde partie, à la date du mois, le 25 décembre, à proprement parler la seule qui importe à notre but, mais qui ne pouvait pas facilement être séparée de la première. Dernièrement on a cru précisément avoir trouvé sur ce point un très ancien garant dans S. Hippolyte, dont le commentaire sur Daniel renferme un passage qui a trait à la matière. Mais cet espoir fut trompeur.