MiG.NE, Lxxxv, 139. BiNTERiM, DenkwûrdUjk. v
Tout d'abord on ne voyait dans l'Avent qu'un temps de pénitence et de mortification, par comparaison avec le Carême. Pour ce motif, le jeûne pendant l'Avent était fort répandu, bien qu'il ne fût pas commandé dans l'Église universelle. Plus tard, on vit également dans le temps de l'Avent un type ou un souvenir de l'Ancien Testament, ou du temps qui avait précédé Jésus-Christ.
On ne trouve aucun fondement dans la liturgie en faveur de l'opinion courante que les quatre semaines de l'Avent symbolisent les 4000 ans qui se sont écoulés entre Adam et Jésus-Christ, bien qu'elle soit acceptable pour d'autres motifs ; car elle est profonde et pleine de grandeur. Au contraire, le livre de la Genèse ne devient l'objet des leçons qu'à partir de la Septuagésime, tandis que, pendant le Carême, les leçons sont tirées du prophète Isaïe.
Quant aux leçons de l'Évangile, nous voyons que, dès le deuxième dimanche de l'Avent, il y est question de la vie publique de Jésus, bien que sa naissance ne se trouve rapportée que deux ou trois semaines plus tard. L'évangile du premier dimanche traite de la fin du monde et non, comme on pourrait s'y attendre, de son commencement. D'ailleurs les lectionnaires du moyen âge donnent en ce dimanche, au lieu de l'évangile de S. Luc (xxi, 25 suiv.) sur la fin du monde, celui de saint Matthieu (xxi, 1 suiv.) sur l'entrée de Jésus dans Jérusalem ; et, le dimanche précédent, en souvenir de l'ancien système, porte encore le titre : Dominica in prœparaiione advenius^ ou bien même celui de : Dominica qiiinta ante nalalem Domini. Mais les oraisons de la messe expriment déjà l'espérance du Messie et l'attente de sa venue.
l'origine du cycle de NOËL 223
Il restait encore à mettre la fête de Noël en rapport avec les fêles de Tannée suivante. A cet effet, on avait tout d'abord l'événement de la circoncision el du nom imposé à Jésus- Christ. Le huitième jour ociava Domini s'imposait naturellement pour les commémorer ; de même la date de l'Epiphanie et de la Purification de la sainte Vierge étaient données également. Ainsi se forma sans effort un cycle de fêtes autour de la fête de Noël.
D'autre part, il fallait prendre en considération le dimanche qui tombe dans l'Octave de Noël et dans lequel l'évangile traite de la rencontre de Jésus et de ses parents avec Siméon et Anne. Le dimanche après le premier de l'an a l'évangile qui raconte la fuite en Egypte. Il reste alors comme trait d'union entre le cycle de Noël et le cycle de Pâques, la série des dimanches après l'Epiplianie, lesquels, suivant que Pâques tombe de bonne heure ou tard, sont au nombre de deux au moins, et de six au plus. Deux de ces dimanches seulement ont un caractère déterminé, le premier, qui rapporte un événement de la jeunesse du Sauveur, savoir son apparition au Temple à l'âge de douze ans ; le second, qui raconte le premier miracle opéré par le Seigneur à Cana en Galilée^. Les autres dimanches après l'Epiphanie ainsi que les deux dimanches de la Septuagésime et de la Sexagésime, ont pour évangile non un sujet historique, mais doctrinal ; ceux de la Quinquagésime et du Carême seulement ont trait à la Passion future du Sauveur. Le manque de cachet propre dans les évangiles des quatre derniers dimanches après l'Epi-
1. Depuis 1893, on peut dire la même chose du 3« dimanche, siège de la fête de la Sainte Famille pour les diocèses qui demandent à adopter cette fête.
phanie est motivé déjà par cette circonstance que, fréquemment, ils sont relégués à la fin de l'année ecclésiastique.
Le dimanche dans l'Octave de Noël ou, comme on disait autrefois, le dimanche après Noël, a pour évangile le passage de S. Luc (ii, 33-40) où est annoncée la haute mission que l'Enfant nouvellement né de Marie aura à remplir en faveur du peuple d'Israël, et où l'on prophétise à Marie qu'un glaive de douleur transpercera son âme. A s'en tenir exactement à la suite des événements, sans se départir en rien de Tordre chronologique, ce passage de l'Evangile anticipe sur les événements ; car dans le texte de S. Luc (ii, 22-32) il suit la narration de la Présentation de Jésus au Temple et en forme le complément. De môme le dernier verset (ii, 39) rapporte le retour de Jérusalem ou de Bethléem à Nazareth. Or les événements qui suivent aujourd'hui dans l'ordre de Tannée ecclésiastique, savoir la Circoncision et Tarrivée des rois Mages, eurent naturellement lieu avant le retour de Jésus en Galilée-
§ 16. — VOCTAVE DE NOËL