Voir ci-dessus
3. Testam. D. N. J. C. éd. Rahmani (Mog. 1899) i, 28 ; iv, 67, 101. Le défaut de place ne nous permet pas d'entrer dans une discussion sur l'époque de la composition de cet écrit.
4. Cod. Theodos. u, 8, 20, 25 ; v, 2 ; Cod. Justin., ni, 12, 6.
FÊTE DE l'Epiphanie 237
de Cologne, transporta à Cologne, le 23 juillet 1164, leurs prétendues reliques, dont Frédéric Barberousse lui avait fait don après la destruction de iMilan. Jusque-là, ces reliques avaient été conservées dans la petite église de S. Eustorge près de Milan ; on dit qu'elles étaient venues de Constantinople. Dans la vie de S. Eustorge, évoque de Milan, on raconte (315-331) comment la chose arriva :
A cette époque vivait à Constantinople un homme pieux du nom d'Eustorge, grec d'origine, lequel était un favori, un conseiller et un ami df l'empereur. L'auteur garde un silence prudent sur le nom de cet empereur. Il envoya Eustorge en qualité de légat dans la province de Ligurie, dont la capitaleest appelée Milan. On ne ditpas dans quel but Eustorge se concilia les bonnes grâces des Milanais à ce point qu'ils voulurent en faire un évoque. Après une longue résistance il y consentit enfin, mais se rendit auparavant auprès de l'empereur pour lui demander son autorisation, Celui-ci se réjouit vivement de la faveur qu'avait obtenue son légat, — tout comme Gratien en apprenant l'élévation d'Ambroise, — recommande l'élection de son légat et remet aussitôt aux Milanais tous les impôts (!). Mais Eustorge ne veut pas rentrer les mains vides et il demande à l'empereur des reliques pour sa ville épiscopale. Celui-ci l'autorise à prendre ce qu'il veut, et Eustorge choisit les reliques des saints trois Rois, qui auraient été apportées de l'Orient par sainte Hélène. On éleva alors à Milan une église pour y déposer les reliques, lesquelles attirent une grande foule de dévots et de pèlerins.
L'auteur regrette de n'avoir pas d'autres renseignements à donner sur les travaux de l'évoque Eustorge ; il ajoute seulement qu'il est mort le 18 octobre, et que son successeur fut Denis, ce qui néanmoins n'est pas exact, puisqu'il y a eu Protais d'abord, puis S. Ambroise. L'auteur de cet écrit a dû habiter Milan, car il donne quelques dates exactes relatives à l'histoire ecclésiastique mila-
naise. Mais pour le reste, de grossières erreurs historiques et d'autres indices prouvent que nous sommes en face d'une falsification hardie du xi" siècle, où les événements de l'histoire de S. Ambroise servent de fondement. Les noms de Caspar, Melchior et Baltassar se voient ici pour la première fois. Ils se rencontrent sous une forme un peu différente dans les Excerpla Barberî, c'est-à-dire une traduction latine d'une chronique d'Alexandrie plus ancienne qui fut composée vers 518; ils y sont appelés: Billrisaria, Melchior et Galharba. Un récit plus naïf encore se lit dans un sermon de la fin du xii" siècle; il fait d'Eustorge un contemporain de l'empereur Comnène ; il est publié dans Floss (Dreikonigsbiich).
Des contemporains, qui avaient eu l'occasion de voir les reliques, disent que c'étaient des corps embaumés, conservés sans corruption, à en juger par la formation du visage et les cheveux ; l'un des corps était celui d'un jeune homme d'environ 15 ans. Ils avaient par conséquent passé leurs premiers mille ans en parfaite conservation. L'histoire de la translation à Milan est apparemment une fiction, et l'invention des corps par sainte Hélène se ressent du cliché, d'après lequel sainte Hélène est mise à contribution pour tout ce qu'on ne peut prouver autrement. Il est donc tout probable qu'il s'agit d'une de ces mystifications si fréquentes, malheureusement, au moyen âge, et qui a parfaitement réussi.
A Cologne, les saints Rois — tous les trois — furent aussitôt proclamés martyrs, bien qu'on ne voie pas qui aurait pu les rendre tels, puisqu'ils étaient rois. Jean de Hildesheim, religieuxCarme, composa une Vie populaire sous le titre de Vila Iriiim Regum, laquelle fut traduite également en allemand et fut beaucoup lue. Cfr. Usener, II, 7-10 et l'ouvrage instructif de H. J. Floss, Dreikonigsbuch, Koln 1864. On ne trouve la vila Eustorgii que dans MoMBRiTius, Sancliiariiim I, 166.