‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 132 sur 299 · FÊTE DE L'EPIPHANIE DE N. SEIGNEUR · texte numérisé non relu

FÊTE DE L'EPIPHANIE DE N. SEIGNEUR

Le nom d'Epiphanie montre que Torigine de cette fête ainsi que sa première célébration doivent être cherchées dans l'Orient. Chez les Syriens, la fête s'appelait denho^ c'est-à-dire Lever et se rapporte au texte de S. Luc (i, 78) oriens ex alto ; chez les Grecs elle s'appelle Ta ÈTcucpavia OU r^ èirtcpavioç SOUS-entendu rdJiépa et Oeocpaveta. Chez les Latins on emploie le plus souvent la dénomination grecque, ou bien on la traduit, avec S. Léon-le- Grand par festivilas declaralionis, avec S. Fulgence par manifestation avec d'autres par apparitio^. La racine de l'appellation grecque iTrtcpaîvw est employée primitivement avec prédilection pour exprimer l'apparition de la lumière du jour, et l'adjectif èTricpavr^ç est attribué à des êtres divins qui apparaissent pour porter secours.

Ces appellations laissent voir suffisamment la signification qu'on attribuait d'abord à la fête : elle était consacrée en général à l'apparition du Fils de Dieu sur la terre, avec relation spéciale à certains événements de sa vie, où sa qualité de Fils de Dieu apparaissait dans un éclat particulier. Il faut y rapporter avant tout sa naissance humaine, l'adoration des rois Mages de l'Orient, le baptême dans le Jourdain avec sa théophanie, et enfin les miracles par lesquels il manifestait sa puissance divine, notamment le premier aux noces de Cana. Parla s'explique le fait qu'on parlait également au plu-

1. Léo I, Serai. 2 de Epiphan. ; Fulgent. serm. Migne, lxv, 732.

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riel des apparitions divines. L'expression dies epiphaniariim sive manifeslalionum était même connue des païens *.

Le jour du mois de la fête a toujours été le 6 janvier. Le premier document d'après lequel ce jour se distingue, chez les chrétiens, des autres jours du calendrier, nous est conservé dans Clément d'Alexandrie qui affirme que, de son temps, une partie des chrétiens orthodoxes le regardaient comme le jour de la naissance de Jésus- Christ, tandis que les Basiliens croyaient que ce jour avait été le 10 janvier^. Cette affirmation ne prouve pas cependant qu'à Alexandrie le six janvier ait eu, à cette époque, le rang d'une fêle de précepte. En effet, Origène l'omet dans son énumération des fêtes chrétiennes qu'il donne dans son livre Contra Cels., yiu^22. Mais peu après nous trouvons parmi les œuvres d'Hippolyte une allocution bien sentie qu'il adressa à un néophyte immédiatement avant le baptême, au jour des saintes manifestations divines e\<; -à àyia 'sTT'.cpaveîa. Elle commence par le baptême de Jésus-Christ, puis elle traite des effets du baptême ainsi que des conditions requises pour le recevoir dignement 3. Un écrivain beaucoup plus récent, il est vrai, mais qui n'est pas sans mériter quelque foi historique, Jean, évêque de Nice au ix*^ siècle, fait re-

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