LA CIRCONCISION DE NOTRE SEIGNEUR, LE NOUVEL AN
Là fête de Pâques étant célébrée avec Octave dès le viu^ siècle, il ne pouvait manquer que la fête de Noël en reçût une à son tour. Aussi, dans le sacramenlaire de Gélase^ et dans celui dit grégorien, le huitième jour après Noël est déjà désigné sous le nom de Ociava Do-
l. Edition critique de K. A. Wilson, Oxford 1894, p. 9.
l'octave de NOËL 225
mini {in octavas Domini), d'où il suit qu'il n'était pas encore regardé comme un jour de fête ; conséquemment il passait inaperçu quand il tombait en semaine.
D'autre part, il était en partie jour de fête civile, ou du moins en beaucoup d'endroits on le célébrait avec une joie désordonnée comme premier jour de l'année civile ^, c. à. d. le jour auquel le calendrier romain prenait son commencement. A Ravenne, il était célébré avec des danses et des mascarades, contre lesquelles S. Pierre Ghrysologue s'éleva fortement dans son 155e sermon. Gomme ce Père défendit aux chrétiens d'en être même les simples spectateurs, il faut qu'elles aient été immorales. Les choses se passaient de la même manière jusque dans le vi® siècle dans la Gaule et ailleurs. Le second synode de Tours, celui d'Auxerre et même encore celui de Rouen en 650 se virent obligés de porter des défenses contre ces divertissements. Afin de réagir, les évêques tâchèrent de porter les fidèles à assister aux offices en ce jour. Auparavant déjà ils avaient établi ^ des processions privées de pénitence et de supplication ilitaniae), comme pour réparer les péchés commis en ces jours. En Espagne, le IV^ synode de Tolède (can. 11) prescrivit dans le même but un jeûne rigoureux accompagné d'abstinence ; dans la psalmodie on devait même omettre V Alléluia ; vers 650 les rois Recceswinth et Ewig élevèrent les calendes de janvier au rang des fêtes de précepte 3. A Rome, il y eut encore au vm® siècle des danses nocturnes dans les rues, ce dont se scandali-
1. Augustin. Sermo 198, c. 1. Vos quasi solemniter hodie conuenire conspicimus.