‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 141 sur 299 · MoRCELLi, I, 8G · texte numérisé non relu

MoRCELLi, I, 8G

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Plusieurs auteurs ont prétendu autrefois que la fête fut introduite à Rome par le Pape Gélase, par conséquent dans les années 492 à 496, dans le but de bannir et de remplacer par un usage chrétien les processions nocturnes aux flambeaux, usitées par les païens à la fête des Lupercales, où se commettaient les pires excès. Cette opinion ^ se trouve réfutée par les faits que nous venons d'exposer. Il est vrai que les Lupercales se tenaient le 15 février, jour auquel on célébrait anciennement la fête à Jérusalem, mais la Peregrinatio Silviae ne dit pas qu'à cette procession on portât des lumières. Les processions soit avec, soit sans lumières, étaient d'ailleurs tellement fréquentes, aussi bien dans l'antiquité chrétienne que chez les païens, qu'on n'en saurait déduire aucune relation entre la procession de la Purification et les Lupercales.

L'invitatoire [Gaiide et laetare Jérusalem, occurrens Deo iiio) et la Préface qui est celle de Noël indiquent que primitivement la fêteétait considérée plutôt comme fête de Notre Seigneur que comme fête de la sainte Vierge. De même, l'oraison du jour ne parle que de la Présentation de Notre Seigneur au temple ; les antiennes en général y ont également trait ; cependant les psaumes sont ceux de l'office de la sainte Vierge. L'évangile de la fête (Luc. ii, 22-32) qui déjà au iv« siècle élait celui de nos jours, rapporte, chronologiquement parlant, des faits antérieurs à ceux racontés dans les évangiles des dimanches précédents. Car le dimanche

1. Soutenue par Baronius [ad ann. 534) elle a été réfutée par Pagi ; re{)rise de nos jours par Wissowa [Rom. Siaatsverwaltung III, 416) et par Usener p. 334, elle est combattue par Grisar [Gesch. Roms., i, 455).

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après Noël a l'évangile selon S. Luc (ii, 33-40) qui rappoiie le retour de la Sainte Famille de la Judée en Galilée.

§ 20. — LES DIMANCHES DE VANNÉE ECCLÉSLiSTIOUE

CONSIDÉRÉS COMME TRAITS d'uNION ENTRE LES DIFFÉRENTES FÊTES PRINCIPALES.

Au temps des persécutions, il n'était guère possible aux chrétiens de célébrer des fêtes en dehors des dimanches, et il ne doit pas paraître surprenant que les deux auteurs qui parlent des fêtes chrétiennes n'en citent pas d'autres que Pâques et la Pentecôte, lesquelles d'ailleurs tombent toujours le dimanche. Au iv^ siècle, la fête de Noël y fut jointe; l'Epiphanie s'y était ajoutée un peu plus tôt. Dans ces fêtes principales auxquelles s'en ajoutèrent bientôt d'autres, il y avait les éléments de tout un organisme ; car elles devinrent des centres autour desquels se groupèrent les fêtes de moindre importance.

Le dernier pas important dans la voie de l'organisation complète de l'année ecclésiastique fut de grouper entre elles, de façon ci faire un tout harmonieux ^ les fêles principales ou les cycles de fêtes. Comme moyen, on avait les dimanches de Tannée (ju'on faisait participer au caractère de fête des grandes solennités les plus rapprochées et qu'on subordonnait à celles-ci. Ce procédé de formation avait déjà reçu un commencement d'exécution par la célébration du temps qui précède la fête de Pâques et par le lien qui unit Pâques et

la Pentecôte. En effet, les dimanches de carême portaient le cachet de préparation à Pâques et les dimanches qui tombent dans les cinquante jours entre Pâques et la Pentecôte, appelés dimanches de la Quinquagésime, participaient au caractère de haute solennité qu'avait, dans l'antiquité, cet espace de temps. Il n'y avait plus qu'à établir un lien entre Noël, Pâques et la Pentecôte et un temps de préparation à la fête de Noël; ce qui se fît dans le cours des vi% vu® et viii® siècles.

