‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 123 sur 299 · CosMAs, 1, c · texte numérisé non relu

CosMAs, 1, c

dimanche avant Noël, conjointement avec celle de S. Joseph 1.

Un écrit déjà mentionné de la fin du ix« ou du commencement du X® siècle, nous donne un récit intéressant de la façon dont furent rapportées et discutées, dans des temps postérieurs, les diverses phases que nous venons de mentionner d'après des sources peu abondantes mais sûres. Jean, évêquede Nicée qui vivait vers 200, s'efforçait de faire adopter aux Arméniens le 25 décembre comme fête de la naissance de Jésus-Christ. Dans un écrit circonstancié, il plaide les raisons pour lesquelles la fête devrait être adoptée. L'écrit en question présente d'autant plus d'intérêt qu'il attribue l'introduction de la fête de Noël à un personnage précis. II nomme comme tel le Pape Jules I (337-352). S Cyrille, évêque de Jérusalem (348-389), aurait eu à ce sujet une correspondance avec lui. Bien qu'au point de vue chronologique la chose ne soit pas impossible, il n'est pas moins vrai que cette lettre de S. Cyrille doit paraître suspecte ^ à causede son contenu. D'après elle, en effet, l'initiative de célébrer la fête en ce jour ou de la transférer en un autre jour serait partie de S. Cyrille, tandis qu'il est historiquement démontré qu'en 385 on ne la célébrait pas encore à Jérusalem.

Dans cette prétendue lettre, S. Cyrille motive son désir de séparer les deux fêles et de transférer la fête de la naissance à un autre jour, par l'impossibilité où sont les habitants de Jérusalem de célébrer en un même jour avec la solennité requise les deux fêtes, Bethléem, se trouvant à trois milles à l'Ouest de Jérusalem et le

L Evangeliar. Hierosol. 482, 494. V. Usener, 323, 527. 2. CoMBEFis, hist. haer. monoîhel. 314, A. 4.

Jourdain à 15 milles à l'Est. Ce passage suppose que le même jour on se transportait en procession aux deux endroits, ce qui rendait, en elï'et, impossible au clergé la participation à toutes les deux. Le récit fait par l'auteur de la Peregrinaiio^ prouve que la procession à Bethléem avait réellement lieu ; mais il n'y est pas parlé decelleau Jourdain. Celle-ci avaitlieu au v^ siècle comme on peut le démontrer par Grégoire de Tours^. Elle ne devint possible, en etïet, qu'après la translation à un autrejour de la fête de la Nativité. L'auteur de la lettre a rapporté par conséquent à une date plus ancienne, une institution plus récente; cet auteur n'a pu être S. Cyrille, évêque de Jérusalem.

Il n'est pas sans intérêt de savoir comment le choix du 25 décembre comme jour de la naissance du Sauveur y est motivé. Lors de la destruction de Jérusalem, dit le prétendu Cyrille dans sa lettre au Pape Jules, Titus aurait emporté de Jérusalem à Rome tous les livres sacrés des Juifs. Ils devaient donc y être, et on priait Jules de faire examiner si l'on n'y découvrirait pas la vraie date de la naissance de Jésus-Christ^. Or Jules aurait alors effectivement trouvé dans Josèphe, que Zacharie avait eu la vision de l'ange dans le temple au vn^ mois, au jour de la réconciliation qui serait tombé cette année au 23 septembre. Ce serait là le jour de la conception de son fils Jean-Baptiste. Celui-ci serait né par conséquent le 24 juin de l'année suivante, et Jésus-Christ d'après S. Luc (i, 36) six mois plus tard, par conséquent le 25 décembre.

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