‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 125 sur 299 · Peregr. Siluiae · texte numérisé non relu

Peregr. Siluiae

que, dorénavant en observerait le jeune le 25 décembre, jour « que jusqu'ici on avait l'habitude de nommer Christmasclaij ». La loi demeura en vigueur pendant seize années enlières et sesdisposilions furent, pendant ce temps, rendus plus rigoureuses à plusieurs reprises. Aucune église ne pouvait êtl^e ouverte, nulle part il ne devait y avoir de service divin. La loi exigeait que tous vaquassent le jour de Noël à leurs travaux ordinaires, et tout négociant qui aurait eu l'idée de fermer son magasin en ce jour, était cité devant le juge et puni. On établissaiten cejour des marchés qui, sans cela, seraient tombés en un autre jour, uniquement dans le but de rendre impossible la solennisation de la fête. L'usage de manger du Phimpadduig et des Mince Pie (gâteaux de viande) était taxé de païen. Les soldats étaient chargés de faire irruption dans les maisons et d'examiner si personne ne mangeait des mets qu'on avait l'habitude autrefois de manger en cejour; si quelque chose de semblable était découvert, les soldats avaient le droit de l'emporter, et en outre les délinquants étaient punis. Il y avait naturellement des personnes que les prescriptions du Parlement n'empêchaient pas de célébrer leur fête de Noël. Beaucoup d'ecclésiastiques faisaient le service divin ; ils furent cités devant le juge et punis. En beaucoup d'endroits il y eut des tumultes, surtout quand le Parlement ordonna la tenue de marchés le jour de Noël et faisait défense de les tenir un jour de semaine. A Cantorbéry, par exemple, on en vint un jour aux mains dans la ville : celle-ci était divisée en deux camps : les Noëlistes et les Antinoëlistes, et la fête de la paix s'y terminait par une mêlée générale. Beaucoup de maisons de la ville furent détruites, quelques-unes

furent incendiées. Charles II s'efforça de détruire au plus vite les lois faites pendant le gouvernement de Commonwealth, et peu de temps après, la fête de Noël rentra partout dans ses anciens droifs. Cependant les nonconformistes s'obstinèrent pendant longtemps de ne pas célébrer la fête de Noël. Ils tinrent fortement à ce qu'au moins leurs ministres ne mangeassent ni Christmaspiidding ni Mince Méat, et ils appelaient la « Yuletide » ou temps de Noël du nom de « Fooltide » ou temps des fous. En Ecosse on regarde encore de nos jours la fête de Noël comme un reste de paganisme. Les presbytériens ne voulurent absolument rien savoir de la fête de Noël, et dans toute l'Ecosse on ne remarque, à proprement parler, rien de la fête. (B. G. A., le 16 décembre 1904).

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