‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 124 sur 299 · Comukkis, 1. c · texte numérisé non relu

Comukkis, 1. c

Quant aux cérémonies liturgiques, les plus anciens sermons sur Noël que Tanliquité nous ait légués, sont ceux de S. Zenon de Vérone (f 380) ^. Mais ils sont tous théoriques quant au fond et ne s'occupent pas de la date. Il n'y a pas, dans cet auteur, de sermon pour TÉpiphanie. On serait tenté d'en conclure qu'il ne la célébrait point, ou bien qu'elle était identique avec celle de la Nativité du Seigneur.

Une cérémonie particulière à la fête de Noël consiste de nos jours, à disposer une représentation de la crèche sur un autel latéral ou dans un autre endroit convenable de l'église ; on l'y laisse jusqu'à l'Epiphanie ou même jusqu'au 2 février. Les crèches de Noël remontent à saint François d'Assise lequel, avec l'autorisation du Pape, fit une première crèche avec l'Enfant Jésus en 1223.

Il est d'usage de célébrer en ce jour trois messes basses ou chantées, dont la première, d'après l'ancien usage, commence à minuit. Celle-ci célèbre, d'après son contexte, la naissance éternelle du Fils de Dieu dans le sein de son Père ; la seconde, sa naissance temporelle dans l'Incarnation et la troisième, la renaissance du Christ dans l'âme du pécheur. Déjà le sacramentaire de Gélase connaît la irina celebratio. L'usage de dire trois messes remonte par conséquent à une haute antiquité. S. Grégoire-le-Grand le mentionne dans sa huitième homélie sur l'Evangile. Le sacramentaire de S.Léon a neuf messes différentes pour Noël, mais les autres Rites occidentaux, y compris le rite mozarabique, n'ont i\\iune seule messe pour le premier jour de Noël. Le Ménologe de Basile Porphyrogénète marque au 26 dé-

1. MiGNKxi, tract. 9-11. Ibid. lib. i, tract, 13 pourrait ne pas être authentique.

cembre la fuite de Marie en Egypte et au jour suivant seulement la fêle de S. Etienne.

Le 25 décembre n'ayant été choisi que pour des motifs accidentels et sans rapport intrinsèque avec le mystère, les fêtes qui sont fixées aux jours suivants n'ont aucun lien avec Noël, bien qu'elles soient très anciennes. Ce sont les fêtes de S. Etienne, de S. Jean l'Évangéliste et des SS. Innocents. Dès le iv« siècle, le 26 décembre était un jour de fête proprement dit, comme il résulte des sermons de S. Augustin [Sermo 314, c. 1). Le saint Docteur ne connaissait pas encore les deux fêtes de Saints qui suivent, car le sermon (n. 220) qui célèbre les SS. Innocents est apocryphe ^. Par contre elles se trouvent dans le calendrier ecclésiastique africain du vi'' siècle. Au moyen âge, les enfants des écoles avaient l'habitude de choisir un évêque. Celui-ci ne symbolisait autre chose qu'un premier ou doyen de classe, et la cérémonie était bien anodine -.

L'institution de la fête de Noël fixée au 25 décembre avait à sa suite trois autres solennités : 1« la fête de la Circoncision, arrivée huit jours après la fête de la Nativité d'après S. Luc ii, 21 ; postqiiam consummati sunt (lies ocio, ut circumcidereliir puer, vocatum est nomen ejus Jésus ; 2" la fête de l'Annonciation de la sainte Vierge, au 25 mars. C'est le jour où l'ange apporta à

1. D'après l'ancienne manière de numéroter les discours, il porte le n° 10 de Sanc lis; d'après la nouvelle, c'est le sermon '^20 inlersuppositos.

2. Noir sur cet ouvrage, sur les crèches et autres coutumes populaires des détails circonstanciés donnés par IIeuser {Kirrhenlexicon iv^ 139r)-1436), ainsi que les intéressants opuscules de Mi^r Chabot, Noël dans les pays élrangers, Pithiviers, 1000 ; Les crèches de Noël dans lous les pays, 1907.

Marie le message céleste, et où Jésus-Christ fut conçu. Elle est fixée neuf mois avant Noël : c'est la durée naturelle de la gestation. On comprend sans peine que, pas plus que pour le 25 décembre, il n'y ait de garantie historique en faveur de ce jour ; 3° la nativité de S. Jean- Baptiste, au 24 juin. Une autre conséquence s'imposait. C'était de choisir une autre date à la fête de la rencontre du Seigneur avec Siméon au temple de Jérusalem, [occursus Domini, GTiaTràvxrJ ou la Chandeleur, laquelle existait à Jérusalem avant l'introduction de la fête de Noël. En effet, en vertu des prescriptions du Lévitique (xii, 6), l'impureté légale après l'enfantement durait quarante jours, et cette loi, d'après S. Luc (ii, 22), fut observée par Marie. Or, aussi longtemps que la naissance de Notre-Seigneur fut célébrée le 6 janvier, ce qui eut lieu tout le temps que l'Epiphanie passait pour le jour de la naissance, le 40*^ jour après la naissance tombait le 15 février. Cette date était effectivement observée encore à Jérusalem en 385 pour la fête de l'occursus Domini i. Du moment qu'on célébrait la naissance le 25 décembre, il fallait, comme aujourd'hui, en remonter la date de treize jours et la fixer au 2 février.

En Angleterre, au temps de la domination des Puritains au xviue siècle, la fête de Noël fut abolie, et la prohibition de la célébrer était rigoureusement maintenue. En 1644, après la chute de la monarchie, lorsque le gouvernement passa aux mains des Puritains, la fête de Noël fut prohibée simplement par un acte du Parlement. On soutenait que primitivement la fête de Noël n'avait été en aucune manière une fête chrétienne, mais qu'elle était d'origine païenne. Le Parlement décréta

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