‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 117 sur 299 · Auc. sermo 191, 1 ; 192, 3 ; 190, l · texte numérisé non relu

Auc. sermo 191, 1 ; 192, 3 ; 190, l

aucune importance à ce sujet et encore que la date leur fût connue, nous nous trouverions de nouveau en face de la difficulté de faire concorder un mois judaïque quand il s'agit d'un temps éloigné. D'ailleurs, il est possible que la naissance de Notre Seigneur tombât au commencement de l'hiver ; le recensement fait à la même époque rendait en effet nécessaire que les habitants de la Judée se rendissent au siège familial de leurs aïeux, et il est probable que l'autorité romaine avait fixé ce recensement à une époque où vaquaient les travaux des champs, c'està-dire à la fin de l'automne ou au commencement de l'hiver. Quant à chercher la date du mois dans une tradition ecclésiastique, la chose n'est pas possible puisque dans l'antiquité la plus reculée on ne célébrait pas la fête de la naissance proprement dite ; la fête collective de rÉpiphanie en tenait lieu. Telles sont les difficultés qui s'élèvent contre le 25 décembre comme date de la naissance de Jésus-Christ, et il faut que Ton ait une idée nette de leur portée si l'on veut se former un jugement personnel sur la chose elle-même. Les questions subséquentes sont plus faciles à résoudre.

Que la date admise soit vraie ou non, nous ne la voyons donnée avec précision que dans le chroniqueur de Tannée 354. Celui-ci ne nous dit pas explicitement, il est vrai, que Jésus-Christ soit né le 25 décembre [natus est oclavo kalendas januarias)^ mais un point résultait directement de ces paroles, savoir qu'on célébrait ce jour comme étant le jour de la naissance du Sauveur. On ne peut éluder cette conclusion. Et comme le calendrier se termine avec l'année 354, la fête actuelle de Noël se célébrait à celte époque. L'année 354 tomba sous le pontificat de Libère et justement la célébration

(le la fêle sous son pontificat est également attestée par d'autres documents.

En elï'et le Pape Libère donna le voile à Marcelline, sœur aînée de S. Ambroise, en la fête de la naissance de Notre Seigneur {Xalalis Saiualoris). A cette occasion il fit une allocution (jne S. Ambroise a insérée dans son ouvrage de Virginiiale. Dans cet ouvrage il en rappelle à sa sœur le texte : « Quand lu fis à saint Pierre le v(Ku de virginité en la fête de la naissance du Sauveur, et que lu scellas ces vœux par le changement dans les vêtements, — en quel jour cet acte aurait-il pu s'accomplir plus convenablement qu'au jour où la Vierge (Marie) enfanta un fils? — et en présence de plusieurs servantes de Dieu qui se disputaient ta société, il (Libère) le dit : « Tu as sollicité, ma fille, des épousailles excellentes. Tu vois quelle masse de peuple est accourue au jour de la naissance de ton époux et que personne ne s'en éloigne sans avoir reçu un aliment. Car c'est lui qui, invité aux noces, changea l'eau en vin. Il te garantira également le vrai mystère de la virginité, à toi qui jusqu'à ce jour, étais sujette aux bas éléments de la nature. C'est lui qui, avec cinq pains et deux poissons, nourrit 4000 hommes dans le désert ^ ; il aurait pu en rassasier encore d'autres, s'il y en avait eu davantage. Il en a convié encore d'autres à tes épousailles, mais il ne leur sera pas donné du pain d'orge, mais un pain du ciel 2 ».

Libère retrace ici, avec l'expression symbolique ordinaire, la profession des vœux sous la figure des épousailles ou du mariage. A l'occasion de tout mariage il

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