Dans les six premiers siècles, les simples dimanches de l'année n'avaient aucune qualité, aucun caractère liturgique ; ils n'étaient pas même distingués par un numéro d'ordre. Il existait pour eux une espèce de commune Dominicarum, c'est-à-dire qu'il y avait un certain nombre de messes dont on pouvait prendre une à son choix pour n'importe quel dimanche. Au nombre de ces dimanches, qu'on appelait tout court dominicae qiiolidianae^ étaient les dimanches après TEpiphanie et après la Pentecôte.

Il y a en tout 29 ou 30 de ces dimanches, suivant que l'année ecclésiastique a 52 ou 53 dimanches. En effet, le nombre des jours de Tannée étant 365, si l'on divise ce nombre par sept on aura 52 plus un. Il en suit que l'année dont le premier janvier tombe un dimanche, a 53 dimanches, les autres n'en ont que 52. Le plus petit nombre de ces dimanches, six tout au plus, tombe dans le temps entre l'Epiphanie et la Septuagésime, et le plus grand, soit de 23 à 28, tombe dans l'espace de temps compris entre la Pentecôte et l'Avent. Les oscillations relativement au temps sont déterminées par la date de Pâques. Il ne reste plus pour ces dimanches d'événement historique, propre à faire l'objet d'une fête

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Spéciale. Car la Pentecôte termine Thistoire de Tceuvre de la Rédemption. Quant à faire entrer dans le cycle des fôtes des événements tirés de Thistoire ecclésiastique, rOccident n'y a jamais songé, tandis que l'Orient commémore l'anniversaire de certains faits importants, comme par exemple celui des conciles œcuméniques.

Quant au rite romain en particulier, il n'y a pas encore dans le sacramentaire dit Léonien de messes propres pour les dimanches après Pâques et après la Pentecôte. Le développement successif fit que, dans le sacramentaire gélasien, les dimanches de Carêmeet ceux qui tombent entre Pâques et la Pentecôte reçussent un caractère liturgique bien déterminé et une place fixe dans le calendrier. Pour tous les autres dimanches de l'année, il n'existait en tout que seize messes ad libitum. Celles-ci ne se rencontrent même pas encore dans le premier livre du sacramentaire gélasien qui renferme le <( cours de Tannée » [anni circulas j c'est-à-dire le Propre du temps) ; elles ne se trouvent qu'au commencement du troisième livre, lequel est formé de ces messes, de celles de tous les jours de la semaine et de celles enfin pour des nécessités particulières. Mais, chose singulière, les messes de l'Avent sont également placées dans le livre deuxième, en dehors du Propre du temps.

Dans le sacramentaire grégorien, au vni'' siècle par conséquent, l'année ecclésiastique avait déjà la même forme que de nos jours, à la seule différence que les dimanches de l'Avent sont placés à la fin de cet ouvrage liturgique et non en tête du missel comme de nos jours. La raison en est qu'on avait l'habitude de considérer la fêle de Noël comme le commencement de l'année.

Les Églises des Gaules et de l'Lspngnc suivirent

rÉglise romaine dans la formation de Tannée ecclésiastique. Le Bréviaire mozarabique possède encore cinq dimanches de TAvent, mais ils sont placés au commencement. Ils occupent la même place dans le Liber responsalis et antiphonarius, conservés dans un manuscrit de Compiègne du ix« siècle et qui porte faussement le nom de S. Grégoire le Grand ^.

Lesacramentaire grégorien se contente de numéroter à la suite les dimanches après la Pentecôte ; mais dans leslectionnaires francs, on constate des tentatives, abandonnées plus tard, de vouloir groupef entre eux les dimanches après la Pentecôte : p. e. dimanche après la S. Pierre et S. Paul, dimanche après la S. Laurent, etc. Il paraît que le groupement des dimanches après la Pentecôte était général au viiF siècle dans l'empire franc. L'homiliaire de Clmriemagne compte : quatre dimanches après l'Epiphanie, trois « « la Penlecôle,

sept « (( la S. Pierre et S. Paul

[posl natale Aposloloruin)^ 22 ( cinq « « la S. Laurent,

la semaine des Ouatre-Temps de septembre [fer.

IV, VI et sat)b. et Dominica), six dimanches après la S. ]Michel (y)os/ >S\ Angeli).

Par contre le calendrier de Fronton compte : deux dimanches après la Pentecôte, six « « la Saint Pierre et Paul

19 <^ [post natale aposloloriim)^

quatre « « la Saint Laurent,

sept « « la Saint Cyprien.

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