‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 139 sur 299 · PURIFICATION OU CHANDELEUR · texte numérisé non relu

PURIFICATION OU CHANDELEUR

D'après la loi mosaïque, toute femme qui avait donné naissance à un enfant maie était impure pendant sept jours ; de plus elle était exclue, pendant trente-trois autres jours, de toute participation à un acte saint et cultuel. S'il s'agissait de la naissance d'une fille, ce temps était doublé. Le temps total de la purification était par conséquent de 40 ou de 80 jours.

Ce temps étant écoulé, la mère devait offrir en holocauste un agneau d'un an et, en sacrifice expiatoire, une colombe ; quand elle n'en avait pas le moyen, elle devait offrir à la place une paire de jeunes colombes ou de tour, terelles en holocauste et en sacrifice expiatoire {Lev. XII, 2-S). La sainte Vierge, ainsi que le rapporte le texte biblique, après la naissance de Jésus, se conforma à cette prescription ; le 40« jour elle offrit dans le temple de Jérusalem le sacrifice prescrit ; à cette occasion eut lieu la rencontre avec Siméon et Anne (Luc. ii, 22).

Dans cet événement, la sainte Vierge et son divin Fils avaient par conséquent la première part, et Siméon et Anne la seconde. Aussi serait-il étonnant que ce fait n'eût pas eu, dès les premiers temps, une fête commémoralive dans l'Eglise. Nous avons aujourd'hui, dans la relation de la PeregrinatioSiluiae^^un premier document remontant à la fin du iv^ siècle qui relate cette commé-

1. Ed. Geyeh, c. 2G: « Quadragesimae de Epipbania valde cum summo honore hic celebranLur ».

moration à Jérusalem. Le jour était célébré avec solennité, c'est-à-dire avec procession, sermon sur le texte de S. Luc (n, 22 suiv.) et avec messe. Mais il n'avait pas encore de nom spécial et n'était désigné que comme le quarantième après TÉpiphanie. Cette dernière circonstance prouve une fois de plus, qu'en ce temps l'Epiphanie passait à Jérusalem comme étant la fête de la naissance de Notre Seigneur ; il suit aussi du texte de ce passage (/izc), au moins indirectement, qu'on ne connaissait pas encore la fête dans la patrie de l'auteur de la relation.

Selon toutes les apparences, la fête fut instituée d'abord à Jérusalem, de là elle s'étendit sur toute l'Église. On désigne même la personne par laquelle elle fut introduite à Constantinople ou l'empire de Byzance etl'époque à laquelle eut lieu cette institution. En effet, sous l'empereur Justinien, la peste y avait occasionné une grande mortalité ; lorsqu'elle vint à cesser, la fête fut célébrée pour la première fois en 542 sur l'ordre de l'empereur^. Si les historiens Georges Hamartolus et Nicéphore prétendent que l'introduction de la fête et son adoption dans l'univers entier sont dues à l'empereur Justin, prédécesseur de Justinien, il semble qu'il ne faille voir dans cette affirmation qu'une substitution de nom d'empereur 2. Dans tous les cas, la diffusion ultérieure de la fête date de cette époque.

Le nom par lequel elle fut désignée lors de son introduction dans les divers pays, était celui de « rencontre »

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