Conc. Carlh. m, can. 4; BrunS; i
que la vèture de Marcelline et le discours de Libère eussent eu lieu dans l'espace de temps compris entre 352 el 354 ; mais dans tous les cas elle eut lieu le 25 décembre et non en la fête de l'Epiphanie (6 janvier) comme on Ta prétendu dernièrement L On ne peut prouver en aucune manière que dans les temps anciens, cette fête ait été considérée à Rome comme étant la fête de la naissance du Christ, comme cela avait lieu en Orient, et dans le discours du Pape Libère rapporté plus haut, il n'est pas dit que la mémoire de la multiplication des pains et du miracle des noces de Cana fut justement célébrée le jour de la profession en question, c'est-à-dire au jour de la naissance du Sauveur {Xalalis Salvatoris) ; ces choses sont simplement mentionnées en même temps par suite d'une connexion d'idées qui saute aux yeux.
Rien dans le discours de Libère ne permet de conclure à l'époque où la fête de Noël fut célébrée pour la première fois dans la ville de Rome. En tout cas, elle n'a pas été instituée d'un seul coup ; mais elle s'est introduite peu à peu et, comme cela arrive communément pour loutes les fêtes, il lui a fallu un certain temps pour prendre pied et être reconnue par tous.
1. UsENER (272 SLiiv.) part de cette idée préconçue que Libère a prononcé son discours le 6 janvier ; et par là il est arrivé à celte conclusion, qu'à Rome la fête de Noël était célébrée pour la première fois le 25 décembre 353. Par contre, l'abbé Dcciiesne {Bull. rril. 1890 N. 3, p. -11) partant de ce lait que la deposilio ephcoporum commence au 27 décembre et la deposilio marlynim au 25, a cru pouvoir conclure que cette dernière date formait le point de déf)art dune période ecclésiastique longtemps avant 354, peut être à partir de 243 et qu'ainsi la fête de Noël se célébrait déjà au i!!' siècle le 25 décembre. Nous ne recbercbons pas si cette déduction est rigoureuse ; toujours est-il qu'à Rome la fêle de Noël remonte plus haut que 353.
Nous manquons absolument, sur ce point, de témoignages de Tantiquité. Une seule voix, malheureusement pas tout à fait sûre, nomme comme auteur de la fête de Noël, non Libère, mais le Pape Jules I (V. ci-dessus P-1S7).
D'après ce qui vient d'être dit, il faut, à mon avis, arriver à cette conclusion qu'à Rome Tusage s'est introduit de célébrer la naissance de Jésus-Christ le 25 décembre, et non le 6 janvier comme on le faisait ailleurs. Comment y est-on arrivé ? On ne peut émettre sur ce point que des suppositions. On a pensé qu'aux temps païens, diverses fêtes, en différents endroits, tombaient au mois de décembre ; comme par exemple les Kikellia étaient célébrées le 25 décembre à Alexandrie ^, une fête locale à Bostra et Pella^; à Rome c'étaient les Saturnales qui commençaient le 17 décembre et duraient jusqu'au 23 3. H est exact de dire que le solstice d'hiver invitait à célébrer des fêtes et ne passait pas inaperçu dans le calendrier des fêtes. Or, à une époque assez tardive, dans le calendrier romain de Pholocalus, le 25 décembre est précisément marqué comme le jour de la naissance du dieu soleil invincible [Natalis solis iiwicli).
Le soleil, après avoir atteint son périgée au 21 décembre, recommence à décrire dans le ciel des arcs plus grands ; le simple mortel désigne le jour où cette ascension devient perceptible, comme une naissance, le